L'affaire aurait été parfaite pour Columbo. Quelques détails disséminés pour le spectateur averti et quelques surprises aussi et voilà Rochefort obligé de faire le ménage !!! Le scénario est pas mal du tout même si les truands n'ont pas la classe des Gabin ou Delon et la musique quelque peu anachronique
Quel scénario ! Quel soin des détails de l'histoire et quelle façon de la raconter ! Tous les acteurs sont excellents, peut être à l'exception de Michèle Mercier qui ne s'est jamais vraiment distinguée à ce sujet. C'est vrai qu'on a parfois envie de dire "c'était mieux avant", mais franchement, ici, on le pense très fort. Bien sûr, l'ensemble a vieilli (N et B, scènes de violence), mais l'art de raconter comme celui-ci se rencontre trop rarement aujourd'hui. Du bel ouvrage.
Oh le beau polar français que voilà. Une photographie de Renoir, un roman sordide comme fondation, il ne manquait plus à Symphonie pour un massacre qu'un Jean Rochefort fabuleux dans son premier rôle dramatique.
Laissant une grande place à une narration visuelle longtemps dépourvue de dialogues, le film construit un genre d'intrigue millimétrée, glauque sans être désagréable, qui s'était fait connaître en partie avec Gabin. C'est le genre d'histoires qu'on ne fait plus, et on aurait du mal : le noir et blanc s'impose pour apprécier ce cinéma criminel "propre", où même les pires actions, finalement, sont tous publics.
C'est avec cette beauté monochrome (à laquelle j'étais déjà sensible enfant sans trop savoir pourquoi) et ces coups de théâtre fascinants que Deray arrive à transmettre à travers les générations un suspense palpable. Une perle à se remémorer.
2ème long-métrage de Deray, cette symphonie surprend tout d'abord par son côté quasi-documentaire, pour lequel on pense naturellement à Melville. Cette comparaison s'arrête vite, cependant, pour une raison évidente : la vraisemblance. En effet, si le scénario est bien écrit - notamment par Sautet et Giovanni, ce dernier par ailleurs excellent dans son rôle de truand - on est surpris par un certain nombre d'invraisemblances, au nombre desquelles la scène du train. En effet, si Rochefort est alors un grand acteur en devenir, on ne croit pas un instant à l'issue du combat de son personnage face à Moreau. C'est à la fois une des qualités de cette oeuvre que d'avoir choisi un comédien comme Rochefort, alors inconnu, pour incarner un caïd sans scrupules, et sa limite. Le côté dandy, indolent, voire charmeur de celui qui sera un fin "Cavaleur", colle mal avec son costume de crapule. En outre, la mise en scène du réalisateur d'"Un homme est mort" manque de sécheresse et reste loin de l'aspect chirurgical des oeuvres marquantes du genre, de "Classe tous risques" au "Deuxième souffle". Enfin, Daniela Rocca, dans le rôle de la maîtresse du traitre, est une véritable erreur de casting tant elle est insignifiante. Malgré ces réserves, "Symphonie pour un massacre" mérite que l'on y jette un oeil car le récit est, malgré tout, plutôt bien mené et Vanel, Auclair et Dauphin sont fort convaincants, tout comme la belle Michèle Mercier.
Jacques Deray comprend dès son troisième film que seules certaines spécificités lui permettront de perdurer dans le cinéma populaire Français, c'est donc en conséquence et s'entourant parmi les meilleurs auteurs du milieu (entre autres Claude Sautet) qu'il conçoit la stylisation étrange de Symphonie pour un massacre. Deray laisse planer par-dessus son anti-héros un silence omniprésent, mettant plus l'accent sur les actes et leur durée que sur les paroles de son groupe de gangsters (sa première négligence reposant d'ailleurs sur cette économie de dialogue). Et si cette démarche nous prive de la voix de Jean Rochefort à l'étincelle de sa carrière, elle fait peser le poids des actions criminelles et des trahisons qui s'ensuivent. Les scènes les plus importantes gagnent en force et en surprise, ponctuant et concluant Symphonie pour un massacre sur une note qui correspond bien à l'accroche de son titre, bien noire et inattendue.
