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La Tornade
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4,0
Publiée le 20 mai 2026
L'histoire vraie de Tony Kiritsis, ruiné à cause d'un emprunt, est une réussite cinématographique. Le casting est parfait et la réalisation est traité avec subtilité permettant de garder le suspense jusqu'à la fin.
Dommage, on peine à s'attacher au personnage principal dont la cause est louable dans l'absolu, mais il ne fait que rejoindre la team des personnages antipathiques qui rodent dans ce film. Il y a tentatives originales, une idée de morale et de justice ébauchée… mais rien n'y fait, c'est lent, mou, fade et pénible à regarder.
"La corde au cou" est une réussite. L'intrigue, le rythme, la réalisation, la reconstitution de la fin des années 70, le jeu des acteurs et la musique sont de qualité.
L'American Way of Life qui vole en éclat avec ce fait divers où le pot de terre veut prendre sa revanche (vengeance ?!) sur le pot de fer. Sur le fond, on est d'abord surpris par cette naïveté de ce Kiritsis qui croit que ses exigences vont être suivies, puis finalement on espère en savoir plus sur son affaire car, au final, ce Tony Kiritsis est-il victime d'un système et héros malgré lui ou est-ce juste un pauvre bougre qui n'assume pas ses propres mauvaises décisions ?! C'est malheureusement sur cette dernière interrogation que le film déçoit, car vous n'en saurez rien, quelques insinuations peut-être mais rien de probants, le réalisateur ne prend aucun risque. Gus Van Sant se rattrape avec sa mise en scène, une reconstitution d'époque solide magnifiée par un grain idéal, le mix avec des images d'archives, la multiplication des plans et des angles de vue, des détails jusque dans les seconds plans et les personnages secondaires qui paraissent pourtant anodins souvent, et en prime une performance énorme de Bill Skarsgard qui ne se cache pas cette fois sous un masque. Un film maîtrisé et magnifiquement réalisé, avec des personnages parfaitement croqués, juste dommage que Gus Van Sant n'est pas approfondi plus son sujet. Site : Selenie
Bonne nouvelle que ce retour de Gus Van Sant qui n'a pas de mal à hisser La corde au cou au-dessus du panier de la production américaine récente, eu égard à la pauvreté globale de celle-ci, actuellement, obsédée par les blockbusters et avec un cinéma indépendant qui a perdu de son originalité, à quelques exceptions près. Le fait divers qui sert de support à son film date de 1977, mais son acuité sur le plan politique, montrant la face obscure du rêve américain, renvoie assez clairement aux États-Unis d'aujourd'hui. Il pourrait s'agir d'un thriller, mais c'est plutôt à une comédie noire que l'on est confronté, dans un équilibre assez bien maîtrisé entre la tension du duo au premier plan et l'environnement sidéré autour d'eux, à commencer par le traitement médiatique de l'affaire. Le cinéaste ne commet pas l'erreur de nous soumettre au syndrome de Stockholm et, bien aidé par le jeu de l'excellent Bill Skarsgård, ne manque pas de subtilité ni de malice dans le portrait complexe de son anti-héros, victime et psychopathe à la fois. Effet collatéral de la projection, ces 63 heures de chien rappellent, du point de vue formel, mais aussi par son aspect social prononcé, ce qu'était le grand cinéma américain de cette époque où Un après-midi de chien et beaucoup d'autres montraient une certaine idée de l'excellence et de la pertinence artistiques.
Tony Kiritsis (Bill Skarsgård frère d’Alexander Skarsgård le héros hottissime de Pillion et fils de Stellan Skarsgård), la quarantaine, est un résident d’Indianapolis qui a fait un mauvais investissement en achetant à crédit un terrain pour y accueillir un centre commercial. Mais faute d’acheteur, il n’a pu rembourser son emprunt et s’est retrouvé pris à la gorge par les traites. Retournant sa colère contre sa banque, il décide un matin de février 1977 de débouler à son siège social et de prendre en otage son président. Celui-ci (Al Pacino) est en vacances en Floride ; mais son fils Richard (Dacre Montgomery) le supplée. Kiritsis réclame des excuses publiques, l’effacement de sa dette et l’indemnisation de son préjudice.
