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Vu à Montréal.
Cela faisait huit ans qu’on n’avait pas vu Gus Van Sant aux manettes d’un film de cinéma. Son dernier opus « Don’t worry, he won’t get far on foot » n’avait pas laisse grande impression et son avant-dernier, « Nos Souvenirs » encore moins. Il faut remonter à Promised Land » en 2013 ou à « Harvey Milk » en 2008 pour dénicher un opus convaincant ou mémorable de cet auteur marquant et réputé. Il n’a pas chômé entre temps puisqu’il a produit quelques productions et surtout réalisé des épisodes de série comme « Feud ». Pour son grand retour, il passe par la petite porte puisque « La Corde au cou » n’a guère eu beaucoup de publicité outre-Atlantique et qu’il semble tenter un changement de registre sans totalement convaincre. Avec l’adaptation de ce fait divers ayant défrayé la chronique dans les années 70, il surprend mais on le préfère sur ses terrains de prédilection habituels.
L’histoire vraie de cet homme qui prend en otage le fils du patron d’une compagnie de prêts qu’il l’aurait abusé n’est pas le genre d’histoire avec laquelle on attendait le réalisateur de la Palme d’or « Elephant ». On voit bien ce qui a pu l’intéresser ici outre le côté suspense de la prise d’otages iconoclaste perpétrée ici. D’abord il y a ce côté David contre Goliath qui existait donc déjà dans les seventies où de petites gens se retrouvaient honni par des grandes sociétés sans scrupule au nom du profit et de l’argent. Puis, en filigrane, on retrouve les prémisses de la télé-spectacle qui va exploser dans les années 90 avec ladite prise d’otages retransmise en direct. Sauf que « La Corde au cou » joue sur trop de tableaux et s’éparpille entre les différents seconds rôles censés représentés ces différents thèmes (la journaliste, l’animateur de radio, le légal, les différentes forces de police, ...). Van Sant veut trop en dire avec cette histoire et reste en surface.
Cependant, « La Corde au cou » se suit bien. Et s’il y a un gros manque de tension à force de passer d’un personnage à un autre et qu’il y aurait pu avoir plus d’humour (noir), on passe un moment relativement agréable devant ce film bien mis en scène. En effet, Van Sant singe la patine et certains effets de l’époque avec maestria. La reconstitution d’époque est de bon goût et on admire l’atmosphère. Et, encore une fois, la prestation du décidément versatile et toujours impeccable Bill Skarsgaard est impeccable. Cet acteur est vraiment capable de tout jouer et de passer d’un rôle à l’autre avec une prestance d’équilibriste. On apprécie également les trois scènes avec Al Pacino, cinglant et détestable. Bref, pas le grand retour attendu pour Van Sant, mais un film sympathique et d’échauffement en attendant de le retrouver plus aguerri.
Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.
Cela faisait huit ans qu’on n’avait pas vu Gus Van Sant aux manettes d’un film de cinéma. Son dernier opus « Don’t worry, he won’t get far on foot » n’avait pas laisse grande impression et son avant-dernier, « Nos Souvenirs » encore moins. Il faut remonter à Promised Land » en 2013 ou à « Harvey Milk » en 2008 pour dénicher un opus convaincant ou mémorable de cet auteur marquant et réputé. Il n’a pas chômé entre temps puisqu’il a produit quelques productions et surtout réalisé des épisodes de série comme « Feud ». Pour son grand retour, il passe par la petite porte puisque « La Corde au cou » n’a guère eu beaucoup de publicité outre-Atlantique et qu’il semble tenter un changement de registre sans totalement convaincre. Avec l’adaptation de ce fait divers ayant défrayé la chronique dans les années 70, il surprend mais on le préfère sur ses terrains de prédilection habituels.
L’histoire vraie de cet homme qui prend en otage le fils du patron d’une compagnie de prêts qu’il l’aurait abusé n’est pas le genre d’histoire avec laquelle on attendait le réalisateur de la Palme d’or « Elephant ». On voit bien ce qui a pu l’intéresser ici outre le côté suspense de la prise d’otages iconoclaste perpétrée ici. D’abord il y a ce côté David contre Goliath qui existait donc déjà dans les seventies où de petites gens se retrouvaient honni par des grandes sociétés sans scrupule au nom du profit et de l’argent. Puis, en filigrane, on retrouve les prémisses de la télé-spectacle qui va exploser dans les années 90 avec ladite prise d’otages retransmise en direct. Sauf que « La Corde au cou » joue sur trop de tableaux et s’éparpille entre les différents seconds rôles censés représentés ces différents thèmes (la journaliste, l’animateur de radio, le légal, les différentes forces de police, ...). Van Sant veut trop en dire avec cette histoire et reste en surface.