C'était un bon petit film policier français avec un réalisateur connu J. Deray et une bonne équipe d'acteur avec le jeune J. Rochefort et son sourire en coin, mais aussi C. Vanel, et M. Auclair et la belle M. Mercier et sans oublier le célèbre J. Giovanni, plus connu pour ses travaux d'écriture (il participe aux dialogues et scénario du film) et de réalisation que d'acteurs. Le film est assez consensuel, mais soigné avec une ou deux pointes de tension qui garantissent au film un bon rythme. Bref c'est efficace et le spectateur passe un bon moment. La musique plutôt classique (Symphonie) va plutôt bien au film sauf peut-être une ou deux où j'ai trouvé que cela ne collait pas avec la scène en question. Les scènes d'action sont un peu plates et molles mais c'est cela qui donne ce charme vieillot au film.
La mise en scène de Jacques Deray ainsi qu’un scénario minutieux font de ce film un excellent polar. Jean Rochefort alors en début de carrière (et sans la moustache) impose son personnage de tueur dandy.
Je ne connaissais pas ce film plutôt méconnu, et pourtant j’en ai vus quelques-un, en particulier de cette période française que j’affectionne particulièrement. On peut le qualifier de mineur, mais pas sans intérêt, déjà pour la qualité du casting, avec des acteurs dits de seconds-rôles. Sa qualité première est à mon sens son côté épuré, allant à l’essentiel, même si parfois, certaines scènes extérieures tirent un peu en longueur. Le scénario est intéressant à défaut d’être imprévisible, et les acteurs justes. Toujours l’actrice surprise assez méconnue, coproduction italienne oblige et assez courante à cette époque. Marrant de voir Rochefort en méchant froid et cynique ! Et toujours cet intérêt de visiter des quartiers qui ont bien changé et replonger dans un mode de vie finalement reposant.... une curiosité à voir.
C'est réglé comme un Melville dans du papier à musique. On est bien dans les année 60 dans Paris, le train de nuit Paris/Marseille, Lyon Perrache et son parking où se trouve garée la Jaguar XK150 Drophead de l'un des gangsters joué par le jeune Jean Rochefort......
Excellent policier rondement mené par un Jean Rochefort glaçant. On ne s'ennuie jamais dans ce film noir avec une super intrigue et un final plein de moral comme l'exige l'époque du film, 1963
Une pépite redécouverte sur Arte, dans la lignée des grands polars noirs français des 50/60 , style Melville. Pour le 2eme film seulement de Jacques Deray, prouvant beaucoup de maturité et de savoir faire Une embrouille entre 4 truands, des amis qui sont sur un gros coup, tellement gros que chacun va vouloir doubler ses copains. La mise en scène est très sobre, avec une image très contrastée, très noire, tout se passe presque de nuit . Paris by night , Champs Elysées, cabarets, salles de jeux, night-clubs, souteneurs, monde interlope, très belle description d’un passé révolu. Les acteurs sont tous excellents et en premier lieu Jean Rochefort, bien loin de ses rôles de comique habituel, truand machiavélique, froid et sans pitié , formidable. Charles Vanel , Michel Auclair , Claude Dauphin, et José Giovani tous excellents, Et même le plaisir de retrouver la très belle Michèle Mercier dans un petit rôle lumineux. A noter un magnifique double twist final, inattendu, merveille de scénario.
Il n'y a pas à dire : un polar en noir et blanc restauré, ça a de la gueule. Surtout quand il est bon. Jacques Deray tourne en 1963 son meilleur film, à mon avis, un film policier "melvillien", possiblement inspiré par "Le Doulos", tourné l'année précédente (les autres grands classiques de Jean-Pierre Melville, comme "Le deuxième souffle", étant postérieurs à "Symphonie pour un massacre"). Les quatre associés d'un cercle de jeu investissent dans le trafic de drogue. L'un d'eux, Jabeke (Jean Rochefort, personnage central du polar), tente d'escroquer ses complices. Dans une première partie un peu trop longue, on suit pas à pas Jakebe dans la réalisation de son stratagème, décrit sèchement et avec minutie par le metteur en scène. Adaptation d'un roman semble-t-il futé, le film de Deray est habile, ensuite, à enchainer les incidents et impondérables qui menacent la duplicité de Jakebe d'être découverte, sans que ni les uns ni les autres ne semblent improbables. Dans un style épuré, qui implique une direction d'acteurs précise et des dialogues économes, le réalisateur réduit à rien les caractères et la psychologie des personnages. Ces derniers n'existent que par la défiance entre eux. Deray a réuni un casting de choix, assez inattendu dans sa composition. Outre le quatuor vedette, tout en sobriété et au diapason de la réalisation, on verra José Giovanni, parfaitement à sa place en homme de main, et on apercevra Michèle Mercier, dont on se demande longtemps quel est l'utilité du rôle...
