Au sein de cette immense demeure se trame un drame intimiste bouleversant à travers les relations difficiles de deux frères et de leur père suite à la mort de leur mère. La psychologie des trois membres de cette famille endeuillée est étudiée avec précision pour opposer leurs réactions et leurs conséquences sur le long terme. L’ambiance tragique, appuyée sur une musique splendide, se dégage de ces interactions intergénérationnelles basées sur une surestimation du père envers la maturité son fils ainé et d’un manque de communication entre eux. Si ce film mérite amplement sa réputation le considérant comme le plus triste sur le thème de l’enfance, c’est aussi grâce au jeu plein de véracité des deux jeunes garçons qui insuffle une émotion poignante à cette chronique familiale.
Incompreso aborde avec une justesse rare le deuil redistribué parmi un père et ses deux fils. Le point de vue principalement adopté est celui de l’aîné, Andrea, dont les émotions louvoient entre d’une part l’expressivité de son petit-frère qui ne cesse de gesticuler, d’autre part la retenue stoïcienne d’un père qui apprend à cacher, à s’absenter, à arpenter les pièces de sa vaste demeure tel un spectre impassible. Les nombreuses métaphores qui jalonnent le récit permettent de mêler néoréalisme et symbolisme : faire craquer la branche d’un arbre en bordure de lac pour ressentir la fragilité de l’existence, écouter une bande sur laquelle est enregistrée la voix de la mère et qui disparaît par mégarde, faire alterner les états d’euphorie et de maladie… La rigueur de la mise en scène, la qualité d’interprétation des comédiens, en particulier des deux enfants, l’entrelacs du comique, du dramatique et du tragique pour tisser une toile complexe, prouvent, s’il fallait encore le prouver, que cinéma et film populaire ne sont pas incompatibles, et que Luigi Comencini en est l’un des meilleurs artisans.
Fonction "coeur de pierre" actionnée (j'ai déjà failli me faire avoir par "Le Tombeau des lucioles" alors...!!!), et c'est parti pour un des films réputés les plus tristes de tous les temps. Bon ça va j'ai dépassé sans encombre la première heure malgré quelques obstacles, oh une grosse turbulence à la 75ième minute, ouille les vingt dernières minutes n'ont pas été facile. La fonction "coeur de pierre" a tenu mais elle s'est quand même un peu effritée. Franchement blagues à part, il faut tout de suite avouer que quand il s'agit d'aborder le thème très difficile pour un artiste à savoir l'enfance Luigi Comencini s'en sort assez magistralement et arrive à donner par cette intermédiaire une force émotionnelle qu'on ne retrouve que dans très peu d'autres films. Une oeuvre qui mérite sa très grande réputation.
Un mélo, un pur, un vrai, et aussi un chef d'oeuvre. Qui pourrait émouvoir n'importe quel coeur endurci. Luigi Comencini joue à fond sur les malentendus et quiproquos entre ce père préoccupé par la protection du cadet, et le fils, l'ainé, qui refoule ses sentiments d'exclusion. Psychologie finement étudiée, les trois interprètes principaux sont excellents et le film n'oublie pas d'aménager quelques scènes droles, propres à l'enfance dont Comencini a magnifiquement retranscrit les jardins secrets (la scène géniale ou Andrea se réinvente son quotidien).
Incompreso de Luigi Comencini est un film dramatique d'une rare puissance ... C'est un long métrage magnifique, maitrisé de bout en bout, un chef d'oeuvre italien peu reconnu. L'histoire de ce petit garçon délaissé par son pêre, en manque d'affection depuis la mort de sa mêre, qui tente de se prouver à lui même et à son pêre qu'il est un grand garçon, courageux, et qu'il est un fils exemplaire m'a bouleversé. Mais le film n'est pas seulement triste. Je me suis même surpris à rire pendant le film, il y a des passages qui m'ont beaucoup amusé, comme quand les petits garçons font les 400 coups à la bonne femme qui s'occupe d'eux. C'est vraiment drôle, surtout de la façon dont ils la menent en bateau et de la façon dont ils lui parle . Les deux jeunes acteurs sont très crédible et très touchant, deux très bonnes interprétations pour leur jeune age. Même si quelque passage peuvent faire sourir, Incompreso est un film terriblement poignant et très émouvant, je suis pas du genre à pleurer pour un film, mais je dois avouer que là, pour le coup j'ai étais beaucoup ému, et je n'ai pas pu m'enpécher de versé une petite larme à la fin du film. Une histoire tragique, triste mais belle à la fois. Un petit chef d'oeuvre à regarder en V.O.
