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vinetodelveccio
89 abonnés
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4,0
Publiée le 24 juin 2015
Un film sublime et glaçant en forme d'allégorie du nazisme. Peter Brooks adapte un roman mythique et met en scène une bande d'enfants livrés à eux-mêmes sur une île déserte. Une hiérarchie et des règles s'installent, et la sauvagerie naturelle de l'homme prend bien vite le dessus. C'est filmé avec beaucoup de délicatesse, percée parfois par des moments de pure violence, violence qui restera systématiquement en hors-champ, comme le reflet des camps, restés à l'écart des regards et des consciences. Tout y est : le mythe du leader charismatique, la peur de l'autre, l'embrigadement, la violence... même le débarquement pour nous offrir une métaphore très fine et absolument terrifiante du 3ème Reich. Magnifique !!!
Peter Brook, à qui on peut pardonner le manque de budget lié à une rupture de contrat avec ses producteurs, nous offre une réflexion profonde sur les fondements branlants de notre société. Ce retour à l’état sauvage d’une poignée d’écoliers britanniques nous démontre que la nature humaine, lorsqu’elle est soumise à l’instinct de survie, n’est pas apte à créer un système intelligent de hiérarchie démocratique mais bien à en revenir à l’inéluctable loi du plus fort. Cette adaptation réussie du roman de William Golding nous présente donc la cruauté enfantine comme un reflet frappant des relations sociales régissant notre propre civilisation.
Un film vraiment fascinant tiré d'un livre qui l'est tout autant. Véritable réflexion effrayante de réalisme sur la faiblesse de la notion de civilisation, sur les instincts de survie et le pouvoir de la violence. Voir ces enfants céder peu à peu à leurs instincts les plus bas est vraiment effrayant. Mise en scène et interprétation remarquable.
Je n'ai pas pu dépasser les vingt premières minutes. C'est niais, c'est mal joué (effroyable !), ne n'est pas crédible. Les enfants ont presque tous l'air de s'amuser alors que la situation est dramatique. Le début montre d'ailleurs des enfants en uniformes parfaitement propres, ce qui est difficile à comprendre. Il faut ajouter que ça a énormément vieilli.
Une interprétation plate de l'oeuvre de Golding, qui elle est un véritable chef d'oeuvre. Ce film ne fait que raconter l'histoire, sans même s'attarder sur la psychologie des personnages, pourtant base du livre, ni sur les enjeux philosophiques : l'absurdité gagnant peu à peu sur la raison, à cause de l'éducation rigide et sans raisonnement qu'on eu ces enfants; la remise en cause de l'innocence de l'enfance voire la démonstration de son côté cruel; le démantèlement trop rapide d'une civilisation, peut-être par manque d'exemple puisque les adultes sont eux-mêmes en guerre, nucléaire qui plus est. La musique, doucereuse et répétitive, casse le côté haletant et sombre de l'histoire. En bref, l'esprit de l'oeuvre a été en grande partie omis.
Toutefois, les prises de vues sont intéressantes, car elles mettent en avant le jeu naturel des acteurs.
Quand on raconte une histoire il est toujours important me semble t'il de faire oublier autant que possible la caméra,hors là on sent constamment son poids. Les jeunes acteurs attendent parfois un signal pour démarrer. Le moment le plus flagrant étant l'instant ou chacun d'eux se présentent,ils jouent aussi en regardant la caméra mais ça se sont les indications du réalisateur,et il y a des tas d'autres choses dans ce style. Dans de telles conditions il est difficile de ne pas se trouver en dehors de la chose. Et puis les enfants ne sont pas vraiment de bons acteurs là dedans ce qui empêche d'y croire encore un peu plus. Notamment lors d'une bagarre l'un des deux jeunes acteurs rit,ces jeunes acteurs ont un vrai manque d'implication dans le jeu. Bon ce n'est pas facile d'avoir des enfants,mais avec un meilleur casting le film passerait mieux,enfin normalement le réalisateur doit savoir les diriger et il devrait être capable de faire n'importe quoi avec n'importe qui.
Ces jeunes de bonnes familles vont revenir à l'état sauvage sur cette île et vont totalement oublier le monde dont ils proviennent. Fini les bonnes manières et le respect c'est la loi du plus fort qui ne tarde pas à revenir. Mais c'est mou tout ça,et les scènes sont très mal enchaînées,elles sont placées les unes derrières les autres sans véritable lien,ce qui est encore un autre problème pour faire croire en cette histoire,il manque à la fabrication la minutie nécessaire pour faire croire en cette aventure. Je dois bien reconnaître ne pas avoir été passionné par le destin de ce groupe de naufragés,la seule chose qui m'a intéressé est le final qui lui arrive à être prenant par la cassure qui est faite et par la réalité qui rattrape ces enfants.
Bon petit film mais qui ne pas assez loin dans sa réflexion sur la construction d'une société autarcique par des enfants. De plus, malgré une durée assez courte (1h30), on ressent quelques longueurs additionnées d'un rythme parfois mollasson. Heureusement, la mise en scène et la photographie rehausse le niveau et, bien que ne tenant pas toutes ses promesses, "Sa Majesté des mouches" reste plutôt pas mal.
