Nouveau film d’Agnès Varda pour moi, après une première expérience mitigée. Kung-fu master est un métrage pas déplaisant, mais qui dans le genre n’atteint pas la force et la précision sentimentale de La Leçon particulière par exemple, ou de Beau-père.
Le métrage se veut très authentique, réaliste, dans le style visuel qu’affectionne la réalisatrice. Photographie et cadre très ancrés dans l’époque, avec de multiples références à l’actualité du temps, aux problématiques sociales… Mise en scène sobre, avec beaucoup de plans fixes, une analyse parfois presque documentaire, qui se ressent toutefois moins ici que dans d’autres réalisations de Varda, sans doute par des dialogues plus frais et naturels, et parce que ce côté fixe sied bien à des scènes intimes.
Le casting est plutôt bien vu. Les acteurs sont bons, avec des complicités certaines entre les interprètes, nourrit par les liens familiaux réels qui unissent la plupart d’entre eux. Cela crée forcément une intimité et une authenticité renforcée, même si on peut se demander aussi, du coup, si les rôles sont réellement de composition ou pas. Pour ma part, le souci réside peut-être aussi dans cette familiarité. Clairement Varda effleure son sujet, avec un baiser et quelques allusions pas forcément parlantes. Le film n’arrive pas à vraiment mettre en relief cette passion étrange, qui né assez abruptement et se déploie de façon non moins abrupte et peu explicite. Le film est court en plus. Du coup, c’est clair que Kung-fu Master a du mal à jouer dans la même cours que Beau-père et La Leçon particulière que j’évoquais plus haut.
Vous l’aurez compris, le film de Varda est assez plat scénaristiquement parlant, manquant de scènes fortes, et cela en dépit de quelques très jolies scènes qui rappellent la sensibilité de la réalisatrice. On est sur une amourette plan-plan qui vaut presque davantage pour le contexte social des années 80 que montre le film avec insistance, que pour cette intrigue amoureuse traité avec trop de distance, et pas assez de passion réelle.
Je donne quand même un 3, car le film n’est pas déplaisant et on retrouve de réelles qualités aussi, mais il y avait de quoi faire bien mieux.