C'est un final résolument classe, élégant et soigné que nous offre ce troisième film Downton Abbey (mais comment en aurait-il pu être autrement, quand tout le charme et la retenue british du Royaume-Uni ont couronné la série et les films précédents, pendant des années), avec cependant une certaine faiblesse de rythme et de fougue. On termine gentiment, sans trop de risques, en zappant même des intrigues non-résolues à la fin du deuxième opus (le
cancer de la mère ? Le château dans le Sud de la France,
qu'en est-il ?) ou des autres sous-intrigues qui nous auraient vraiment bien intéressé (le départ de
Carson - oui, "encore" - est expédié, idem celui de la cuisinière - pas de scènes émotions, d'adieux... Alors qu'on l'adore ! -, les enfants héritiers qui n'ont apparemment aucun problème ou caractère à développer,
puisqu'on ne les voit que trente secondes...). A la place, le film se focalise sur le
divorce de Lady Mary
, une révolution féministe qui n'est pas du goût de la Haute, et risque bien de lui coûter sa place d'héritière... Bien sûr, comme on est à Downton (et que cette famille est la meilleure, les six saisons de la série nous en ont convaincu à vie), tout le monde se serre les coudes autour de cette décision, ne la remet jamais en question (l'esprit très progressiste de la série est là), et l'on va alors se balader d'un dialogue à l'autre, sans trop de rythme (le ventre-mou avant la fin est assez terrible, si vous êtes fatigué) et d'humour (sans les punchlines de la douairière, les dialogues n'ont pas le même piquant, la même gueule irrésistible d'une Maggie Smith se régalant avec ses mots acerbes), jusqu'au final très convenu et prévisible. Enfin, ce qu'on n'avait pas prévu, c'est cette scène "nostalgie-forcing" en numérique baveux, qui insère au chausse-pied des scènes coupées des premières saisons de la série, histoire que les série-addicts se sentent pris d'émotions (tandis que les visionneurs des seuls films se demanderont qui sont tous ces gens), jusqu'à l'affreux gros plan (brouillon) sur
la sœur Sybil
. Elle méritait mieux. Heureusement que Maggie Smith (qui manque cruellement à ce film... et à nos vies, en général) a un hommage un peu plus soigné. On s'attendait à tellement plus, à beaucoup plus d'émotions, un peu comme un dernier épisode de saison de la somptueuse série originelle, ceux qui nous font pleurer le départ de ses personnages, rire des punchlines de la Mamie Douairière (Maggie Smith, ce que tu nous manques...), et donne l'envie de traverser l'écran pour serrer les mains des personnages attachants de cette grande famille (serviteurs inclus, bien évidemment). Ce final filmique est quand même honnête (sauf cette scène numérique qui n'a pas l'élégance requise pour du "Downton"), on adore retrouver nos personnages, et on a carrément hâte que le prochain projet (un préquel qui explique l'arrivée au château de la famille, en film ou série, à définir) débarque sur les écrans (petits ou grands, peu importe : on sera forcément devant). Et à Lady Mary, qui a l'audace de s'assumer pleinement en tant que femme accomplie, on souhaite un sincère : fare thee well, my honey, fare thee well...