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Zipzap
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2,5
Publiée le 5 juillet 2019
Delon et Signoret, deux monuments. Et ils nous offrent ici quelques scènes de haute voltige. Un film souvent taiseux, où les regards ont bien plus d'importance. Mais j'ai trouvé que Granier-Deferre peinait justement à montrer comment ces deux "chats sauvages" parvenaient finalement à se reconnaître et à s'apprivoiser et que l'évolution de leurs rapports manquait de fluidité. Peut-être aurait-il dû moins filmer les péniches et s'attarder un peu plus sur ses héros. Si j'ai bien aimé finalement cet homme coincé entre deux générations de femme (Delon a exactement 14 ans de moins que Signoret et 14 de plus que Piccolo !!!), j'avoue avoir eu du mal à croire à cette histoire d'amour entre Signoret et Delon. Le monde rural est filmé sans concession. Trop sans doute. Tout n'est que mesquinerie ou frivolité, une succession de portraits désabusés, suspicieux, envieux. Et le fascisme de l'époque est à peine effleuré. il n'y a pas toujours une grande maîtrise dans les plans, dans le montage, le rythme et le film porte le poids de ses années. Reste que c'est un film à voir, parce que Delon, parce que Signoret et parce qu'il y a effectivement des scènes touchées par la grâce.
Sur la fin ça se rattrape, mais pendant longtemps ce film manque passablement d'émotion. Néanmoins, on ne s'ennuie jamais vraiment et malgré le rythme très lent, plusieurs thèmes pas inintéressants sont abordés.
Dans un premier temps on remarque surtout le village rural, dont on peut admirer le pont-levis de Cheuge qui n'est pas un paramètre anodin dans le récit, on perçoit les moeurs avant aussi de percevoir un contexte social et politique. Le scénario se lit surtout entre les lignes, facilement quand il aborde le sujet de la vieillesse (source de la jalousie), sujet délicat et personnel quand on pense justement à Simone Signoret qui a alors 50 ans et connaît une vieillissement prématuré depuis des années déjà, de façon plus subtil quand le film dénonce la montée du fascisme (la Croix de Feu) et l'antisémitisme alors que, rappelons-le Hitler est au pouvoir depuis 1933. Granier-Deferre se distingue ainsi de Simenon (notamment Jean tue la Veuve à coup de marteau dans le roman !) en ajoutant des paramètres et un environnement plus denses et complexes, autour des préjugés, des rumeurs, des convenances qui sont toujours exacerbés dans de petites communautés. Pierre Granier-Deferre signe un drame touchant et plus profond qu'il y paraît avec deux acteurs d'exceptions en prime. Site : Selenie.fr
Prix en étau entre deux générations de femme et attiré différemment par les deux: la jeunesse et la volonté, un homme se retrouve au milieu d'un contexte familial pesant. Mais lui aussi a un passé trouble dont il voulait clairement s'affranchir en trouvant un bonheur passablement durable.... Le milieu rural est formidablement bien rendu et l'atmosphère oscille entre apaisement grâce au travail des champs, sentiments qui éclosent engendrant cette jalousie maladive et surtout faute du passé non oubliée qui revient chasser le héros comme un démon et s'exprime dans la fin du film par cette cohorte de policiers qui avance à cheval. Le thème au final n'est pas sans rappeler le formidable "deux hommes dans la ville" et le terrible "fatalitas" de Chéri-Bibi.
