Vendu comme étant d’actualité avec l’omniprésence des réseaux, Gourou aborde le pouvoir d’un être charismatique sur une foule, souvent démunie d’une façon ou d’une autre et qui cherche des solutions, ou du moins un espoir dans les discours d’un prêcheur.
Vous vous dites que c’est surement du déjà-vu, quelques films et documentaires ont abordé le sujet des sectes et des religions en général et oui, pour ça le film ne va pas révolutionner le genre mais ce qu’il propose est plus modernisé, plus punchy, à l’instar de son personnage principal. Mathieu Vasseur (Pierre Niney) est un homme qui s’est construit seul, s’appliquant une discipline et une philosophie quasi militaire et qui par cet esprit a trouvé un moyen de gagner sa vie en devenant le plus influent des coachs de vie français.
Yann Gozlan (réalisateur) peut s’arrêter sur ce pitch, et suivre l’ascension et l’évolution de coach Matt. Mais il débute son film avec un personnage déjà au zénith de son influence nationale. La première scène se déroule durant un de ses meetings (presque une messe) et l’on y voit tout ce que les prédicateurs et autres coachs américains peuvent nous servir : musique forte, écran géant, foule en délire et des moments pseudo-émouvants. Ce qui est bien vu, c'est le fait de voir les coulisses, de voir les équipes préparer les dossiers des clients, aider à l’oreillette pour que coach Matt ne se plante jamais et puisse parfaire son image de pote de bon conseil avec tout le monde.
Mais pour faire une bonne histoire, il faut bien un drame dans tout ça. Celui-ci sera incarné par une loi tentant d’encadrer la pratique du coaching de vie. Sur ce point, nous allons vers un scénario politique et je me dis que l’on va creuser les jeux d’influence entre un monde social numérique et un monde administratif. Sauf que là encore, changement de cap. Sordide histoire familiale qui ajoute une couche, via un autre moyen d’influence de masse, une émission de télévision (et pas n’importe laquelle : Touche pas à mon poste, avec en guest-star Cyril Hanouna).
Bon, je me dis que pourquoi pas prendre un autre virage que celui de la politique et partons vers le drame familial. Ça n'a pas duré, le drame familial devient vite un thriller avec en thème principal l’arroseur arrosé. Thriller qui ne dure pas non plus puisque l’on reboucle sur le gourou, mais cette fois celui de coach Matt. L’ascension est finale pour lui, il est avec son idole, une nouvelle porte s’ouvre et malgré tous les dégâts qu’il a causé et subit, il s’y engouffre. Il s’est fait lui-même pour lui-même.
Et là est le hic. D’un thème global, Gozlan veut aborder plein d’autres sujets et sans jamais les creuser. Ils les enchaînent et dès qu’il semble devoir démêler tout ça, il passe à un autre. C’est peut-être pour cela que la presse spécialisée à gentiment descendu ce film dans les différents médias. Je ne suis pas professionnel, je ne suis qu’un spectateur qui essaie d’aller régulièrement au cinéma, et malgré cela, bah oui, cette volonté d’aller partout sans franchement y aller, ça m’a sorti du film. Je ne dis pas qu’il est mauvais, ça se regarde bien mais je pense qu’en enlevant les deux derniers changements de ligne directrice et en poussant celles du début, il aurait peut-être pu être meilleur.