Chez Tsai Ming-Liang le cadre étaye tout. Exclusivement fixes et dilatés, les plans du cinéaste sont comme de petits monuments de mise en scène à part entière. A partir d'un semblant de romance amenée de manière timide, à peine esquissée, Tsai Ming-Liang suit le parcours de ses deux personnages qu'il va séparer dès les vingt premières minutes de son long métrage. Et Là-bas Quelle heure est-il ? est construit tel un improbable montage parallèle, s'attardant sur les occupations de l'homme et de la femme avec un sens de la précision particulièrement savoureux. Les images, singulières et magnifiques, évoquent avec une proximité maladive le manque d'affection de nos deux héros : activités nocturnes, souffrance, rencontres, farce de garnements. La Nouvelle Vague est citée : Léaud apparaît en guest star, la musique des 400 Coups se fait entendre... Pas loin d'être un chef d'oeuvre Et Là-bas Quelle heure est-il ? est avant tout un film de pure mise en scène, peuplé de gestes et de mouvements cycliques confinant à l'hypnose. Remarquable et envoûtant.
Il y a de nombreuses situations intéressantes dans ce film spoiler: : la vie d'une femme après le deuil de son conjoint, la découverte d'une ville (Paris) par une touriste ne parlant pas la langue du pays et ne connaissant personne sur place et les situations cocasses que cela entraîne... Donc, de bonnes idées dans le scénario mais un scénario qui ne contient globalement pas grand chose. En effet, chaque scène s'étire inutilement en longueur car, malheureusement, et c' est un défaut majeur pour moi, ce film est lent, très très lent. On s'ennuie ferme pendant le film ! Alors, il y bien quelques gags qui font sourire spoiler: (les montres incassables sont-elles vraiment incassables ? un cafard peut-il être la réincarnation du défunt ?) mais cela ne suffit pas à me satisfaire.
Un film épuré, fantomatique, empreint d'une beauté plastique indiscutable et à la confluence de Duras et de Ozu. Un joyau cinématographique par l'un des réalisateurs les plus importants de ses dix dernières années.
Tsai Ming-Liang, ou l'art de réaliser un film de 2 heures à partir de 4-5 idées de mise en scène à tout casser (tout est dans la bande annonce, c'est dire). Mais bon on ne résume pas un film à sa mise en scène (heureusement pour lui) et le rythme lent sied au propos, surtout que le taïwanais est loin d'être le seul à faire du néant des films. D'ailleurs le passage obligé par la séquence hommage et citation avec plusieurs scènes des «400 Coups» visionnées par le héros viens nous rappeler combien la Nouvelle Vague est à la source de cette mode contemporaine selon laquelle des hordes de cinéastes-"auteurs" font du 7e art le vecteur de leur expression insignifiante, de la fadeur de leur discours (ah le post-modernisme). Et puis après tout tant qu'à faire, pourquoi ne pas se servir chez les autres quand le manque d'inspiration se fait sentir? Il n'est ni le premier ni le dernier à le faire. Je lui reprocherai par contre davantage sa fâcheuse tendance à se regarder filmer : comme certains l'avancent il ferait certainement un meilleur réalisateur de courts métrages. Malgré tout, malgré qu'il soit plus ou moins le clone de ses prédécesseurs, son 5e long métrage m'a touché (un peu, mais c'est déjà ça). Pour une fois certains de ses personnages sont dotés d'un semblant de vie ou de sentiments. Plus qu'un cinéaste de l'incommunicabilité, Tsai Ming-Liang est un cinéaste de la solitude (mais aussi de la filiation, entre autres). Face à la vie, face à l'Autre, face à l'amour, face à la mort. Et chez lui cette solitude se manifeste le plus souvent par la sexualité des personnages. L'approche n'est pas sans pertinence, mais le côté voyeur de ces séquences est par contre une autre de ses manies qui n'a pas fini de m'agacer (les séquences untel pisse dans un sac ou dans une bouteille, untel vomit, untel se masturbe etc. ont le don de m'exaspérer). Une étoile pour Chen Shiang-chyi et une autre pour Jean-Pierre Léaud, qui ne font rien (ou presque) mais qui restent plaisants à regarder. [2/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Un film long qui ne raconte pas grand chose. D'accord, c'est la marque de fabrique de Tsai Ming Liang. Mais quand même. Quasiment 2h pour ça... On voit le personnage principal qui pisse dans des sacs et des bouteilles, et qui fait une fixation sur l'heure qu'il est à Paris depuis qu'il a rencontré sur son stand de vendeur de montres une fille qui lui a annoncé qu'elle partait à Paris. Parfois, on est à la limite de l'autisme. La mère du personnage principal a perdu son mari et semble sombrer peu à peu dans la folie. Sur la fin, on a même droit à des scènes érotiques assez osées voire dérangeantes...
