Fat City
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inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 janvier 2026
Ce film sensible et humain de John Huston évoque le sort de ces boxeurs cabossés que leur petite carrière plus ou moins fulgurante de "tocards", à qui on a peut-être promis gloire et fortune, a laissés sur le carreau, entre une bouteille d'alcool et de pénibles petits boulots.
Billy Tully est l'un d'eux, qui prétend s'en sortir en remontant sur le ring. Parallèlement, Huston raconte les débuts pugilistiques d'Ernie, à qui on accorde quelque talent. La mise en scène semble suggérer que Billy et Ernie -Stacy Keach et Jeff Bridges- sont en réalité un seul personnage, le second personnifiant le premier jadis. En l'état, ce sont deux pauvres types promis à un avenir médiocre qui à le visage de salles de sport misérables et de bars.
Huston filme quelques combats, non pas pour le spectacle mais pour ce qu'ils ont de pathétiques, pugilats qui tournent à la déroute et prêtent à s'amuser d'un rire jaune. Sans bruit ni fureur, le réalisateur tourne un film plein d'empathie pour ces paumés ordinaires que sont Bully et Ernie, un film à l'image de la ballade amère chantée par Kris Kristofferson. Comme d'autres avant lui, le cinéaste témoigne de la solitude du boxeur, somme toute acteur secondaire du monde de la boxe.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 831 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 31 mars 2025
Le portrait d'un loser qui croise d'autres hommes à la vie peu enthousiasmante autour de combats de boxe... Filmer l'ennui, le dépit, la désillusion expose à retranscrire une impression de lassitude auprès des spectateurs... Or, John Huston ne semble pas particulièrement inspiré dans sa mise en scène tandis que le scénario se déroule sans surprise ni décalage probant par rapport à ses congénères. Même s'il n'y a rien à reprocher au casting (notamment les femmes qui proposent des portraits aussi nuancés que possible malgré les stéréotypes qu'elles incarnent), on peine à s'attacher, à s'intéresser même à ces êtres en recherche de sens ou simplement de tranquillité. Décevant.
ronny1
ronny1

55 abonnés 913 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 avril 2023
Avec “Fat City” Huston transpose à l’écran le roman de Leonard Gardner dont l’auteur a lui même écrit le scénario. Il dépeint une Amérique des classes moyennes qui perdent pied, ayant comme seule option l’immersion dans une vie médiocre avec comme seul événement important “après le mariage est la mort”. Amérique des lendemains de cuite tristes, des étreintes aussi bouée de sauvetage, que les amitiés éphémères. En 1972, enlisés dans une guerre du Viet Nam impopulaire, les Etats Unis de débattent intérieurement avec une jeunesse majoritairement partagée entre les mouvements hippy ou contestataire. Suite aux regroupements d’exploitation des années soixante, le monde agricole sort à peine d’une crise de l’emploi où la plupart des licenciés durent se reconvertir. C’est alors que l’industrie connait ses premiers ratés avec l’arrivée des japonais, à la fois dans la hifi grand public qu’ils vont absorber (très peu) ou anéantir (la majorité), imposant leur propres marques, et l’industrie automobile dont il vont questionner la modernité et la fiabilité. C’est dans cette Amérique désabusée que se débattent les personnages, conscient que la décennie glorieuse qui a suivi la deuxième guerre mondiale est terminée pour toujours et que le quotidien morne n’offre à terme aucun futur rayonnant. D’un côté un jeune homme, Earnie (Jeff Bridges), qui a choisi la voie sans espoir du foyer médiocre, alors qu’un autre avenir dans la boxe était possible. De l’autre, Tully (Stacy Keach), un ancien boxeur pro, cabossé par la vie, réfugié dans l’alcoolisme, recherchant désespérément un alter ego pour échapper à la solitude. Chacun trouvera une compagne. Conventionnelle et piégeuse pour Ernie, éphémère car trop semblable pour Tully avec Oma (Susan Tyrell). Cette dernière, à la limite de la folie, recherche, au delà de ses postures, une aile protectrice, et effraye Tully au point qu’il tente un come back sur le ring, afin d’échapper au terne quotidien. Techniquement, la réalisation feutrée de Huston, illustrée par une pellicule délavée du grand Conrad Hall (sauf dans les remarquables scènes sur le ring, immersion très réaliste), offre une forme en accord avec le fond. Illustration parfaitement supportée par un casting globalement juste (et donc bien dirigé), comprenant deux acteurs montants (Stacy Keach, alors que Brando était pressenti et Jeff Bridges), des second rôles attachants comme Susan Tyrell (sa seule nomination pour un Oscar) mais aussi, dans des petits rôles, d’ancien boxeur. Huston, boxeur profesionnel limité (« j’étais trop maigre »), après une brillante carrière amateur dans sa jeunesse, connait bien cet univers, dur avec money first comme règle de conduite, à l’image de la société sans laquelle ils se débattent. Mais contrairement aux grands films sur la boxe avec combines et description du milieu social, “Fat City” est une analyse sociétale avec une escapade dans le monde de la boxe, rayon de soleil en forme d’impasse physique, dans un univers devenu tellement gris que même la couleur ne se remarque plus. A noter le beau choix musical avec un remarquable texte chanté par Kris Kristofferson. Ni cool, ni fun, mais certainement un grand film.
Y Leca
Y Leca

