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NarnoNarno
51 abonnés
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3,0
Publiée le 25 septembre 2017
Histoire intéressante, mettant en scènes des gamins échoués sur une île déserte qui, abandonnés de tout contact adulte, s’organisent tant bien et souvent mal, en Robinson “Cruauté“ en culottes courtes. Même si le scénario n’évite pas une certaine naïveté, omettant d’expliquer les causes de l’accident d’avion ou toute forme de tragédie psychologique liée à un crash ou l’éloignement affectif des parents. Passé ce postulat soigneusement évité et volontairement rendu simpliste, P.Brook s’attache à décrire ce réflexe humain, adulte comme puéril, d’une société qui tisse et structure socialement comme elle se complaît à retrouver ses réflexes animaux de meutes communes pour mieux le détruire et afficher sa suprématie. Le drame a beau être tenu par des gamins, la charge résonne dans notre société adulte, finalement si sauvage et animale. Plutôt lent et ludique à son début, le film prend une tournure plus dramatique à son milieu, assez explicite dans son propos mais aussi limité dans la charge « coup de poing » qu’il tente à démontrer. Tous les apprentis comédiens sont au diapason, leurs jeux tout en naturel et spontanéité, renforce la candeur ambiante. Bien que son sujet soit fort et tout en nuance, il manque à cette adaptation de “Sa Majesté des Mouches“ un ton et une psychologie narrative pour y adhérer complètement.
Une adaptation mitigée de l’œuvre. La première partie, fidèle et bien jouée met bien en valeur les différentes études sociales et sociétales. Les études de la violence/dictature et de la démocratie avec leurs écueils est bien menée. En revanche, la seconde partie est plus brouillon. À cause d'un manque de moyens financiers ? Parce qu'elle est moins fidèle au roman ? Le "monstre" est mal représenté. spoiler: L'acmé de la cérémonie tribale est trop vite survolé. spoiler: La traque finale est trop rapide. C'est dommage, car cela aurait apporté une autre dimension au film.
"Les uns ont la viande, les autres ont le feu". Et c'est toute la férocité de la nature humaine qui est ici mise à jour dans la pureté et l'innocence corrompue par la bestialité. C'est terrible et cruel mais en même temps une peinture forcément tragique.
La bêtise, la méchanceté et la cruauté n'ont pas d'âge. Voilà peut-être ce qu'il faut retenir du drame de Peter Brook, dans lequel des enfants à priori bien éduqués se montrent aussi monstrueux et cruels que leurs aînés.
spoiler: Qu’arrive-t-il lorsqu’on laisse des jeunes à eux-mêmes sur une île déserte ? Le film propose une réponse qui ressemble à une cour d’école sans adulte responsable qui les surveille veille à leur éducation. Les valeurs collectives prennent le dessus lorsque les valeurs individuelles ne sont pas développées. La collectivité se permet alors d’écarter ce qui ne concorde pas avec elle, voir même jusqu’à supprimer un individu. La valeur de la vie devient secondaire et le fanatisme se nourrit de rituels qui catalysent la peur et la colère. Le leader tyrannique est plus facile à suivre pour les jeunes, car il propose des gains à court terme et il demande moins de devoirs individuels que ce que le leader qui a une influence positive demande à chacun pour des gains à long terme. Par contre, la violence et la coercition qu’il utilise pour parvenir à ses fins met en péril la sécurité des minorités. Par ailleurs, l’amitié entre le leader positif et Piggy est sincère et est forgé sur des aptitudes complémentaires et des valeurs communes reposant sur la démocratie, le savoir et le sens des responsabilités envers soi-même et les autres. Ce film démontre bien l’importance de l’éducation des jeunes, car ils ne sont pas aussi purs qu’on pourrait parfois le prétendre lorsqu’ils sont laissés à eux-mêmes. Le film propose ainsi des pistes de réflexion intéressantes entre l’inné et l’acquis.
