Note moyenne
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C’est un film qui 35 ans après ressort des placards, avec une remise à niveau sur le montage et un dépoussiérage technique qui le rend peut-être encore plus captivant. A travers l’histoire d’un rebelle maori qui pour venger le massacre de son village déserte l’armée régulière britannique (elle a entrepris de conquérir la Nouvelle-Zélande) et prend la tête de la rébellion. Un western d’un autre âge mené par un cinéaste très habile sur la reconstitution des combats quand la sauvagerie s’inscrit dans un décor souvent paradisiaque. Avec un personnage principal, joué par un comédien amateur : Anzac Wallace, bluffant ! AVIS BONUS Un making of qui date de 1983, excellent à voir et à revoir
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
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Le film fait penser tout d'abord à 'Danse avec les loups' pour sa dimension spatiale immense, ses paysages magnifiques. Mais rapidement, on revient sur une terre bien plus cruelle que 'Danse avec les loups'. L'ambience tourne alors à l'hécatombe façon 'La chute du faucon noir', et où 'Danse avec les loups' donne dans le lyrisme et l'héroïsme grandiloquant, 'Utu' n'est qu'un documentaire très cru sur l'histoire de l'invasion d'un pays. Les personnages sont mélancoliques, l'histoire est captivante, un film comme l'on aimerais en voir plus souvent. Peut être le dernier film d'auteur de Geoff Murphy avant qu'il ne donne dans le 'commercial' (Forteresse 2, Le pic de dante, Piège à haute vitesse, ...) ! Si vous trouvez le DVD, envoyez moi un mail !
SyKoDa
SyKoDa
Disponible en blu ray dans une remarquable restauration, Utu mérite d'être rapidement et largement découvert par tous ceux qui, comme moi, sont passés à côté de ce chef d'œuvre jusqu'à présent. Geoff Murphy a réalisé un film passionnant de bout en bout et esthétiquement fascinant. La photographie est souvent très belle, le cadre de chaque plan est à chaque fois composé avec le plus grand soin, donnant à chaque plan une force d'évocation qui nous frappe et étonne.
Utu est un très bon film. Très bien réalisé et interprété. Il a pour mérite principal de faire connaître une période sombre du colonialisme sous l’ère victorienne, celle de la persécution des Maoris de Nouvelle-Zélande. Un film d’un grand réalisme. Je l’ai vu ado quand il est sorti au cinéma en France en 1984, et maintenant je l’ai en dvd coffret collector sorti il y a quelques années
En 1983, le Néo-Zélandais Geoff Murphy filmait avec "Utu" un western maori tourné à cru dans le bush, inspiré de la guerre de Te Kooti. Sacrifié à une version internationale édulcorée puis sauvé de l’oubli par une restauration minutieuse en 2013, le film ressort dans sa version Redux. Un classique du cinéma néo-zélandais, aussi fascinant qu’imparfait.
"Nouvelle-Zélande, 1870. Un guerrier maori découvre que l’armée pour laquelle il combattait vient de raser son village et de massacrer les siens. Il jure de rendre coup pour coup : c’est utu, la loi de réciprocité, ici muée en pure vengeance. Le postulat pourrait suffire à un survival féroce, mais Murphy en fait autre chose, une fresque tournée à hauteur de bush, dans la boue et la fumée, où chaque village incendié ressemble moins à un décor qu’à une plaie ouverte. La grande idée du film est de refuser tout point d’arrêt à la violence. Te Wheke se venge, le colon Williamson se venge à son tour et sombre dans une folie d’artificier vengeur, l’officier maori Wiremu regarde tout cela s’effondrer sans jamais réussir à s’en extraire lui-même. Ce n’est pas un film de bourreaux et de victimes, mais plutôt un film où la lucidité ne protège de rien, où même celui qui prononce la phrase la plus juste du récit continue malgré tout à porter les armes."
