On Falling
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tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 777 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 avril 2026
Aurora, immigrée portugaise en Ecosse, travaille comme préparatrice de commande dans un entrepôt et partage un appartement avec d'autres travailleurs émigrés, précaires et pauvres.
Produit par la société de prod’ de Ken Loach, la parenté est flagrante avec le cinéma social du britannique. Laura Carreira, elle-même portugaise émigré en Ecosse, réalise un premier long métrage qui nous en rappelle d’autres comme « Rosetta », « L’histoire de Souleymane » ou « Ouistreham » en montrant les conditions de travail et de vie des pauvres des pays développés. Aurora est une jeune femme hyper isolée et cela dépasse même l’abrutissement de son emploi. Intéressant de montrer tous les flux migratoires d’emploi à intra-européen entre pays riches et pays pauvres ; ces gens recherchant un emploi ailleurs dans ce grand marché ouvert au prix d’un déracinement total. Et comme bien souvent, ce sont les travailleurs les moins qualifiés qui en sont victimes. Reprenons, Aurora est employée sur un emploi déshumanisant et robotisé. Là le film fait écho à Chaplin et « Les temps modernes » ; et pose la question de la place de l’Homme dans cette taylorisation de la production de biens ou de services. Arrimé à son chariot qu’elle remplit d’objets inutiles et guidée par les bips de son scanner ; toutes ses performances sont enregistrées et décryptées pour être le plus souvent sanctionnés. Sans être misérabiliste ou anti capitaliste primaire, méthodiquement on voie au combien l’ultra libéralisme déshumanise et désunit : e progrès au service de l’Homme : vaste fumisterie ! Ce film permet bien de montrer l’envers du décor : la vie des travailleurs de plateforme qui sont là pour satisfaire les moindres pulsions voire compulsions de nos modes de consommation où l’on veut tout, tout de suite. Abrutie par le travail, c’est un modèle de société, l’aliénation de ces personnels les poursuit jusque dans leurs loisirs. Laura Carreira nous montre des salariés n’ayant comme sujet de conversation que les séries et passent leur temps libre sur leur smartphone. Comme disait le patron de TF1 à l’époque, notre gagne-pain est « le temps de cerveau disponible » ; un système dans lequel on empêche les gens de réfléchir est bien mis en place par la tech de manière cynique. Et c’est bien cela que révèle les seules larmes d’Aurora, incapable de parler d’elle-même lors d’un entretien d’embauche. Son « soi » n’existe plus ; son identité se résume à un code ; elle est ramenée à sa propre vacuité.
Malgré sa durée courte basée sur des répétitions, ce film ne permet pas d’éviter des longueurs et des ellipses scénaristiques parfois troublantes. Un exemple ; on nous montre une jeune femme sans loisir et sans ami qui n’a même jamais franchi la porte du bar branché de son quartier, qui vit modestement, est en coloc’ et n’a pas de voiture et qui se retrouve prête à sombrer après avoir une facture de 100e pour faire réparer son portable. Un manque de crédibilité du scénario comme il y en a quelques autres.
Un constat social malgré tout captivant pour un premier film.
FaRem

10 571 abonnés 11 451 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 mars 2026
Aurora vit en Écosse où elle travaille comme préparatrice de commandes dans un entrepôt de type Amazon. Un job alimentaire en espérant quelque chose de mieux qui tarde à arriver. Un travail monotone qui l'enferme dans une routine monotone et dans une précarité à la fois financière et émotionnelle. L'histoire d'Aurora, c'est celle de millions de personnes dans le monde et Laura Carreira la raconte sans ajouter d'artifice. Elle montre la journée type de cette femme, mais avec des nuances à chaque fois. Des changements qui semblent infimes, mais qui sont très importants pour comprendre sa situation qui se dégrade progressivement. J'aurais quand même aimé quelque chose de plus concret, car ça reste trop en surface et certaines de ses décisions vers la fin sont, je trouve, incompréhensibles. Au final, un drame social réaliste et convaincant dans la veine d'un Ken Loach.
Jeanne
Jeanne

12 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 février 2026
Une description quasi chirurgicale de la réalité quotidienne des travailleurs et où l'humain est relégué au stade d'outil ou d'automate sans priorité(s). Cependant, je me demande à qui ce film est-il destiné ? Surement pas aux ouvriers car vivre cette réalité est déjà suffisamment pénible pour ne pas en prime, se la refader à l'écran ! A destination des classes moyennes, des bourgeois ou des nantis : Pourquoi faire ?
Delphine Waser
Delphine Waser

4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 décembre 2025
Tellement vrai. Miroir de notre société moderne. Pas drôle mais c'est la vie de milliers de gens...les acteurs sont inconnus mais très bien, cela rend le film encore plus réaliste.
Eleni
Eleni

19 abonnés 146 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 décembre 2025
En prenant son temps, "On Falling" nous entraîne avec beaucoup de réalisme et de minutie dans le monde du sous-travail. L'actrice principale porte son personnage avec une grande douceur et de manière discrète. Une belle chronique sociale, proche du travail de Ken Loach, qui a d'ailleurs contribué à la production.
Lylyvox
Lylyvox

