Éléctrisant! Le premier gros film français de l’année est le nouveau thriller de Yann Gozlan, à qui l’on doit le captivant « Boîte noire » et le confus « Visions ». En tête d’affiche, on retrouve Pierre Niney, qui fait son retour 1 an et demi après la déferlante formée par « Le Comte de Monte-Cristo ». Assurément l’un des acteurs qui attire le plus chez nous en ce-moment, Niney fait ainsi sa 3e collaboration avec Gozlan (son nom de personnage étant Mathieu Vasseur dans les 3 oeuvres par ailleurs). Et c’est Niney (producteur ici, et ayant même maintenant sa propre boîte de prod) lui-même qui a eu l’idée originale de faire ce « Gourou », trouvant que le concept de film sur le côté néfaste de suivre un coach en développement personnel était peu exploité jusque là au cinéma.
J’ai beaucoup aimé! Je ne m’attendais pas à être autant à fond dedans, pendant 2 heures. Pour le coup, c’est mieux que « Visions », et nous sommes plus proche de la qualité d’un « Boîte noire ». On y suit donc ce personnage de Matt coach, ou Mathieu Vasseur, un coach de vie ultra populaire. Et on comprend directement que ce coach, le plus suivi de France en fait, va être totalement malsain et dangereux envers son audience. C’était assez perturbant voire angoissant et flippant de suivre cet influenceur, et ça a très bien fonctionné sur moi. Après sa poignante scène d’intro, le film monte en puissance, et le côté manipulation mentale, en parallèle au business, devient de plus en plus prenant. « Gourou » se montre en plus totalement dans l’ère du temps, avec le fait que cette positivité toxique, que cherche à mettre en avant le long métrage, est boostée par les réseaux sociaux et les médias. Le rythme est au top, avec des rebondissements importants qui surgissent régulièrement. Niney s’est transcendé pour son rôle et parvient à être palpitant de bout en bout. Les scènes de séminaire sont toutes assez fortes. J’y croyais. Matt coach y met toutes ses tripes devant ses centaines de personnes qui boivent les belles phrases du manipulateur.
Si je devais relever quelques points négatifs, je trouve que les personnages secondaires sont parfois trop en retrait. Ils sont utiles quant à la progression de l’intrigue, mais (je pense notamment à la femme de Mathieu Vasseur qui n’a au final pas grand chose à manger) sont sous-exploités et mis de coté à des moments où on sent que ça arrange le scénario. Aussi, la mise en scène est assez faible malgré le potentiel et pas forcément inspirée à mon sens. Enfin, la toute fin est un peu brutale et frustrante, bien que je la comprends mieux avec le recul.
Bref, Yann Gozlan signe une nouvelle fois un thriller français efficace et glaçant. « Gourou » est en train de diviser c’est clair. Moi, j’ai vraiment passé une bonne séance, sans avoir vu le temps passer. Ça change des comédies ou des comédies dramatiques, genres que j’affectionne plutôt dans le cinéma de chez nous, et ça fait plaisir.