La Ballade de Bruno
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Pascal
Pascal

254 abonnés 2 405 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 mars 2026
Werner Herzog avait promis à l'acteur non professionnel Bruno S incarnant le rôle titre de " l'énigme de Kaspar Hauser " de refaire un film avec lui.

Ça sera " la ballade de Bruno " (1977) qui fait l'objet d'une ressortie en salle, dans le cadre d'une intégrale en plusieurs volets de la filmographie du célèbre metteur en scène allemand.

Herzog aime les marginaux de toutes sortes auxquels il donne toujours une place essentielle dans ses opus.

Sorte de road movie, au scénario ( selon le metteur en scène lui même ) écrit à la va-vite, pour permettre d'honorer sa parole donnée à Bruno S, " la ballade de Bruno " c'est un peu celle des sans-espoirs.

Peu importe la latitude sous laquelle on vit, le marginal est condamné. Le changement d'univers géographique ne changera rien à l'affaire dans ce film désespéré en deux parties.

L'une se déroule en RFA ( la meilleure selon moi ), la seconde dans le Wisconsin ( nord ouest des Usa ).

Il manque une incarnation pour permettre de transmettre une émotion profonde dans ce scénario qui reste ( selon moi ) trop en surface dans sa partie américaine.

Herzog a fait ( à mon goût du moins ) souvent mieux, même beaucoup mieux, que dans ce titre (1977 ), un des rares opus du cinéaste que je n' avais, malgré sa réputation toujours pérenne, encore jamais visionné.

L'amateur du travail artistique du cinéaste ne le manquera pas, malgré les réserves formulées plus haut.
je_ne_suis_pas
je_ne_suis_pas

16 abonnés 67 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 mars 2026
Une belle critique de la société capitaliste déshumanisante. Tout en suivant le destin de trois personnages décidant de quitter leur pays natal : l'Allemagne pour aller aux États-Unis le pays symbole même de l'argent. Un scénario classique d'une montée vers la réussite puis une chute brutale et déchirante. L'histoire de Bruno quittant la prison pour la "liberté" se retrouve dans une nouvelle prison qui est la société capitaliste. Pour arriver au point final : le ridicule avec le plan final que je ne spoilerai pas. J'ai presque eu l'impression que le film a été en grande partie improvisé et le fait qu'il soit filmé comme un documentaire le rend d'autant plus réaliste. Film intéressant.
chrischambers86

16 164 abonnés 13 121 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 septembre 2025
Avec "La ballade de Bruno" (1977), Werner Herzog nous donne une oeuvre si dure, si pessimiste et en même temps si vraie et si sensible qu'elle peut se ranger aux côtès des meilleurs films du cinèaste! Car "Stroszek" (dècrit comme la vision d’Herzog sur le rêve amèricain) porte en lui une telle authenticitè, un tel gènie dans sa construction qu'il n'a rien à envier aux autres films! Car ce film là, à n'en pas douter, compte parmi les plus marquants du cinèma allemand avec deux trois moments de grâce! Le centre de cette dèrive sans retour, est de toute èvidence Bruno Schleinstein et Eva Mattes! Le mètrage, tout entier gravite autour d'eux, et, à la limite, il ne pourrait exister sans eux! Ces deux laissès-pour-compte des seventies, seuls Bruno S. et Eva Mattes pouvaient leur donner pareille force et pareille tristesse! Herzog a ses admirateurs! Ce grand film passe pour l'un de ses plus rèussis! Musique magnifique...
ferdinand75

723 abonnés 4 462 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 août 2025
Un film sur un monde de marginaux , assez attendrissant. le héros Bruno est un marginal, routard , qui vit dans un monde de néo futuriste . Des copains ,beaucoup d'errance, et une certaine noirceur dans ce milieu de paumés. On sent le style de Werner Herzog , dans ce film pessimiste mais stylé.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 727 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 31 janvier 2025
Ce film est d’inspiration lointaine de Berlin Alexanderplatz. Il y a le même homme sorti de prison, les mauvaises fréquentations et la pauvreté très présente.
C’est assez glauque tout cet univers de la misère.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 826 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 janvier 2025
D'abord malaisantes par leur présentation de personnages incarnant la misère sociale, intellectuelle, émotionnelle, les tristes tribulations d'un trio de déclassés se font parfois touchantes, parfois poétiques à l'instar des bucoliques paysages, mais souvent ennuyeuses, le vide pathétique de leur existence étant parfaitement capté par la caméra ainsi que par le rythme de la narration, apathique. Passant des entraves européennes aux désillusions américaines, ces amis de fortune ne peuvent que dépérir, continuer à fuir une vie frustrante ou se résigner, le bonheur leur semblant inaccessible dans ce monde absurde, cruel, cacophonique que symbolise une dernière séquence absurde. Une bien dissonante ballade...
Nicolas S
Nicolas S

