Adapté d'un roman de Simenon, un polar provincial divertissant qui vaut surtout le coup d'œil plus pour l'interprétation convaincante et pleine d'ambiguïté de Michel Serrault, que pour son intrigue assez convenue.
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1,5
Publiée le 24 avril 2021
Dans une ville de province un chapelier (Michel Serrault) est un citoyen respectable mais qui est en fait un meurtrier en série. La seule personne à le soupçonner est son voisin le tailleur (Charles Asnavour). Il est difficile de croire que ce film a été réalisé dans les années quatre-vingt car non seulement l'action se déroule dans les années cinquante mais la mise en scène est totalement digne de cette époque. Il semble être exactement le genre de film contre lequel Chabrol et les autres membres de la nouvelle vague se sont rebellés. L'histoire est très simple mais les personnages sont tous des stéréotypes et les personnages féminins sont bidimensionnels et traités comme des objets. L'histoire est bien racontée si vous suspendez votre incrédulité et les acteurs sont dans l'ensemble bons. Les Fantômes du chapelier a presque un style documentaire et demande beaucoup trop de réflexion de la part du public car le développement concerne le personnage principal plutôt que l'intrigue elle même...
Tout est outrancier dans ce film : l'intrigue qui ne tient pas, Serrault qui en fait des tonnes du côté de "Psychose", Aznavour qui ne sert à rien, les réunions de notables au bar etc...Une mauvaise pièce de théâtre qui a mal vieilli.
Un immense Michel Serrault pour un très bon Chabrol. Dans un décors pluvieux et provincial la vie d'un village est bouleversé par un tueur de vieilles dames (entre autre). Un polar comme on les aime, dialogué avec génie et très bien réalisé.
Ici la forme est pratiquement plus importante que le fond. Quelle réussite pour la réalisation feutrée, inquiétante, pénétrante même. Serrault manie fabuleusement ce double jeu de l’homme normal.
On sait Chabrol capable du meilleur comme du pire, ici on est dans le meilleur. La prestation de Michel Serrault est à tomber. Le rythme est un peu lent mais on ne s'ennuie jamais. Le seul reproche que l'on peut faire au film c'est qu'on ne perçoit pas très bien le rôle exact de Charles Aznavour dans cette sordide affaire. La mise en scène et la photographie sont magnifiques, la direction d'acteurs sans faute. On remarquera aussi qu'il pleut tout le temps en Bretagne… sauf quand il faut vendre des journaux !
Polar franchouillard, très théâtral, trop peut-être, c'est Serrault qui fait du Serrault, mais impossible de ne pas être fan de son interprétation. Pas un film incontournable mais les nostalgiques de ces années-là y trouveront leur compte.
Une adaptation de Simenon très réussie par Chabrol qui choisit dès le départ de nous entraîner grâce au jeu de Michel Serrault aux frontières du fantastique. Tout est parfait, de la photographie au jeu des acteurs. Tout au long du film remonte le parfum d'à « Un citoyen au-dessus de tout soupçon » de Francesco Rosi à travers la morgue affichée par le chapelier criminel. Labbé (Serrault) sûr de son fait spoiler: et de sa notoriété prend peu de précaution alors même qu’il sait que Choukas (Charles Aznavour) l’émigré arménien l’a vu commettre un de ses crimes. La prudence lui aurait commandé de supprimer le petit tailleur comme il le fait pour toutes les amies de sa femme mais il préfère entamer avec lui un jeu pervers du chat et de la souris où il prend plaisir à ridiculiser le petit émigrant qui finira par mourir après avoir passé une nuit à surveiller le chapelier . Aznavour connaît trop bien sa condition d’étranger et préfère vainement suivre Serrault dans ses pérégrinations nocturnes pour tenter de le dissuader sachant trop bien que son témoignage ne serait pas pris au sérieux et pourrait même se retourner contre lui. Pour mettre fin à cette ronde infernale après la mort du tailleur, Labbé devra aller jusqu’à s’enivrer pour finir dans les bras de la dernière prostituée locale qu’il aura tuée ne pouvant résister à des pulsions qu’ il croyait si bien maîtriser. Le roman de Simenon comme l'adaptation de Chabrol s'interrogent sur le statut précaire de l'immigré, jamais réellement chez lui dans son pays d'adoption. Sentiment sans doute renforcé par la fuite des pogroms ou guerre civile qui le plus souvent amène à la fuite de son pays d'origine.
Le film repose en grande partie sur les épaules de Michel Serrault qui livre une prestation hallucinante dans le rôle de ce chapelier solitaire. On pourra cependant reprocher au film de s’étendre un peu trop sur la longueur quitte à devenir ennuyeux.
Tout Chabrol est là, tout Serrault aussi. Même si le mystère s'éclaircit rapidement (on nous donne les clés pour cela), on prend un plaisir coupable à suivre les pérégrinations du chapelier au milieu de la petite bourgeoisie de province, avec une seule question en tête: se fera-t-il pincer? Michel Serrault est formidable de justesse, tour à tour odieux, manipulateur ou fragile. Un grand numéro d'acteur.
Claude Chabrol adapte Simenon avec son talent habituel et donne à Michel Serrault l'un des plus grands rôles de sa carrière. Il y est formidable dans ce rôle de chapelier qui a tué sa femme mais qui continue de faire croire qu'elle est en vie, tour à tour gentil, posé, guilleret, menaçant, moqueur et énervé, il ne cesse de nous fasciner et il ne reste à Chabrol qu'à filmer son histoire à sa sauce habituelle. Peinture d'une petite ville de province avec ses petits bourgeois, ses ruelles pluvieuses ou brumeuses qui cachent des choses enfouies à chaque coin de rue, "Les fantômes du chapelier" est un vrai délice, faisant brillamment le portrait d'un assassin aussi grandiose que médiocre et de son voisin, discret tailleur arménien qui ne peut rien faire d'autre que de suivre le coupable sans vouloir s'attirer d'ennuis.
Du très grand Serrault qui fait évoluer la folie de son personnage de manière troublante. En revanche la contruction du film reste assez spécial et on peut regretter qu'il n'y ait pas eu plus de scènes avec Aznavour.