5 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 décembre 2025
On pense tout de suite à une influence de Ken Loach. Un film innconfortable aux qualités certaines, mais très lent et très déprimant, tourné presque entièrement privé de la lumière du jour. Il dépeint une réalité indéniable, mais c'est vraiment très, très sombre. Une légère ouverture, plus joyeuse, à la fin.
Jade
Jade

1 abonné 79 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 novembre 2025
« On falling » nous plonge dans les dérives du post-modernisme et de l’hyper-individualisme. Il expose principalement la violence silencieuse du travail déshumanisant, notamment dans les entrepôts liés aux géants de la vente à ligne. Par extension, il aborde de nombreuses problématiques contemporaines : surconsommation, règne de l’urgence, solitude, suicide, précarité, exclusion sociale et refuge numérique. Film sombre mais nécessaire, il agit comme un miroir brut de nos sociétés et nous oblige à interroger le sens du travail autant que celui de nos vies dans un système qui valorise la performance avant l’humain.
Photofilm
Photofilm

7 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 novembre 2025
Un cri d'alerte sur le monde du travail contemporain et les vies sans saveur qui en découlent. L'héroïne est désarmante de solitude. La forme du film nous fait saisir de façon implacable le non-sens de nos pratiques de consommation, et la violence subie isolément par les individus.
Isabelle
Isabelle

2 abonnés 27 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 novembre 2025
Très beau film, très belle analyse de notre monde d'aujourd'hui ! Des postes de travail vidés de sens au service d'une surconsommation mondiale de produits inutiles et polluants made in china. Le sens du travail c'est recevoir une barre de chocolat en récompense de sa productivité, être obligé de vivre en colocation faute de mieux, ne plus pouvoir se nourrir correctement pendant que les multinationales explosent leurs chiffres d'affaires. L’exploitation humaine dans toute sa splendeur... Ken Loach, avec son film "Sorry We Missed You", dénonçait déjà les dérives de l’uberisation et de son impact socio-économique.
Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 novembre 2025
Aurora (Joana Santos) est portugaise. Elle travaille en Ecosse dans une immense plateforme de distribution. Sa scannette au poing, elle arpente inlassablement les allées de l’entrepôt pour y trouver les produits qui doivent être expédiés. Sa productivité et la moindre de ses haltes sont contrôlées à distance. Le soir, Aurora regagne la colocation anonyme qu’elle partage avec d’autres travailleurs immigrés comme elle.

"On Falling" pourrait être un documentaire sur l’aliénation au travail. C’est une oeuvre de fiction. Son statut ambigu m’a rappelé le livre de Joseph Ponthus au succès amplifié par la disparition précoce de son auteur, "À la ligne", et un documentaire sorti en salles en 2013 qui instruisait le procès du travail en abattoir, "Entrée du personnel".

Mieux encore qu’un documentaire à charge l’aurait montré, "On Falling" raconte le quotidien des employés des grandes entreprises de logistique : les cadences débilitantes, la surveillance permanente, la solitude…. Il le fait sans sombrer dans la caricature comme parfois les films de Ken Loach auxquels "On Falling" fait penser : ici il n’y a pas de « méchant » patron ni de « gentil » travailleur. Le management est aimable et compréhensif. Aurora a le droit de quitter la réunion à laquelle elle est pourtant tenue d’assister. Si elle n’obtient pas une autorisation d’absence pour aller passer un entretien d’embauche, car elle en a fait la demande trop tardivement, elle pourra sans préjudice, le matin même, feindre d’être malade. Mais cette tutelle cauteleuse est peut-être plus terrifiante encore que le serait une direction caricaturalement abusive : ainsi de la barre de chocolat paternaliste offerte à Aurora pour ses bons résultats.

Le scénario multiplie les non-dits. On ne saura rien des motifs qui ont poussé Aurora à venir travailler en Ecosse. On ne saura rien non plus de ses attaches au Portugal, de sa famille, de ses amis qu’elle y a laissés. On comprend qu’elle tire le diable par la queue et qu’une dépense imprévue suffit à mettre l’équilibre de son budget en péril. Dans sa colocation, elle essaie timidement de retrouver un peu de la chaleur humaine qui lui fait si douloureusement défaut. Elle y fait la connaissance d’un autre travailleur immigré comme elle, venu de Pologne. La romance qui se noue, avant de se dénouer bien vite dans un plan muet que je n’oublierai pas de sitôt, est déchirante.

