Conan le destructeur – Le barbare en slip et la reine des cris
Après Conan le Barbare, monument brut et sauvage, voici Conan le Destructeur, qui ressemble plus à une fête foraine qu’à une saga héroïque. Exit la profondeur, les ténèbres et la poésie. Richard Fleischer te balance un Conan light, avec des dialogues aussi tranchants qu’une cuillère en plastique. Arnold est toujours en slip, prêt à casser des gueules, mais cette fois, il semble moins barbare et plus… baby-sitter.
Parlons-en, de Grace Jones. Elle passe tout le film à hurler comme si elle venait de marcher sur un Lego. Certes, elle dégage une énergie brute, mais à ce niveau-là, c’est plus de l’intensité, c’est du harcèlement sonore. Chaque fois qu’elle ouvre la bouche, c’est comme si un mixeur démarrait en arrière-plan. Le pire, c’est qu’on finit par en rire… nerveusement.
La quête de la corne magique de Dagoth ? Sérieusement ? Même un épisode de Scooby-Doo est mieux écrit. Entre les trahisons prévisibles, les incantations pétards mouillés et les épées qui font des étincelles à chaque choc (merci, les allumettes intégrées), on se demande si quelqu’un a relu le script avant de tourner. On est loin des intrigues sombres et pesantes du premier opus.
Ah, Mako. Dans le premier film, il était le narrateur mystérieux et le sorcier badass. Ici, il se contente de balancer trois sorts dignes d’un stage de magie pour débutants et reste planté en arrière-plan, l’air de se demander ce qu’il fout là. À ce rythme, autant engager un figurant pour lire ses répliques.
Et pourtant, malgré tout ce bordel incohérent et kitsch, Conan le destructeur parvient à te décrocher des sourires. Que ce soit Arnold qui se bat en caleçon ou les méchants avec des costumes en carton, le film te plonge dans un délire tellement absurde que tu finis par l’apprécier. C’est un peu comme manger un kebab à 4 h du matin : tu sais que ce n’est pas bon, mais ça passe.
Conan le destructeur, c’est un film qui détruit tout ce qui faisait la force de son prédécesseur. Mais si tu acceptes le second degré, les hurlements de Grace Jones et les dialogues écrits par un stagiaire, tu pourrais passer un moment presque sympa. Pas pour la grandeur épique, mais pour les fous rires involontaires. Et puis, voir Arnold en slip, ça n’a pas de prix.
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