Le film commence par une bande son étourdissante...nous sommes dans un bowling où se sont retrouvés trois copains dans une atmosphère très enfumée et une ambiance très alcoolisée ...cette atmosphère et cette grisaille nous la conserverons tout au long du film...Pauvre Saint Dizier , les réalisateurs (Hubert Charuel et Claude Le Pape) ne le montrent pas sur son meilleur jour ...et d’ailleurs le montrent le plus souvent de nuit, d’où seule la tour MIKO émerge , dressée comme un doigt vers le ciel bragard, symbole d’une fierté ouvrière, et d’une réussite industrielle passée... Une complicité amicale unit ce trio de garnements fauchés. Seul l’un d’eux, Tony (Salif Cissé), a monté une petite entreprise de travaux publics, les deux autres n’ont pas eu cette même clairvoyance. Dan (Idir Azougki) et Mika (Paul Kircher) tout juste 30 ans et abonnés à la débrouille, sans vrais repères. Aucun parent à l’horizon. Aucune copine. Juste ce rêve d’une autre vie à La Réunion pour un projet un peu fou d’y monter un refuge pour chiens…Mika vivote grâce à son emploi d’équipier chez Burger King et réalise quelques piges pour un journal local. Et Dan, grand immature, dérive au gré de ses rêves de grandeur improbables et vit aux crochets de son pote Mika partageant un logement qui tient plus d’un squat que d’un pavillon...les deux amis risquent la prison pour avoir volé un chat de concourt et dans leur fuite, être allés au fossé, le conducteur Mika alcoolisé et sous stupéfiant se voyant retirer son permis ...S’ils veulent échapper à la prison, ils doivent se débarrasser de leurs addictions et ont six mois pour trouver un boulot...C’est leur ami Tony qui les embauche sur un chantier de construction dont il a obtenu le marché, la construction d’une poubelle radioactive...c’est la touche écologique du film...
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l est vraie que la région est gâtée sur ce plan entre le centre de stockage des déchets de l’Aube ou le projet CIGEO de Bure... La tonalité du film s’assombrit. Le décor bétonné et austère offre quelques plans inspirés, où les blocs géométriques composent un labyrinthe oppressant qui étouffe progressivement l’humour et la légèreté des personnages.
La mise en scène saccadée en ajoute encore dans ces perspectives bouchées et ce manque d’espérance. Le plus étonnant, et c’est sans doute volontaire, est l’absence de toute présence féminine ainsi que familiale en dehors des juges, avocates, conseiller à l’emploi, responsable du centre de désintoxication, toutes des femmes... Nous sommes donc prisonniers de l’univers étriqué de ces jeunes gens, dont la seule alternative de travail est le fast-food du coin ou la participation à l’enfouissement de déchets radioactifs.
Pas très gai, tout cela, et l’alchimie entre les acteurs, tous trois excellents, de même que l’embryon de suspense, sur la fin, ne suffisent pas pour y trouver son compte
. Les réalisateurs assument d’avoir choisi de réaliser un film sombre et profond, au sein d’une région en souffrance, qui via le nucléaire s’intoxique pour survivre...