Réalisé en 1963 par Jacques Deray, ""Symphonie pour un massacre"" est une œuvre d'art brute qui préfigure la grandeur des futurs classiques du cinéaste comme La Piscine ou Borsalino. Souvent occulté par les grosses productions de l'époque, ce polar au noir et blanc étincelant s'impose pourtant comme un véritable joyau du cinéma de genre français, d'une perfection narrative presque clinique.
La force prodigieuse de ce chef-d'œuvre repose en premier lieu sur son scénario véritablement hors norme, d'une écriture phénoménale et chirurgicale. Coécrit par Jacques Deray, Claude Sautet et le romancier de la pègre José Giovanni, le script d'une rigueur mathématique implacable évite tout bavardage inutile pour se focaliser sur l'essentiel. Chaque engrenage, chaque fausse piste et chaque trahison entre les cinq associés s'emboîtent avec une fluidité exceptionnelle, tenant le spectateur en haleine sans jamais faiblir.
Cette tension étouffante est magnifiée par le génie de sa distribution, emportée par un Jean Rochefort magistral, incarnant Jabeke, un gangster mutique, cérébral et d'une noirceur effrayante. Son regard d'acier et son flegme roublard sont superbement sculptés par la photographie clinique en noir et blanc de Claude Renoir, qui confère au film une esthétique moderne et sophistiquée. Autour de lui gravite une distribution de premier choix, notamment un immense Charles Vanel en vieux parrain pragmatique et un excellent Michel Auclair. Enfin, l'œuvre est sublimée par la superbe et mélancolique bande-son de Michel Magne, dont la petite musique lancinante rythme à merveille cette marche funèbre vers la trahison.
""Symphonie pour un massacre"" est une leçon absolue de cinéma policier. Porté par un scénario d'une intelligence d'écriture magistrale, une distribution royale et une réalisation au rasoir, ce thriller de trahison d'une noirceur absolue mérite d'être hissé parmi les plus grands sommets du genre.
Cinq hommes sont associés dans un trafic de drogue. spoiler: Alors qu'une grosse cargaison en une seule livraison arrive à Marseille, 50 briques à investir pour en gagner facilement le double. L'un d'entre eux, le nommé Jabeke, décide de voler l'argent de ces acomptes versés par ses complices. Il met en place un plan minutieux et entend attiser le doute et la suspicion entre eux. Un Jean Rochefort « avant la moustache » : plus jeune, plus mystérieux et nettement plus inquiétant. Une apparence très particulière pour le personnage Jabeke n'a pas l'allure caricaturale du « gangster » traditionnel. Rochefort est mince, élancé, élégant, avec une silhouette plutôt sèche. Il porte les vêtements masculins très soignés de l'époque : costume sombre bien coupé, chemise claire, cravate, manteau selon les scènes. L'ensemble lui donne davantage l'apparence d'un homme d'affaires discret ou d'un élégant voyageur que celle d'un malfrat. C'est précisément ce qui rend le personnage inquiétant : rien, dans son apparence, ne signale immédiatement sa dangerosité. Il y a une petite ironie assez savoureuse : au cours du film, Rochefort se déguise justement avec une moustache pour se camoufler. Ce détail est souvent relevé par les critiques, car cette moustache préfigure presque l'apparence qui deviendra emblématique de l'acteur quelques années plus tard. Échanger les valises, faire disparaître les corps, mentir à bord de sa belle Jaguar décapotable, et surtout en toutes occasions, garder son sang froid. Impassible et méthodique Jakebe semble surmonter et faire face à la moindre anicroche qui pourrait contrecarrer son plan. Il n'y a qu'une inconnue à cette équation qui pourrait faire couler au fond de l'eau, tel un cadavre dont on veut se débarrasser, sa belle affaire : l'amour d'une femme. Ma note sera de 3,14 sur 5. Parce qu'on retrouve ici tout l'esprit d'une époque, juste à déplorer que la place des femmes est vraiment minimaliste … Et oui, toute une époque.