Cependant, « La Corde au cou » se suit bien. Et s’il y a un gros manque de tension à force de passer d’un personnage à un autre et qu’il y aurait pu avoir plus d’humour (noir), on passe un moment relativement agréable devant ce film bien mis en scène. En effet, Van Sant singe la patine et certains effets de l’époque avec maestria. La reconstitution d’époque est de bon goût et on admire l’atmosphère. Et, encore une fois, la prestation du décidément versatile et toujours impeccable Bill Skarsgaard est impeccable. Cet acteur est vraiment capable de tout jouer et de passer d’un rôle à l’autre avec une prestance d’équilibriste. On apprécie également les trois scènes avec Al Pacino, cinglant et détestable. Bref, pas le grand retour attendu pour Van Sant, mais un film sympathique et d’échauffement en attendant de le retrouver plus aguerri.
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Voilà un film insolite qui prend parti ouvertement pour le méchant de l’histoire. Il fallait oser et Gus Van Sant l’a fait. Il nous narre l’histoire de cet américain qui, en 1977, a kidnappé le fils du courtier responsable de sa situation financière inextricable. Pour bien nous projeter dans le contexte de l’époque le réalisateur intercale de manière judicieuse des séquences filmées à la manière des prises de vues de l’époque. Il le fait sans doute car la prise d’otage avait alors été massivement relayée par les médias locaux et nationaux. Cela nous donne l’impression d’être à la fois spectateur de l’évènement, tout en ayant l’opportunité d’être aussi de l’autre côté de l’écran. Bill Skarsgård réalise une prestation très convaincante pour un rôle pas facile dans lequel il se trouve souvent à la limite de la folie, sans jamais pour autant basculer complètement de ce côté-là. Du coup, le récit, en le préservant d’une totale aliénation, nous le rend plutôt sympathique et nous permet de nous identifier plus ou moins à lui. En tout cas, on comprend facilement le message de lutte contre le cynisme ultra libéral que le réalisateur et son interprète veulent nous faire passer. On a plaisir à retrouver Colman Domingo au casting mais son rôle s’avère finalement assez accessoire. Al Pacino fait lui une apparition beaucoup plus marquante et on regrette que son personnage n’ait pas eu plus de place dans le film. L’épilogue, plutôt surprenant, conclu adroitement ce long-métrage qui mérite d’être vu.
Visuellement, c'est une belle réussite : la mise en scène est originale et mêle habilement la fiction avec des photos et films d'archives, ce qui donne un aspect documentaire très immersif. Le casting est également impeccable, porté par un Bill Skarsgård habité et un Al Pacino tmagnétique mais sous utilisé.
Cependant, je suis resté un peu sur ma faim. Pour un cinéaste de la trempe de Van Sant, j'ai trouvé le récit trop restreint à la simple narration des faits. On manque de cette réflexion de fond ou de cette poésie habituelle au réalisateur ; le film reste en surface sans vraiment creuser les enjeux sociaux ou psychologiques de cette affaire pourtant fascinante. Un bon moment de cinéma, mais qui aurait pu être bien plus percutant.
Cependant, je suis resté un peu sur ma faim. Pour un cinéaste de la trempe de Van Sant, j'ai trouvé le récit trop restreint à la simple narration des faits. On manque de cette réflexion de fond ou de cette poésie habituelle au réalisateur ; le film reste en surface sans vraiment creuser les enjeux sociaux ou psychologiques de cette affaire pourtant fascinante. Un bon moment de cinéma, mais qui aurait pu être bien plus percutant.
Dernier de cordée
Inspiré d’un fait divers américain ayant fait la une des médias en 1977, Gus Van Sant pour son retour au cinéma s’intéresse à un citoyen ruiné par un emprunt ; et qui kidnappe le fils du courtier qu’il juge responsable de sa situation. Par ce thriller noir et intense, Gus Van Sant s’attaque au mythe du rêve américain, le système protège les puissants contre les pauvres gens même si les premiers font sciemment et cyniquement de l’argent sur le dos des seconds. On voie très vite que le kidnappeur est un pauvre type avec un projet démesuré par rapport à sa capacité financière et sa jugeote ; mais on lui prête des sommes folles car s’il peut faire gagner de l’argent au système financier tout va bien ; son sort on s’en fout. Voilà ce que condamne frontalement le film, un capitalisme débridé sans scrupule. Le gars en question n’est pas très aimable au sens premier du terme, on a du mal à s’y attacher et ses convictions initiales perdent trop vite de leur portée politique dès lors que l’intégralité de sa psyché se dévoile à nous. L’acte solitaire donnant lieu à un film tendu aux ressorts parfois comiques prend le dessus sur le fait social et politique ; dommage. Cette satire de classe s’éteint trop vite au profit d’un film très 70’s ; derrière celui-ci, on voie de nombreux films US de cette décennie. Et Al Pacino en guest nous fait penser de bout en bout que l’on regarde une réinterprétation de « Un après-midi de chien » ; donc ce film aussi distrayant et bien foutu qu’il soit est somme toute bien mineur.