"Ce qui surprend davantage, c’est l’humour noir qui traverse cette histoire de sang. La critique du New Yorker, Pauline Kael, avait raison de noter que Murphy filmait avec un sourire aux lèvres. Le fusil à quatre canons bricolé par Williamson a quelque chose du gadget de cartoonesque greffé sur un carnage bien réel, et le film bascule sans prévenir du macabre au grotesque. Un pari risqué, et agréablement surprenant, qui déroute autant qu’il désamorce le pathos facile du grand film historique. En trouvant de temps en temps le bon équilibre, notamment grâce à l’immortel Bruno Lawrence, on en dresse le portrait de la folie, qui fuse plus vite que les balles perdues dans cette guerre."
"Reste que cette ambition a un revers. La narration s’emballe parfois dans ses scènes d’action, en s’autorisant le grand écart entre farce et tragédie qui ne convainc pas toujours, y compris en Nouvelle-Zélande où l’accueil critique local fut plus frileux qu’à l’étranger. On a aussi reproché au film ses libertés avec l’Histoire, comme la guerre de Te Kooti qui devient un matériau recomposé plutôt qu’une reconstitution fidèle et, plus récemment, de présenter la bascule de son héros vers la violence comme une pulsion presque instinctive plutôt que politique. Un revers qu’on peut aussi lire comme un parti pris assumé : filmer les guerres coloniales néo-zélandaises avec la grammaire flamboyante du western spaghetti, quitte à sacrifier un peu de rigueur documentaire à la puissance du mythe."
"Bancal par endroits, bouleversant par d’autres, Utu n’est jamais tout à fait le grand film qu’il aurait pu être, et c’est peut-être ce qui le rend inoubliable. Une blessure de cinéma qui, refuse obstinément de se refermer."
Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
"Nouvelle-Zélande, 1870. Un guerrier maori découvre que l’armée pour laquelle il combattait vient de raser son village et de massacrer les siens. Il jure de rendre coup pour coup : c’est utu, la loi de réciprocité, ici muée en pure vengeance. Le postulat pourrait suffire à un survival féroce, mais Murphy en fait autre chose, une fresque tournée à hauteur de bush, dans la boue et la fumée, où chaque village incendié ressemble moins à un décor qu’à une plaie ouverte. La grande idée du film est de refuser tout point d’arrêt à la violence. Te Wheke se venge, le colon Williamson se venge à son tour et sombre dans une folie d’artificier vengeur, l’officier maori Wiremu regarde tout cela s’effondrer sans jamais réussir à s’en extraire lui-même. Ce n’est pas un film de bourreaux et de victimes, mais plutôt un film où la lucidité ne protège de rien, où même celui qui prononce la phrase la plus juste du récit continue malgré tout à porter les armes."
"Ce qui surprend davantage, c’est l’humour noir qui traverse cette histoire de sang. La critique du New Yorker, Pauline Kael, avait raison de noter que Murphy filmait avec un sourire aux lèvres. Le fusil à quatre canons bricolé par Williamson a quelque chose du gadget de cartoonesque greffé sur un carnage bien réel, et le film bascule sans prévenir du macabre au grotesque. Un pari risqué, et agréablement surprenant, qui déroute autant qu’il désamorce le pathos facile du grand film historique. En trouvant de temps en temps le bon équilibre, notamment grâce à l’immortel Bruno Lawrence, on en dresse le portrait de la folie, qui fuse plus vite que les balles perdues dans cette guerre."
"Reste que cette ambition a un revers. La narration s’emballe parfois dans ses scènes d’action, en s’autorisant le grand écart entre farce et tragédie qui ne convainc pas toujours, y compris en Nouvelle-Zélande où l’accueil critique local fut plus frileux qu’à l’étranger. On a aussi reproché au film ses libertés avec l’Histoire, comme la guerre de Te Kooti qui devient un matériau recomposé plutôt qu’une reconstitution fidèle et, plus récemment, de présenter la bascule de son héros vers la violence comme une pulsion presque instinctive plutôt que politique. Un revers qu’on peut aussi lire comme un parti pris assumé : filmer les guerres coloniales néo-zélandaises avec la grammaire flamboyante du western spaghetti, quitte à sacrifier un peu de rigueur documentaire à la puissance du mythe."
"Bancal par endroits, bouleversant par d’autres, Utu n’est jamais tout à fait le grand film qu’il aurait pu être, et c’est peut-être ce qui le rend inoubliable. Une blessure de cinéma qui, refuse obstinément de se refermer."
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