Le premier quart d'heure peut dérouter et agacer. Encore un film d'auteur jeuniste et complaisant ? Les craintes sont vite dissipées et le récit est profondément touchant, avec un trio d'interprètes excellents. Hubert Charuel signe un long métrage qui confirme les qualités qu'il avait dévoilées avec PETIT PAYSAN.
Avec Météors, Hubert Charuel et Claude Le Pape signent un film poignant sur l’amitié, la solitude et la dépendance dans la France rurale. Paul Kircher, Idir Azougli et Salif Cissé incarnent une génération désenchantée, prise entre loyauté, survie et perte du rêve collectif. Hubert Charuel filme cette fracture invisible qui sépare ceux qui rêvent encore de ceux qui ont cessé d’y croire, tandis que Claude Le Pape insuffle une humanité vibrante à chaque dialogue. Dans une lumière douce, presque éteinte, le film capte ce moment fragile où la jeunesse renonce, où le silence devient une réponse. Les visages abîmés de Mika, Daniel et Tony traduisent l’usure d’une époque sans horizon, mais aussi une fraternité comme ultime refuge. Météors est une œuvre de complicité et de vérité, à la fois crue et poétique, portée par des acteurs bouleversants et un regard d’une justesse rare sur la France des oubliés.
Huit ans après son premier long métrage, Petit Paysan, vainqueur du César du meilleur premier film, Hubert Charuel nous revient avec un film tout aussi singulier, un drame social centré sur l’amitié entre trois jeunes hommes.
Charuel livre une chronique sensible de la jeunesse désœuvrée et rend compte avec finesse de la détresse silencieuse des territoires oubliés, cette France périphérique dont il parvient à capter la laideur et la tristesse, sans tomber dans les clichés du film social et misérabiliste, et que les fulgurances poétiques de sa mise en scène parviennent même à sublimer parfois.
Charuel confirme en effet son talent de réalisateur, avec un sens aigu du cadre et une préférence pour l’émotion contenue, privilégiant les gros plans, les visages et les silences à la surenchère et aux effets appuyés. Certains reprocheront néanmoins une tendance à la sur-esthétisation du réalisme, qui peut venir quelque peu lisser la rugosité du propos.
Un autre point discutable du film réside dans son traitement de la question du nucléaire, présente en toile de fond sans jamais être pleinement exploitée, au point que son rôle et sa portée demeurent assez flous.
Météors, présenté cette année à la sélection Un certain regard au Festival de Cannes, et porté par trois acteurs admirables, demeure un très bon film qui dépeint avec intelligence et subtilité une jeunesse sans filtre, dans toute sa complexité : perdue et fatiguée mais digne et solidaire, avant tout en quête de sens et de lien.
Dans "Météors", Hubert Charuel retrouve sa Haute-Marne natale comme une terre-patiente où germent les fissures. Huit ans après Petit paysan, il livre un drame social où l’amitié entre trois garçons traverse la désespérance d’un territoire oublié. Le film s’attarde sur eux, au bord de l’effondrement, sans jamais dramatiser outre mesure : la détresse se lit dans les silences, les gestes, les respirations. Porté par Paul Kircher, Idir Azougli et Salif Cissé dans une incarnation vraie, "Météors" s’impose comme une pure réussite d’interprétation. Une œuvre douce-amère, rugueuse et lumineuse.
vu en avp au festival du film francophone d'Angoulême 2025. Sans revolutionner le genre (histoire de potes en galères), film attachant surtout pour son duo d'acteurs. Avec surtout un demarrage tres drôle, qui à lui seul mérite de voir ce film
"Météors" en compétition cette année au festival de Cannes (sélection un Certain Regard) est un drame social moyen dans l'ensemble. En effet, Claude Le Pape et Hubert Charue qui m'avait séduit avec son précèdent long-métrage "Petit Paysan" (qui a remporté 3 Césars en 2018), proposent aux spectateurs une intrigue qui souffre d'un manque d'intensité émotionnelle. Ils abordent néanmoins des thèmes varié mais mal exploitées comme l’amitié masculine, la délinquance, la précarité et la dépendance à l'alcool et aux drogues chez les jeunes dans les régions reculées de France. Malgré un niveau de qualité moyen, le film met en avant le talent de Paul Kircher, qui excelle toujours dans ses interprétations.
Je crois qu’on ressort de ce film avec une émotion particulière, entre l’abandon et l’apaisement, le drame et la joie, la mélancolie et la quiétude. Les thèmes abordés sont importants mais rares au cinéma, et donc précieux, ce qui rajoute à la particularité de l’émotion que l’on vit. Merci à toute l’équipe d’avoir rendu cette émotion possible.