Bouleversant, tout simplement. Et là-bas, quelle heure est-il ? raconte l’histoire de trois personnages, une mère faisant le deuil de son mari (vivant dans le premier plan, en cendre dans l’urne le second), son fils vendant des montres dans la rue, et une jeune fille qui n’avait voulu lui acheter que la montre qu’il portait au poignet et aucune autre et qui décolle ensuite immédiatement pour Paris. La mort du père agit ici comme un dérèglement métaphysique, cosmique, chaque personnage se retrouvant plongé dans une immense solitude avec laquelle il doit vivre tant bien que mal. Enfermé chacun dans une suite de plans fixes très longs, à la mise en sc rigoureuse (tellement rigoureuse qu’elle permet même à l’auteur de verser svt dans l’humour), Tsai Ming-liang place ses personnages et leurs activités en parallèle (l’un boit, l’autre vomit le plan d’après, l’un voit les 400 coups, l’autre croise Jean-Pierre Léaud vieilli à des milliers de kilomètres de là), pour souligner la cohésion de leurs destins malgré la distance qui les sépare. Au fil du récit, les personnages vont peu à peu s’éloigner les uns des autres malgré leurs efforts, avant une bouleversante scène finale d’une très grande portée philosophique et émotionnelle, où la roue du temps viendra boucler la boucle de ce cycle d’errances et de solitudes, car là se situe toute l’ambition de ce très grand film : abolir l’espace et le temps entre ceux qui s’aiment.
Mort de rire, ça ne vaut même pas une étoile ! Si vous n'arrivez pas à dormir, allez voir ce film (si on appelle ça un film), il agit mieux qu'un somnifère à mon avis. non mais sans rire c'est une merde pas possible, il n'y a rien du tout, c'est complètement vide, les scènes sont interminables et inutiles. Quel intérêt de filmer pendant une heure quelqu'un en train d'uriner dans une bouteille, et j'en passe ! C'est lent c'est lent, qu'est-ce qu'on dort. J'ai regardé jusqu'au bout car comme on dit, il ne faut jamais juger sans avoir tout vu, je peux donc dire que j'ai visionné et jusqu'à la fin (quel effort !) le plus gros navet soporifique de tous les temps.
Un film riches en idées puisque Tsai sait nous stimuler pour les remarquer. A chaque plan (et non pas plan-séquence, c'est pas du tout la même chose...), le cinéaste nous rappelle combien la solitude fait partie de notre monde et à travers elle il peut parler de l'amour, de la mort et d'autres thèmes chers au coeur d'un cinéphile. S'il nous gratifie de temps à autre d'une idée burlesque, elle est toujours teintée de ce profond mal-être et de l'incommunicabilité (ou l'impossibilité de communiquer) qui hantent ses personnages. Ici, chaque seconde qui passe a un poids collossal (ce n'est pas un hasard si un de ses protagonistes a un certain penchant pour tout ce qui permet de mesurer le temps...) mais c'est toujours au service de l'histoire. Il n'y a pas d'intrigue mais une belle et profonde histoire où la liberté d'interprétation joue un rôle prépondérant. Un film comme seul l'Asie peut nous en faire.