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Adé
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3,0
Publiée le 1 mars 2026
8 ans après son dernier film, Gus Van Sant fait son retour au cinéma.
Pas aussi bon qu'Un après-midi de chien, mais pas inintéressant non plus, "La Corde au cou" revient sur l'histoire vraie de Tony Kiritsis qui, en 1977, kidnappe le fils de l'homme qu'il juge responsable de l'avoir escroqué.
Assez simple dans ce qu'il raconte et déjà pas mal revu (une prise d'otage, un homme ruiné et désespéré), là où le film de Gus Van Sant fonctionne, c'est que l'histoire est un peu folle (à l'image de Tony Kiritsis) et que ça donne lieu à une affaire très médiatisée, d'un homme largement instable et pourtant un peu touchant. Force est de constater qu'on peut comprendre les intentions de Tony Kiritsis (qu'on les juge bonnes, ou mauvaises) et que les sujets abordés sont toujours aussi actuels.
Emmené par un bon casting où Bill Skarsgård est franchement convaincant, accompagné de Dacre Montgomery, Colman Domingo, ou encore Al Pacino (joli clin d'œil à "Un après-midi de chien", où ce dernier tenait à peu près le même rôle que celui de Skarsgård), une mise en scène pas mal et une bonne bande originale, "La Corde au cou" ne fait pas d'étincelles, mais parvient à être prenant et pas trop mal.
Incroyable histoire vraie que celle de Tony Kiritsis. On reconnait tout le talent de Gus van Sant pour créer une atmosphère angoissante, un espace qui se referme imperceptiblement autour du protagoniste et une tension montante jusqu'au final. La question qui se pose est de savoir pourquoi Gus van Sant a choisi de raconter cette histoire oubliée ? Et indéniablement ce n'est pas tant le fait divers qui l'intéresse mais ce qu'il dit de la société américaine. Bien que non-explicite, le propos est très politique. L'histoire de cet homme arnaqué raconte les travers et les obsessions de l'Amérique dans son rapport à l'argent. Bien fait et très intéressant.
Gus van Sant se sert d'une prise d'otage survenue en Indiana, pour brosser un tableau de la société américaine dont l'application de certaines règles, certes légales, mais aussi inhumaines et injustes, peuvent conduire à la folie ( comme le reconnaîtra le verdict prononcé à l'issue du jugement de l'auteur ).
Sous des allures de polar, le cinéaste américain égratigne le libéralisme ( selon moi - c'est le véritable sujet traité) qui laisse potentiellement la place à la prédation économique.
Inspiré d’un fait divers survenu en 1977 à Indianapolis, le film voit Gus Van Sant revenir à l’un de ses territoires familiers : celui des solitudes américaines. Cette fois, tout se cristallise autour d’un homme, Tony Kiritsis (incarné par Bill Skarsgård) qui prend en otage un promoteur immobilier joué par Al Pacino, les reliant sa vie à un fil explosif. Ainsi, tout est là. Non pas un simple thriller, mais une mise en tension entre colère intime, abstraction économique et emballement médiatique. Le fait divers devient alors une surface d’inscription, le lieu où un cri individuel tente de se politiser et se perd en chemin.
La mise en scène part de cette contrainte physique pour dessiner une véritable géographie de la menace. Les corps sont assignés, la caméra l’est tout autant. L’espace se resserre, chaque geste paraît susceptible de tout faire basculer. Visuellement, Van Sant opte pour une image légèrement fanée, presque poussiéreuse : bureaux, rues, parkings composent une banalité très américaine, héritée du Nouvel Hollywood, où le quotidien devient le théâtre discret d’une violence structurelle. À ce réalisme rugueux s’ajoute un autre régime, plus instable : les dialogues se chevauchent, les conversations s’interrompent, les journalistes saturent l’espace sonore. Le réel ne se donne jamais comme un fait stable, mais comme un champ de récits concurrents qui se disputent sa définition.