54 abonnés 667 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 mars 2024
La jaquette du DVD édité par Potemkine le dit, et c'est vrai, on se croirait chez Fassbinder dans la première partie de La ballade de Bruno avec ses deux personnages de marginaux paumés dans le Berlin populaire. Sauf que le mélo - pourtant franchement réussi - n'est pas vraiment ce qui intéresse Herzog, qui emmène ses personnages en Amérique et fait prendre à son récit une tournure plus symbolique - et herzogienne - dans sa deuxième partie. Coincé dans une zone désolée du Wisconsin avec Eva et son voisin Scheitz, Bruno découvre en effet à ses dépens que l'on n'échappe jamais à son isolement ni à sa condition de marginal brutalisé par la vie dans ce qui s'apparente à une fable étrange et particulièrement désespérée - malgré quelques touches comiques. Si le film étouffe un peu sous son symbolisme, il reste tout de même passionnant, et témoigne de l'humanisme d'Herzog, qui est notamment éclatant dans sa profonde sympathie pour Bruno - le personnage comme l'acteur.
nicolas diot
nicolas diot

20 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 décembre 2023
Un des meilleurs films de Werner Herzog sans hésitation, je déplore que ce film soit tomber dans l'oubli.

Sublimé par une très grande performance de Bruno S qui rend le film très touchant.
Chilly M
Chilly M

33 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 décembre 2023
Excellente satyre du rêve américain sublimé par la performance incroyable de Bruno S au sein d'une histoire touchante tout en restant poétique et sombre.

Je recommande'
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 décembre 2023
Il y a maintenant pas mal d'années, un vieux monsieur, qui était aussi mon voisin (qu'il repose en paix), m'avait dit, à propos de Werner Herzog, quelque chose qui ressemblait à ça : "Même si Herzog te montrera des moments d'humanité dans ses films, sois sûr qu'il te lancera toujours au visage ce qu'elle peut avoir de pire, sois également sûr qu'il ne laissera jamais aucun espoir à ses personnages". Vous aviez bien raison Monsieur. Jamais cette phrase ne m'a semblé aussi vrai qu'en regardant cette "Ballde de Bruno", mettant en scène un homme aloolique, à la fois attachant et pathétique, quittant son Allemagne natale pour les États-Unis en pensant (comme tant d'autres l'ont pensé avant) que tout serait mieux et plus facile là-bas. Peine perdue. Sans jamais montrer, ni peine, ni dégoût, ni colère, ni tout autre sentiment, Bruno va voir la réalité le rattraper tout doucement jusqu'à le mener à une issue (qu'à titre personnel, j'ai trouvé très bien amenée) crève-coeur pour le spectateur, mais salvatrice pour lui. Rien n'étant jamais parfait (ni les oeuvres, ni les fondamentaux qui les régissent), on pourra toujours trouver certains défauts récurrents à ce cinéma allemand des années 70 mais, contrairement à la Nouvelle Vague Française dont il s'inspire, il avait beaucoup de choses à dire.
soulman
soulman

140 abonnés 1 401 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 décembre 2023
Une œuvre assez fascinante où le cinéaste montre la misère des plus faibles dans la société moderne, que ce soit en Allemagne ou aux États-Unis. Bruno S., acteur non professionnel, marginal pris sous son aile par Herzog, est exceptionnel de vérité, tout comme Eva Mattes, égérie du cinéma allemand de cette époque.
La fin du film est particulièrement belle, mettant à jour le leurre que constitue le "rêve américain", représenté par la camionnette au bout du rouleau, qui tourne en rond comme le poulet musicien dans son bocal du stand forain.
Peuch Peuch
Peuch Peuch