Quand il entame le tournage de « La Veuve Couderc » adapté du roman éponyme de Georges Simenon avec Alain Delon et Simone Signoret, Pierre Granier-Deferre vient juste de diriger la grande actrice associée à Jean Gabin pour « Le Chat ». Déjà une adaptation de Simenon, un auteur qui ne quittera plus Granier-Deferre parfaitement en osmose avec l’univers du romancier belge. Quatre films de cinéma puis une participation active tant du côté de la réalisation que de l’adaptation pour la série télévisée de prestige consacrée aux enquêtes du commissaire Maigret avec Bruno Cremer dans le rôle-titre. « Le Chat » ayant été un succès aussi bien critique que public, le producteur Raymond Danon soutient fortement l’envie qu’ont Signoret et Granier-Deferre de retravailler ensemble. Leur choix se porte sur « La Veuve Couderc » paru en 1942, roman sombre se déroulant cette fois-ci dans le milieu rural durant la période de l’Avant-Guerre (1934). Un jeune homme (Alain Delon) sans domicile fixe se trouve sur les routes de Côte-d’Or. Il se fait embaucher dans la ferme d’une veuve (Simone Signoret) vivant avec son beau-père sénile (Jean Tissier) sous son toit. Le séjour se prolongeant, la veuve pressent très vite que derrière son mutisme celui qu’elle a recueilli cache un passé trouble et une fuite probable de prison. Entrée prématurément dans l’âge mûr et marquée par la rudesse d’une vie à laquelle elle ne rêvait sans doute pas, la veuve tspoiler: ombe instantanément amoureuse de son garçon de ferme. Une idylle se noue malgré la différence d’âge qui d’emblée place la relation sur un plan inégalitaire compensé par le statut précaire du jeune homme. Tout va dès lors se liguer contre les deux amants. Le passé de l’inconnu, la jalousie du voisinage, le conflit qui oppose la veuve Couderc à sa belle-famille dont la ferme est située de l’autre côté (à Cheuge) du canal entre Champagne et Bourgogne, le contexte politique de l’année 1934 marqué par l’instabilité consécutive à la crise de 1929 débarquée plus tardivement en Europe. Granier-Deferre parfaitement à son aise dans le registre du drame, parvient à créer une symbiose parfaite entre les deux monstres sacrés venant d’univers très différents à tous les points de vue. Le réalisateur aura d’ailleurs dû batailler ferme pour convaincre Delon d’accepter de s’intégrer à cette histoire d’amour avec une femme bien plus âgée que lui. Mais Granier-Deferre avait cette faculté quand il était transcendé par un projet de savoir faire avancer toute son équipe derrière lui. L’atmosphère de l’époque est parfaitement rendue grâce à l’apport du chef opérateur Walter Wottitz que Granier-Deferre connaît bien, la romance improbable avec ses hauts et ses bas montre subtilement comment deux destins brisés cherchent à s’unir pour se sortir chacun de l’ornière dans laquelle ils se débattent. L’idée de la couveuse censée augmenter la productivité de l’activité comme promesse illusoire d’un avenir radieux est parfaitement utilisée par un Granier-Deferre à son meilleur tout comme ses deux acteurs notamment Delon qui prouve avec « La veuve Couderc » que son jeu était sans doute plus raffiné que certains l’imaginaient. La présence de Simone Signoret n’y est sans doute pas étrangère. Granier-Deferre retrouvera une fois encore la grande actrice onze ans plus tard pour « L’Etoile du Nord » encore adapté de Simenon. Delon enchaînera avec Signoret pour « Les Granges Brûlées » de Jean Chapot. « La race des seigneurs » excellent suspense politique encore une fois scénarisé par Pascal Jardin (« La Horse », « Le Chat », « La Veuve Couderc ») permettra à Delon et Granier-Deferre de retravailler ensemble. Ce désir de se retrouver constitue la preuve que ces trois-là avaient conscience d’avoir effectué sur « La Veuve Couderc » un excellent travail. On ne peut à postériori qu’être d’accord avec eux.
Beau drame français campagnard, lent, tendre, beau, bien mené et bien interprété. Excellent duo Delon-Signoret évidemment, deux monstres du cinéma français, indétrônables. Le tout sur une sublime musique signée Philippe Sarde.