46 abonnés 1 174 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 22 décembre 2022
Cela a beau être un film de Huston, c'est très mauvais: ni Keach ni Bridges n'ont les muscles de boxeurs et les combats, mal filmés, sont ridicules avec leurs coups retenus. Stallone a fait bien mieux depuis. Les scènes de pochards entre Keach et Tyrrell sont interminables et insupportables. Huston aimait tellement les épaves et l'alcool qu'il s'y est noyé dans ce film. Beautiful losers ? Ugly losers plutôt !
soulman
soulman

140 abonnés 1 401 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 décembre 2022
Formidable film d'Huston sur quelques paumés, ceux qui hantent les salles de boxe, ceux qui fréquentent les bars, ceux qui s'en sortent et ceux qui continuent à dériver... En quelques plans, le cinéaste parvient à faire exister ses personnages avec une acuité inouïe. Les rapports des deux couples, notamment, sont d'une grande justesse et dépeints par Huston avec une réelle empathie. Une des œuvres les plus fortes du cinéma américain du début des années 70, à rapprocher des premiers longs-métrages de Rafelson.
Nicolas L.
Nicolas L.

117 abonnés 2 060 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 août 2022
Âme dépressive s'abstenir. Un looser ancien boxeur tente sa deuxième chance pour revenir au devant de la scène mais finalement non, et c'est même pire. L'acteur principal fait énormément penser à Patrick Dewaere, physiquement déjà mais aussi par l'intensité de son jeu et de son regard désespéré. Houston aime ses personnages et les filmé avec tendresse. Dommage que l'esthétique cinématographique ne suive pas.
stans007
stans007

36 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 août 2022
Une mise en scène au cordeau pour ce film sur le bonheur et sur la boxe. Un film riche, intelligent, non dénué d’humour, où les acteurs sont excellemment dirigés, avec une mention particulière pour Susan Tyrell (scène au comptoir). S’il y a un gagnant dans ce film, c’est le cinéaste et non la boxe (dont il était pourtant amateur) montrée comme un sport peu scrupuleux qui invite deux brutes manipulées à se taper mutuellement sur la gueule jusqu’à ce que l'une d'elles tombe, l'autre étant trop assommée pour se rendre compte qu’elle a gagné !
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 9 septembre 2018
Une petite déception. C’est le Nouvel Hollywood dans toute sa splendeur, lent et pessimiste, mais ce qui m’a surtout gêné, c’est que le scénario donne l’impression de naviguer à vue, alternant entre les deux personnages principaux sans nous permettre vraiment de nous attacher à eux et enchaînant des scènes souvent trop étirées en longueur. Peut-être parce que le scénariste adapte son propre roman. Par contre, les acteurs sont très bons, notamment Susan Tyrrell, que je ne connaissais pas. La réalisation n’est pas mal non plus, mais pas vraiment marquante. Malgré tout, le film dégage quelque chose de difficile à définir, un certain charme et de l’élégance dans son désespoir.
Benjamin A