Le film est tiré du 1er roman éponyme (1954) du britannique William Goulding (1911-1993), prix Nobel de littérature en 1983. En noir et blanc (belle photographie), le film débute par le générique qui défile sur des images de lycéens et de la seconde guerre mondiale. Des adolescents se trouvent échoués sur une île tropicale, vraisemblablement à la suite d’un accident d’avion. Ils se prennent en main afin de pouvoir manger et s’abriter. spoiler: L’un d’eux s’improvise chef et prend sous son aile, Piggy, obèse et myope dont beaucoup se moquent. Un 2nd chef émerge, moins réfléchi et plus brutal, créant ainsi un 2nd groupe, plus violent. Petit à petit, les rapports dégénèrent et le vernis de leur éducation britannique disparait… Un film qu’aurait pu tourner John Boorman pour qui le retour à la nature est synonyme de retour à la barbarie [cf. « Duel dans le Pacifique » (1968) et « Délivrance » (1973)]. Le titre vient des mouches pullulant sur la tête d’un cochon tué par les adolescents et trônant en haut d’une pique. Une belle parabole sur la part du Mal qui est en chacun, avec le choix fort d’avoir choisi des adolescents et des enfants, confrontés à une situation exceptionnelle, perdant leur innocence en acquérant des comportements d’adultes. Un peu long néanmoins (92 mn). .
Une très bonne adaptation du célèbre roman de Sir William Golding qui restitue bien l'ambiance poisseuse et malsaine du matériau d'origine. Le casting est parfait et chaque gamin s'acquitte de son rôle avec beaucoup de talent, sauf peut-être celui incarnant le "héros", un peu faux et forçant trop son jeu. Quelques séquences clés sont un peu moins fortes ou bien il y a quelques ellipses mais là n'est pas vraiment le sujet. Parce qu'il a su capter le cœur du roman et parfois à le transcender, ce film est très important et très réussi. Les dialogues sont réduit au minimum, la mise en scène est immersive et il n'y bien qu'un rythme qui m'a semblé un peu mou qui me contrarie vraiment. Un très bon film, qui dénonce avec virulences les errements de notre société, parfois puissant, atteignant au détour de quelques séquences une dimension mystique qui tranche avec sa forme documentaire pour un résultat qui met parfois mal à l'aise. D'autres critiques sur
Un chef d'oeuvre qui traite de la fragilité de la civilisation lorsque les individus qui la composent, ici des enfants, sont confrontés à des situations extrêmes où la peur de mourir peut les amener à suivre le plus fort, celui qui leurs promet de les protéger de manière magique contre tout danger et de leur apporter tout ce dont ils ont besoin. Ou comment la civilisation peut être vaincue par la sauvagerie, comment un leader tyran peut l'emporter sur un leader qui défend la raison, la démocratie... La fin du film nous rappelle qu'une civilisation doit savoir se défendre et doit donc avoir des individus qui la défendent. Peter Brook n'a pas réalisé un film d'aventure, il se centre sur la psychologie de ses personnages et c'est de là que provient toute la force du film, toute la force de son message.
Triste représentation de la société moderne, Sa Majesté des mouches dresse un portrait des plus affligeants de la condition de l'homme une fois détaché des injonctions sociales qui s'imposent à lui au quotidien. Partant du principe que sans les lois, normes et règles implicites comme explicites inhérentes à la vie moderne, les individus s'abandonneraient au plus terrible des chaos, deviendraient sauvages et cesseraient de se respecter les uns les autres, Peter Brook - et avant lui, William Golding - oppose les figures de l'inné et de l'acquis, du sauvage et du savoir, de la force et de la sagesse, etc. et si l'on peut reprocher à cette interprétation de l'Homme d'être dualiste et, par là, trop basique pour être réaliste, elle a le mérite d'être entière et de reposer sur une mise en scène de qualité. Chaque plan est en effet parfaitement pensé et exécuté, illustrant parfaitement la tension qui s'installe tandis que la barbarie de l'un des protagonistes principaux se forge une assise et que la naïveté de son adversaire persiste à s'accrocher à ses principes les plus nobles. Quant aux autres, ils ne sont considérés que comme d'imbéciles bestiaux qui se contentent de manger dans la main du plus offrant. Loin de moi toute considération aussi peu nuancée et méprisante de l'Homme mais, que nous approuvions ou non le terne portrait des rapports interindividuels défendu ici, ce film use de tous les outils qui sont à sa portée pour illustrer son point de vue et il le fait à merveille. C'est pour moi une belle découverte.