En revanche, l’idée super sympa du film est d’avoir écrit ce personnage de DJ radio épatant qui envoi des tubes incroyables tout le long du film ; la BO est formidable.
Un bon moment sans plus.
Inspiré d’un fait divers américain ayant fait la une des médias en 1977, Gus Van Sant pour son retour au cinéma s’intéresse à un citoyen ruiné par un emprunt ; et qui kidnappe le fils du courtier qu’il juge responsable de sa situation. Par ce thriller noir et intense, Gus Van Sant s’attaque au mythe du rêve américain, le système protège les puissants contre les pauvres gens même si les premiers font sciemment et cyniquement de l’argent sur le dos des seconds. On voie très vite que le kidnappeur est un pauvre type avec un projet démesuré par rapport à sa capacité financière et sa jugeote ; mais on lui prête des sommes folles car s’il peut faire gagner de l’argent au système financier tout va bien ; son sort on s’en fout. Voilà ce que condamne frontalement le film, un capitalisme débridé sans scrupule. Le gars en question n’est pas très aimable au sens premier du terme, on a du mal à s’y attacher et ses convictions initiales perdent trop vite de leur portée politique dès lors que l’intégralité de sa psyché se dévoile à nous. L’acte solitaire donnant lieu à un film tendu aux ressorts parfois comiques prend le dessus sur le fait social et politique ; dommage. Cette satire de classe s’éteint trop vite au profit d’un film très 70’s ; derrière celui-ci, on voie de nombreux films US de cette décennie. Et Al Pacino en guest nous fait penser de bout en bout que l’on regarde une réinterprétation de « Un après-midi de chien » ; donc ce film aussi distrayant et bien foutu qu’il soit est somme toute bien mineur.
En revanche, l’idée super sympa du film est d’avoir écrit ce personnage de DJ radio épatant qui envoi des tubes incroyables tout le long du film ; la BO est formidable.
Un bon moment sans plus.
Le film est prenant du début à la fin, malgré une absence notable de rebondissements. Voilà une admirable démonstration d'une mise en scène maîtrisée.
Sorti en 2026, La corde au cou signe le retour au cinéma de Gus Van Sant, près de sept ans après son dernier long-métrage. Il s’inspire ici d’un fait divers ayant eu lieu à Indianapolis en 1977, au cours duquel un Américain moyen avait pris en otage son courtier, estimant être victime d’une arnaque de sa part. D’une élégance de mise en scène absolue, ce portrait hommage aux années 70 nous replonge dans l’atmosphère d’une époque où l’apogée des radios musicales locales allait de pair avec l’émergence des médias d'information en continu. Mais à travers ce portrait d’un homme seul contre le système – dont les accès de violence ne sont jamais ni excusés ni minimisés, le personnage pris en otage étant traité par la caméra avec respect et humanité – Gus Van Sant dresse en creux le portrait d’une Amérique contemporaine, dans laquelle les petites gens sont encore et toujours les dindons de la farce.
Dans La Corde au cou, Gus Van Sant nous plonge dans un fait divers des années 70, aussi surprenant que méconnu : celui d’un petit promoteur qui prend en otage le fils du PDG de la société de prêts responsable de sa faillite. À partir de ce point de départ, le cinéaste livre une œuvre engagée, explorant les failles d’un système dont les dérives résonnent encore aujourd’hui.
Dès son ouverture, le film frappe fort en nous immergeant dans une prise d’otage tendue et frontale. La mise en scène, à la limite du documentaire, capte l’événement avec une froideur presque clinique. Le grain de l’image, les variations de format et les inserts photographiques donnent le sentiment d’assister non pas à une fiction, mais à une reconstitution vivante, comme si le récit était composé d’archives recomposées.
Au cœur de ce dispositif, Bill Skarsgård impressionne par une interprétation habitée. Il incarne un homme brisé, au bord de la folie, dont la rage, profondément ancrée dans une réalité sociale, devient compréhensible. C’est toute la force du film : créer un véritable attachement tout en maintenant un malaise constant face à ses actes.
