La Veuve Couderc
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Pascal
Pascal

254 abonnés 2 406 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 février 2026
Grand prix du cinéma français ( 1972 ), " la veuve Couderc " (1971 ) fait l'objet d'une ressortie en salle dans le cadre d'une rétrospective consacrée à l'adaptation au cinéma, de romans de Georges Simenon.

Réalisé par Pierre Granier-Deferre, cinéaste qui s'opposa au plan stylistique à la nouvelle vague, et fut ainsi un des continuateurs de la fameuse qualité française.

Réalisé pendant la meilleure décennie du cinéaste ( celle des années 1980 comporte aussi plusieurs opus de grande qualité - Cf " une étrange affaire" ou " l'étoile du nord " notamment), " la veuve Couderc" est porté par son duo d'acteurs vedettes que sont Simone Signoret et Alain Delon.

Le contexte dans lequel se déroule l'action ( les manifestations à caractère réactionnaire et anti parlementaire de l'action française en 1934 ), contraste avec l'histoire sentimentale qui a lieu à la campagne.

Expression d'une société traversée par la négativité, la méchanceté, les faux-sentiments ( cf relation entre le personnage incarné par Delon et celui interprété par Ottavia Piccolo ), l'argent, dans son aspect corrupteur des valeurs, ou l'amour n' est vu finalement que comme une menace pour la bonne marche d'une société malade, " la veuve Couderc " a plus d'un demi-siècle après sa sortie, conservé toute sa saveur.

On pourra peut-être reprocher au film son survol de la description psychologique des ses personnages.

Les dialogues restent un peu trop en surface et on n' est pas chez Bertrand Tavernier ( cinéaste dont certains aspects formels ne sont pas étrangers à celui de Granier-Deferre ) mais souvent plus fin et plus précis dans la description émotionnelle de ses personnages.

On retiendra dans un second rôle Monique Chaumette ( à la ville épouse de Philippe Noiret ) et celle du chanteur Boby Lapointe employé une décennie auparavant par François Truffaut dans son " Tirez sur le pianiste ".

Signoret montre une fois encore la puissance et la force de conviction de son interprétation, devant un Delon toujours charismatique mais ( selon moi ) ici, il se fait voler la vedette par son vis-à-vis. Signoret etait ( à mon opinion) une actrice vraiment hors norme !
Gablivildo62
Gablivildo62

8 abonnés 260 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 octobre 2025
A la fois polar rural et drame psychologique, « La veuve Couderc » est un très bon film réalisé par Pierre Granier-Deferre en 1971. Après avoir réuni Jean Gabin et Simone Signoret dans « Le chat » la même année, le réalisateur réunit à nouveau deux « montres sacrés » du cinéma français : Simone Signoret et Alain Delon. Le film raconte l'histoire de Jean, un bagnard évadé joué par Delon, qui se réfugie dans la ferme de la veuve Couderc, interprété par Signoret où il se fait engager comme ouvrier agricole. La veuve Couderc doit faire face à la haine de sa belle-famille, qui ne l'a jamais considérée comme un membre de la famille. Elle veut récupérer la propriété familiale où vit encore le beau père. Jean est attirée par leur fille Félicie, jouée par Ottavia Piccolo, ce qui provoque la jalousie de la veuve Couderc. A partir de là, la situation se dégrade jusqu'au dénuement final. Il s'agit de la deuxième adaptation d'un roman de Georges Simenon après « Le Chat ».
Alasky

454 abonnés 4 537 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 décembre 2024
Beau drame français campagnard, lent, tendre, beau, bien mené et bien interprété. Excellent duo Delon-Signoret évidemment, deux monstres du cinéma français, indétrônables. Le tout sur une sublime musique signée Philippe Sarde.
Phineus1
Phineus1