Un film sans concession servi par des acteurs/enfants tous remarquables de justesse (c'est assez rare pour être souligné). ça manque selon moi de développement de la psychologie des personnages mais je ne sais pas s'il en va de même pour le livre original.
Il faut avoir le courage de passer les premières minutes qui sont très décevantes. De manière générale, les scènes de groupe sont difficilement supportables avec une ambiance de brouhaha pénible et un montage parfois cahotique. Mais le film réserve de (très) belles séquences, émouvantes et prenantes. Un film inégal, en somme.
Avec le vieux son dont il est doté, le film perd beaucoup de son charme qui se voit transformé en une braillarde agitation. En l'absence de prétexte explicatif (difficile de faire détailler la situation par un enfant, au fil du film et innocemment, sans compromettre leur crédibilité), la compréhension est assez compliquée. Et malgré toute la bonne volonté des petits acteurs, l'ambiance de décadence, d'anarchie et de morbidité n'est pas retransmise avec toute la puissance possible. Dommage, finalement, que les portraits ne soient pas mieux dépeints car les nuances qu'on devine se perdent dans le vacarme autant sonore que visuel alors qu'il y avait matière à faire une oeuvre bien plus psychologique et subtile, où l'art aurait consisté à ne manipuler que des enfants acteurs pour recréer une ambiance adulte.
Un film sublime et glaçant en forme d'allégorie du nazisme. Peter Brooks adapte un roman mythique et met en scène une bande d'enfants livrés à eux-mêmes sur une île déserte. Une hiérarchie et des règles s'installent, et la sauvagerie naturelle de l'homme prend bien vite le dessus. C'est filmé avec beaucoup de délicatesse, percée parfois par des moments de pure violence, violence qui restera systématiquement en hors-champ, comme le reflet des camps, restés à l'écart des regards et des consciences. Tout y est : le mythe du leader charismatique, la peur de l'autre, l'embrigadement, la violence... même le débarquement pour nous offrir une métaphore très fine et absolument terrifiante du 3ème Reich. Magnifique !!!
Plusieurs éléments qui tiennent une place importante dans le livre de W. Golding ont été omis dans cette adaptation. Ainsi, la psychologie des personnages n'est pas assez développée et des événements comme le premier incendie meurtrier ou l'apparition de Sa-Majesté-Des-Mouches ne sont pas présents. Malgré tout le film en lui même reste assez correct et l’histoire de ces enfants conserve certaines facettes dérangeantes et crues de l'oeuvre littéraire.
Lors de l’adaptation au cinéma d’un écrit ou d’un roman célèbre, il arrive fréquemment que le spectateur, ayant déjà lu le livre, ressorte déçu de la salle. En effet, les images que l’on voit à l’écran sont généralement en-deçà de l’histoire que l’on a pu s’imaginer en parcourant les pages. Mais, en cette matière, Sa Majesté des mouches (1963, réalisé par le britannique Peter Brook) est une exception. Directement issu du best-seller international de William Golding, qui retrace les aventures et la vie en société de jeunes collégiens anglais sur une île du Pacifique, ce film respecte fidèlement les grands thèmes du roman : la survie tout d’abord d’une bande de gamins, seuls rescapés d’un crash d’avion en pleine guerre mondiale, puis l’arrivée de premières tensions, le fanatisme, et enfin le déchaînement de violence. Fable sur la bestialité des Hommes, illustrant un combat inégal entre une démocratie pacifique, et une tyrannie d’abord protectrice puis macabre, ce double récit, disponible sur papier comme à l’écran de votre ordinateur, n’en finira de vous surprendre et de vous inciter à la réflexion sur nos travers actuels…