Refusant toute glorification ou condamnation, Gus Van Sant adopte une distance qui renforce la portée du propos. Son personnage n’est ni un héros ni un monstre, mais un individu lambda broyé par un système économique, médiatique et social qui le dépasse. Le titre lui-même, La Corde au cou, agit comme une métaphore : celle qui relie l’otage à l’arme, et celle, invisible, des dettes et des pressions qui enserrent peu à peu le ravisseur, jusqu’à l’entraîner dans une spirale irréversible.
Le film trouve également une résonance contemporaine dans sa critique des médias, montrant comment un drame peut devenir spectacle, comment la quête d’audience peut primer sur l’éthique, et comment, en tant que spectateurs, nous participons nous aussi à cette mise en scène du réel.
Mais cette ambition se heurte à ses propres limites. Après un début sous haute tension, le film se replie progressivement dans un huis clos entre le ravisseur et son otage, qui, à force de répétition, finit par nuire à la tension dramatique. Certaines pistes — notamment la relation avec le présentateur radio ou le traitement du procès — auraient gagné à être davantage développées, mais restent finalement survolées, voire expédiées.
Si le film captive par son histoire improbable et la richesse de ses thématiques, il laisse aussi un sentiment de frustration, comme si certaines portes n’avaient été qu’entrebâillées.
Découvrez mes autres critiques sur le site "critiques d'un passionné"
Dès son ouverture, le film frappe fort en nous immergeant dans une prise d’otage tendue et frontale. La mise en scène, à la limite du documentaire, capte l’événement avec une froideur presque clinique. Le grain de l’image, les variations de format et les inserts photographiques donnent le sentiment d’assister non pas à une fiction, mais à une reconstitution vivante, comme si le récit était composé d’archives recomposées.
Au cœur de ce dispositif, Bill Skarsgård impressionne par une interprétation habitée. Il incarne un homme brisé, au bord de la folie, dont la rage, profondément ancrée dans une réalité sociale, devient compréhensible. C’est toute la force du film : créer un véritable attachement tout en maintenant un malaise constant face à ses actes.
Refusant toute glorification ou condamnation, Gus Van Sant adopte une distance qui renforce la portée du propos. Son personnage n’est ni un héros ni un monstre, mais un individu lambda broyé par un système économique, médiatique et social qui le dépasse. Le titre lui-même, La Corde au cou, agit comme une métaphore : celle qui relie l’otage à l’arme, et celle, invisible, des dettes et des pressions qui enserrent peu à peu le ravisseur, jusqu’à l’entraîner dans une spirale irréversible.
Le film trouve également une résonance contemporaine dans sa critique des médias, montrant comment un drame peut devenir spectacle, comment la quête d’audience peut primer sur l’éthique, et comment, en tant que spectateurs, nous participons nous aussi à cette mise en scène du réel.
Mais cette ambition se heurte à ses propres limites. Après un début sous haute tension, le film se replie progressivement dans un huis clos entre le ravisseur et son otage, qui, à force de répétition, finit par nuire à la tension dramatique. Certaines pistes — notamment la relation avec le présentateur radio ou le traitement du procès — auraient gagné à être davantage développées, mais restent finalement survolées, voire expédiées.
Si le film captive par son histoire improbable et la richesse de ses thématiques, il laisse aussi un sentiment de frustration, comme si certaines portes n’avaient été qu’entrebâillées.
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Partant d'un fait divers survenu dans els années 70, Gus van Sant assume l'esthétique de l'époque pour son film vraiment très vintage et c'est tant mieux, cela apporte de la crédibilité au récit. Mise en scène survoltée, caméra en perpétuel mouvement, le style van Sant est toujours là et bien là. Sur le fond, la critique anticapitaliste est un peu trop attendue mais pas inintéressante. Et pour finir, l'interprétation est solide et convaincante.
LA CORDE AU COU - Gus Van Sant | ⭐ 7/10
Après sept ans d’absence, Gus Van Sant revient avec un film inspiré d’un fait divers aussi absurde que fascinant : en 1977, Tony Kiritsis prend en otage un homme en le reliant à lui par un dispositif mortel. Un point de départ qui aurait pu donner un thriller psychologique sous haute tension. Mais le cinéaste choisit une autre voie, et un ton plus déroutant, entre satire, comédie noire et chronique sociale.
D’emblée, le film installe une ambiance seventies très réussie. Grain de l’image, musique, montage sonore : une vraie attention aux détails est portée pour recréer cette époque. Mais derrière cette reconstitution, c’est surtout une Amérique fracturée qui est dépeinte, où un homme réclame davantage de la reconnaissance que de l'argent. Un homme meurtri qui cherche à être entendu, pour retrouver une forme de dignité.