9 abonnés 39 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 novembre 2024
C'est cette fois un bon film de Granier-Deferre; il restitue admirablement l'univers de Simenon / L'espace resserré, des maisons ,du canal, du pont, un espace sans horizon,vu comme si les yeux étaient collés aux choses. Tout est médiocre, vlgaire, sale, dégradé.Les personnages ne peuvent pas parler,comme s'ils étaient eux-mêmes usés, vides, hagards.
C'est un beau film jusqu'à cette scène spoiler: de l'arrestation quasi grotesque
Dommage !
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 août 2024
Quand il entame le tournage de « La Veuve Couderc » adapté du roman éponyme de Georges Simenon avec Alain Delon et Simone Signoret, Pierre Granier-Deferre vient juste de diriger la grande actrice associée à Jean Gabin pour « Le Chat ». Déjà une adaptation de Simenon, un auteur qui ne quittera plus Granier-Deferre parfaitement en osmose avec l’univers du romancier belge. Quatre films de cinéma puis une participation active tant du côté de la réalisation que de l’adaptation pour la série télévisée de prestige consacrée aux enquêtes du commissaire Maigret avec Bruno Cremer dans le rôle-titre. « Le Chat » ayant été un succès aussi bien critique que public, le producteur Raymond Danon soutient fortement l’envie qu’ont Signoret et Granier-Deferre de retravailler ensemble. Leur choix se porte sur « La Veuve Couderc » paru en 1942, roman sombre se déroulant cette fois-ci dans le milieu rural durant la période de l’Avant-Guerre (1934). Un jeune homme (Alain Delon) sans domicile fixe se trouve sur les routes de Côte-d’Or. Il se fait embaucher dans la ferme d’une veuve (Simone Signoret) vivant avec son beau-père sénile (Jean Tissier) sous son toit. Le séjour se prolongeant, la veuve pressent très vite que derrière son mutisme celui qu’elle a recueilli cache un passé trouble et une fuite probable de prison. Entrée prématurément dans l’âge mûr et marquée par la rudesse d’une vie à laquelle elle ne rêvait sans doute pas, la veuve t spoiler: ombe instantanément amoureuse de son garçon de ferme. Une idylle se noue malgré la différence d’âge qui d’emblée place la relation sur un plan inégalitaire compensé par le statut précaire du jeune homme. Tout va dès lors se liguer contre les deux amants. Le passé de l’inconnu, la jalousie du voisinage, le conflit qui oppose la veuve
Couderc à sa belle-famille dont la ferme est située de l’autre côté (à Cheuge) du canal entre Champagne et Bourgogne, le contexte politique de l’année 1934 marqué par l’instabilité consécutive à la crise de 1929 débarquée plus tardivement en Europe. Granier-Deferre parfaitement à son aise dans le registre du drame, parvient à créer une symbiose parfaite entre les deux monstres sacrés venant d’univers très différents à tous les points de vue. Le réalisateur aura d’ailleurs dû batailler ferme pour convaincre Delon d’accepter de s’intégrer à cette histoire d’amour avec une femme bien plus âgée que lui. Mais Granier-Deferre avait cette faculté quand il était transcendé par un projet de savoir faire avancer toute son équipe derrière lui. L’atmosphère de l’époque est parfaitement rendue grâce à l’apport du chef opérateur Walter Wottitz que Granier-Deferre connaît bien, la romance improbable avec ses hauts et ses bas montre subtilement comment deux destins brisés cherchent à s’unir pour se sortir chacun de l’ornière dans laquelle ils se débattent. L’idée de la couveuse censée augmenter la productivité de l’activité comme promesse illusoire d’un avenir radieux est parfaitement utilisée par un Granier-Deferre à son meilleur tout comme ses deux acteurs notamment Delon qui prouve avec « La veuve Couderc » que son jeu était sans doute plus raffiné que certains l’imaginaient. La présence de Simone Signoret n’y est sans doute pas étrangère. Granier-Deferre retrouvera une fois encore la grande actrice onze ans plus tard pour « L’Etoile du Nord » encore adapté de Simenon. Delon enchaînera avec Signoret pour « Les Granges Brûlées » de Jean Chapot. « La race des seigneurs » excellent suspense politique encore une fois scénarisé par Pascal Jardin (« La Horse », « Le Chat », « La Veuve Couderc ») permettra à Delon et Granier-Deferre de retravailler ensemble. Ce désir de se retrouver constitue la preuve que ces trois-là avaient conscience d’avoir effectué sur « La Veuve Couderc » un excellent travail. On ne peut à postériori qu’être d’accord avec eux.
David R.
David R.