La bêtise, la méchanceté et la cruauté n'ont pas d'âge. Voilà peut-être ce qu'il faut retenir du drame de Peter Brook, dans lequel des enfants à priori bien éduqués se montrent aussi monstrueux et cruels que leurs aînés.
Histoire intéressante, mettant en scènes des gamins échoués sur une île déserte qui, abandonnés de tout contact adulte, s’organisent tant bien et souvent mal, en Robinson “Cruauté“ en culottes courtes. Même si le scénario n’évite pas une certaine naïveté, omettant d’expliquer les causes de l’accident d’avion ou toute forme de tragédie psychologique liée à un crash ou l’éloignement affectif des parents. Passé ce postulat soigneusement évité et volontairement rendu simpliste, P.Brook s’attache à décrire ce réflexe humain, adulte comme puéril, d’une société qui tisse et structure socialement comme elle se complaît à retrouver ses réflexes animaux de meutes communes pour mieux le détruire et afficher sa suprématie. Le drame a beau être tenu par des gamins, la charge résonne dans notre société adulte, finalement si sauvage et animale. Plutôt lent et ludique à son début, le film prend une tournure plus dramatique à son milieu, assez explicite dans son propos mais aussi limité dans la charge « coup de poing » qu’il tente à démontrer. Tous les apprentis comédiens sont au diapason, leurs jeux tout en naturel et spontanéité, renforce la candeur ambiante. Bien que son sujet soit fort et tout en nuance, il manque à cette adaptation de “Sa Majesté des Mouches“ un ton et une psychologie narrative pour y adhérer complètement.
Une adaptation assez longuette du chef d’œuvre de William Golding, parfois frappée d’éclairs de génie comme ces scènes chargées de pénombre montrant le naufrage psychologique des enfants. ‘’ Sa Majesté des mouches ‘’ ne triche pas avec le spectateur, tentant au maximum d’accentuer le naturel de ses jeunes interprètes, bien que cela soit parfois difficile (notamment avec les plus jeunes), quitte à recourir à l’improvisation. Outre les efforts déployés par le réalisateur Peter Brook, nous pourrions mentionner le superbe jeu du duo principal, formé par James Aubrey et Hugh Edwards, ainsi que les sublimes paysages, qui concordent bien avec l’atmosphère dégagée par l’ouvrage original. Autre détail, purement personnel celui-là : avez-vous remarqué que ‘’ Kyrie Eleison ‘’, la mélodie fredonnée par les enfants tout au long du film, reflète une tragique nostalgie et la beauté éphémère d’un univers qui s’apprête à sombrer dans la cruauté la plus primitive ? C’est peut-être insignifiant pour certains mais fort révélateur de la compréhension du roman par Brook. Et elle est on ne peut plus juste.
"Les uns ont la viande, les autres ont le feu". Et c'est toute la férocité de la nature humaine qui est ici mise à jour dans la pureté et l'innocence corrompue par la bestialité. C'est terrible et cruel mais en même temps une peinture forcément tragique.
Une formidable adaptation rendue peut-être supérieure encore au livre original grâce à une réalisation brillante, quasiment expressionniste par moments. Les jeunes acteurs sont extraordinaires. Un chef d'oeuvre de pessimisme.
En l’absence d’une véritable contextualisation de l’intrigue, d’une réalisation peu immersive et d’un portrait psychologique des personnages très sommaire, on reste un peu sur sa faim. Pourtant ce film de Peter Brook, réalisé en 1963, donne une vision barbare de notre société. Lorsque des enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes sur une île déserte, leur survie nécessite de la cohésion. Le récit démontre comment la tentative de transposition d’un régime démocratique va se transformer en sauvagerie primaire. La loi du plus fort est d’autant plus cruelle qu’elle met en scène de jeunes garçons. Bref, une œuvre particulièrement sombre sur la nature humaine.
Triste représentation de la société moderne, Sa Majesté des mouches dresse un portrait des plus affligeants de la condition de l'homme une fois détaché des injonctions sociales qui s'imposent à lui au quotidien. Partant du principe que sans les lois, normes et règles implicites comme explicites inhérentes à la vie moderne, les individus s'abandonneraient au plus terrible des chaos, deviendraient sauvages et cesseraient de se respecter les uns les autres, Peter Brook - et avant lui, William Golding - oppose les figures de l'inné et de l'acquis, du sauvage et du savoir, de la force et de la sagesse, etc. et si l'on peut reprocher à cette interprétation de l'Homme d'être dualiste et, par là, trop basique pour être réaliste, elle a le mérite d'être entière et de reposer sur une mise en scène de qualité. Chaque plan est en effet parfaitement pensé et exécuté, illustrant parfaitement la tension qui s'installe tandis que la barbarie de l'un des protagonistes principaux se forge une assise et que la naïveté de son adversaire persiste à s'accrocher à ses principes les plus nobles. Quant aux autres, ils ne sont considérés que comme d'imbéciles bestiaux qui se contentent de manger dans la main du plus offrant. Loin de moi toute considération aussi peu nuancée et méprisante de l'Homme mais, que nous approuvions ou non le terne portrait des rapports interindividuels défendu ici, ce film use de tous les outils qui sont à sa portée pour illustrer son point de vue et il le fait à merveille. C'est pour moi une belle découverte.