144 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
23 critiques spectateurs
5
2 critiques
4
8 critiques
3
7 critiques
2
5 critiques
1
1 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Un visiteur
2,5
Publiée le 6 novembre 2013
La musique: Ca pue un peu ce qu'il fait avec son accordéon. Quand les sales types arrivent dans son appart' et jouent du piano ivre comme d'un instrument à percussion jusqu'à ce que les doigts saignent un peu (sic), on entend de belles dissonances.——————————————————————————————————————————————— Bon film cependant. Scenario épuré ce qui le rend d'autant plus interessant. Brutalisé par de brutaux musiciens allemands et n'étant pas respecté pour ses ennuyeuses compositions, Bruno se suicidera finalement sur un télésiège tournant en boucle a coté d'animaux en cages dressés à repeter les memes mouvements. (allégorie de la musique faite sur ordinateur et du phénoméne rave-party?)
Un film dur qui propose une vision extrêmement pessimiste de la société. Les rêves et les espoirs de personnages attachants, marginaux, pathétiques, se trouvent confrontés à une société qui écrase, dépouille, humilie les plus faibles. Bruno S., avatar de ces personnages écrasés par le monde, est démuni aussi bien devant le hors-norme des voyous qui le tabassent que devant la norme absolue du banquier qui le dépouille. Le rêve d’une Amérique où tout devient possible est un leurre sans échappatoire. A l'image de cette fin poignante, grandiose et grotesque où tout tourne en rond, auto-dépanneuse comme remonte pente, et où des poules et des lapins dansent en cage sur un air de rock& roll dans un no man's land d'illusion.
D'accord on a bien compris que Werner Herzog à travers ce film et à travers le portrait d'un marginal a voulu montrer que la vie en Allemagne est pourrie pour ce type de personnage mais qu'elle n'est pas mieux aux États-Unis avec son rêve américain ; voilà pour le message... Mais pour le faire plus efficacement passer, il aurait fallu choisir d'autres chevaux de bataille que le lambinage dans le rythme, ce qui provoque bien sûr l'ennui, et la distanciation totale par rapport aux protagonistes, ce qui empêche l'attachement et l'empathie. Le seul moment intéressant est vers la toute fin avec une poule qui danse, une autre qui joue du piano, un canard qui joue du tambour et un lapin qui conduit une voiture de pompier ; autrement...
Encore une fois Werner Herzog emmène le spectateur dans un film étrange. Dur, froid et éloquent dans ce qu'il montre. Plusieurs scènes ou séquences marquent les esprits (la scène de la maternité notamment), les 20 dernières minutes sont particulièrement hallucinantes.
Un univers qui fait penser aux films d’Aki Kaurismäki, avec ses paumés attendrissants, son mélange d’ironie, d’absurde et de dérision très à froid. Il est possible qu’en concevant cette fable négative W. Herzog ait eu en tête l’ « Amerika » de Kafka. Le grotesque métaphysique de la fin est vraiment extraordinaire, très propre pour le coup au réalisateur, et rappelle son « Les nains aussi ont commencé petits » (même image du véhicule abandonné tournant en rond jusqu’à son explosion). Pas dans la veine démesurée des Herzog les plus connus, mais un film tout aussi singulier et extrêmement attachant.
Le film de Herzog qui me plaît le moins jusqu'à présent notamment par sa vision triste et extrêmement pessimiste de la société. Un détenu sorti de l'asile essaie de construire une nouvelle vie en Amérique avec l'aide d'un ami et d'une ancienne prostituée qu'il prend en affection. L'espoir de renouveau se heurtera à une société tout aussi violente et inadaptée que celle qui venait juste de quitter. Un héros comme dans les films de Kitano, mais Herzog préfère se concentrer sur le côté dramatique et social pour délaisser la narration et la technique irréprochable qu'on lui connaît.
Cette histoire quelque peu tirée par les cheveux est un pur moment de bonheur se laissant apprécier avec des personnages pittoresques interprétés par un génialissime et omniprésent Bruno S., Scheitz dans le rôle du doux dingue et bien d'autres. En visualisant ce film, nous remaquons que les acteurs sont loin d'être professionnels; ceci ne gâche en rien ce film, bien au contraire, ce film respire la sincérité. Ces humains exploités par l'Amérique se révèleront maintes fois pathétiques et attachants notamment lors de la fin hilarante ressemblant à du grand n'importe quoi qui s'avère finalement cruelle et impitoyable. "Stroszek" est un film dur, sensible et réaliste mais c'est surtout et avant tout la destruction du rêve américain, sans conteste l'un des meilleurs Herzog.
Pitoyable, assisté, sans honneur, faible...Les qualificatifs me manquent pour décrire le personnage de Bruno. Réalisé peu de temps après L'Enigme de Kaspar Hauser, La Ballade de Bruno est un film terriblement pathétique, une oeuvre magistralement interprétée par l'acteur anonyme Bruno S. ( son personnage est des plus effrayants de par sa faiblesse, dans la mesure où il ne fait pas grand chose pour se tirer d'affaire ). Werner Herzog possède le don de pouvoir créer des personnages limites, marginaux, rejetés par la société et le plus souvent intéressants : c'est le cas de Bruno mais aussi d'Eva, et d'un bon nombre de personnages de sa filmographie. Bruno est un être lâche, alcoolique et sans envergure, ce qui le rend plus inquiétant que réellement touchant. Pourtant, La Ballade de Bruno est un film tellement fort, tellement inspiré même ( je pense notamment à la scène finale avec les poules ) qu'il m'apparaît d'emblée comme un petit chef d'oeuvre de cruauté. Quatre étoiles amplement méritées pour ce bijou. Un film rare, malheureusement.