5 abonnés 50 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 juillet 2024
Grâce au métier du metteur en scène le film renvoie avec plaisir, si ainsi on peut dire...., aux atmosphères troubles, voir glauques, des romans de Simenon. Mais les écarts pris par rapport au livre malheureusement pénalisent le film notamment dans sa dernière partie, qui devient une sorte de mélodrame avec un final digne d'un western. Dommage ! Heureusement que sur tout et sur tous domine, impériale, une fois de plus, encore et encore, une grande comédienne qui s'appelle Simone Signoret. Alain Delon, lui qui n'est pas un grand comédien, a néanmoins le physique du rôle , celui d'une petite frappe avec quelque chose en plus sans doute, également pénalisé par une camera qui parfois s'appuie lourdement sur son torse et son visage en le réduisant à une sorte de pin up. Eternel dilemme pour juger Delon, dilemme qu'interpellait Alain lui même, son physique a été ou pas son atout principal dans sa réussite ? Lui pensait que non ....... Malgré ces limites, le film se voit avec beaucoup de plaisir.
DAVID MOREAU
DAVID MOREAU

160 abonnés 2 373 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 11 juin 2024
AU BONHEUR DES DAMES. Le canal de la solitude. Les berges obscures que Bobby surveille pendant que Delon Lapointe. Allez les petits, le désir rend soucieux, la veuve est fortifiée, la demoiselle est défensive. Prévenez vos gendarmes qu'ils pourront tirer. Roger Couderc a aimé.
selenie

7 445 abonnés 6 653 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 juin 2024
Dans un premier temps on remarque surtout le village rural, dont on peut admirer le pont-levis de Cheuge qui n'est pas un paramètre anodin dans le récit, on perçoit les moeurs avant aussi de percevoir un contexte social et politique. Le scénario se lit surtout entre les lignes, facilement quand il aborde le sujet de la vieillesse (source de la jalousie), sujet délicat et personnel quand on pense justement à Simone Signoret qui a alors 50 ans et connaît une vieillissement prématuré depuis des années déjà, de façon plus subtil quand le film dénonce la montée du fascisme (la Croix de Feu) et l'antisémitisme alors que, rappelons-le Hitler est au pouvoir depuis 1933. Granier-Deferre se distingue ainsi de Simenon (notamment Jean tue la Veuve à coup de marteau dans le roman !) en ajoutant des paramètres et un environnement plus denses et complexes, autour des préjugés, des rumeurs, des convenances qui sont toujours exacerbés dans de petites communautés. Pierre Granier-Deferre signe un drame touchant et plus profond qu'il y paraît avec deux acteurs d'exceptions en prime.
Site : Selenie.fr
andelhof patrick
andelhof patrick

8 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 mai 2024
Je viens de voir ce film pour la première fois sur Arte (merci) en 2024
Extraordinaire Signoret / Delon / Piccolo... J'aime pas la fin triste
Par contre aucune info sur le bébé du film ? (54 ans)
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 829 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 mai 2024
Dommage que certains plans disparaissent dans une telle obscurité car la réalisation se distingue par son intelligence à tant exprimer en s'appuyant seulement sur les jeux de regards de personnages campés avec une intense subtilité notamment par la formidable Simone Signoret et le magnétique Alain Delon. Avec un arrière-fond politique se tissent de façon inextricable les destins tragiques de deux être esseulés, déçus, dignes - quitte à donner du lustre à un ancien bagnard...Rendant habilement compte d'un quotidien faussement bucolique, en réalité pétri de rancoeurs familiales, de jalousies féminines, de difficultés matérielles, l'intrigue ne manque ni de solidité ni de profondeur. Un grand prix du cinéma mérité!
CH1218
CH1218

280 abonnés 3 232 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 mai 2024
Dirigée par Pierre Grangier-Deferre, cette adaptation de Georges Simenon est l’occasion d’une rencontre au sommet entre deux grands noms du cinéma français : Simone Signoret et Alain Delon. Un bon film à défaut d’être grand.
fabrice d.
fabrice d.

