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Angela Ki La
67 abonnés
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5,0
Publiée le 25 octobre 2011
Classique du genre, à revoir par tous, ne serait-ce que pour se rendre compte que la crise financière actuelle n’a rien «inventée». Que ceux qui contrôlent la finance contrôlent le pouvoir politique. Pour voir comment on peut contrôler l’opinion publique par les médias, la presse en l’occurrence. Pour voir comment des «serpents» peuvent se faire une accolade de façade, tout en gardant le sourire, mais en préparant un mauvais coup qui rapportera plus d’argent. Pour voir comment on abordait le thème de la libération de la femme dans un monde d’hommes, dans le cinéma français, c’est pas triste. Et ça passe mieux quand c’est Romy qui est à la baguette, tout le monde est au garde à vous, et on est presque jaloux. A voir pour se rendre compte de ce qu’est une actrice volcanique au sens propre du terme. Pour voir des seconds rôles complètements loufoques et exubérants (Trintignant, Carmet, Brialy), pour entendre une bande son d’époque signée Moricone, entendre des répliques qu’on n’oublie pas même des années après, pour prendre son pied avec une histoire inspirée du réel, malgré le ton clairement «comédie» du film. Comme si ça ne suffisait pas, une direction d’acteurs superbe, où on laisse les ego s'exprimer, tout en gardant la main sur le levier de vitesse, bon point à Francis Girod. Rien à jeter, et encore et toujours Romy forever. Classique je disais donc.
Assez sympathique au début, cette oeuvre sponsorisée par le Medef finit par devenir franchement rasoir à partir du moment où les emmerdes commencent pour la banquière. Le défilé de "stars françaises" auquel on a droit n'y change rien. Mon coup de coeur va à la mère supérieure : "quoi connasse ? appelle-moi "ma mère" et pas "ma soeur" ou je t'en colle une ! tu es une grosse merde et je te marche dessus". Un personnage délectable.
Certes, Romy Schneider emploie tout son talent pour donner vie à cette banquière, mais Francis Girod peine véritablement dans sa mise en scène, aussi poussive que manquant d'imagination. Le résultat est un film plutôt médiocre, rempli de scènes et de comportements trop attendus pour séduire le spectateur.
Du bon et du moins bon. Le film s'inspire d'une histoire vraie et développe sur un peu plus de deux heures un scénario intéressant où l'on peut suivre l'irrésistible ascension d'une femme libre, hédoniste et cynique. La mise en scène est plutôt originale, inventive. Le film, notamment dans sa première partie, m'a toutefois paru lent, un peu paresseux même. Les acteurs sont très bons, à commencer par Romy Schneider et Jean-Louis Trintignant. Mention aussi à Jean Carmet, cynique et menaçant à souhait derrière son masque de pauvre hère souffreteux. Au final, une histoire vraiment intéressante, bien filmée, qui selon moi aurait gagné à être mieux ciselée et un peu moins confuse.
Un feuilleton, une comédie, un destin tragique et un grand film populaire. Somptueuse réussite d'un cinéma français alors au faîte de sa gloire (rappelez vous le nombre de grands films sortis en 1980 : Le dernier métro, Mon oncle d'Amérique, La mort en direct...), LA BANQUIERE joue avec le cinéma avec générosité : décors, lumières, acteurs, scénario et dialogues, musique, tout est parfaitement agencé.Ample, passionnant, drôle parfois, émouvant le plus souvent, ce film qui est un vrai spectacle offre qui plus est une magnifique reconstitution du Paris des années folles, dont il réinvente par un ton débridé le charme fou. Magnifiquement dirigés et servis par un script aux petits oignons, les comédiens (que des vedettes : Brialy, Mesguish, Trintignant, Lhermitte, Auteuil, Pisier et tant d'autres) sont à la fête, autour de la grande Romy, impériale, star comme jamais, et totalement irrésistible. Son statut d'alors de grande comédienne adulée du public permettait de produire de grosses productions de qualité, qui unissaient critiques et spectateurs. Une recette hélas bien perdue ! J'oubliais : LA BANQUIERE est signée Francis Girod - un réalisateur bien peu aidé par les producteurs après 1990, et dont les dernières oeuvres, hélas, furent bien en deçà des premières (L'état sauvage, le Trio infernal, pour mémoire).
Probablement le meilleur film de Girod avec "L'état sauvage". Girod est un réalisateur (mort depuis) que je n'affectionne pas particulièrement - trop virulent, acerbe, caustique. Mais cette reconstitution de l'Europe de l'entre-deux-guerres (les 'années folles') est sublime, les acteurs, épatants - quel casting ! - à commencer par Romy Schneider, touchante, dans ce qui restera comme un de ses plus beaux rôles. A la fois drôle et dramatique, "La banquière" narre l'histoire d'une femme de finances, adorée du peuple, mal-aimée et crainte du pouvoir en place. Dans la lignée de "L'héritier" de Labro, un film sur l'ascension et la chute d'une personalité atypique du paysage de l'époque.
Grand film où Romy Schneider joue une femme de tête, une femme de pouvoir qui après avoir connu le haut de la pyramide connaitra un déclin d'autant moins facile. Un scénario classique servi de très bon dialogue avec une mise en scène pointilleuse et surtout un casting impressionnant. Ascension et déclin est un thème récurrent dans le cinéma et maint fois traité, rien de réellement nouveau donc mais pour une fois il ne s'agit pas d'un homme mais d'une femme et quelle femme !
Un film d'une force étonnante, tant le ton original ne se prêtait pas à un exercice d'une telle ambition. Servi par une puissante R.Schneider, le long métrage convainc surtout parcequ'il est solidement écrit. Une crédibilité au service de la cause, finalement.