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benoitparis
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5,0
Publiée le 14 janvier 2011
Un univers qui fait penser aux films d’Aki Kaurismäki, avec ses paumés attendrissants, son mélange d’ironie, d’absurde et de dérision très à froid. Il est possible qu’en concevant cette fable négative W. Herzog ait eu en tête l’ « Amerika » de Kafka. Le grotesque métaphysique de la fin est vraiment extraordinaire, très propre pour le coup au réalisateur, et rappelle son « Les nains aussi ont commencé petits » (même image du véhicule abandonné tournant en rond jusqu’à son explosion). Pas dans la veine démesurée des Herzog les plus connus, mais un film tout aussi singulier et extrêmement attachant.
Il est très compliqué d'accrocher à cette œuvre de Herzog, malgré la captivance promise par des réalisations précédentes. Il va d'abord falloir lutter contre des raccords ultra-nazes (à tel point que j'ai parfois cru qu'on changeait de scène, mais en fait non, il se foutait juste que ça ne colle pas), puis avec les graines d'inutilité semées sur le chemin du spectateur (par exemple lorsqu'un personnage s'exclame d'une évidence dans une micro-scène, ou qu'un plan finit sur un chien. Pour rien p**ain du tout).
La première moitié du film se passe dans une Allemagne minée par la racaille et l'ennui ; c'est monotone et pas très bien fait. C'est à se demander si ce n'était pas fait exprès au vu de la suite, mais c'était quand même long pour une mise dans l'ambiance ch***te. En effet, Herzog va nous faire vivre ce qui reste toujours un fantasme dans les films français : partir. C'est loin d'être tout rose, puisque le voyage est financé à coups de prostitution, mais l'intérêt de l'œuvre va enfin se dévoiler dans les steppes américaines.
Comme seule la grisaille passe à travers la caméra du réalisateur, on a l'impression que le rêve américain va se démonter tout seul quand il sera mis en images. Mais non ! Les images l'entretiennent au contraire. C'est le personnage farfelu de Bruno S. qui va finir par l'égratigner, et pas d'une façon franchement neutre ; il va critiquer le système américain en le comparant de façon tout à fait erronée au nazisme – lui qui l'a connu – car les deux systèmes ont le même effet sur l'individu, si ce n'est que les Américains le font... avec le sourire.
La dernière partie du film part en mode Disneyland ; c'est très lynchéen, frustrant par la forme pourtant irréprochable, mais fascinant par le fond, même s'il souffre en l'occurrence de ne pas être très clair. C'est le globetrottisme de Herzog – qui avait déjà eu le courage de tourner en Amazonie – qui finit par avoir raison de la mauvaise note... Mais de justesse.
Un film dur qui propose une vision extrêmement pessimiste de la société. Les rêves et les espoirs de personnages attachants, marginaux, pathétiques, se trouvent confrontés à une société qui écrase, dépouille, humilie les plus faibles. Bruno S., avatar de ces personnages écrasés par le monde, est démuni aussi bien devant le hors-norme des voyous qui le tabassent que devant la norme absolue du banquier qui le dépouille. Le rêve d’une Amérique où tout devient possible est un leurre sans échappatoire. A l'image de cette fin poignante, grandiose et grotesque où tout tourne en rond, auto-dépanneuse comme remonte pente, et où des poules et des lapins dansent en cage sur un air de rock& roll dans un no man's land d'illusion.
Pitoyable, assisté, sans honneur, faible...Les qualificatifs me manquent pour décrire le personnage de Bruno. Réalisé peu de temps après L'Enigme de Kaspar Hauser, La Ballade de Bruno est un film terriblement pathétique, une oeuvre magistralement interprétée par l'acteur anonyme Bruno S. ( son personnage est des plus effrayants de par sa faiblesse, dans la mesure où il ne fait pas grand chose pour se tirer d'affaire ). Werner Herzog possède le don de pouvoir créer des personnages limites, marginaux, rejetés par la société et le plus souvent intéressants : c'est le cas de Bruno mais aussi d'Eva, et d'un bon nombre de personnages de sa filmographie. Bruno est un être lâche, alcoolique et sans envergure, ce qui le rend plus inquiétant que réellement touchant. Pourtant, La Ballade de Bruno est un film tellement fort, tellement inspiré même ( je pense notamment à la scène finale avec les poules ) qu'il m'apparaît d'emblée comme un petit chef d'oeuvre de cruauté. Quatre étoiles amplement méritées pour ce bijou. Un film rare, malheureusement.
La musique: Ca pue un peu ce qu'il fait avec son accordéon. Quand les sales types arrivent dans son appart' et jouent du piano ivre comme d'un instrument à percussion jusqu'à ce que les doigts saignent un peu (sic), on entend de belles dissonances.——————————————————————————————————————————————— Bon film cependant. Scenario épuré ce qui le rend d'autant plus interessant. Brutalisé par de brutaux musiciens allemands et n'étant pas respecté pour ses ennuyeuses compositions, Bruno se suicidera finalement sur un télésiège tournant en boucle a coté d'animaux en cages dressés à repeter les memes mouvements. (allégorie de la musique faite sur ordinateur et du phénoméne rave-party?)