44 abonnés 1 881 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 mai 2024
J'ai apprécié ce film rural de Granier-Deferre mettant en scène le couple Signoret-Delon.
La vieille et le jeune si j'ose dire, ils n'ont rien à se dire et pourtant une amitié va se créer entre les deux et même plus.
Le jeune Delon doit être content d'arriver dans ce pays de paysans où on est plutôt taiseux. Lui qui n'a rien à dire ou tout à cacher. On a de belles images de la vie de la ferme, en 1934, mais dans les années 70, rien ou presque n'a changé. C'est la nostalgie qui prime. On est taiseux par là-bas sauf quand les querelles reviennent et c'est depuis des années que la vieille ne parle plus avec sa belle soeur qui habite de l'autre côté du canal. Donc lorsque l'étranger arrive, tout remonte à la surface, explose et c'est la catastrophe. Un film psychologique, paysan, une atmosphère et deux formidables acteurs.
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 avril 2024
L’adaptation au cinéma du roman de Georges Simenon, différente sous plusieurs aspects importants, creuse davantage la marginalité de ses personnages inscrite dans un lieu donné, un village où coule un canal séparant la Champagne et la Bourgogne, et dans un espace délimité, la France, pays défini par sa xénophobie et son racisme patriotique. Nous retrouvons en Tati Couderc et en Jean Lavigne les figures d’un temps ancien qui se heurtent, en lui livrant une résistance destructrice, à la modernité telles que Pierre Granier-Deferre les dépeignait dans Le Chat, sorti la même année : soit deux êtres meurtris par la société, l’un en raison d’actes illégaux commis parce qu’il « en avait assez », l’autre victime d’un patriarcat et d’une entreprise de diffamation afin de récupérer la maison dans laquelle elle vit, qui cherchent à unir leurs forces dans une passion interdite. Le cinéaste s’engage dans une relecture de la Bible, aussitôt appliquée aussitôt invalidée par les circonstances : la recomposition d’une crèche symbolique dans l’étable ne permettra ni au père – doté d’un faux nom – ni au fils – dépourvu de nom – de vivre en harmonie.
La mise en scène joue habilement sur le rythme, son montage cassant volontiers la longueur de ses plans au service d’un effet particulier – par exemples, la séquence de bal musette ou la clausule, mobilisant un superbe et tragique ralenti –, et bénéficie d’une photographie soignée qui immortalise la beauté de ses comédiens. Si le film tend à se complaire dans les méandres d’une rusticité naturaliste, se complaisant quelque peu dans la violence campagnarde comme Félicie asperge tous les jours le front de son nouveau-né, son efficacité teintée de mélodrame emporte l’adhésion du spectateur.
Claude DL
Claude DL

122 abonnés 1 913 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 avril 2024
Un scénario signé Simenon, une réalisation au top, plus deux participants monstres sacrés, il n’en faut pas plus pour faire un très bon film. Il faut souligner l’excellente reconstitution de la vie à la campagne en 1934, et l’agréable BO. L’intérieur de la ferme de Simone Signoret est rustique à souhait, et on admire le système manuel de pont levis par dessus le canal où circulent de nombreuses péniches. J’ai bien aimé aussi les sentiments naissant entre les personnages de Simone Signoret et Alain Delon, même si ce dernier ne se privait pas de sexe avec la jeune voisine délurée. Un très bon cru qui pour moi n’a pas vieilli.
Philippe C
Philippe C

126 abonnés 1 186 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 avril 2024
Un bien joli film, inspiré d'un roman de Simenon, bien servi par Signoret et Delon, excellents. L'histoire se déroule après-guerre, quelque part en Bourgogne. Un hameau à quelques pas du village, hameau qu'un canal sépare entre la ferme héritée de son mari par la Veuve Couderc et la maison habitée par sa belle-sœur et son beau-frère ( inattendu Bobby Lapointe) dont l'activité est de manœuvrer le pont levant pour laisser passer les péniches et bateaux de plaisance, Plus encore que le canal, jalousie et haine séparent les deux parties de la famille qui se partagent aussi le beau-père plus ou moins sourd et gâteux. Les choses se bousculent à l'arrivée de Jean, ancien bagnard qu'héberge la Veuve et qui l'aide dans les travaux de la ferme et partage rapidement son lit, tout en couchant aussi avec la jeune Félicie, fille-mère et nièce de la veuve. Tout se précipite avec une dénonciation et l'intervention des forces de l'ordre.
Images et ambiance d'époque bien rendues, exacerbation des sentiments, on se laisse prendre et conduire jusqu'au final avec plaisir.
un bon film qui a bien vieilli malgré son demi-siècle, qu'on voit et revoit sans se lasser
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