Film d'horreur psychologique réalisé par Michael Patrick Jann, Alma & The Wolf est un film de bonne facture. L'histoire se déroule dans une petite ville de l'Oregon et nous fait suivre Ren Accord, un shérif-adjoint qui enquête sur une mystérieuse attaque de loups. Seulement, lorsque son fils disparaît, il plonge dans un cauchemar où la réalité et la paranoïa se confondent. Ce scénario s'avère intrigant à visionner tout du long de sa durée d'un peu moins d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à un récit débutant de façon assez classique, mais qui va, au fil des minutes, prendre une tournure inattendue. Tout cela est prenant grâce à sa narration troublante semant le doute sur ce qui est réel et ce qui ne l'est pas. On assiste à des scènes bien rendues jouant davantage sur l'aspect psychologique que sur les images violentes. L'ambiance inquiétante fonctionne bien pour sa part. L'ensemble est porté par des personnages bien développés, notamment le principal intéressé pour qui l'on ressent de l'empathie devant sa paternité compliqué et ses démons. Des rôles correctement interprétés par une distribution comprenant Ethan Embry, Li Jun Li, Jeremie Harris, Lukas Jann, Kevin Allison, Mather Zickel, Beth Malone, Alexandra Doke, Dana Millican et David Koff. Tous ces individus entretiennent des rapports difficiles procurant quelques petites émotions. Des échanges soutenus par des dialogues prenant tous leurs sens dans le dernier acte. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain se veut en demi-teinte. Sa mise en scène n'est pas très élaborée, elle est même parfois digne d'un téléfilm et les cadres ne sont pas très soignés. Mais en dépit de cela, elle est tout de même capable de nous gratifier de bonnes séquences, notamment grâce à l'environnement naturel dans lequel se déroule l'action. De plus, la photographie est assez singulière et apporte un certain cachet. L'aspect de la créature est pour sa part très discutable. Elle fait clairement cheap, mais d'un côté, elle colle bien au genre du cinéma fantastique et est raccord avec le propos. Ce visuel imparfait est accompagné par une bande originale plutôt discrète. Ses compositions n'ont que très peu d'impact mais elles renforcent tout de même légèrement l'atmosphère. Reste une révélation imprévisible, bien trouvée ,changeant totalement la perception du métrage et le réhaussant, qui vient ainsi mettre un terme à Alma & The Wolf qui, en conclusion, est un film valant le coup d’œil, sans pour autant être incontournable.