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Gonnard
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1,5
Publiée le 13 février 2011
"Arrêtez les tambours" constitue un peu le pendant de "La grande illusion" de Renoir sorti trente ans plus tôt sur grand écran, i.e. une réflexion sur l'amitié franco-allemande durant la guerre. Georges Lautner choisit, comme son glorieux prédécesseur, de conférer une dimension dramatique à son œuvre. Il le fait avec succès, ainsi le final s'avère assez émouvant, il faut bien le reconnaître. Le passage musical de la 30e minute remue lui-aussi l'estomac du spectateur. Enfin, la classe de Bernard Blier fait mouche, comme toujours. Toutefois, les compliments s'arrêtent là. En effet, le film souffre cruellement d'originalité et de rythme. Dans la nébuleuse cinématographique sur les "années noires", "Arrêtez les tambours" n'apporte pas grand chose de neuf. Moins émouvant que "Le vieux fusil", moins percutant que "Lacombe Lucien", moins... moins tout en somme. L'intrigue se révèle par ailleurs peu intéressante car trop molle, trop linéaire, trop prévisible. Au final, "Arrêtez les tambours" apparaît donc comme une œuvre passant un peu inaperçue malgré de réelles qualités.
Un bon vieux classique méconnu (pour des raisons politiques ?). En très condensé, un « Un village français » cinquante avant ! Réalisation rigoureuse et sans fantaisie, au standard de l’époque, avec un bon rythme, de bons dialogues et un excellent et subtil Bernard Blier qu’on a toujours bonheur à voir. C’est plaisant de découvrir aujourd’hui ce vieux film solide et pas manichéen sur fond de débarquement du juin 44.
Un film simple, sans grandes prétentions, sur la cohabitation franco-allemande lors de l'occupation. Même si le rendu final reste classique, l'efficacité de "Arrêtez les tambours" est certain. Une efficacité qui doit beaucoup à Bernard Blier et aux répliques de ce dernier.
quelle bonne surprise. Un Bernard Blier excellent, qui comme Bourvil peut jouer des rôles de comique ou nous émouvoir. Beaucoup de thèmes sont évoqués tout en subtilités. Un seul regret, l'histoire d'amour entre la fille du personnage principal et l'officier allemand, qui est un peu lourdingue.
En 1961, après le coup d’essai d’une première réalisation plutôt bien réussie avec « Marche ou crève » honnête film d’espionnage, Georges Lautner se lance dans un projet plus ambitieux et moins consensuel avec « Arrêtez les tambours » adaptation par Pierre Laroche d’un roman de Richard Prentout choisissant pour cadre un petit village du pays d’Auge pris sur le vif peu de temps avant le débarquement de 1944. Bernard Blier est une nouvelle fois présent au côté du jeune réalisateur dont il deviendra un des acteurs favoris. Il campe ici un médecin maire de son village devant composer avec la présence constante de l’ennemi et les petites bassesses animant sa population qui tente de masquer sa peur en cherchant d’autres cibles plus faciles à atteindre que l’occupant pour « affirmer » son patriotisme. De manière plutôt subtile le scénario prend le docteur Leproux (Bernard Blier) et sa fille (Lucille Saint-Simon) comme points de fixation de toutes les frustrations et de toutes les rancœurs qui sont de manière presque automatique réactivées et amplifiées en période de guerre ou de forte instabilité. Un tel constat n’était pas si facilement admissible à l’époque. On le sait, s’il n’est pas à la portée du commun des mortels de se comporter en héros, il semble plus aisé et évident de laisser au repos ses bas instincts. « Arrêtez les tambours » va sans faillir montrer le contraire. Chacun se trouve confronté à sa véritable nature. Pas toujours facile à admettre. Bernard Blier qui tient le premier rôle est tout simplement prodigieux de vérité et de naturel dans un rôle qui lui permet de déployer toute la gamme des émotions. (Ce ne sera pas si courant durant sa deuxième partie de carrière). Tour à tour compatissant, bonhomme, protecteur, fleur bleue (avec sa jeune maîtresse du soir), hésitant, valeureux puis finalement héroïque, le grand acteur démontre une fois encore que sa place se situe au panthéon des grands acteurs du cinéma français du XXème siècle aux côtés de Jean Gabin, Louis Jouvet, Michel Simon, Fernandel, Lino Ventura, Michel Piccoli, Alain Delon, Gérard Depardieu, Patrick Dewaere, Daniel Auteuil et quelques autres. A noter que pour la première fois Georges Lautner voit un de ses films dépasser le million de spectateurs comme ce sera le cas pour 27 de ses 39 films. Un réalisateur trop souvent oublié qu’il convient de garder en mémoire en revoyant ses films tous accessibles.
