Mika (Paul Kircher), Dan (Idir Azougli) et Tony (Salif Cissé) sont les meilleurs amis du monde. Mika, pigiste et équipier dans un fast-food, et Dan, sans emploi officiel, vivent en colocation. Leur occupation préférée : boire et fumer des joints. Leur rêve : partir à La Réunion s’occuper d’animaux dans un refuge. Mais pour réaliser celui-ci, il faudrait suffisamment d’argent. Tony, lui, dirige une entreprise qui construit des poubelles en béton pour abriter des déchets radioactifs. Après un nouveau plan foireux, Mika et Dan sont arrêtés par la police. Jugés en comparution immédiate, ils ont six mois jusqu’à leur prochain passage devant le tribunal pour remettre de l’ordre dans leur vie.
Avec « Météors » Hubert Charuel (« Petit Paysan »), avec la collaboration de Claude Le Pape à la réalisation comme à l’écriture, signe un film lumineux, aussi drôle que touchant, autour d’une belle amitié dominée par le duo de losers Mika-Dan. Tragi-comédie sociale, « Météors » n’est pas sans rappeler l'excellent « Les Apprentis » de Pierre Salvadori sorti en 1995. L’histoire autour du chat de concours (Sunset de la Chalardière) est hilarante. Dans un contexte réaliste où règnent précarité, conditions de travail douteuses et risque environnemental, les jeunes hommes vivent une relation où la joie et la légèreté finissent par céder à la gravité, où l’un espère se sauver lui-même en sauvant l’autre et où la rupture est d’autant plus fracassante et douloureuse que l’amitié est intense. Le film qui aborde aussi les thèmes de l'alcoolisme et de la toxicomanie n’en est pas moins optimiste, ouvrant le champ des possibles aux personnages. C'est une ode à l'amitié profonde qui marque une vie, qui donne des ailes autant qu’elle peut empêcher de prendre son envol, que l’on croyait inébranlable mais qui finit par se fissurer.
La réussite de « Météors » doit également à la bonne alchimie entre les trois acteurs principaux. Face à Paul Kircher (un Mika émotif qui se laisse embarquer avant de prendre les choses en main) et Salif Cissé (un Tony qui, bien installé dans la vie professionnelle, paraît à première vue le plus responsable), Idir Azougli est la révélation du film. Avec son bagou et son timbre voilé, il est irrésistible dans son rôle de Dan le Schlag, fanfaron attachant. La scène de son interrogatoire rappelle celle tout aussi tordante de « Shéhérazade » dans lequel on le découvrit en 2018.