Un thriller d'ambiance tendue durant les années de guerre froide entre le SDEC et le KGB. Un suspense bien mené par la mise en scène efficace d'Yves Boisset, l'excellente et très reconnaissable BO d'Ennio Morricone, et le jeu des fantastiques acteurs que sont Michel Piccoli et Lino Ventura. Seuls regrets pour ce film : le coté obscur et la finalité très floue de l'histoire, ainsi que le passage à l'action qui met un temps infini à se produire.
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4,0
Publiée le 28 mai 2021
Un Français vivant en Suisse a l'apparence d'un banquier d'affaires doux et prospère mais il est en réalité un agent travaillant pour le service d'espionnage français. Cela fait longtemps qu'il n'a plus de nouvelles de ses patrons et cela lui convient parfaitement puisqu'il aspire à une vieillesse paisible en compagnie de sa femme aimante. Un jour il reçoit un signe codé indiquant qu'il a été réactivé en tant qu'espion. Le pauvre homme va être emporté dans un flot d'ordres, de messages, de contacts et de missions qui se contredisent mutuellement. Un très bon film d'espionnage avec une intrigue intelligente et complexe. Le pauvre protagoniste avec une très belle performance de Lino Ventura évolue dans un monde crépusculaire où chaque corps chaud pourrait être un ami, un ennemi ou quelqu'un qui est encore en train de décider s'il doit devenir un ami ou un ennemi. Par conséquent l'ambiguïté peut être coupée au couteau tout comme la paranoïa. L'intrigue du film se déroule entre la France, l'Allemagne et la Suisse avec une utilisation inventive des différents lieux...
« Espion, lève-toi » d’Yves Boisset (1982) va ravir tous les amateurs de films d’espionnage ! Sébastien Grenier (Lino Ventura) dirige une société fiduciaire à Zurich mais il est aussi un ancien agent du SDECE « mis en sommeil » depuis 8 ans ce que sa jeune compagne - Anna Gretz (Krystyna Janda) - ignore tout à fait alors qu’elle est Professeure de littérature aux idées marxistes mais sans être une activiste. La mort d’Alfred Zimmer dans un attentat d’un ancien collègue de Sébastien va l’amener à recevoir à son domicile un livre d’Alexandre Dumas avec un signet à la page 138 … indiquant que Sébastien doit aller à un RV. Là c’est un Conseiller Fédéral de Berne - Jean-Paul Chance (Michel Piccoli) – qui lors d’un autre RV lui dira qu’il appartient aussi au SDECE et lui apprendra que l’attentat a été commis par les Brigades d’Actions Populaires manipulées par on ne sait qui et que Anna Gretz est en fait liée à des mouvances gauchistes. Chance demande donc à Sébastien de poursuivre le travail d’enquête disant « qu’on est en train de nettoyer le réseau ». Pour simplifier et garder le suspense disons que 2 autres excellents acteurs - Bernard Fresson et Bruno Cremer – arriveront mais finalement qui travaille pour qui et surtout pour quel pays ? Le rythme de ce film est très prenant et il clair qu’après l’avoir vu, vous ne verrez plus du même œil un livre ouvert par un signet, vous ne demanderez plus à un bibliothécaire une édition rare et vous vous demanderez qui va débarquer du dernier funiculaire du Polybahn. A noter que ce film est une adaptation d’un roman de George Markstein mais avec parmi les dialoguistes un certain Michel Audiard (mais sans encore sa patte qui la rendu célèbre) et enfin que la musique est d’Ennio Morricone.
Un bon film d'espionnage des services secrets français, nous montrant ainsi la manipulation, la dissimulation d'un individu. Par moment des zones d'ombres, qui malheureusement ne nous sont pas expliqués. Toutefois l'alchimie Ventura, Piccoli, et Cremer fonctionne
Les films dYves Boisset sont souvent austères et les histoires un peu compliquées. C'est le cas ici et je ne pense pas qu'il s'agisse d'un défaut d'attention de ma part. Malgré un climat pesant très bien rendu, on s'ennuie. Il faut tout de même le voir pour ses excellents acteurs : Ventura, Piccoli, Kremer, Fresson et Heintz Bennent, inoubliable dans Le Dernier Métro.
Ce film a beaucoup vieilli mais permet de revoir des acteurs qui ont bercé notre enfance. Le monde de l'espionnage est retranscrit avec un côté un peu trop artificiel, du temps de la guerre froide et des agitations gauchistes, mais l'ensemble se regarde sans déplaisir.
Honnêtement ça m’a déçu. Je suis en général très bon public pour les films avec Lino Ventura. Sa présence dans ce Espion Lève Toi, n’a pas suffit à m’emballer. J’ai trouvé le film trop austère, trop froid pour m’impliquer dedans sans pour autant que ces aspects passent pour du réalisme car ce n’est pas le cas. Je retiendrais quand même l’excellente rôle et la très bonne interprétation de Michel Piccoli avec un personnage tout en ambiguïté qui est selon moi la grande réussite du film et lui donne (un peu) de relief.
ventura s applique a tous les roles cousu ou plutot c est bien lui qui arrive a coudre ses roles a sa mesure face a un piccoli tres convaincant ,dialogues tres soignes surtout le face a face picco et ventura lors de leur premiere rencontre ,je trouve que ce cinema la ne se pointera jamais avec de tels calibres
Cet Espion, lève-toi est comme tous les films d'Yves Boisset excepté Dupont Lajoie, totalement hermétique et ennuyeux. Qu'est-ce que le grand Ventura est allé faire le dedans ? C'est lent...ça commence bien mais ça devient vite compliqué et on n'y comprend plus grand-chose, et pourtant ça fait deux fois que j'essaye. Une étoile pour la réalisation "technique" et les paysages.