Sans doute le film le plus triste que je n'ai jamais vu ! Même s'il peut être taxé de trop larmoyant, ce film, d'une violence morale inouïe, m'a totalement bouleversée, au même titre que L'enfance nue de Pialat
Comencini nous livre un des plus beau film sur l’enfance. L’eau symbole de la mère absente, comment s’agrandît dans la cellule familiale la faille causée par la mort de la mère , irrémédiable, malgré le portrait du salon, la pierre tombale, les petits souvenirs épars et la voix qui sera d’ailleurs effacée. Rien ne renaît de ce qui a péri. Pour l’avoir compris, Andrea connaît la souffrance, le père reste fermé sur son propre chagrin., livré à la solitude, au conflit avec la loi du père et le monde des adultes, Andrea subit cette fatalité sociale qui atteint les enfants et que l’on ne peut supporter. Admirable étude de deux états d’âme de l'enfance, deux attitudes devant la mort et les adultes au sein d’un petit monde bien clos sous les protections illusoires de la richesse. A voir absolument en version originale sous -titrée
L'incompris est un film brillant prenant le point de vue d'un enfant, venant de perdre sa mère et mal jugé par son père qui le croit froid et cruel avec son petit frère. Comencini réalise ici un long-métrage bouleversant avec des plans très beaux et soignés, peignant une histoire merveilleuse, faisant passer des rires aux larmes. Les comédiens de ce drame sont particulièrement excellents, nous montrant l'évolution psychologique des enfants dont lesinterprètes ont beaucoup de talent, évoluant dans de somptueux décors baignés dans une très jolie lumière. Il arrive à l'histoire de ralentir un peu, mais cela n'enlève rien à ce très beau film.
Le plus beau et le plus profond film de Comencini. Dans le décor fastueux et propice à la quiétude d’une villa florentine, deux enfants et leur père vivent la douleur du décès de la mère. Surtout l’un d’eux, l’aîné, vit l’incompréhension d’un père, pourtant aimant, jusqu’à en mourir. Mais Comencini nous épargne tout mélodrame ; il réussit en revanche à nous émouvoir profondément sans sensiblerie, avec beaucoup de délicatesse, de profondeur et de finesse. Un film bouleversant qui vous touche au cœur, dans la pudeur et la sobriété. Les enfants sont prodigieux et magnifiquement dirigés. La plus terrible incompréhension est dans le fait que les critiques aient pu éreinter ce film à sa sortie… pour l’encenser, à juste titre, dix ans plus tard. Leur bêtise n’a d’égal que celle de la première gouvernante des deux orphelins !
L'incompris désigne une jeune adolescent confronté soudainement à la mort et à l'absence de sa mère. La souffrance tout intériorisée de l'enfant conduit son consul de père, homme affectueux mais peu disponible, à penser que l'enfant est fort moralement, courageux, voire insensible. D'où la funeste incompréhension. Le fil est bien mince, qui sépare le sujet du mélodrame. Le faste d'une villa romaine, la nature du dénouement et l'enfance malheureuse sont des éléments propices à un récit romanesque et larmoyant. Cependant, la rigueur psychologique et narrative de Luigi Comencini lui permet de peindre avec justesse et acuité l'état de douleur de de frustration des trois personnages principaux (le père et l'adolescent mais aussi le petit frère). Pourtant, l'académisme de la mise en scène et les teintent doucereuses de la photographie donnent parfois un reflet insincère du drame. En tous les cas, la VF est à éviter...
