Après "Petit Paysan", Hubert Charuel revient avec un film qui n'a rien à voir mais qui traite toujours du même contexte, celui-ci de la diagonale du vide dans laquelle il a grandit et à laquelle il avait déjà consacré un court-métrage éponyme en 2011. Deux amis d'enfance, Mika et Dan décident de se bouger et de trouver un boulot après une décision de justice. Ils se tournent alors vers Tony, un autre ami d'enfance, les dirige vers une poubelle nucléaire. Considéré comme des déchets de la société, ils vont devoir cacher d'autre déchets, là aussi mis à l'écart de la société. Si le parallèle est rigolo, le sujet l'est dans le fond beaucoup moins. Si Mika veut tout faire pour s'en sortir, Dan a quant à lui beaucoup plus de mal à grandir. C'est en effet le grand enfant de la bande, celui qui vit au jour le jour, qui ne prend jamais conscience des risques mais surtout qui est toujours dans les coups fourrés et est de plus en plus alcoolique. Le film alterne ainsi les moments drôles et d'autres beaucoup plus dramatiques, parvenant même quelques-fois à allier les deux sans que ce ne soit jamais grossier ou ridicule. En réalité, on se prend d'affection pour ses personnage qui tentent de s'en sortir, enfin surtout un qui essaye de se prendre en charge en plus de son pote. Mais d'un autre côté, on ne peut pas vraiment en vouloir à Dan, le film dépeignant une jeunesse certes insouciante et quelques-fois heureuse mais surtout une jeunesse en perdition et littéralement en détresse ; le tout dans un paysage plat et froid. Ainsi, avec ses allures de teen movie sympathique, le réalisateur s'attaque finalement à un sujet aussi fort que son précédent film, moins plombant certes mais toujours aussi marquant. Cet aspect teen movie permet aussi au réalisateur de s'autoriser plus de choses à la mise en scène, là où il devait rester beaucoup plus sobre avec "Petit Paysan". On sent qu'après un premier film certes très réussi mais très "dans les clous", ici, on a, à l'instar des personnages, une sensation de liberté, le réalisateur s'amusant un peu plus, n'hésitant pas quelques-fois à mélanger les genres. En revanche, c'est du côté du casting que j'ai eu plus de mal ! Rien à dire concernant Idir Azougli qui joue très bien mais j'ai eu beaucoup plus de mal avec Paul Kirsher. Si ce côté un peu "bêbête" qu'il affichait en permanence dans "Le Règne animal" correspondait bien au personnage, il en devient ici assez vite agaçant. Surtout que l'acteur articule chaque mot comme s'il sortait d'une formation de théâtre, ce qui donne un jeu pas vraiment naturel, nous sortant assez souvent du film. Bref, "Météors" reste un film intéressant dans sa représentation de la jeunesse des campagnes et de la manière de la traiter.