Pendant l'Occupation, le docteur Leproux (Bernard Blier), maire et médecin d'un village, compose par nécessité autant que par philanthropie avec les évènements, soigne des blessés allemands comme des pilotes anglais isolés. Le film n'est sans doute pas la plus connue des collaborations entre Lautner et Bernard Blier. Pour autant, le rôle de ce dernier, tout en humilité et simplicité, permet à l'acteur une composition remarquable. Personnage central de cette chronique rurale de l'Occupation, le docteur Leproux est le seul argument abouti d'un film qui se disperse et finit par aligner les clichés et les généralités. L'estimable projet de Lautner souffre de raccourcis et de maladresses. A vouloir embrasser trop de thèmes et destinées de la guerre, le réalisateur ne fait que les survoler ou les effleurer. La liaison prude entre la fille de Leproux et un officier allemand, les comportements franchouillards des villageois, l'engagement dans le maquis sont autant d'aspects du sujet qui sont caricaturaux ou réducteurs. Et n'évitent pas toujours l'emphase. Certes, au final, l'idée principale -spoiler: comment le brave Leproux peut passer à la fois pour un terroriste aux yeux des allemands et pour un traître selon les résistants- est clairement étayée mais elle s'inscrit dans un récit qui sombre progressivement dans le mélodrame complaisant.
Lautner sort ici du registre auquel il nous a habitués avec un film humaniste et pacifiste. Si l'on considère que ce film a été réalisé en 1960, reconnaissons lui le mérite de rompre avec les films de résistance patriotiques manichéens et de présenter les Allemands comme des êtres humains. Seul le groupe de jeunes résistants est assez conventionnel. Bernard Blier montre une fois de plus qu'il est un grand comédien et les seconds rôles sont tout à fait à la hauteur. On se demande si cette histoire de médecin, humain et maire d'un village, qui soigne les Français comme les Allemands avec les risques que cela comporte, n'a pas inspiré les scénaristes de Un village français...
Ce film est une claque que l'on prend dans la figure sans y être préparé! Au début, le scénario et les acteurs nous donnent une bonne opinion du film. Il traite de la 2ème guerre mondiale mais au niveau de "simples" habitants d'un petit village normand. Ici, on ne cherchera pas de héros. Il n'y en a pas! Ils vivent les affres de la guerre, de la résistance etc. Et on se demande : Tiens, bizarre, ce film commence bien et pourtant, je n'en ai jamais entendu parlé. De plus il est de de Lautner! Çà pose de bonnes bases! Puis peu à peu, le film avançant, on commence à comprendre pourquoi ce manque de reconnaissance. c'est qu'ici, on aborde le thème de la collaboration allongée, l'entente cordiale entre occupants / occupé. Et cela n'a pas du plaire. Les cicatrices étaient encore trop béantes. Et la force de ce film tient dans ce qu'il nous propose sur ce sujet : Est-ce qu'une femme française qui tombe amoureuse d'un allemand est coupable de trahison? Doit-on absolument prendre parti pour l'un ou l'autre belligérant quand on a prêtè le serment d'Hippocrate? Doit-on laisser mourir un homme parce qu'il n'est pas de son camp? Le film ne répond pas vraiment à ses questions mais il vous les pose...et il faut se les poser! Pour finir la libération arrivera pour ce village mais avec un peu moins de population, guerre oblige. Ce film est à voir par tous ceux qui s'intéressent à cette période tourmentée de notre histoire.
Pendant la dernière guerre, dans une petite ville occupée par les Allemands, un parachutiste anglais se cache chez le Maire. Bonne vision de la France occupée avec ses lâches et ses héros. Assez bien réalisé par Lautner. Belle chanson au début du film, et au milieu (à 30'). Musique de Delerue. Les acteurs sont excellents, Blier en tête, les dialogues sont de qualité. Le scénario est classique, l'histoire est simple mais acceptable car ce n'est pas niais. Ca manque quand même un peu de style, mais le film n'est pas sans qualité. (Par contre la romance franco-allemande est convenue). L'aspect historique est très bien reconstitué. Bons documents historique d'époque. La musique est bonne, bien placée dans le film. Un des meilleurs films de Lautner. Film qui demande à être réévalué. PS. 2 très belles chansons dans ce film.
Ceux qui doutent de Lautner, je vous conseille ce film. Difficile de croire qu'il est de lui et qu'il s'agisse d'un deuxième film.
Combien de film de 61 ont cette qualité ? Très peu à mon avis. Qualité visuelle, effets spéciaux mais aussi profondeur du scénario.
Bien entendu il fallait sans doute être proche de cette guerre pour comprendre à ce point la nature humaine et la retranscrire de la sorte.
Si vous aimez Bernard Blier, ne passez pas votre chemin, il faut le voir dans ce film car il y est excellent mais aussi magnifique d'humanité. Un homme reste un homme, d'où qu'il vienne.
D'autres ne le pensent pas, chacun sa cause.
Je n'ai jamais vu ce film à la télévision et je le déplore sérieusement. C'est une pépite. Ceci dit, j'aime encore aujourd'hui tomber sur ce genre de pépites et me dire qu'il y a encore tellement de beaux film à regarder. Magnifique, vraiment.
Un excellent film qui montre que Lautner peut jouer sur d'autres registres que la comédie , Blier est excellent .C'est un film qui montre bien l'absurdité de la guerre et toutes les dérives lâches ou au contraire héroïque .On y voit Lucile Saint Simon que je ne connaissait pas et qui s'en tire très bien .Beaucoup de personnages secondaires sont intéressants .On ne ressort pas indemne de ce film sur une période confuse de la guerre , celle de la proximité de la libération