3 abonnés 72 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 décembre 2023
Bruno, c'est un paumé mal fagoté, musicien raté, alcoolique et lunaire. Il sort de prison, et s'engouffre dans son bistro préféré pour siroter une bière. Là il retrouve Eva, une prostituée malmenée par deux affreux jojos. Il propose à la malheureuse de la recueillir chez lui. Elle accepte. Eva fait la connaissance du seul ami de Bruno, Scheitz, un petit vieillard tout aussi marginal. Grâce à ses nouveaux amis, elle reprend goût à la vie. Mais les deux méchants souteneurs continuent de la harceler et de la tabasser, s'en prenant même à Bruno qui ne se défend pas. Devant cette impasse, le couple accepte d'accompagner Scheitz qui part pour les Etats Unis rejoindre son neveu Vont-ils enfin trouver le bonheur?
La Ballade de Bruno est un film désenchanté, fait de fuites et d'enfermements. La scène finale, dans le village indien, est révélatrice. Ce couloir de la mort où des animaux répètent sans cesse les mêmes partitions derrière leurs vitrines, sont un écho à la vie de Bruno. Et il n'existe aucun échappatoire.
Werner Herzog nous dresse le portrait d'un homme simple, pour lequel on finit par s'attendrir, confronté à la cruauté du monde.
On peut prendre part à sa ballade.
Agnes L.
Agnes L.

229 abonnés 2 011 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 novembre 2023
Herzog, ce grand réalisateur allemand présente une œuvre de survivance dans un monde capitaliste, avec cette « ballade de Bruno ». Approche sombre avec trois berlinois déphasés qui partent dans le Wisconsin dans l'espoir d'y vivre le rêve américain. Le vieux Scheitz et Bruno sont des musiciens alors qu'Eva est une prostituée. Sur un rythme lent, avec des scènes parfois burlesques, une tranche de vie se déroule sans verser ni dans le larmoyant, ni dans la violence, ni dans le mélo. Film dramatique difficile à situer avec une parfaite maîtrise de l'image et du son.
Gustave Aurèle
Gustave Aurèle

184 abonnés 2 626 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 12 janvier 2019
Les personnages ne sont attachants mais l'histoire est pas mal et le regard d'Herzog est toujours stimulant.
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 juin 2018
Il est très compliqué d'accrocher à cette œuvre de Herzog, malgré la captivance promise par des réalisations précédentes. Il va d'abord falloir lutter contre des raccords ultra-nazes (à tel point que j'ai parfois cru qu'on changeait de scène, mais en fait non, il se foutait juste que ça ne colle pas), puis avec les graines d'inutilité semées sur le chemin du spectateur (par exemple lorsqu'un personnage s'exclame d'une évidence dans une micro-scène, ou qu'un plan finit sur un chien. Pour rien p**ain du tout).

La première moitié du film se passe dans une Allemagne minée par la racaille et l'ennui ; c'est monotone et pas très bien fait. C'est à se demander si ce n'était pas fait exprès au vu de la suite, mais c'était quand même long pour une mise dans l'ambiance ch***te. En effet, Herzog va nous faire vivre ce qui reste toujours un fantasme dans les films français : partir. C'est loin d'être tout rose, puisque le voyage est financé à coups de prostitution, mais l'intérêt de l'œuvre va enfin se dévoiler dans les steppes américaines.

Comme seule la grisaille passe à travers la caméra du réalisateur, on a l'impression que le rêve américain va se démonter tout seul quand il sera mis en images. Mais non ! Les images l'entretiennent au contraire. C'est le personnage farfelu de Bruno S. qui va finir par l'égratigner, et pas d'une façon franchement neutre ; il va critiquer le système américain en le comparant de façon tout à fait erronée au nazisme – lui qui l'a connu – car les deux systèmes ont le même effet sur l'individu, si ce n'est que les Américains le font... avec le sourire.

La dernière partie du film part en mode Disneyland ; c'est très lynchéen, frustrant par la forme pourtant irréprochable, mais fascinant par le fond, même s'il souffre en l'occurrence de ne pas être très clair. C'est le globetrottisme de Herzog – qui avait déjà eu le courage de tourner en Amazonie – qui finit par avoir raison de la mauvaise note... Mais de justesse.

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