Bill Skarsgård incarne avec beaucoup de justesse ce personnage instable, à la fois inquiétant et pathétique. Le film entretient volontairement l’ambiguïté : folie ou lucidité extrême ?
Plutôt que de chercher la tension pure, le réalisateur injecte une forme d’absurde dans les interactions, avec la police et les médias. Le traitement des médias est d’ailleurs l’un des aspects les plus intéressants : fascinés par le spectacle, ils transforment le drame en feuilleton, au détriment de la souffrance réelle du personnage. Le montage sonore, qui mêle musique pop et commentaires journalistiques, est particulièrement réussi.
Mais le film a ses limites. À force de privilégier l’atmosphère, Van Sant ouvre de nombreuses pistes, sans toujours les approfondir, comme la relation entre otage et ravisseur, par exemple. Le film finit par donner une impression d’inachevé, comme s’il hésitait entre plusieurs directions sans jamais en choisir une pleinement.
La dernière partie, notamment, paraît un peu expédié au regard de la tension accumulée. Et si le film reste prenant, il ne parvient pas toujours à maintenir une véritable intensité dramatique sur la durée, laissant parfois s'installer une certaine forme d'ennui.
Un retour sincère pour Gus Van Sant, parfois inégal, mais porté par une vraie singularité.
Ma page ciné instagram : fenetre_sur_salle
Après sept ans d’absence, Gus Van Sant revient avec un film inspiré d’un fait divers aussi absurde que fascinant : en 1977, Tony Kiritsis prend en otage un homme en le reliant à lui par un dispositif mortel. Un point de départ qui aurait pu donner un thriller psychologique sous haute tension. Mais le cinéaste choisit une autre voie, et un ton plus déroutant, entre satire, comédie noire et chronique sociale.
D’emblée, le film installe une ambiance seventies très réussie. Grain de l’image, musique, montage sonore : une vraie attention aux détails est portée pour recréer cette époque. Mais derrière cette reconstitution, c’est surtout une Amérique fracturée qui est dépeinte, où un homme réclame davantage de la reconnaissance que de l'argent. Un homme meurtri qui cherche à être entendu, pour retrouver une forme de dignité.
Bill Skarsgård incarne avec beaucoup de justesse ce personnage instable, à la fois inquiétant et pathétique. Le film entretient volontairement l’ambiguïté : folie ou lucidité extrême ?
Plutôt que de chercher la tension pure, le réalisateur injecte une forme d’absurde dans les interactions, avec la police et les médias. Le traitement des médias est d’ailleurs l’un des aspects les plus intéressants : fascinés par le spectacle, ils transforment le drame en feuilleton, au détriment de la souffrance réelle du personnage. Le montage sonore, qui mêle musique pop et commentaires journalistiques, est particulièrement réussi.
Mais le film a ses limites. À force de privilégier l’atmosphère, Van Sant ouvre de nombreuses pistes, sans toujours les approfondir, comme la relation entre otage et ravisseur, par exemple. Le film finit par donner une impression d’inachevé, comme s’il hésitait entre plusieurs directions sans jamais en choisir une pleinement.
La dernière partie, notamment, paraît un peu expédié au regard de la tension accumulée. Et si le film reste prenant, il ne parvient pas toujours à maintenir une véritable intensité dramatique sur la durée, laissant parfois s'installer une certaine forme d'ennui.
Un retour sincère pour Gus Van Sant, parfois inégal, mais porté par une vraie singularité.
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Petit thriller efficace signé Gus Van Sant : La corde au cou fait clairement le job. C’est tendu comme il faut, bien joué, bien mis en scène, avec ce qu’il faut de rythme pour te garder accroché du début à la fin. On sent le savoir-faire, rien ne dépasse.
Après, faut pas s’attendre à une claque non plus : ça reste du film d’otage assez classique, sans vraie prise de risque ni twist qui te retourne le cerveau. Ça se regarde très bien, c’est propre et efficace… mais ça ne révolutionne rien.
Bref : un bon moment, mais pas un film qui va te hanter longtemps.
Après, faut pas s’attendre à une claque non plus : ça reste du film d’otage assez classique, sans vraie prise de risque ni twist qui te retourne le cerveau. Ça se regarde très bien, c’est propre et efficace… mais ça ne révolutionne rien.
Bref : un bon moment, mais pas un film qui va te hanter longtemps.
Tiré, donc, d'une histoire vrai dans les année 70 qui montre la lutte des gens d'en bas contre le capitalisme de la haute société. Film qui passerait pour toutes les générations...donc qui parle à la majorité des gens. La question reste, la fin justifie t-elle tout les moyens? Sachant que une personne seul qui se bat avec ses armes contre une entreprises puissantes? Vous jugerez cela en vous faisant votre propre idée. En tous cas le film est fort du fait de la tension que le film montre et saluons Skarsgard pour son rôle d'homme prêt à tout. Plaisir de revoir Al Pacino même si de la voir ainsi cela fait bizarre...bref un excellent film que je recommande!!