Au centre, le Tony de Skarsgård vacille sans cesse. Entre lucidité politique et dérive narcissique, il incarne une contradiction que le film se garde bien de trancher. Plus les médias s’emparent de lui, plus la parole se déplace : parler ne signifie plus comprendre, mais exister sous les projecteurs des décideurs. Face à lui, le promoteur n’est jamais érigé en monstre. Le système, au contraire, demeure diffus, presque sans visage, trop banal pour en avoir un. La violence se loge dans les structures, pas dans les individus.
Alors le film glisse, presque imperceptiblement, vers une réflexion plus large. Ce qui reste, ce n’est pas une résolution, mais l'image de deux êtres attachés l’un à l’autre, incapables de rompre sans disparaître. Une métaphore presque trop nette d’un monde où la colère, pour être entendue, doit se mettre en scène au risque de se dissoudre dans ce qu’elle dénonce.
La Corde au cou de Gus Van Sant est un film qui démarre avec une mise en scène plutôt inspirée, presque hypnotique par moments, mais qui finit par s’enliser dans un énorme ventre mou en plein milieu, cassant complètement le rythme et l’implication. C’est d’autant plus frustrant que le casting tient vraiment la route, avec des performances solides qui auraient mérité un récit plus tendu et maîtrisé. Au final, ça reste une expérience inégale : intéressant sur la forme, mais trop poussif sur la durée.
Long comme une prise d'otage, visiblement le réalisateur a voulu reproduire des images de tv authentiques, pourquoi ? Il aurait été peut être plus subtile de filmer le point de vue du public de l'époque qui a réagit à cette prise d'otage. Par contre on adore le personnage de l'animateur radio et sa bande son.
Ce nouveau film de Gus VAN SANT est Inspiré d’une histoire vraie qui s’est déroulé en 1977 à Indianapolis et qui avait défrayé la chronique à l’époque. La réalisation est soignée et efficace. La tension est palpable durant toute la durée de ce film qui retrace avec réalisme ce fait divers hors normes qui passionna l’Amérique. La psychologie du personnage principal du film, très bien interprété par Bill SKARSGARD, est bien restituée et il devient même attachant dans sa folle démarche. Ce film est vraiment passionnant à visionner.
Bernard CORIC
(Film visionné le 30/03/2026 en projection de presse à l'ARP à PARIS)
Tony Kritsis s’est fait avoir par une agence bancaire. Il se venge en kidnappant le fils du responsable de sa mésaventure. Il a tout méticuleusement préparé. Un fait divers dont les médias vont raffoler, ce qui grandement satisfaire Tony. Le film raconte l’histoire, inspirée de faits réel et vient reproduire de façon précise le récit de ce drame. C’est bien ficelé et efficace dans l’écriture. On se prend d’affection pour les personnages. Un film haletant et réussi.
Ai vu « La corde au cou » le dernier film du réalisateur américain Gus van Sant, présenté à la Mostra de Venise en 2025. Dès la première seconde du premier plan nous sommes plongés dans un thriller des années 70 avec énergie et brio. « Dead man’s wire » (en anglais) mêle le film de kidnapping, le film d’action, le film sur le journalisme et le film politique. Gus van Sant retrouve enfin son talent de metteur en scène et ici d’une main de maitre, manie la caméra, le cadrage, le montage au service d’un scénario inspiré d’un fait divers d’une grande efficacité. A Indianapolis, en février 1977, Tony Kiritsis (Bill Skarsgard) enlève le fils du courtier (Dacre Montgomery) responsable de sa ruine. La prise d’otage dure 3 jours en direct devant les micros et les caméras des médias locaux puis nationaux. Tony est-il une victime du capitalisme, un fou furieux où un criminel ? Gus van Sant a le sens du timing et c’est une des grandes qualités de ce long métrage de nous tenir en haleine de bout en bout, sans jamais s’éparpiller. L’autre qualité est que le réalisateur ne prend jamais partie, qu’il est le plus factuel possible, évite tout manichéïsme et laisse donc au spectateur le temps et le choix de se positionner. La mise en scène mène de front le huis-clos entre Tony et son otage et la montée en puissance de l’étalage médiatique avec toute son indécence, d’autant plus quand la « star » du jour a conscience de sa minute de gloire. Van Sant dénonce avec art le rêve américain en montrant les coulisses d’une société qui est faite pour que les puissants s’enrichissent. Une vraie tension, des dialogues impertinents, une musique seventies réjouissante qui colle parfaitement à la très belle photographie d’Arnaud Potier, le plaisir de revoir Al Pacino dans un rôle lunaire et secondaire, le film résonne parfaitement à notre époque où la violence économique, et où mettre la corde au cou des plus fragiles, est devenue un art.