Ils sont bouleversants ces 3 jeunes acteurs : KIRCHER avec son regard écorché et triste (vu dans « Le règne animal » avec DURIS), AZOUGLI le déjanté ravagé par l’alcool et CISSÉ le black empathique nounours seul (vu dans « Le répondeur » avec Podalydes). C’est l’histoire d’une amitié intense entre ces 3 potes. Les regards sont admirablement captés par une caméra intelligente et cela nous hypnotise. L’épilogue est émouvant et le générique final tellement optimiste et plein d’espoir (Rap « Ma p’tite étoile » de HATIK). Merci pour ce moment de cinéma suspendu...
Ai vu « Météors » le deuxième film d’Hubert Charuel après « Petit Paysan » dont on retrouve les même qualités. « Météors » a été présenté au Festival de Cannes 2025 dans la sélection Un Certain Regard. La justesse de ton que ce soit socialement, psychologiquement est une des grande particularité du cinéma de Charuel. Son regard est toujours d’humanité sans tomber dans l’apitoiement, la condescendance, la facilité. 8 ans après son premier film qui se passait en ruralité, le réalisateur plante sa caméra à Saint-Dizier où Mika (Paul Kircher) et Daniel (exceptionnel Idir Azougli) occupent le vide de leur quotidien par beaucoup d’alcool, de drogue et de plans foireux. Après un point de non retour ils travaillent pour Tony (Salim Cissé) , leur meilleur copain, dans une poubelle nucléaire. Le trio d’acteurs fonctionne à merveille, mais c’est surtout Idir Azougli qui retient l’attention en s’emparant de la partition la plus délicate avec une grande pudeur de jeu. Un film délicat sur l’amitié, les petites gens qui ne retiennent pas le regard si ce n’est celui de la justice, sur les villes mortes, sur les avenirs inexistants dès la prime jeunesse… Une proposition sensible et souvent pleine d’humour où l’on s’attache immédiatement aux personnages après une scène d’introduction inénarrable avec un chat roux. Trois personnages qui ont encore un pied dans l’enfance alors qu’ils ont bientôt 30 ans et l’autre dans le vide le plus vertigineux. La mise en scène discrète, fluide mais bien réelle est toujours au service de ce trio qui s’entraide alors qu’il se noie dans les ténèbres d’une ville fantôme. De très beaux cadrages où la métaphore du labyrinthe est souvent présente. Emouvant, intense, inattendu, original.
Deux garçons marginaux partagent une grande amitié malgré leurs personnalités très différentes. Paul Kircher, Mika, tente de réparer les conséquences des dérives de son ami, toujours prêt pour les coups foireux. Pour commencer, ils volent un chat de grande race, puis retrouvent un troisième larron qui a un travail fixe dans le BTP. Il est employé dans un lieu de stockage de déchets nucléaires. Leur amitié perdure jusqu’à la disparition de celui qui va libérer l’autre de son emprise, dans une narration à demi-mot. Il reste en mémoire des images, des plans bizarres lorsqu’ils vont tous deux trimer dans cet espace futuriste et glauque, avec ses grands couloirs de béton interminables…. Si cette histoire d'amitié , de rêves et de galères partagés est assez touchante à la base, on y a greffe artificiellement des rebondissements ( notamment la carpe) qui n'apportent rien. Je suis peu réceptive à cet univers filmique au vide abyssal, qui n’est pas sans me rappeler les chiens de la casse, et autre vingt dieux…
Ce film est venu me toucher à un endroit douloureux. J’ai versé beaucoup, beaucoup de larmes. Merci de montrer l’amitié, et l’impuissance face à des personnes que l’on aime et qui n’arrivent pas à réaliser leur propre souffrance. Merci de montrer que parfois, tout ne finit pas bien comme on le voudrait, mais qu’il y a parfois beaucoup de mal pour un grand bien. C’est un très beau film.
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3,0
Publiée le 20 février 2026
« Si rien ne s'était passé, rien ne se serait passé. » C'est parfois impossible d'avancer dans la vie sans un électrochoc et c'est ce qui va arriver à Mickaël et Daniel qui vont devoir se prendre en main s'ils ne veulent pas sombrer davantage. Plus facile à dire qu'à faire et la première étape consiste souvent à prendre conscience de cela. Si, en apparence, on peut voir le cliché de deux cassos, le portrait dressé par Hubert Charuel et Claude Le Pape est plus subtil. Les conséquences sont directes, mais l'approche est plus délicate. Il est question de la poursuite des rêves, mais surtout d'abandon et d'addiction. Il y a également plein de symboles comme la poubelle nucléaire ou encore ces couloirs labyrinthiques. Une prise de conscience progressive qui ne garantit pas la guérison. "Météors" fonctionne bien pendant les 2/3 avec un duo attachant qui navigue dans une agréable mélancolie, mais la dernière partie plus abstraite et moins consistante m'a un peu fait décrocher. Dans l'ensemble, j'ai trouvé ça pas mal, mais l'idée est mieux que l'exécution.