Gus Van Sant est incontestablement l’un des plus grands réalisateurs américains contemporains. Le réalisateur de "Drugstore Cowboy", de "My Own private Idaho", de "Will Hunting", d’"Elephant" (palme d’or à Cannes en 2003) est de ceux qui, sur son nom seul, attire une foule de cinéphiles fidèles dont je fais partie, même si ces deux derniers films ont fait un bide : "Don’t Worry, He Won’t Get Far On Foot" en 2018 et "Nos souvenirs" en 2015. À soixante-treize ans, il fait figure de jeunot à côté de ses aînés qui continuent bon pied bon œil à tourner comme si l’irréparable outrage des ans n’avaient sur eux pas de prise : Clint Eastwood (95 ans), Roman Polanski (90 ans), Woody Allen (87 ans), Ken Loach (87 ans), Ridley Scott (85 ans), Denys Arcand (82 ans), Barbet Schroeder (82 ans), Wim Wenders (78 ans)…
Force est de lui reconnaître une incroyable maîtrise. Gus Van Sant sait diablement bien raconter une histoire et en administre ici magistralement la preuve avec cette "Corde au Cou" (le titre original est encore plus claquant mais est difficile à traduire) d’une heure quarante cinq minutes pendant lesquelles on ne regarde pas une seule fois sa montre.
Pour autant, le suspense n’est jamais si intense qu’on s’accroche à son fauteuil. Tout avance (trop ?) gentiment dans ce film dont tous les roulements à billes sont parfaitement huilés. On pense à Sidney Lumet – et notamment à "Un après-midi de chien" – ou à certains Clint Eastwood tels que "Le Cas Richard Jewell".
Ce que je reproche à "La Corde sur le cou" est le manque de densité de chacun de ses caractères : le preneur d’otages dont l’histoire familiale et la psychologie ne sont guère évoquées, le banquier kidnappé qui aurait pu légitimement solder ses comptes avec son père, la jeune journaliste qui profite du direct pour monter en grade ou l’agent du FBI qui déboule au milieu de la prise d’otages et qu’on ne revoit plus guère après. Sur un sujet proche, la prise d’otages des athlètes israéliens à Munich en 1972 filmée en directe par la télévision, était autrement plus stimulant 5 septembre que je place tout en haut de mon Top 10 de l’année passée.
Nous avons eu un vif débat hier soir à la sortie de la salle avec mes amis cinéphiles du dimanche soir qui, non sans motif, se montraient plus laudatifs que moi et me disaient que La Corde au cou méritait cinq étoiles. Ils me reprochaient d’être trop chiche dans mes notes. Je reconnais volontiers que je mets rarement la note maximale. La raison en est la suivante : mérite selon moi cinq étoiles le film qui marquera l’histoire du cinéma. La Corde au cou est-il un très bon film ? Oui. Marquera-t-il l’histoire du cinéma ? Non.
Gus Van Sant signe un retour aussi rare qu’attendu. Cinéaste discret, dont chaque nouveau projet devient presque un événement, il livre une œuvre qui s’inscrit dans la lignée de ses films les plus austères et dérangeants, notamment "Elephant". Inspiré d’un fait réel, nous suivons Tony Kiritsis, un homme ruiné après un emprunt qui tourne mal. Le 8 février 1977, à Indianapolis, il kidnappe le fils du courtier qu’il juge responsable de sa chute. Armé d’un fusil relié à la gorge de son otage, il exige 5 millions de dollars et des excuses publiques. L'affaire devient un événement suivi en direct pendant 63 heures par les médias. L’Amérique entière se passionne pour ce fait divers hors norme, se divisant entre ceux qui voient en Tony un criminel et ceux qui le considèrent comme une victime du système. Refusant tout sensationnalisme, Van Sant privilégie une approche distante, laissant les faits parler d’eux-mêmes et installant une tension naturelle. Le film repose en grande partie sur ses acteurs, et ils sont remarquables et rendent chaque interaction crédible et tendue. "La Corde au cou" fascine car il mélange gravité extrême et absurdité presque risible. La situation, aussi dramatique soit-elle, révèle par moments une forme de grotesque, notamment quand l’opinion publique s’en empare.
Pour son retour au cinéma après 8 ans d'absence, le réalisateur américain Gus Van Sant avait un sujet en or à sa disposition. En effet, cette adaptation d'une histoire vraie qui a beaucoup marqué les Etats-Unis à la fin des années 70, pouvait lui permettre la réalisation d'un thriller plein de suspens tout en vilipendant le goût du spectacle, souvent nauséabond, de certains médias et le rôle pernicieux des organismes de prêt. Le résultat est malheureusement très éloigné de ce qu'on pouvait espérer : il n'y a rien de vraiment palpitant, on retient davantage le bénéfice pour sa carrière retiré par la journaliste Linda Page de sa couverture des évènements qu'une véritable dénonciation des méthodes utilisées par la télévision pour s'incruster dans un évènement et la critique des organismes de crédit s'avère manquer de souffle.