NOTE : 8/10
NOTE : 8/10
Cet excellent réalisateur qui nous a si souvent captivés donne ici, à partir d'une histoire vraie, un super thriller (je pense depuis longtemps, et Les rayons et les ombres l'a confirmé, que les meilleurs scénarios sont ceux qui s'inspirent d'une histoire vraie. La réalité dépasse très largement la fiction...)
Tony Kiritsis (Bill Skarsgard) a contracté un prêt auprès d'une très grosse société, pour acheter un terrain afin d'y implanter un centre commercial; au final, la société aurait attiré les commerçants éventuels vers un autre site et réclame à Tony le remboursement du prêt. Pour obtenir justice, il kidnappe Richard, l'héritier de la société en question (Dacre Montgomery), et invente pour l'avoir à sa merci un terrible système: un fil métallique autour du cou relié à un fusil. S'il tente de s'échapper, s'il bouge, le coup part... On comprend très vite que le kidnappeur est psychologiquement instable (et pas très fufute) donc capable de n'importe quel geste sous le coup de la colère; d'où la force du suspense!
Compte tenu de ce que représente l'otage, tous les politiques, toute la police sont présents pour négocier une sortie non sanglante de l'affaire. Ils ne sont pas aidés par le propriétaire de la société et père de l'otage occupé à se la couler douce en Floride; Al Pacino (qu'elle est loin, cette Après midi de chien...) fait en quelques dizaines de minutes d'apparition le portrait d'un monstre d'égoïsme. Lui, s'abaisser à faire des excuses à ce minable? Vous n'y pensez pas!
La réussite du film tient beaucoup à la qualité des deux acteurs principaux. Skarsgard sait rester mesuré dans ce rôle de paranoïaque qui, malgré tout, est une victime (aucune société responsable n'aurait du faire un prêt à un individu manifestement pas au top de la santé mentale...) Et Montgomery fait ressentir avec beaucoup de sobriété la détresse, la peur de cet otage, qui essaye, malgré tout, de rester digne. Son visage lorsqu'il comprend que son père, ne fera rien pour lui...
Parmi les très nombreux personnages amenés à tenter de jouer un rôle pour arriver à une sortie de crise heureuse, il y aura Fred Temple (Colman Domingo) responsable d'une émission de télévision très populaire. Gus Van Sant montre bien, avec son habituelle ironie, la place qu'ont pris les media dans la vie des gens. Pour le pauvre Tony, passer sur les grands media dans une conférence de presse, c'est un avènement, c'est la gloire; le monde entier va le soutenir; il a gagné...
Cet excellent réalisateur qui nous a si souvent captivés donne ici, à partir d'une histoire vraie, un super thriller (je pense depuis longtemps, et Les rayons et les ombres l'a confirmé, que les meilleurs scénarios sont ceux qui s'inspirent d'une histoire vraie. La réalité dépasse très largement la fiction...)
Tony Kiritsis (Bill Skarsgard) a contracté un prêt auprès d'une très grosse société, pour acheter un terrain afin d'y implanter un centre commercial; au final, la société aurait attiré les commerçants éventuels vers un autre site et réclame à Tony le remboursement du prêt. Pour obtenir justice, il kidnappe Richard, l'héritier de la société en question (Dacre Montgomery), et invente pour l'avoir à sa merci un terrible système: un fil métallique autour du cou relié à un fusil. S'il tente de s'échapper, s'il bouge, le coup part... On comprend très vite que le kidnappeur est psychologiquement instable (et pas très fufute) donc capable de n'importe quel geste sous le coup de la colère; d'où la force du suspense!
Compte tenu de ce que représente l'otage, tous les politiques, toute la police sont présents pour négocier une sortie non sanglante de l'affaire. Ils ne sont pas aidés par le propriétaire de la société et père de l'otage occupé à se la couler douce en Floride; Al Pacino (qu'elle est loin, cette Après midi de chien...) fait en quelques dizaines de minutes d'apparition le portrait d'un monstre d'égoïsme. Lui, s'abaisser à faire des excuses à ce minable? Vous n'y pensez pas!
La réussite du film tient beaucoup à la qualité des deux acteurs principaux. Skarsgard sait rester mesuré dans ce rôle de paranoïaque qui, malgré tout, est une victime (aucune société responsable n'aurait du faire un prêt à un individu manifestement pas au top de la santé mentale...) Et Montgomery fait ressentir avec beaucoup de sobriété la détresse, la peur de cet otage, qui essaye, malgré tout, de rester digne. Son visage lorsqu'il comprend que son père, ne fera rien pour lui...
