Offrant des retrouvailles entre Yann Gozlan et Pierre Niney, "Gourou" est un long-métrage traitant du cas des "coachs de vie". Très intriguant sur le papier, il était donc normal que je m'intéresse à ce projet, même si les dernières réalisations de ce metteur en scène varié quand même pas mal en matière de qualité. Et globalement, même s'il y a beaucoup de choses très intéressantes à dire sur ce film, je ressors du visionnage avec un sentiment très mitigé. Pour moi, le long-métrage avait vraiment tout pour être un thriller psychologique très puissant, mais, par bien des aspects, il se rate un peu. Pourtant, je dois dire que le début du film nous vend beaucoup de très bonnes choses, notamment dans son approche de l'ambiance. On le sait, Yann Gozlan est un excellent réalisateur pour offrir des atmosphères angoissantes, et il le montre une nouvelle fois. Comme dans beaucoup de ces films, son idée est de développer la descente au enfer d'un personnage, et il le symbolise notamment par l'utilisation d'un montage très dynamique (afin de représenter la folie des événements qui s'enchaînent). Cependant, contrairement à son précédent projet par exemple, notre héros est clairement identifié comme un personnage assez gris. Si on peut se laisser avoir au début, et éprouver de la sympathie pour son combat, il va de plus en plus sombrer dans la malveillance. L'objectif est donc de démontrer à quel point ce principe de coach peut très vite se transformer en délire sectaire, avec un gourou qui utilise son pouvoir de manière peu légitime. En ce sens, je trouve donc que Pierre Niney est parfait dans son rôle, notamment dans sa diction des dialogues. Que ce soit dans ses shows ou face à quelqu'un en privé, on ressent constamment le désir de manipulation dans le timbre de sa voix, ce qui permet clairement de renforcer la thématique principale du film. Par plusieurs fois, l'alliance de cette réalisation et le talent de Pierre Niney offre donc des séquences extrêmement prenantes, notamment dans ces espèces de show. Alors, en mêlant cette ambiance à un scénario traitant du besoin de légiférer ou non ce métier, le film semblait donc développer un point de vue. Il semblait vouloir nous mettre en garde et exprimer une véritable envie de dénoncer cet environnement, parfois très toxique. Malheureusement, à mon plus grand regret, plus le film avance, plus il se perd dans ce qu'il souhaite raconter, et c'est de là que vient ma déception. À partir de la fin de la première heure, je trouve que le scénario part réellement dans tous les sens, avec une multiplication aberrante des personnages et des sous-intrigues. On a sa relation avec son frère, le délire de devenir coach du chauffeur, ses problèmes de couple, le cas d'un adhérent au programme qui devient fou, etc... Et à mon sens, si cet ensemble est clairement là pour renforcer l'aspect de la descente au enfer du personnage, beaucoup de ces intrigues sont scénaristiquement très mal exploitées ou inutiles. Les conséquences de cela sont donc multiples, mais globalement assez désagréables pour la bonne cohérence du projet. Déjà, car on oublie complètement l'intrigue principale autour de la loi pour légiférer ce métier, ce qui semblait pourtant être l'enjeu central de tout le récit. Ensuite, car le rythme en prend vraiment un coup : à trop vouloir raconter des choses inutiles, on créait forcément des longueurs. Et enfin, car beaucoup de ces intrigues n'ont même pas réellement de conclusion. En voulant offrir une fin ouverte à son récit, Yann Gozlan laisse finalement une sensation de frustration, celle d'avoir ouvert une dizaine de portes, mais sans en refermer la moitié. Par conséquent, je trouve que le long-métrage est très inégal. Il semble avoir un propos, mais comment réussir à pleinement le comprendre quand l'histoire s'emmêle autant les pinceaux ? C'est donc dommage, car si ce n'est pas raté, ce film aurait clairement pu être meilleur. Pour conclure, un retour mitigé pour ce duo.