Derniers Avis : Le Crime De Monsieur Lange - Page 3
Le Crime De Monsieur Lange
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Un visiteur
4,0
Publiée le 28 octobre 2008
Renoir fait ici un film très classique assez banal dans la forme mais qui fonctionne tout de même, attention certaines scènes peuvent choquer les plus libérales.
Retranscription d'une atmosphère d'époque authentique et émouvante ... Une témoignage d'une époque, et d'un climat social sans l'utilisation d'artifices. Il y a un effet de réalité parfaitement maîtrisé, et une réflexion sur la mise en scène qui font du Crime de Monsieur Lange un film rare. Le personnage de Batala est une réelle trouvaille, en particulier la dernière scène où on le voit. Un film humaniste, et sans être un film de propagande communiste (à VodkaMartini).
Avant «La Grande Illusion» (France, 1937), Jean Renoir s'est associé avec Jacques Prévert pour le film «Le crime Monsieur Lange» (France, 1936). Film représentatif de la période populaire du cinéma français, faisant office au Front Populaire bientôt au pouvoir, cette oeuvre de Renoir possède l'entropie de son réalisateur et la bombance des scénarios de Prévert. Tout en inculquant à leur oeuvre un entrain populaire, Renoir et Prévert pose avec une fausse incurie la question de l'investissement de l'individu pour le bien du prolétariat. Ici c'est l'histoire d'Amédée Lange, un rêveur qui écrit des histoires de cow-boys. Son patron, Batala, se trouve un jour subjugué de dûs. Son seul recours sera de publier les histoires de Monsieur Lange. Mais l'obsession du patron pour les femmes gênera la réussit du journal. Le journal ne réussira que lorsque le patron sera victime d'un accident de train et succombera, de ce que nous croyons néanmoins. En conclusion, Lange sera contraint, pour le bien du journal de tuer le patron véritablement afin de sauvegarder la joie collective des travailleurs. La réalisation de Renoir sert toujours parfaitement l'histoire, utilisant déjà la profondeur de champ et la linéarité des mouvements de caméra. Prévert donne aux acteurs des dialogues savoureux, fins et légers. Le défaut du film ne repose alors pas tant sur lui même mais dans son écho cinématographique. Film populaire parmi tant d'autres de la même époque, «Le crime de Monsieur Lange» n'est pas assez singulier pour impacter. Le film utilise seulement un procédé de flash-back que Lang, Fritz cette fois-ci, utilise bien mieux. Bref, ce film de Renoir est une merveille encore de l'écriture prévertienne, une réussite de Renoir mais point un chef d'oeuvre. Seul la question qu'il pose amène à une observation fructueuse : Jusqu'où l'individu (de 1936) peut-il aller pour l'intérêt de son environnement professionnel ?
Le pseudo vodka est sacrément pochetronné pour sortir autant de sombres conneries. Tu nas que des clichés dans la tronche mon pote, Renoir communiste, et les intellos qui sont tous communistes. Grotesque. A une époque, cétait linverse qui courrait, on disait quil était antisémite. Chacun ses petites haines à la con. Cest pratique. Ça évite de parler vraiment des films. Et même de les regarder. On a son petit avis tout prêt dans sa poche, et on lâche le paquet à la fin. Cest rance, mon vieux, tu pues le raté.
Réalisé en pleine crise économique et sociale sous le gouvernement Laval, Le crime de M. Lange est un film qui se passe difficilement d’une lecture politique. Sorti à la veille de la victoire du Front Populaire, le film cristallise les utopies et les aspirations politiques d’une large frange de ses partisans. Renoir prend le parti de la classe ouvrière, ici regroupée en coopérative, en opposition au patron salaud et exploiteur génialement interprété par Jules Berry. Derrière le discours de la solidarité ouvrière et communautaire, apparaît également un positionnement politique sur la question de l’art. Renoir, ici accompagné de Prévert et du groupe Octobre, prône une forme de libération et d’épanouissement collectif par l’art. Malgré une représentation quelque peu caricaturale et naïve, parfois même poussive (le bébé mort-né), une réalité sociale certaine de l’époque transparaît dans ce film d’où se dégage une bonne humeur contagieuse. Passée cette lecture sociale, il faut noter la réussite purement cinématographique de l’ouvrage. Renoir s’affirme ici comme un des maîtres de son époque dans les grands mouvements d’appareil. Tourné en majorité dans un décor de studio totalement clos (une cour), le film développe une mise en scène aérienne collant parfaitement au propos développé, la caméra tournant en tout sens dans ce décor pour l’explorer, utilisant les fenêtres pour entrer dans l’immeuble (on suppose que Hitchcock s’en rappellera lorsqu’il tournera Fenêtre sur cour). Cette mise en scène circulaire atteint son apogée lors de l’assassinat de Batala, dans l’un des plus célèbres panoramiques de l’histoire du cinéma français. Annoncé par les mouvements chaotiques du vieil homme ivre dans la cour, le plan est une totale réussite en cela qu’il résume toute la mise en scène du film et provoque une sensation de vertige et de folie propice au drame qui se joue. Le Crime de M. Lange, au-delà de son propos, est donc aussi une belle réussite cinématographique.
Le début du film est vraiment ennuyeux...heureusement que l'histoire se révèle être intérssante. Renoir pose la question de l'acte justicier en dehors des procédés institutionnels, le problème n'est pas facile et il est abordé avec subtilité. A noter aussi un des premiers flash back de l'histoire du cinéma. En résumé : inégal.
Pas du tout d'accord avec la critique de Vodka Martini. Initialement prévu pour Jacques Becker, c'est Renoir lui-même qui met en scène cette histoire politiquement incorrecte, avec une rare précision. Le film met en avant un destin tragique pour démontrer que n'importe quel acte salvateur qui passe par la violence a un prix. Renoir met en scène des personnages ambigus, sauf Batala, le seul ayant véritablement une identité propre, mauvais, escroc et intelligent. Un film à plusieurs niveaux, qui se révèle être l'un des plus beaux de Renoir.