Très beau film signé du réalisateur du "Chat", la même année que "Le Chat", avec la même actrice (Signoret) que "Le Chat", et d'après un roman de l'auteur du "Chat" (Simenon)... Mais on n'y voit pas de chat, là, en revanche. Trève de conneries, "La Veuve Couderc" est un drame campagnard réussi se passant dans les années 30. Une agricultrice veuve, qui vit une situation familiale compliquée avec son ancienne belle-famille depuis le décès de son mari, recueille chez elle, et l'engage comme ouvrier, un travailleur itinérant (Delon), bagnard évadé (elle l'apprendra plus tard), avec qui elle va se lier d'amitié et même plus encore. Ce qui va susciter la jalousie et la colère chez les gens du coin, et notamment l'ex-belle-famille... Doté d'une atmosphère assez sombre, ce film très beau est à voir absolument. Deux ans plus tard, Delon et Signoret se retrouveront pour "Les Granges Brûlées", qui, en dehors de son duo d'acteurs et de son atmosphère très rustique, n'a rien à voir, mais est tout aussi réussi (et a ma préférence).
Dommage que certains plans disparaissent dans une telle obscurité car la réalisation se distingue par son intelligence à tant exprimer en s'appuyant seulement sur les jeux de regards de personnages campés avec une intense subtilité notamment par la formidable Simone Signoret et le magnétique Alain Delon. Avec un arrière-fond politique se tissent de façon inextricable les destins tragiques de deux être esseulés, déçus, dignes - quitte à donner du lustre à un ancien bagnard...Rendant habilement compte d'un quotidien faussement bucolique, en réalité pétri de rancoeurs familiales, de jalousies féminines, de difficultés matérielles, l'intrigue ne manque ni de solidité ni de profondeur. Un grand prix du cinéma mérité!
Un bien joli film, inspiré d'un roman de Simenon, bien servi par Signoret et Delon, excellents. L'histoire se déroule après-guerre, quelque part en Bourgogne. Un hameau à quelques pas du village, hameau qu'un canal sépare entre la ferme héritée de son mari par la Veuve Couderc et la maison habitée par sa belle-sœur et son beau-frère ( inattendu Bobby Lapointe) dont l'activité est de manœuvrer le pont levant pour laisser passer les péniches et bateaux de plaisance, Plus encore que le canal, jalousie et haine séparent les deux parties de la famille qui se partagent aussi le beau-père plus ou moins sourd et gâteux. Les choses se bousculent à l'arrivée de Jean, ancien bagnard qu'héberge la Veuve et qui l'aide dans les travaux de la ferme et partage rapidement son lit, tout en couchant aussi avec la jeune Félicie, fille-mère et nièce de la veuve. Tout se précipite avec une dénonciation et l'intervention des forces de l'ordre. Images et ambiance d'époque bien rendues, exacerbation des sentiments, on se laisse prendre et conduire jusqu'au final avec plaisir. un bon film qui a bien vieilli malgré son demi-siècle, qu'on voit et revoit sans se lasser
Un scénario signé Simenon, une réalisation au top, plus deux participants monstres sacrés, il n’en faut pas plus pour faire un très bon film. Il faut souligner l’excellente reconstitution de la vie à la campagne en 1934, et l’agréable BO. L’intérieur de la ferme de Simone Signoret est rustique à souhait, et on admire le système manuel de pont levis par dessus le canal où circulent de nombreuses péniches. J’ai bien aimé aussi les sentiments naissant entre les personnages de Simone Signoret et Alain Delon, même si ce dernier ne se privait pas de sexe avec la jeune voisine délurée. Un très bon cru qui pour moi n’a pas vieilli.
Ce film est un joyau du cinéma Français, tout comme les granges brulées ! Madame Signoret prouve qu' elle a été et restera à tout jamais une actrice merveilleuse ! Delon dans les deux films que je viens de citer est éblouissant ! Film qui n'a finalement pas vieilli ! ATTENTION CHEF D'OEUVRE !
Drame taiseux et pétri de symbolisme, dans lequel Simone Signoret et Alain Delon parviennent, du regard et du geste, à faire comprendre la tragédie qui se noue au milieu d'une jalousie familiale recuite. Le film se veut sobre, sans lourdeur ou théâtralité, entre quelques éclats de voix et des portes fermées qui en disent long, jusqu'au dénouement inexorable. La partition était prévisible, mais l'atmosphère du film demeure intéressante 50 ans plus tard.
Grand prix du cinéma français ( 1972 ), " la veuve Couderc " (1971 ) fait l'objet d'une ressortie en salle dans le cadre d'une rétrospective consacrée à l'adaptation au cinéma, de romans de Georges Simenon.