C'est comme ça que voulez-vous, l'Incompris m'a touché, il y a pourtant beaucoup de facilités scénaristiques, et si j'avais su avant de regarder le film que Comencini dit de lui que c'est une "machine à pleurer", probablement que cela me serait resté en tête, et qu'il m'aurait profondément énervé.
Je n'en savais pas grand chose, j'allais de découvertes en découvertes, tout d'abord en visitant une magnifique maison bourgeoise, puis en apercevant de temps à autre la magnifique Florence. L'incompris respire l'Italie et la bourgeoisie tranquille, de campagne, qui m'a toujours fascinée.
Le film est une succession de scènes avec des tons particuliers, des saveurs différentes, beaucoup sont dramatiques mais certaines plus bon enfant, voir franchement comiques, ce qui permet une certaine tenue du rythme, et m'a personnellement empêché d'éprouver quelconque exaspération à cause de l'exploitation de certains fils scénaristiques qui nous annoncent qu'on peut sortir les violons.
Car ça commence pas bien, deux gamins perdent leur mère, la gouvernante tyrannique, et le père qui affirme clairement sa préférence pour le benjamin, ne laissant à l'aîné que de l'indifférence et des punitions, etc.. Cependant on remarque rapidement la finesse du récit ; notre regard sur les deux gamins, sur le père ou l'oncle évoluent, nos opinions sont avec minutie déconstruites dès que Comencini s'en donne l'occasion, nous montrant - c'est bien là la force du cinéma, rendre l'invisible visible - tout ce que la pudeur cache, dans les moments les plus douloureux notamment, là où l'on cerne le mieux les personnalités de chacun.
Les deux gamins sont extraordinaires, le plus âgé laisse voir dans son jeu la finesse d'esprit de son personnage, ses difficultés à exprimer ses émotions, son impulsivité, tandis que le plus petit est un bijou de monstre sympathique, à la fois tendre et naif et parfois énervant voir redoutable, je suis persuadé que certains psychanalystes s'en donneraient à cœur joie pour déceler chez lui un futur pervers narcissique. Le père (Anthony Quayle) est lui très à l'aise dans son rôle de père distant, incapable d'exprimer ses sentiments malgré sa grande sensibilité, à la fois père idéal dont rêvent tous les gosses et père qui a pourtant bien du mal à rendre ses enfants heureux et de tisser des liens émotionnels avec eux.
Une fable sur l'enfance, sur les difficultés de la relation père/fils, du rôle de l'aîné entre frères livrés à eux mêmes, de l'absence si pesante d'une mère, et des ravages de la pudeur bourgeoise et paternelle sur la famille. Et si les passages tire-larmes semblent évidents et trop faciles, on y trouve la plus certaine authenticité, une sorte de ressenti pur de l'enfance et de ses chagrins, passages qui sont d'une vraie efficacités. Oui, l'incompris est une "machine à pleurer".
Une oeuvre magnifique, à voir en v.o. même en 2007, ça n'a pas pris une seule ride et on pleure toujours autant après avoir parfois ri tant l'enfance est un mélange des deux pour Comencini...
"L'Incompris" est un film absolument magnifique, au sujet pourtant risqué et on ne peut plus triste : Deux enfants tentent de vivre après la mort de leur maman. L'un deux est persuadé que son père lui préfère son cadet, et ira jusqu'à en mourir. Et pourtant, Comencini évite tout pathos, réalise un film d'une grande intelligence, se permettant même de grands moments de comédie, au sein d'une mise en scène d'une grande élégance qui évoque beaucoup Hitchcock, notamment "Vertigo". bref, grand film.
Incompreso represente à mes yeux la quintessence de tout ce que le cinéma peut d'apporter de subtil, de profond et d'universel. Loin de toute caricature ou de tout effet facile, il décrit avec une incroyable sensibilité l'incommunicabilité entre un père, égoistement meurtri par la mort de sa femme, et un fils profondémént blessé par ce deuil qui masque sa souffrance par un semblant d'indifférence. Commencini filme ce drame sous-jacent avec une grande justesse et la photographie sublime cette oeuvre d'une grande beauté plastique.