808 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 février 2018
Il aura fallu attendre une trentaine d'années depuis son premier film Le Faucon Maltais pour voir John Huston aborder la thématique de la boxe, thème qui lui est assez cher alors qu'il a été boxeur amateur dans sa jeunesse dans les années 1920.

Ici, il nous emmène dans les rues sordides de Stockton pour y suivre le destin d'un ancien espoir de la boxe devenu alcoolique mais qui va tenter de remonter sur le ring. John Huston dépeint un milieu qu'il affectionne, celui de la boxe, des bars et du désespoir, il nous immerge avec force et intensité dans la vie de ce loser qui va tout tenter, au fur et à mesure de ses combats et rencontres, pour reprendre espoir et accéder à une vie meilleure et de gagnant.

Le futur metteur en scène du Piège pousse ici assez loin dans le réalisme, puisant dans ses souvenirs personnels et proposant une véritable authenticité, participant pleinement à la force émotionnelle qui se dégage du récit. Fat City voit aussi le cinéaste sublimer une écriture de qualité, tant dans les personnages que les dialogues, et abordant avec immense brio et justesse le désespoir, l'alcool, la vie sur et en dehors du ring, notamment la capacité à se prendre des uppercuts en pleine poire, ou encore les aléas et le quotidien d'une vie triste et sordide.

L'ambiance est souvent déprimante mais toujours forte émotionnellement, notamment grâce aux portraits humains proposés par John Huston, ce dernier montrant une vraie aisance derrière la caméra, notamment pour capter l'essence même des enjeux et personnages. Il mène avec brio son récit, gère parfaitement le rythme et les protagonistes tandis qu'il dirige admirablement ses comédiens, qu'ils soient professionnels ou non, et laisse planer un certain parfum mélancolique sur une oeuvre définitivement remarquable et d'une infinie tristesse.

En mettant en scène Fat City, John Huston revient sur une partie de sa vie et jeunesse, proposant une oeuvre d'une grande tristesse et désespoir et abordant comme personne la vie et ses aléas, notamment dans les pires moments, et ce avec une réelle et puissante charge émotionnelle.
Acidus

872 abonnés 3 937 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 18 novembre 2017
Pas convaincu par ce long métrage de John Huston. On a connu le cinéaste en meilleur forme et surtout plus inspiré dans sa mise en scène et son scénario. Il nous dresse plusieurs portraits croisés de personnages usés par la vie ou en passe de l'être sur fond de combats de boxe. Si Huston traite ses protagonistes avec tendresse, il ne réussit malheureusement pas à impulser l'émotion et l'intensité nécessaire à ce genre d'histoire. On n'éprouve guère d'intérêt pour les destins de ces losers et l'intrigue s'avère plate et mal construite. "Fat City" n'est pas une des oeuvres de John Huston que l'on retient.
brianpatrick
brianpatrick

116 abonnés 1 861 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 novembre 2016
C'est un film d'auteur elle exprime toute la solitude des gens de l'ouest au centre des villes de l'ouest. Les habitants face à l'alcool et à la misère, les petits boulots et la précarité. Pis il y a la boxe, des matchs truqués dans un ambiance fumeuse et nauséabonde.
cylon86

