Thriller psychologique coécrit et réalisé par Yann Gozlan, Gourou est un mauvais film. L'histoire nous fait suivre Mathieu Vasseur, surnommé Coach Matt, qui est le coach en développement personnel le plus suivi de France. Avec sa méthode de catharsis bien rodée, inspirée de son modèle américain Peter Conrad, il électrise les foules et inquiète les autorités qui vont bientôt voter un projet de loi visant à réguler sa profession. Ce scénario aurait pu s'avérer intéressant mais il est pourtant insipide à visionner tout du long de sa durée d'un peu plus de deux heures. Une durée à la base tout à fait cohérente avec le propos tant il y a matière à dire et à montrer sur le sujet, mais qui, en l'état, n'est pas bien du tout mise à profit, faisant qu'on la ressent. La faute à une intrigue extrêmement répétitive, ayant du mal à évoluer, mais surtout qui traite son sujet de façon confuse. Pourtant le synopsis était prometteur, mais dans les faits, la thématique principale ouvre plusieurs pistes mais n'en creuse aucune jusqu'au bout, avec pour résultat de juste tout survoler. L'enjeu de la loi passe au second plan. Mais surtout, on ne comprend vraiment pas où veut en venir le métrage dans son message et il n'assume pas son choix moral. Ça aurait dû être beaucoup plus pertinent. Mais les problèmes d'écriture sont beaucoup trop nombreux et le tout manque de subtilité. Montrer dès les premières minutes ses failles et ses faiblesses est une faute. Mais surtout, ses méthodes et son idéologie ne sont pas sulfureuses. Il ne fait de mal à personne. Au contraire, il est même bienveillant envers ses adeptes dont on ne ressent au passage aucunement le fanatisme. Il n'est pas problématique donc pourquoi vouloir cadrer son activité à lui et aux autres coachs qui sont hélas invisibles alors qu'il y avait quelque chose à creuser avec ses concurrents. Il ne semble même pas avoir de motivation pécuniaire et son égo est loin d'être débordant. C'est juste un simple coach en développement personnel comme il en existe des tas. Le film passe donc totalement à côté de son sujet car ce n'est pas un gourou. De plus, ça manque cruellement de modernité. Il y avait tant à faire avec ce sujet et les réseaux sociaux mais ils sont presque absents. De surcroît, on ne ressent pas véritablement son influence sur ses centaines de milliers de fidèles car on les voit trop peu. Les scènes se ressemblent toutes et le récit est pollué par la romance entre Matt et sa compagne antipathique. Il est également plombé par le ton beaucoup trop dramatique. Ça aurait vraiment dû être plus fun, plus créatif, plus drôle, plus satirique. Au lieu de ça, c'est sérieux, triste et dépourvu de tension pourtant recherchée avec cette pseudo paranoïa. L'ensemble est porté par des personnages assez pénibles, hormis le principal qui est à la fois manipulateur et manipulé. Un rôle bien interprété par Pierre Niney, même s'il manque d'un véritable look extravagant, de charisme et d'une aura presque christique comme c'est souvent le cas de ce genre de personnes. Le reste de la distribution n'est pas très appréciable que ce soit les rôles campés par Marion Barbeau, Anthony Bajon, Christophe Montenez, Jonathan Turnbull ou encore Holt McCallany. Tous ces individus entretiennent des rapports compliqués souhaitant procurer pas mal d'émotions, notamment tristes. Mais elles sont plus lassantes qu'autre chose tant c'est lourd en dramaturgie. Des échanges soutenus par de nombreux dialogues, certains franchement très justes, d'autres ineptes. Sur la forme, la réalisation du cinéaste français s'avère de bonne facture. Cependant, sa mise en scène est très académique et redondante dans l'utilisation de ses plans. Elle manque clairement de folie et d'inventivité même si deux ou trois séquences sortent du lot en tentant quelque chose de plus recherché. De surcroît, elle évolue dans des décors très limités, qui n'ont rien à offrir. Même l'étalonnage est fade et terne. Ce visuel uniforme tout du long est accompagné par une bande originale collant bien avec l'action, mais dont les compositions sont franchement anecdotiques et n'ont aucun impact sur les images. On retiendra davantage les quelques effets sonores travaillés. Reste une fin catastrophique et incompréhensible dans son choix tant tout était pourtant amené au fil du temps pour nous servir un final ayant du sens avec Rudy, mais ils ont choisi de finir de façon attendue et encore une fois sans prise de position. En conclusion, Gourou est un long-métrage confus et raté ne méritant aucunement le coup d'œil.