Parmi les très nombreux personnages amenés à tenter de jouer un rôle pour arriver à une sortie de crise heureuse, il y aura Fred Temple (Colman Domingo) responsable d'une émission de télévision très populaire. Gus Van Sant montre bien, avec son habituelle ironie, la place qu'ont pris les media dans la vie des gens. Pour le pauvre Tony, passer sur les grands media dans une conférence de presse, c'est un avènement, c'est la gloire; le monde entier va le soutenir; il a gagné...
Tout en tension
Le cinéaste d’Elephant, Harvey Milk, ou Promised Land, n’avait plu rien proposé depuis 2018. Gus Van Sant nous revient donc avec ces 105 minutes de thriller tendu comme un… fil. Ceci est l’histoire vraie de Tony Kiritsis, un homme ruiné à cause d’un emprunt. A Indianapolis, le 8 février 1977, il kidnappe le fils du courtier responsable de sa situation. Il réclame 5 millions de dollars et des excuses. La prise d’otage va durer 63 heures, sous les yeux de la télévision locale, puis nationale. L’Amérique se passionne pour cette affaire. Chacun choisit son camp. Tony est-il un criminel, ou simplement une victime qui réclame justice ? Une prise d’otage de 63 heures avec un dispositif dit de « l’homme mort ».Un suspense de chaque instant, une Amérique aux aguets, un drame social incroyable… et pourtant tout cela est vrai. Confondant !
En 1977, les choses étaient très différentes. Les médias, à part le cinéma, se résumaient à la télévision. – Et encore, tout le monde n’avait pas de poste à domicile, loin de là -, mais, dès qu’il s’agit d’un homme qui ose se dresser contre le système, on se sent concerné, émotionnellement. On ne peut, ici, que penser à Un après-midi de chien en tant que thriller de prise d’otage situé dans les années 1970. Ce fait divers nous propose un scénario qui se tend lentement. Jusqu’à rompre... Comme un fil, un câble. Mais ici, ce n’est pas une image. C’est un mécanisme. Quelque chose de concret. De dangereux. Ici, la menace n’est pas abstraite. Le preneur d’otage n’agit pas dans la confusion, ni dans la panique. Mais ave une parfaite logique. Et c’est peut-être ça le plus dérangeant. Un homme pris en otage. Un dispositif prêt à tuer. Et au milieu… une demande presque absurde : être entendu. Très vite, les caméras arrivent et les micros s’ouvrent. Et soudain, ce qui était un acte désespéré devient un spectacle. Ce n’est plus une prise d’otage. C’est une mise en scène involontaire. Un théâtre sans répétition. Où chaque parole devient peut devenir une pression supplémentaire, pire, un déclencheur. Alors on regarde. Comme tout le monde à l’époque. On observe. On juge, non pas un preneur d’otage et sa proie, mais un pays qui regarde la souffrance… comme un programme. Dérangeant et passionnant.
Le duo Bill Skarsgård / Dacre Montgomery fonctionne à merveille, de bout en bout. Mais Colman Domingo et Myha’la Herrold, ne sont pas pour rien dans réussite de ce film. Une foultitude de seconds rôles – on s’y perd un peu parfois -, s’agitent autour de ce fait divers, avec une mention spéciale à la participation d’Al Pacino himself. Visuellement, Van Sant opte pour une image légèrement fanée, presque poussiéreuse : bureaux, rues, parkings composent une banalité très américaine, où le quotidien devient le théâtre discret d’une violence structurelle. À ce réalisme poisseux s’ajoutent les dialogues qui se chevauchent, les conversations qui s’interrompent, les journalistes qui saturent l’espace sonore. Même si le promoteur n’est jamais véritablement érigé en monstre, la violence se loge dans le système, pas dans les individus. Une métaphore d’un monde où la colère, pour être entendue, doit se mettre en scène au risque de se dissoudre dans ce qu’elle dénonce. A voir absolument !
Le cinéaste d’Elephant, Harvey Milk, ou Promised Land, n’avait plu rien proposé depuis 2018. Gus Van Sant nous revient donc avec ces 105 minutes de thriller tendu comme un… fil. Ceci est l’histoire vraie de Tony Kiritsis, un homme ruiné à cause d’un emprunt. A Indianapolis, le 8 février 1977, il kidnappe le fils du courtier responsable de sa situation. Il réclame 5 millions de dollars et des excuses. La prise d’otage va durer 63 heures, sous les yeux de la télévision locale, puis nationale. L’Amérique se passionne pour cette affaire. Chacun choisit son camp. Tony est-il un criminel, ou simplement une victime qui réclame justice ? Une prise d’otage de 63 heures avec un dispositif dit de « l’homme mort ».Un suspense de chaque instant, une Amérique aux aguets, un drame social incroyable… et pourtant tout cela est vrai. Confondant !