Certes, on pourra reprocher à "On Falling" son minimalisme. Cinq fois, six fois, sept fois, la même scène se répète. Mais cette répétition a un sens : comme dans le livre de Ponthus, elle nous fait ressentir l’abrutissement causé par la répétition sempiternelle des mêmes gestes au travail.
Elodiechen
Elodiechen

8 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 novembre 2025
Film âpre à l'écriture sensible et précise. La réalisatrice ne tombe jamais dans l'écueil des bons sentiments.
Michel Gandilhon
Michel Gandilhon

2 abonnés 33 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 novembre 2025
Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Ce film poignant s’attache au quotidien d’Aurora, une immigrée portugaise qui travaille en Ecosse comme « warehouse picker » pour une grande firme opérant dans le secteur de la vente en ligne. Le regard est clinique et dénué de misérabilisme. Sa journée de travail s’écoule entre les étagères d’un entrepôt géant qu’elle sillonne inlassablement poussant un chariot, munie d’une sorte de pistolet avec lequel elle flashe des codes-barres de la pacotille marchande qu’elle collecte et dépose sur une chaine de montage. Il n’y a pas de place pour la flânerie dans ce système taylorien dont l’inventeur s’était proposé au début du XXe siècle déjà de la traquer. A ceci près qu’aujourd’hui, le système est plus sophistiqué. Au moindre petit retard, le pistolet émet des petits sons de plus en plus rapides qui rappellent l’employée à son devoir. Plus besoin de contremaitres. A la place des « managers » — à peine mieux lotis que ceux qu’ils fliquent — tapis derrière leurs ordinateurs qui rendent compte en temps réel de la productivité du salarié. Si elle est bonne, il sera convoqué dans le bureau et gratifié, comme un chien, de compliments et, au choix, d’un Snicker ou d’un Toblerone. Si, en revanche, le rythme baisse, le manager se déplacera pour mettre la pression dans une langue inclusive et écœurante, faussement inquiète et compatissante. Doucereuse. Car bien sûr, l’enseigne appartient à l’empire du bien où l’on parle gentiment aux esclaves tout en organisant des séances de propagande où les managers évoquent les activités caritatives de l’entreprise pour la planète et les zanimaux. Les soirées et les nuits d’Elena ne sont guère plus attrayantes que ses journées. Elle est logée dans un studio sans âme avec d’autres employés, venus de tous les coins du monde, avec lesquels elle partage une cuisine et des douches. C’est la version moderne des dortoirs de la révolution industrielle sans la saleté et la crasse où plutôt avec la saleté et la crasse moderne faites de meubles Ikéa et de fours à micro-ondes. Malgré cette sorte de promiscuité aseptisé, Eléna est tragiquement seule. De l’écran à l’écran. Ses soirées se passent sur son lit à pianoter sur son portable qui fonctionne comme une sorte de doudou et de bouée de sauvetage dont la perte provisoire opèrera une cassure affective et financière. Pas de véritables conversations dans la cuisine collective — malgré quelques beaux et rares moments d’ébauche de relations authentiques — entre ces prolétaires de la Babel capitaliste qui ne font que se croiser : english d’aéroport et banalités sur les séries Netflix du moment, le temps qu’il fait. A la novlangue du management répond en miroir une langue du quotidien qui sépare encore plus les êtres qu’elle ne les rassemble. Solitude au travail, solitude en dehors dans une société où rien n’échappe aux eaux glacées du calcul égoïste comme le montrent certains passages du film avec l’employée de Séphora ou l’entretien d’embauche lors duquel il s’agit de se vendre en affichant non ses qualifications mais son être véritable. Non content d’exploiter les corps, le système veut posséder les âmes. On falling est un film admirable non seulement sur la condition ouvrière mais sur ce qu’il en est de l’homme tout court à l’heure de la globalisation capitaliste. C’est un beau portrait de femme aussi. Sans pathos, sans manifeste grandiloquent. Tout en délicatesse comme la scène finale où l’interruption provisoire et accidentelle du cours standardisé des choses permet le retour du refoulé : le jeu, la joie, la vie.
Clntra
Clntra

41 abonnés 270 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 novembre 2025
Film d'une sécheresse absolue. Cette femme travailleuse anonyme subissant l'exploitation sans le moindre signe de révolte ne distille aucune émotion. Une scène qu'on pourrait trouver humaine quand elle joue au ballon avec ses futurs collègues de travail. On sort de ce film abasourdi par la grisaille et l'absence de la moindre humanité.
Joselito
Joselito

35 abonnés 132 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 novembre 2025
Bon, à éviter peut-être un jour de novembre bien maussade.
Scénario intéressant pour dénoncer l'existence aliénée de nombreux salariés et précaires ( pas que sur les plates-formes de vente).
Certains se réfugient dans des séries télé tout aussi aliénantes, des sorties aux comportements codifiées sans réels échanges, alcool et sono.
Aurora, et c'est le gros défaut du film, n'a aucune identité et devient vite un prétexte peu crédible pour l'auteure qui lui permet cette dénonciation légitime.
Pas de passé, aucun lien avec son pays d'origine, elle représente un symbole de vide caricatural qui plombe le récit.
Dommage.
cdo
cdo

2 abonnés 70 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 novembre 2025
Vu au Café Des Images d'Hérouville St Clair le 08/11/25.
Un film social intéressant de type Ken Loach qui dénonce l'écrasement de l'homme par la machine capitaliste (entrepôt), mais beaucoup de longueurs. Oui, c'est sûr, on sent bien l'ennui et la monotonie du travail de préparateur de commande....mais un peu trop...
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