En Haute-Marne, à Saint-Dizier, une ville écrasée par le chômage et l’ennui, Mika (Paul Kircher), Daniel (Idir Azougli) et Tony (Salif Cissé) forment un trio inséparable. Après une soirée de beuverie qui tourne mal, Mika et Daniel sont rattrapés par la Justice. Ils ont six mois, d’ici l’audience de leur procès, pour s’amender et, s’agissant de Daniel, pour soigner la cirrhose qui le ronge. Grâce à Tony, le duo trouve à s’employer sur un site d’enfouissement de déchets radioactifs.
Il aura fallu attendre plus de huit ans le nouveau film de Hubert Charuel, le réalisateur de "Petit Paysan", succès surprise de l’automne 2017 ( entrées, trois Césars). La surprenante réussite de son premier film a-t-elle inhibé le jeune réalisateur ? Son second est sorti le mois dernier sans guère de publicité. Il n’a pas rencontré son public et est quasiment sorti des écrans après quelques semaines à peine. C’est immérité. Car "Météors" – un titre à la signification cryptique – a bien des qualités.
La première est, comme "Petit Paysan" avant lui, de décrire un milieu, ici après la paysannerie la France périphérique, une ville moyenne sans grâce, surplombée par la tour Miko (le glacier y a installé son usine en 1954, aujourd’hui désaffectée) et survolée par les Rafale de la Base aérienne 113.
La deuxième est de diriger un trio d’acteurs d’une étonnante qualité. Même si je ne porte pas Paul Kircher dans mon cœur – je trouve à ce « fils de » un jeu très réduit – force m’est de reconnaître qu’il est parfait dans le rôle de Mika. Comme Salif Cissé, découvert chez Guillaume Brac et qu’on voit de plus en plus souvent dans des rôles d’une admirable diversité ("Spectateurs !", "Le Répondeur"). Mais c’est le nouveau venu Idir Azougli, la casquette à l’envers, le poil au menton, l’accent marseillais, qui leur vole la vedette.
La troisième est un scénario qui évite un écueil très fréquent : se borner à camper des personnages sans les faire vivre. "Météors" a un début, un milieu, une fin, trois composantes qui pourraient sembler évidentes mais qui ne sont pas toujours au rendez-vous. Il contient son lot de rebondissements qui font avancer l’action et les personnages et maintiennent la tension et l’attention pendant tout le film jusqu’à son dénouement inattendu.
La quatrième, la principale, est le sujet qu’il traite, l’amitié masculine, façon "Des souris et des hommes", avec ses pudeurs et son intensité. Aucune romance superflue ne l’en dévie. Il le fait avec humour et avec gravité. "Météors" réussit à être léger et sérieux à la fois.
Pour ce nouveau long métrage, Hubert Charuel a voulu retrouver l’univers de ses premiers court-métrages, ""La diagonale du vide" et "K-nada", des films tournés à Saint-Dizier et dans ses environs, là où il a grandi, là où il connait les histoires de personnages dont on ne parle jamais, ou presque. Au départ, le film devait raconter la chute d’une météorite sur Saint-Dizier. La météorite a fini par disparaitre du scénario, la force de l’amitié, celle, incroyablement forte entre Mika et Dan, la disparition d’un personnage, la dépendance à l’alcool et les poubelles nucléaires sont restées. Avec ses nombreuses ellipses et sa fin énigmatique, le film laisse une paire de questions sans réponse : le duo Charuel/Le Pape a-t-il voulu montrer que le système social et le système judiciaire de notre pays préfèrent envoyer les paumés de la société à la poubelle, qu’elle soit nucléaire ou pas, plutôt que de leur apporter de l’aide ? Ce duo a-t-il conscience qu’il y a une certaine facilité et beaucoup de mépris à se moquer sans pitié de personnages marginaux, à la fois alcoolisés et stupides ? Ce film qui laisse donc, malheureusement, une impression de malaise est par contre bien servi par un bon trio de comédiens : Paul Kircher dans le rôle de Mika, Idir Azougli dans le rôle de Dan, Salif Cissé dans celui de Tony. La critique complète peut être lue sur le site où le tiret du 6 est entre critique et film.