En 1977, les choses étaient très différentes. Les médias, à part le cinéma, se résumaient à la télévision. – Et encore, tout le monde n’avait pas de poste à domicile, loin de là -, mais, dès qu’il s’agit d’un homme qui ose se dresser contre le système, on se sent concerné, émotionnellement. On ne peut, ici, que penser à Un après-midi de chien en tant que thriller de prise d’otage situé dans les années 1970. Ce fait divers nous propose un scénario qui se tend lentement. Jusqu’à rompre... Comme un fil, un câble. Mais ici, ce n’est pas une image. C’est un mécanisme. Quelque chose de concret. De dangereux. Ici, la menace n’est pas abstraite. Le preneur d’otage n’agit pas dans la confusion, ni dans la panique. Mais ave une parfaite logique. Et c’est peut-être ça le plus dérangeant. Un homme pris en otage. Un dispositif prêt à tuer. Et au milieu… une demande presque absurde : être entendu. Très vite, les caméras arrivent et les micros s’ouvrent. Et soudain, ce qui était un acte désespéré devient un spectacle. Ce n’est plus une prise d’otage. C’est une mise en scène involontaire. Un théâtre sans répétition. Où chaque parole devient peut devenir une pression supplémentaire, pire, un déclencheur. Alors on regarde. Comme tout le monde à l’époque. On observe. On juge, non pas un preneur d’otage et sa proie, mais un pays qui regarde la souffrance… comme un programme. Dérangeant et passionnant.
Le duo Bill Skarsgård / Dacre Montgomery fonctionne à merveille, de bout en bout. Mais Colman Domingo et Myha’la Herrold, ne sont pas pour rien dans réussite de ce film. Une foultitude de seconds rôles – on s’y perd un peu parfois -, s’agitent autour de ce fait divers, avec une mention spéciale à la participation d’Al Pacino himself. Visuellement, Van Sant opte pour une image légèrement fanée, presque poussiéreuse : bureaux, rues, parkings composent une banalité très américaine, où le quotidien devient le théâtre discret d’une violence structurelle. À ce réalisme poisseux s’ajoutent les dialogues qui se chevauchent, les conversations qui s’interrompent, les journalistes qui saturent l’espace sonore. Même si le promoteur n’est jamais véritablement érigé en monstre, la violence se loge dans le système, pas dans les individus. Une métaphore d’un monde où la colère, pour être entendue, doit se mettre en scène au risque de se dissoudre dans ce qu’elle dénonce. A voir absolument !
Après sept ans d'absence, Gus Van Sant revient avec ce fait divers de 1977 : un homme ruiné par un emprunt prend en otage son créancier, fusil attaché à son propre cou. Bill Skarsgård campe l'antihéros avec une fébrilité proche des névrosés des frères Coen. En transformant la prise d'otage en cirque médiatique, Van Sant révèle ce que le système préfère taire : sa façon de protéger les puissants en sacrifiant les autres. Tony ne cherche pas à renverser l'ordre, il réclame juste des excuses. C'est précisément ce qui rend sa révolte à la fois pathétique et juste. Van Sant livre le portrait acéré d'une Amérique qui se sent oubliée et méprisée, au prix de quelques personnages secondaires trop vite esquissés.
C'est curieux cette manie de certains réalisateurs d'opter pour une action confuse, embrouillée avec des plans qui durent un milliseconde, des bougés, des flous, des effets d'épaule, une caméra inquiète et tourbillonnante. A quoi çà sert ? A rien. Ah si : à dire dans certains milieux cinéphiles que le garçon "a du style". Pour le reste cette affaire de prise d'otage reste bien longuette et pour tout dire assez souvent ennuyeuse. On en profite pour étriller, à juste titre, l'univers implacable des médias mais c'est enfoncer des portes ouvertes. Al Pacino fait l'affaire dans le rôle du méchant capitaliste. Impeccable. Les autres acteurs aussi. Mais finalement on tourne en rond comme un hamster dans sa cage. Les images ont beau être saccadées et les plans hachés menus le film manque de rythme. C'est en vérité un long plan fixe dont on finit par se lasser. Pas le moindre rebondissement en vue. Bla- Bla et compagnie. Pour être franc on attend avec impatience un dénouement qui tarde ( deux heures)
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