Il est regrettable que la paresseuse réalisation laisse vraiment à désirer (avec éclairage grossier des acteurs, ombre du cameraman, seconds rôles sous exploités, direction des figurants etc...) et que certains détails soient horripilants (voix en off avec indication d'une heure bidon). C'est dommage car Lino Ventura est égal à lui-même, impeccable.
Yves Boisset, fidèle à son style, bien que manquant d'un peu de rigueur, nous offre cet « Espion, lève-toi » et balance une charge contre les services secrets. Car oui, pour moi, ce sont ces derniers qui ramassent. Ils nous sont montrés comme étant capables de toutes les manœuvres qui soient pour conserver leurs pouvoirs. Et cette évidence ne répond à aucune nationalité. Tous sont à mettre dans le même panier. L'implication du régime soviétique dans la politique de déstabilisation du régime suisse, elle, est beaucoup plus minime. Boisset ne la survole pas, mais semble avoir plus de mal à cerner touts les méandres du sujet. Malgré le fait qu'il laisse quelques zones d'ombre, voilà un film solide et très bien porté par le trio Ventura-Piccoli-Crémer. Sans oublier la partition d'Ennio Morricone.
Où est passée la rigueur habituelle de Yves Boisset ? En dehors de cela on retrouve bien les autres qualités de notre réalisateur dont les images sont toujours claires et les gros plans bienvenus. Je veux bien passer sur les détails des villes que l’on ne reconnaît pas ou les horloges qui ne correspondent pas aux encarts précis à la minute mais surement pas sur le fond de cette histoire de contre espionnage. Car, à la fin du film on ne sait pas pourquoi on a fait lever Sebastien Grenier et quel est le rôle exact de son épouse. C’est quand même un feu fort de café. Dommage, les mauvais renseignements détenus par les uns ou les autres sont invraisemblables et leurs communications encore plus. Pourquoi s’être privé alors d’un scénario inventé qui tienne la route. Avec Lino Ventura le risque de déplaire était nul. Reste la mise en scène, l'ambiance inquiétante et la présence de Piccoli et de Cremer malgré leurs fatigues apparentes.
Un solide film d'espionnage au scénario très bien conçu. Yves Boisset signe un film prenant bien servi par un magistral Lino Ventura. Ce dernier campe un espion en sommeil rattrapé par son passé et qui doit affronter une redoutable machination.
L'interprétation n'est pas en cause; Piccoli et Ventura sont convaincants. Mais le scénario est compliqué et le rythme poussif. Ca parle beaucoup et certaines réactions paraissent bizarres. Au final le projet dans son ensemble paraît faible.
J'avais envie d'aimer ce film en voyant le casting. Mais il est parsemé de trop de défauts pour cela.
D'abord le ton volontairement "réaliste" est plutôt risible. Que l'espion dormant n'ait pas de moyen de communication rapide et sûr pour alerter sa hiérarchie, même en 1983 est un peu énorme. À quoi sert un agent des renseignements 'il ne peut pas renseigner ?
Ensuite, la réalisation est au ras des pâquerettes et je pèse mes mots : le directeur de la photo est complètement absent. On ne compte plus les raccords d'éclairage ratés entre un champ/contre-champ (il y a clairement plusieurs heures écoulées entre les deux angles de caméra, et ce à plusieurs reprises). La scène où Ventura et Piccoli sortent du commissariat est un exemple de ce qu'il ne faut pas faire au cinéma : caméra à l'évidence portée par un cadreur qui peine à reculer dans les escaliers, projecteur de lumière placé derrière la caméra et qui éclaire les protagonistes, envoyant des ombres très marquées sur les murs et les figurants (ce qui trahit le projecteur).
Sans parler de la voix off qui sur-explique ce que l'on voit et lit les encarts de texte. Je m'attendais à "Canne, 9ème jour..." façon La cité de la peur... Et ces horaires choisis au pif : quasi chaque heure lue est démentie par une horloge visible dans le plan ou par un éclairage incohérent (l'Élysée manifestement de jour à 23h en octobre...).
Le scénario est compliqué artificiellement. On nous brouille les rôles de chacun sans raison. spoiler: Les "gentils" n'ont aucune raison de manipuler Ventura : il est des leurs, qu'ils lui donnent l'ordre de tuer le méchant ! Pourquoi l'y pousser en tuant sa compagne ?
Enfin, la scène de fin est débile.spoiler: Comment un agent, entraîné et ayant clairement vu ses assaillants peut-il se faire tuer de dos en fuyant ? Il aurait au minimum dû échanger quelques coups de feu, voire tirer le premier et descendre un des gars ou se faire prendre à revers par un autre qu'il n'aurait pas vu. Mais non, là il se méfie, sort son arme parce qu'il voit voit 2 gars le courser (et se doute que Cremer n'est pas loin) mais se dit qu'à 60 ans, il peut sans doute les distancer en petite foulée et rejoindre sa voiture... Qu'il n'ait plus la condition physique, OK, c'est l'idée même du film vu qu'il est "dormant" depuis 8 ans. Mais pourquoi ne réfléchit-il pas plus vite ? Qu'il échoue à 3 contre 1, pas de problème. Mais là il ne tire même pas un coup de feu et ne se cache même pas derrière un arbre... en pleine forêt !
Quant à la musique d'Ennio Morricone et aux dialogues d'Audiard, ce n'est pas leur film le plus mémorable. La musique est moyenne et les dialogues oubliables.
Un gros gâchis qui avait pourtant plusieurs points pour lui : le casting, le choix de Zurich plutôt intéressant.