Il y a maintenant pas mal d'années, un vieux monsieur, qui était aussi mon voisin (qu'il repose en paix), m'avait dit, à propos de Werner Herzog, quelque chose qui ressemblait à ça : "Même si Herzog te montrera des moments d'humanité dans ses films, sois sûr qu'il te lancera toujours au visage ce qu'elle peut avoir de pire, sois également sûr qu'il ne laissera jamais aucun espoir à ses personnages". Vous aviez bien raison Monsieur. Jamais cette phrase ne m'a semblé aussi vrai qu'en regardant cette "Ballde de Bruno", mettant en scène un homme aloolique, à la fois attachant et pathétique, quittant son Allemagne natale pour les États-Unis en pensant (comme tant d'autres l'ont pensé avant) que tout serait mieux et plus facile là-bas. Peine perdue. Sans jamais montrer, ni peine, ni dégoût, ni colère, ni tout autre sentiment, Bruno va voir la réalité le rattraper tout doucement jusqu'à le mener à une issue (qu'à titre personnel, j'ai trouvé très bien amenée) crève-coeur pour le spectateur, mais salvatrice pour lui. Rien n'étant jamais parfait (ni les oeuvres, ni les fondamentaux qui les régissent), on pourra toujours trouver certains défauts récurrents à ce cinéma allemand des années 70 mais, contrairement à la Nouvelle Vague Française dont il s'inspire, il avait beaucoup de choses à dire.
Une œuvre assez fascinante où le cinéaste montre la misère des plus faibles dans la société moderne, que ce soit en Allemagne ou aux États-Unis. Bruno S., acteur non professionnel, marginal pris sous son aile par Herzog, est exceptionnel de vérité, tout comme Eva Mattes, égérie du cinéma allemand de cette époque. La fin du film est particulièrement belle, mettant à jour le leurre que constitue le "rêve américain", représenté par la camionnette au bout du rouleau, qui tourne en rond comme le poulet musicien dans son bocal du stand forain.
Encore une fois Werner Herzog emmène le spectateur dans un film étrange. Dur, froid et éloquent dans ce qu'il montre. Plusieurs scènes ou séquences marquent les esprits (la scène de la maternité notamment), les 20 dernières minutes sont particulièrement hallucinantes.
Le film de Herzog qui me plaît le moins jusqu'à présent notamment par sa vision triste et extrêmement pessimiste de la société. Un détenu sorti de l'asile essaie de construire une nouvelle vie en Amérique avec l'aide d'un ami et d'une ancienne prostituée qu'il prend en affection. L'espoir de renouveau se heurtera à une société tout aussi violente et inadaptée que celle qui venait juste de quitter. Un héros comme dans les films de Kitano, mais Herzog préfère se concentrer sur le côté dramatique et social pour délaisser la narration et la technique irréprochable qu'on lui connaît.
Cette histoire quelque peu tirée par les cheveux est un pur moment de bonheur se laissant apprécier avec des personnages pittoresques interprétés par un génialissime et omniprésent Bruno S., Scheitz dans le rôle du doux dingue et bien d'autres. En visualisant ce film, nous remaquons que les acteurs sont loin d'être professionnels; ceci ne gâche en rien ce film, bien au contraire, ce film respire la sincérité. Ces humains exploités par l'Amérique se révèleront maintes fois pathétiques et attachants notamment lors de la fin hilarante ressemblant à du grand n'importe quoi qui s'avère finalement cruelle et impitoyable. "Stroszek" est un film dur, sensible et réaliste mais c'est surtout et avant tout la destruction du rêve américain, sans conteste l'un des meilleurs Herzog.
D'accord on a bien compris que Werner Herzog à travers ce film et à travers le portrait d'un marginal a voulu montrer que la vie en Allemagne est pourrie pour ce type de personnage mais qu'elle n'est pas mieux aux États-Unis avec son rêve américain ; voilà pour le message... Mais pour le faire plus efficacement passer, il aurait fallu choisir d'autres chevaux de bataille que le lambinage dans le rythme, ce qui provoque bien sûr l'ennui, et la distanciation totale par rapport aux protagonistes, ce qui empêche l'attachement et l'empathie. Le seul moment intéressant est vers la toute fin avec une poule qui danse, une autre qui joue du piano, un canard qui joue du tambour et un lapin qui conduit une voiture de pompier ; autrement...
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4,0
Publiée le 4 septembre 2025
Avec "La ballade de Bruno" (1977), Werner Herzog nous donne une oeuvre si dure, si pessimiste et en même temps si vraie et si sensible qu'elle peut se ranger aux côtès des meilleurs films du cinèaste! Car "Stroszek" (dècrit comme la vision d’Herzog sur le rêve amèricain) porte en lui une telle authenticitè, un tel gènie dans sa construction qu'il n'a rien à envier aux autres films! Car ce film là, à n'en pas douter, compte parmi les plus marquants du cinèma allemand avec deux trois moments de grâce! Le centre de cette dèrive sans retour, est de toute èvidence Bruno Schleinstein et Eva Mattes! Le mètrage, tout entier gravite autour d'eux, et, à la limite, il ne pourrait exister sans eux! Ces deux laissès-pour-compte des seventies, seuls Bruno S. et Eva Mattes pouvaient leur donner pareille force et pareille tristesse! Herzog a ses admirateurs! Ce grand film passe pour l'un de ses plus rèussis! Musique magnifique...
Ce film est d’inspiration lointaine de Berlin Alexanderplatz. Il y a le même homme sorti de prison, les mauvaises fréquentations et la pauvreté très présente. C’est assez glauque tout cet univers de la misère.
Un film sur un monde de marginaux , assez attendrissant. le héros Bruno est un marginal, routard , qui vit dans un monde de néo futuriste . Des copains ,beaucoup d'errance, et une certaine noirceur dans ce milieu de paumés. On sent le style de Werner Herzog , dans ce film pessimiste mais stylé.