Salut lecteur de mon coeur !
Aujourd'hui et un mois après sa sortie en salles, me voila dans une salle obscure pour voir le "phénomène" qui fait tant parler, "Gourou" de Yann Gozlan. Sur le papier, ce film avait tout pour me plaire. J'ai adoré Boîte Noire, et revoir le duo Gozlan-Niney, ça me branchait pas mal, nom d'une pipe en bois !
Déjà, lecteur de mes pensées, il faut que je t'avertisse d'une chose. A la fin de cette critique, tu vas sûrement me traiter d'imposteur. Et tu auras raison, mais je te laisse juge.
Allons-y !
Commençons par le commencement. J'aime énormément Pierre Niney. Chez lui, le jeu est souvent juste, précis, varié. On sent le théâtreux et ça me plaît.
Pour ce qui est de notre Gourou... Et bien c'est une déception.
Nous parlons ici du monde de l'influence, de ces coaches plus ou moins autoproclamés, qui sont capables de soutirer du pognon a des personnes fragiles. On rencontre aujourd'hui de réels soucis avec ces masculinistes par exemple qui pullulent sur la toile et si tu veux mon avis, lecteur mon amour, tous ceux-là devraient brûler en enfer, fin de la parenthèse.
Or, dans ce film, Gozlan utilise l'univers de l'influence comme un prétexte, rien de plus. On n'a rien sur la construction des "shows" de Matthieu Vasseur, rien sur sa psychologie, comment il "pense" ses séminaires.
Parce que si toi qui a vu le film, lecteur de mon coeur,
tu considères les 4 références au coach américain qui inspire notre héros comme la genèse de "coach Matt",
ben on n'a pas la même grille de lecture !
Déjà, et ça je le savais avant même mon entrée en salle, j'ai été gênée par le fait que le film parte d'un principe peu réaliste. en France, les super shows comme ceux qu'on voit dans les films, n'existent tout simplement pas. On n'est pas aux states Yann...
Ah tiens ! T'as remarqué ? Gozlan essaie de se la jouer Francis Veber avec le nom de son personnage ! Matthieu Vasseur is the new François Perrin ! Quelle imagination...Passons.
En fait ce qui m'ennuie énormément dans ce film c'est que tout n'est que surface. Le monde de l'influence est prétexte, les séminaires sont l'objet de quelques scènes puissantes mais sans aucune montée en tension réelle, les personnages secondaires ne sont pas travaillés (la femme de Matthieu Vasseur ne sert strictement a rien). Le film aborde beaucoup de thèmes forts mais n'en travaille aucun, n'en charcute aucun.
Les enjeux du film sont tellement nuls ! Mon dieu !
Donc, synopsis :
Matthieu Vasseur coach de vie reconnu nationalement, self-made man sans même le bac en poche, se voit "menacé" par l'état français qui souhaite légiférer et encadrer la profession de coach au travers d'un diplôme d'état obligatoire".. Et c'est tout.
Ouhhhh ça fait peuuuuur ! ben si t'es comme moi, lecteur de mon coeur, tu te diras immédiatement : "Bah... Passe un diplôme gros, et basta ! "
En bref, l'antagoniste c'est un état français qu'on aperçoit a peine et que Gozlan évacue finalement assez vite. Construire un film de deux heures autour de ça ? Sérieusement ? Autour d'une problématique qu'on peut résoudre en 3 minutes devant un café et avec un peu de bon sens ? Je déclare forfait.
On en arrive difficilement au traitement des personnages secondaires. La femme de Matthieu, j'en ai déjà parlé. inutile. Next. En plus l'actrice, sans être mauvaise, est très peu expressive. Je passe sur son look, tellement aux antipodes de son mari. Je pleure.
Julien.
Julien, qui aurait mérité un traitement tellement plus profond ! A aucun moment on n'assiste à l'évolution de ce personnage, le développement de l'emprise, son basculement dans la folie et la dépression. On n'a RIEN jusqu'au dénouement de son histoire ! Tout est tellement expédié que tu oublies le personnages 5 minutes après sa disparition !
Et là je suis en colère contre Gozlan. Parce que c'est précisément ce que j'aurais aimé voir. Le développement de la relation d'emprise, de la folie du coaché, la réaction du coach : ignorance ? peur face à ce qui aurait pu devenir un stalker ? On parle quand même d'un film qui s'appelle GOUROU !!!
En, plus le personnage est servi par un Anthony Bajon absolument magistral qui parvient à vous imprimer son personnage dans le cerveau en 3 minutes ! Mais le scénare est si mal fichu que finalement, ce personnage devient un faire-valoir.
Rudy.
Encore une fois, un acteur exceptionnel, au service d'un personnage totalement sous-traité. En gros ce personnage n'est absolument pas développé a sa juste mesure, et n'est là que pour servir un twist parfaitement inutile. Mais qui aurait pu, qui aurait dû avoir plus de place.
Sauf que Gozlan aurait dû faire un choix pur son intrigue. Soit Rudy, soit Julien. Pas les deux.
Ce film est un enchaînements de plot twists tout aussi foireux les uns que les autres, sans réelle construction, sans fil conducteur cohérent.
Maintenant lecteur mon amour, la réalisation. ce sera bref.
Champ-contrechamp. Champ-contrechamp. Champ-contrechamp ! Mais oh, c'est quoi ce cinoche des années 80 là ?! Yann tu t'es pris pour Astier ou bien ?
Hormis deux-trois plans intéressants, l'ensemble de ce film est d'une platitude digne des plaines de Beauce, mais sans l'odeur d'herbe fraîche (et c'est pourtant très joli la Beauce) . La lumière est mal gérée, la musique mal exploitée.
Je me suis fortement ennuyée lecteur de mon cœur, ce film n'en finissait plus. Je me demandais où est-ce que Gozlan voulait nous emmener sans réellement parvenir à comprendre. alors j'ai mis 3 étoiles, parce que je comprends qu'il puisse plaire, tu vois mais ce scénario ni fait ni à faire m'a beaucoup déçue.
J'aimerais vraiment pouvoir te parler du final, mais je ne l'ai pas vu.
Voila pourquoi je te parlais d'imposture au début de ma critique.
Enervée, à bout de patience devant ce pensum prétentieux, je suis partie 15 minutes avant la fin.
15 minutes de trop.
15 minutes où je n'avais même plus envie de connaître le dénouement.
Et c'est sans aucun regrets !
Ciao, lecteur de mon cœur !