Un petit bijou, prendre le titre au premier degré et rester pour le générique de fin (les vraies images du drame)….Je ne veux pas spoiler ( dévoiler) mais sachez que le scénario est intéressant, remarquablement interprété et que la fin surprend tout le monde. Un très bon cru de Gus Van Sant, donc ( belle photographie, belle bande musicale, montage élégant) et un film qui vous fait vivre un drame vécu en Amérique( pays du puissant dollar) en février ?1977 ( j’avais 19 ans, de beaux souvenirs) dans une Amérique encore très libre et puissante ( regardez ces magnifiques bagnoles sous le soleil d’Indianapolis) ; Je crois que le film réussi à captiver le spectateur et à l’éveiller sur une problématique économique très réelle…..Les gros capitalistes mangent les petits…..Je n’en dis pas plus….UN film à voir sans hésiter…..
Nous voici plongés dans les années 1970 aux USA : un homme ayant subi une grosse perte d'argent décide d'enlever le courtier bancaire (finalement son fils) qu'il considère comme responsable de ce fiasco, puis exige des excuses publiques et un remboursement de sa faillite. Cette histoire vraie possède le charme d'avoir véritablement existé, on imagine la détresse de cet individu (Tony Kiritsis) pour en arriver à cette extrémité ! Mi-naïf et mi-déterminé, ce pauvre bougre au bout du rouleau va tout tenter pour obtenir réparation. Mais le système est ce qu'il est, surtout aux Etats-Unis, personne ne va lui faire de cadeau ! L'histoire aurait pu être poignante, stressante et en fin de compte captivante, mais la réalisation assez molle et le scénario tournant rapidement en rond entraînent peu à peu le spectateur dans une sorte d'inertie assoupissante ! Un film sans grand relief manquant radicalement de piment, malgré des faits dramatiquement véridiques ! Site CINEMADOURG . free . fr
Moi qui pensais que Gus Van Sant n'avait rien réalisé depuis les années 2000, je me trompais lourdement puisque le bonhomme n'a en réalité pas chômé mais qu'avec des films qui sont un peu passés sous les radars. Et même si ce film ne bénéficie pas d'une énorme com, on est quand même sur une sortie un peu plus attendue. Déjà pour le casting et puis car le sujet est passionnant ! Il retrace le véritable kidnapping du courtier Richard O. Hall, orchestré par Tony Kiritsis, un "client" dont les dettes n'ont cessées de grimper. Mais ce dernier accuse la société de Hall et notamment le père de ce dernier de l'avoir entubé. On repère tout de suite les thèmes chers au réalisateur ; notamment le combat d'un marginal qui use de la violence pour se faire entendre. Également une opposition victime/oppresseur assez ambigu puisque si Kiritsis a été jugé mentalement irresponsable et que ses accusations ne tenaient pas trop la route, le film ne prend pas de parti en particulier. Kiritsis est même presque présenté comme un anti-héros national, symbolisant le prolétaire américain moyen dont le rêve américain s'écroule sous les dettes tandis que Hall et notamment le père est présenté comme un monstre capitaliste qui, s'il n'a pas arnaqué son client, se moque tout de même de lui. Et c'est peut-être ce manque de parti pris qui rend finalement le film assez ennuyant. Puisqu'on a alors davantage l'impression qu'il se contente juste d'adapter l'histoire vraie, ne se mouillant pas trop politiquement parlant, ce qui est d'ailleurs étrange de la part d'un réalisateur qui s'est fait connaitre pour son regard aussi froid qu’aiguisé sur la société et ses marginaux. De plus, il se perd un peu dans des personnages secondaires, comme les journalistes par exemple, dont on sent une volonté de raconter quelque-chose (une femme Noire qui prend le lead pour couvrir un évènement aussi gros par exemple) mais qui n'est en réalité que survolé et ne raconte au final pas grand-chose. Et c'est un peu ça le plus gros problème du film ; oui la réalisation est impeccable (ce grain et cette manière de jouer avec le cadre, les formats, les différentes caméras apportent un vrai plus, du rythme et une certaine authenticité) et les acteurs sont très bons mais le film ne raconte au final pas grand-chose, si ce n'est simplement rapporter des faits.
Gus Van Sant nous propose son «Après-midi de chien» (en moins bien).
Prise d'otage à sous-texte sociétal située dans les 70's (mais résonnant avec aujourd'hui), un travail de reconstitution plutôt soigné et rythmé.
Mais ce thriller aux touches (un peu trop) légères ne convainc qu'en partie. Certains tics formels et le jeu parfois trop maniéré de Bill Skarsgård viennent un peu casser l'aspect immersif du film.
C'est d'ailleurs quand le film se pose (trop rarement) qu'il marche le mieux, et moins quand il s'éparpille un peu trop avec ses différents protagonistes et points de vue. Un huis clos intégral aurait sans doute eu plus d'impact pour ce film qui manque d'une certaine tension au vu de la situation qu'il traite.
Bref, petite déception face à ce film qui reste un peu trop en surface et a eu du mal à m'embarquer, à me toucher véritablement.