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Charlotte28
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3,0
Publiée le 24 janvier 2025
D'abord malaisantes par leur présentation de personnages incarnant la misère sociale, intellectuelle, émotionnelle, les tristes tribulations d'un trio de déclassés se font parfois touchantes, parfois poétiques à l'instar des bucoliques paysages, mais souvent ennuyeuses, le vide pathétique de leur existence étant parfaitement capté par la caméra ainsi que par le rythme de la narration, apathique. Passant des entraves européennes aux désillusions américaines, ces amis de fortune ne peuvent que dépérir, continuer à fuir une vie frustrante ou se résigner, le bonheur leur semblant inaccessible dans ce monde absurde, cruel, cacophonique que symbolise une dernière séquence absurde. Une bien dissonante ballade...
La jaquette du DVD édité par Potemkine le dit, et c'est vrai, on se croirait chez Fassbinder dans la première partie de La ballade de Bruno avec ses deux personnages de marginaux paumés dans le Berlin populaire. Sauf que le mélo - pourtant franchement réussi - n'est pas vraiment ce qui intéresse Herzog, qui emmène ses personnages en Amérique et fait prendre à son récit une tournure plus symbolique - et herzogienne - dans sa deuxième partie. Coincé dans une zone désolée du Wisconsin avec Eva et son voisin Scheitz, Bruno découvre en effet à ses dépens que l'on n'échappe jamais à son isolement ni à sa condition de marginal brutalisé par la vie dans ce qui s'apparente à une fable étrange et particulièrement désespérée - malgré quelques touches comiques. Si le film étouffe un peu sous son symbolisme, il reste tout de même passionnant, et témoigne de l'humanisme d'Herzog, qui est notamment éclatant dans sa profonde sympathie pour Bruno - le personnage comme l'acteur.
Werner Herzog avait promis à l'acteur non professionnel Bruno S incarnant le rôle titre de " l'énigme de Kaspar Hauser " de refaire un film avec lui.
Ça sera " la ballade de Bruno " (1977) qui fait l'objet d'une ressortie en salle, dans le cadre d'une intégrale en plusieurs volets de la filmographie du célèbre metteur en scène allemand.
Herzog aime les marginaux de toutes sortes auxquels il donne toujours une place essentielle dans ses opus.
Sorte de road movie, au scénario ( selon le metteur en scène lui même ) écrit à la va-vite, pour permettre d'honorer sa parole donnée à Bruno S, " la ballade de Bruno " c'est un peu celle des sans-espoirs.
Peu importe la latitude sous laquelle on vit, le marginal est condamné. Le changement d'univers géographique ne changera rien à l'affaire dans ce film désespéré en deux parties.
L'une se déroule en RFA ( la meilleure selon moi ), la seconde dans le Wisconsin ( nord ouest des Usa ).
Il manque une incarnation pour permettre de transmettre une émotion profonde dans ce scénario qui reste ( selon moi ) trop en surface dans sa partie américaine.
Herzog a fait ( à mon goût du moins ) souvent mieux, même beaucoup mieux, que dans ce titre (1977 ), un des rares opus du cinéaste que je n' avais, malgré sa réputation toujours pérenne, encore jamais visionné.
L'amateur du travail artistique du cinéaste ne le manquera pas, malgré les réserves formulées plus haut.
Herzog, ce grand réalisateur allemand présente une œuvre de survivance dans un monde capitaliste, avec cette « ballade de Bruno ». Approche sombre avec trois berlinois déphasés qui partent dans le Wisconsin dans l'espoir d'y vivre le rêve américain. Le vieux Scheitz et Bruno sont des musiciens alors qu'Eva est une prostituée. Sur un rythme lent, avec des scènes parfois burlesques, une tranche de vie se déroule sans verser ni dans le larmoyant, ni dans la violence, ni dans le mélo. Film dramatique difficile à situer avec une parfaite maîtrise de l'image et du son.
Une belle critique de la société capitaliste déshumanisante. Tout en suivant le destin de trois personnages décidant de quitter leur pays natal : l'Allemagne pour aller aux États-Unis le pays symbole même de l'argent. Un scénario classique d'une montée vers la réussite puis une chute brutale et déchirante. L'histoire de Bruno quittant la prison pour la "liberté" se retrouve dans une nouvelle prison qui est la société capitaliste. Pour arriver au point final : le ridicule avec le plan final que je ne spoilerai pas. J'ai presque eu l'impression que le film a été en grande partie improvisé et le fait qu'il soit filmé comme un documentaire le rend d'autant plus réaliste. Film intéressant.
Bruno, c'est un paumé mal fagoté, musicien raté, alcoolique et lunaire. Il sort de prison, et s'engouffre dans son bistro préféré pour siroter une bière. Là il retrouve Eva, une prostituée malmenée par deux affreux jojos. Il propose à la malheureuse de la recueillir chez lui. Elle accepte. Eva fait la connaissance du seul ami de Bruno, Scheitz, un petit vieillard tout aussi marginal. Grâce à ses nouveaux amis, elle reprend goût à la vie. Mais les deux méchants souteneurs continuent de la harceler et de la tabasser, s'en prenant même à Bruno qui ne se défend pas. Devant cette impasse, le couple accepte d'accompagner Scheitz qui part pour les Etats Unis rejoindre son neveu Vont-ils enfin trouver le bonheur? La Ballade de Bruno est un film désenchanté, fait de fuites et d'enfermements. La scène finale, dans le village indien, est révélatrice. Ce couloir de la mort où des animaux répètent sans cesse les mêmes partitions derrière leurs vitrines, sont un écho à la vie de Bruno. Et il n'existe aucun échappatoire. Werner Herzog nous dresse le portrait d'un homme simple, pour lequel on finit par s'attendrir, confronté à la cruauté du monde. On peut prendre part à sa ballade.
Excellente satyre du rêve américain sublimé par la performance incroyable de Bruno S au sein d'une histoire touchante tout en restant poétique et sombre.