Réalisé par Pierre Granier-Deferre, cinéaste qui s'opposa au plan stylistique à la nouvelle vague, et fut ainsi un des continuateurs de la fameuse qualité française.
Réalisé pendant la meilleure décennie du cinéaste ( celle des années 1980 comporte aussi plusieurs opus de grande qualité - Cf " une étrange affaire" ou " l'étoile du nord " notamment), " la veuve Couderc" est porté par son duo d'acteurs vedettes que sont Simone Signoret et Alain Delon.
Le contexte dans lequel se déroule l'action ( les manifestations à caractère réactionnaire et anti parlementaire de l'action française en 1934 ), contraste avec l'histoire sentimentale qui a lieu à la campagne.
Expression d'une société traversée par la négativité, la méchanceté, les faux-sentiments ( cf relation entre le personnage incarné par Delon et celui interprété par Ottavia Piccolo ), l'argent, dans son aspect corrupteur des valeurs, ou l'amour n' est vu finalement que comme une menace pour la bonne marche d'une société malade, " la veuve Couderc " a plus d'un demi-siècle après sa sortie, conservé toute sa saveur.
On pourra peut-être reprocher au film son survol de la description psychologique des ses personnages.
Les dialogues restent un peu trop en surface et on n' est pas chez Bertrand Tavernier ( cinéaste dont certains aspects formels ne sont pas étrangers à celui de Granier-Deferre ) mais souvent plus fin et plus précis dans la description émotionnelle de ses personnages.
On retiendra dans un second rôle Monique Chaumette ( à la ville épouse de Philippe Noiret ) et celle du chanteur Boby Lapointe employé une décennie auparavant par François Truffaut dans son " Tirez sur le pianiste ".
Signoret montre une fois encore la puissance et la force de conviction de son interprétation, devant un Delon toujours charismatique mais ( selon moi ) ici, il se fait voler la vedette par son vis-à-vis. Signoret etait ( à mon opinion) une actrice vraiment hors norme !
En 1934, Jean Lavigne (Alain DELON, 36 ans, 1ère collaboration sur 3 avec le réalisateur) se fait engagé dans une ferme de Côte-d’Or, près d’un canal, tenue par la veuve Couderc (Simone Signoret, 50 ans, 2e collaboration sur 3 avec le réalisateur). C’est un film sur le désespoir (d’Alain Delon, spoiler: évadé du bagne ) et la solitude (de Simone Signoret, malgré et à cause de la présence malveillante de sa belle-famille), avec une belle reconstitution (photographie de Walter Wottitz dont c’est la 3e collaboration sur 6 avec le réalisateur) des années 1930’ (climat nationaliste, antisémite et de grève dans les usines) à la campagne (église, lavoir). Sans oublier la musique de Philippe SARDE (2e collaboration sur 15 avec le réalisateur). Le film s’achève sur le texte suivant :spoiler: « En 1922, Jean Lavigne, fils du physicien Etienne Lavigne, avait abattu, au cours d’une réception officielle, deux hautes personnalités. Au président du tribunal qui lui demandait les raisons de son acte, il avait répondu : j’en avais assez »…
J'ai apprécié ce film rural de Granier-Deferre mettant en scène le couple Signoret-Delon. La vieille et le jeune si j'ose dire, ils n'ont rien à se dire et pourtant une amitié va se créer entre les deux et même plus. Le jeune Delon doit être content d'arriver dans ce pays de paysans où on est plutôt taiseux. Lui qui n'a rien à dire ou tout à cacher. On a de belles images de la vie de la ferme, en 1934, mais dans les années 70, rien ou presque n'a changé. C'est la nostalgie qui prime. On est taiseux par là-bas sauf quand les querelles reviennent et c'est depuis des années que la vieille ne parle plus avec sa belle soeur qui habite de l'autre côté du canal. Donc lorsque l'étranger arrive, tout remonte à la surface, explose et c'est la catastrophe. Un film psychologique, paysan, une atmosphère et deux formidables acteurs.