Le grand retour de Gus Van Sant , et le grand retour aussi des seventies. Si le film est admirable ce n’est pas par son scénario, qui s’inspire d’un fait réel et évoque instantanément dans notre mémoire de cinéphile le magnifique « Un apres midi de chien » de Sidney Lumet Non, ce qui épate et séduit c’est la précision de la mise en scène, le cadrage, le rythme parfois haletant et à d’autres moment totalement asphyxié par le huis clos qui nous enferme avec ses deux personnages. La virtuosité cède la place à la lenteur ou la répétition , le réel des images des médias (qui couvrent le fait divers en direct) se mélange avec la réalité elle même, et c’est ce mélange, cet inconfort permanent pour le spectateur qui rend le film précieux. On le comparera bien sûr à celui de Lumet d’autant que Pacino y fait une apparition savoureuse (le son de la voix et la radicalité de son propos renvoient d’ailleurs à la logorrhée de Trump)…Mais le film est plus apre, plus radical qu’un après midi de chien, car il est très rarement traversé par l’humour et flirte plutôt avec le cynisme qu’avec la compassion. Pour résumer, oui, il faut le voir car c est une leçon de cinéma sur le plan formel, et les deux comédiens tout comme l’ensemble du casting y sont mémorables. Sans oublier the cherry on the cake, une BO de tubes des seventies tout à fait irrésistible. Alors ne boudez pas votre plaisir, si vous aimez la virtuosité.
Un film très bien écrit et tourné. Un film qui fait le tour de son propos qui pourrait se résumer à la question-titre posée par Denis Diderot "Est-il bon est-il méchant ?". Le preneur d'otage est ainsi magnifiquement campé en homme instable, inquiétant mais non dénué d'humanité, d'empathie. Les seconds rôles sont également merveilleusement joués. Cependant tout cela me semble nettement moins ambitieux que les deux "polars-sociaux" phares états-uniens de l'an dernier, "Eddington" et "Une Bataille après l'autre".
On est sur une histoire vraie dans laquelle on plonge directement la tête la première dans les années 70.
On se croirait au coeur d'un documentaire : La mise en scène brouille les pistes en alternant avec des fausses images d'archives plus vraies que nature.
Ce qui est fort dans ce film, c'est que le réalisateur crée la confusion dans la tête des spectateurs. On croit être face à une lutte petit peuple contre grosse machine capitaliste mais au final le récit est malin pour ne pas tomber dans la facilité manichéenne.
Tout n'est pas blanc ou noir, les contours sont plus nuancés pour dépeindre des protagonistes plus humains et complexes.
Impressionnant. La faculté à qualifier les uns de tueurs ou de malades mentaux ... Chose auxquelles la société y participe. Un homme qui défend son honneur au mépris de beaucoup.
Excellent film, tant dans son contenu, à la fois intime, social et politique que dans sa mise en scène, son montage, ses images et son interprétation. La tension est permanente, ce qui n'exclut pas quelques légères touches d'humour. Au spectateur de se faire son jugement sur le "bien" et le "mal", les coupables et les victimes