2 833 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 juillet 2016
Film un peu méconnu dans la vaste filmographie de John Huston, "Fat City" rassemble pourtant de nombreux thèmes chers au réalisateur, en particulier cette affection pour les losers, ces types qui n'arrivent pas à sortir la tête hors de l'eau quand bien même ils essaient de faire quelque chose de leur vie. Nous suivons donc le parcours de Billy Tully, ancien boxeur devenu alcoolique tentant de remonter sur le ring mais aussi celui d'Ernie, un jeune boxeur que Tully prend sous son aile et qui a tous les atouts pour une belle carrière rapidement fichue en l'air par les aléas de la vie. Regardant ses personnages avec affection, Huston nous les montre surtout en dehors du ring trimer pour gagner leur vie et pour trouver un peu de réconfort auprès des femmes tandis que dans le ring, il nous montre des types qui ont toujours l'air aussi paumés. La niaque, contrairement à Rocky Balboa, ils ne l'ont pas vraiment. Et pourtant boxer est ce qu'ils savent faire de mieux, qu'importe si on en prend plus dans la tronche qu'on en donne. Sans jamais tomber dans le pathos, John Huston nous montre ces deux losers faire leur bonhomme de chemin, encaisser les coups et continuer puisqu'il le faut bien. Dans la peau de Billy Tully, Stacy Keach trouve son meilleur rôle, livrant une interprétation dense et pleine de mélancolie et de détresse. Face à lui, Jeff Bridges encore tout jeunot se montre également très bon dans cette ode à la lose touchante, parfaitement illustrée par une scène finale poignante et joliment rythmée par le "Help Me Make It Through The Night" de Kris Kristofferson.
elbandito

390 abonnés 992 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 novembre 2014
John Huston dresse le portrait sans fard d’un boxeur alcoolique, magnifique looser incarné par le trop rare Stacy Keach, gueule idéale pour ce job et dont le jeu s’apparenterait à celui de notre regretté Patrick Dewaere. Sur une sombre balade de Kris Kristofferson surgissent l’empathie et la mélancolie alors que ce boxeur sur le retour tente de reprendre sa vie en mains, se revoyant au travers d’un boxeur fougueux, campé par le très jeune Jeff Bridges. Malgré cet unique premier rôle au cinéma, Stacy Keach connaîtra le succès en 1984 dans la série Mike Hammer. On retrouve dans Fat City une séquence mémorable de rangement du placard selon Stacy Keach, qui deviendra une scène culte utilisée à répétition dans la série Mike Hammer, tout comme l’essai du costume et du chapeau feutré. Jeff Bridges, quant à lui, fera une belle carrière au cinéma. Cette œuvre méconnue de John Huston explore davantage la psychologie de ses personnages que sur le monde de la boxe amateur. Estampillé seventies mais bénéficiant d’une photographie d’excellente facture, Fat City est un bon film d’auteur à découvrir, mais n’est pas exempt de défauts.
mac guffin
mac guffin

8 abonnés 86 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 janvier 2014
Un cinéma anti-spectaculaire par excellence, qui montre à quel point un monstre d'Hollywood comme Huston a su flirter, à une certaine période de sa carrière, avec une forme de ciné indépendant caractéristique des années 70. Ici, il filme avec son empathie habituelle des choses rarement vues sur les écrans : files de travailleurs en quête de quelques dollars à la récolte des légumes, univers de boxeurs minables, piliers de bars...La justesse dans la vision de cette Amérique des perdants est servie par l'excellente interprétation de Stacy Keach et d'un Jeff Bridges en devenir. La photographie naturaliste y participe également. En revanche, ce côté presque trop intimiste, et un défaut de rythme handicapent le film.
A voir pour les amateurs de ciné US made in seventies.
Raw Moon Show
Raw Moon Show

153 abonnés 853 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 août 2013
Hélas trop méconnu, Fat City est l'un des quelques très grands films "sur la boxe", même si cette dernière occupe ici la fonction de décor, de toile de fonds sur laquelle se détache les silhouettes bien vivantes des grands oubliés du rêve américain...
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