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3,5
Publiée le 24 septembre 2025
Qui est le film ? Agnès Varda signe ici une fable narrative brève, centrée sur une relation transgressive entre une femme d’âge mûr et un adolescent. Le titre emprunté à un jeu vidéo semble annoncer l’action, la virilité et la conquête, mais c’est un leurre : Varda filme le quotidien, la maladresse, l’embarras.
Que cherche-t-il à dire ? Ce n’est pas tant l’histoire d’un amour impossible qu’une mise à l’épreuve de notre regard. Varda déplace la question de la transgression du registre du spectaculaire vers celui du banal. Elle ne cherche ni à excuser ni à diaboliser : elle met en crise nos automatismes moraux et interroge ce que signifie désirer, être désiré, franchir ou subir des limites.
Par quels moyens ? Varda choisit la modestie comme geste stylistique. Ce refus de la grandiloquence dramatique installe une atmosphère d’intimité scrutée, où le moindre détail (une main qui s’attarde, une phrase répétée) prend une valeur démesurée.
La présence de Jane Birkin ajoute une couche de trouble. Son rôle ne fige pas la femme mûre dans le cliché prédateur mais la montre fragile, confuse, solitaire. Varda déconstruit aussi les clichés sur le désir féminin mûr. Elle ne l’érige ni en fantasme, ni en tabou : elle le montre dans sa banalité, sa confusion, sa mélancolie. Cette désacralisation a une portée politique : elle rompt avec l’imagerie patriarcale et inscrit la sexualité féminine dans une continuité existentielle plutôt qu’en exception scandaleuse.
La question du regard est centrale. Varda redistribue l’axe de la caméra : elle filme le désir féminin, tout en filmant l’inexpérience adolescente. Le spectateur se retrouve piégé entre voyeurisme et analyse, obligé d’assumer sa propre position. C’est une mise en scène qui ne délivre pas une morale, mais qui force à prendre conscience de ce que signifie “regarder”.
Où me situer ? Je reçois le film avec un mélange d’admiration et d’inconfort. J’admire la capacité de Varda à refuser le sensationnalisme, à préférer la lenteur, la gêne, l’attention microscopique au geste. Mais je reste troublé par une ambiguïté qui n’est jamais levée : cette proximité avec l’intime, qui rend le malaise si palpable, peut aussi paraître complice.
Quelle lecture en tirer ? Kung Fu Master! explore les zones grises du désir et du pouvoir, en révélant combien nos catégories morales sont poreuses dès lors qu’elles se frottent à l’intime. C’est en cela que le film reste dérangeant et nécessaire.
Kung-Fu Master est un film réalisé par Agnès Varda et sorti en 1988. Ce film, bien que charmant et dérangeant à la fois, est assez inégal. Il vaut surtout pour le naturel dont font preuve ses interprètes principaux. Photographie intéressante de la fin des années 80 (émergence du Sida, des jeux vidéos, société londonienne divisée avec ses courants marginaux etc.), le long métrage perd progressivement en souffle et en intérêt (surtout dans son dernier tiers, spoiler: à partir du moment où Mary-Jane et Julien se retrouvent avec Lou sur l'île déserte ), l'ennui se fait sentir et bien que le film soit court, c'est un soulagement quand il se termine. Ce film, bien qu'intéressant et pouvant servir de témoignage d'une époque, n'est pas mémorable malgré la performance de ses acteurs.
Rien que pour voir Jane & sa fille Charlotte je rehausse la note. il faut de petit film comme ça pour reconnaître et faire évoluer des talents ! LOVE LOVE
Un film mignon sur une femme attirée par une jeune garçon de 14 ans... Dans un sens, ce serait de la pédophilie condamnable, dans l'autre une amourette sympathique... Bon, ce n'est pas pour ça que je laisse ici une trace mais pour autre chose. Regardez le film à la 45ème minute, quand les personnages regardent un sketch télévisé anglais... Et dites-moi si l'un des acteurs ne ressemblerait pas furieusement à Hugh Laurie... Ce qui ferait sans doute pour lui sa première apparition au cinéma non ?