Vu en avant première dans le cadre du Club Allo Ciné en présence de son réalisateur et de Pierre Niney. Le nouveau film de Yann Gozlan a vraiment pour lui deux atouts majeurs. Le premier c'est une histoire hyper contemporaine et par ailleurs totalement pertinente, qui tourne autour du poids et du rôle joué par les influenceurs dans la société française actuelle. Car le fameux "gourou" dont il est question dans le titre n'est rien d'autre qu'un méga influenceur finalement, le nez rivé sur sur son nombre de likes et de followers. Et là c'est évidemment un sujet choc sur lequel il y aurait beaucoup de choses à dire.
L'autre atout du film, c'est la prestation de Pierre Niney, jeune comédien charismatique qui dégage toujours quelquechose de toujours trés contemporain lui aussi. Ce qui en fait un bon choix pour le rôle du "gourou" en question, d'autant plus qu'il incarne avec beaucoup de conviction et une belle énergie.
Malheureusement, pour tout le reste, c'est plutôt des faiblesses que cumule ce Gourou. Et d'abord sur la forme, car il adopte un style qui est beaucoup trop survolté. Alors qu'il s'agit vraiment d'un film psychologique et sociétal, le réalisateur nous filme ça comme un thriller branché qui fonce à un rythme effréné et sans aucun temps mort. Un peu comme il l'avait fait pour Boîte Noire d'ailleurs, sauf qu'en l’occurrence le sujet s'y prêtait mieux.
A celà se rajoute un matraquage visuel et sonore (musique, effets spéciaux...) de tous les instants, qui semble souvent superfétatoire par rapport au propos relaté. C'est un choix assumé, mais il ne me parait pas être le meilleur. D'avantage de sobriété aurait été la bienvenue.
Le résultat de tout cet effrénément c'est que l'histoire, qui ne manque pas de rebondissements, ni de personnages secondaires, en devient confuse. Et c'est dommage, car lorsque Yann Gozlan est revenu dessus, après la projection, le propos paraissait plus clair. On voit ou il a voulu en venir avec cette histoire
d'homme qui a vendu son âme au diable,
mais à la vision du film on a davantage l'impression de quelquechose qui part un peu dans tous les sens. Et les rebondissements en question sont probablement trop nombreux.
Une autre particularité du film que je classe, d'une façon certes subjective, parmi ses faiblesses, c'est que, volontairement ou non, il est absolument bourré de références cinématographiques. Le personnage incarné par Pierre Niney fait évidemment penser à celui de Tom Cruise. dans Magnolia, la misogynie en moins. La première scène du film où il est face à son public rappelle, quant à elle, Yes Man avec Jim Carrey. Celle vers la fin avec le gourou américain reprend presque mot pour mot le dialogue du sergent instructeur du Full Métal Jacket de Kubrick. Enfin, la structure dramatique globale du film rappelle celle de TAR, chef d’œuvre sorti en 2023. Tous ces films sont intéressants et ce n'est pas forcément un défaut que de s'en inspirer, mais le procédé donne à l'ensemble côté "patchwork", un peu emprunté.
Sans oublier que c'est un peu ironique pour un film qui parle de l'influence que de sembler lui même sous influence.