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Jean-François S
59 abonnés
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4,5
Publiée le 29 août 2010
Un film qui fait démentir l'expression "innocentes têtes blondes". L'enfance est ici décrite comme un age cruel faisant régner la loi du plus fort. Le film se veut le représentant du négatif de la nature humaine. En l'espace de quelques jours l'île deserte paradisiaque va se transformer en une terre devastée par le conflit entre Jack et Ralph.
A vrai dire, je n'étais spécialement attirer par ce film, mais puisque ces temps-ci je me dit que je manque des choses, j'y suis allée, avec conviction. Et c'est très bien. Sa majesté des mouches est un de ces films qui capte votre attention dès la première image, dès le générique, avec cette musique puissante et franche. Pas le temps de nous faire une petite introduction, comme voir les parents dire adieu à leurs enfants qui s'en vont jusqu'en Australie (soit un peu le fin fond du monde). Peter Brook n'en tiens pas compte, et va directement au fait. Le scénario pourrait s'avérer fade et sans surprise, il n'en est pas. Il croît petit à petit en émotion et en douleur et les acteurs, aussi jeunes soient-ils, sont tout bonnement merveilleux. Les gros plans sur ses visages qui semblent si innocents et purs (Ah, toute cette blondeur !) sont à tomber, ils sont bouleversants, en particulier vers la fin où ils me semblent devenir plus intenses. Un très bon film.
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4,5
Publiée le 3 octobre 2021
Sa Majesté des mouches était une lecture obligatoire pour nous au collège. Cette sombre allégorie de William Golding qui se déroule à Londres en temps de guerre raconte l'histoire d'un groupe de jeunes écoliers transportés par avion hors d'Angleterre et livrés à eux-mêmes après qu'un accident d'avion les ait abandonnés sur une île inhabitée sans aucun adulte survivant. Alors que les garçons luttent pour s'adapter à leur existence rudimentaire mais étrangement exotique de Robinson Crusoé la troupe commence à se diviser en deux sectes opposées après avoir échoué à s'entendre sur un code d'éthique autonome. La plupart des garçons décident de se délecter de leur liberté non surveillée revenant à un comportement primitif et animal et recourant à des actes barbares et à des pratiques rituelles. Une conque devient l'incarnation du pouvoir une tête de sanglier le symbole de la conquête seigneuriale. De l'autre côté un groupe minoritaire tente de repousser la force tentatrice du mal en formant une communauté plus civilisée. Finalement le facteur survie du plus fort s'installe et le chef oint du groupe hostile incitant à la violence pour imposer une autocratie. Le postulat fascinant de Golding ne laisse certainement pas beaucoup d'espoir quant à l'avenir de l'humanité. Nous sommes conditionnés en tant que peuple pour être civilisés c'est un trait acquis mais pas un trait inhérent a l'humain selon l'auteur du livre...
Film choc pour son époque ! "Sa majesté des mouches" dépeint les relations humaines de manière surprenante et effrayante. Un groupe d'enfants, dont l'avion s'écrase sur une île déserte, va devoir survivre en s'organisant, en s'entraidant. Rapidement, l'un d'entre eux prend le pouvoir et applique tout ce que la nature humaine à de plus horrible.
Un certain charme, pour ce qui se révèle au finale quelque chose qui a assez vieilli. A voir pour la performance exceptionnelle des enfants, et la morale terrifiante qui en ressort.
L’œuvre de Golding relayée par la caméra de Brook a fait de cette histoire d’enfants naufragés sur une île déserte une ode à la liberté et au retour à l’état sauvage. C’était sans compter sur les méfaits de la civilisation réduite à ce microcosme si éloquent au cœur d’une nature quasi paradisiaque. Aujourd’hui le propos peut paraître un brin candide, mais il est révélateur d’un état d’esprit qui depuis Daniel Defoe pour ne pas remonter trop loin à la série TV « Lost » remue bien les imaginations. Car c’est de la vie dont il s’agit et de l’aventure de l’histoire humaine. Le microcosme imaginé par Brook et Golding est toujours d’une vérité accablante. Nous resterons des hommes.
Avis bonus Une rencontre avec le réalisateur qui nous présente très bien le projet et sa réalisation Pour en savoir plus
Avec le vieux son dont il est doté, le film perd beaucoup de son charme qui se voit transformé en une braillarde agitation. En l'absence de prétexte explicatif (difficile de faire détailler la situation par un enfant, au fil du film et innocemment, sans compromettre leur crédibilité), la compréhension est assez compliquée. Et malgré toute la bonne volonté des petits acteurs, l'ambiance de décadence, d'anarchie et de morbidité n'est pas retransmise avec toute la puissance possible. Dommage, finalement, que les portraits ne soient pas mieux dépeints car les nuances qu'on devine se perdent dans le vacarme autant sonore que visuel alors qu'il y avait matière à faire une oeuvre bien plus psychologique et subtile, où l'art aurait consisté à ne manipuler que des enfants acteurs pour recréer une ambiance adulte.
William Goulding prix nobel de litterature à écrit un roman fort qu'il est impossible de rendre au cinéma avec des acteurs inexpérimentés comme sont les enfants (1 seul c'est déjà dur mais 20 sans adultes que dire!) .Aussi reste-on sur sa faim malgré la dramaturgie présente.Il est probable que dans la vraie vie les choses puissent se passer ainsi mais c'est impossible de savoir exactement quelles formes prendraient les comportements.Ce qui est certain c'est qu'il manque beaucoup de choses à ce film pour en faire un classique:la peur,les espoirs,le chagrin,la méchanceté sont sous représentés auditivement et visuellement mais c'était ,je le répète, mission impossible.
Le film est tiré du 1er roman éponyme (1954) du britannique William Goulding (1911-1993), prix Nobel de littérature en 1983. En noir et blanc (belle photographie), le film débute par le générique qui défile sur des images de lycéens et de la seconde guerre mondiale. Des adolescents se trouvent échoués sur une île tropicale, vraisemblablement à la suite d’un accident d’avion. Ils se prennent en main afin de pouvoir manger et s’abriter. spoiler: L’un d’eux s’improvise chef et prend sous son aile, Piggy, obèse et myope dont beaucoup se moquent. Un 2nd chef émerge, moins réfléchi et plus brutal, créant ainsi un 2nd groupe, plus violent. Petit à petit, les rapports dégénèrent et le vernis de leur éducation britannique disparait… Un film qu’aurait pu tourner John Boorman pour qui le retour à la nature est synonyme de retour à la barbarie [cf. « Duel dans le Pacifique » (1968) et « Délivrance » (1973)]. Le titre vient des mouches pullulant sur la tête d’un cochon tué par les adolescents et trônant en haut d’une pique. Une belle parabole sur la part du Mal qui est en chacun, avec le choix fort d’avoir choisi des adolescents et des enfants, confrontés à une situation exceptionnelle, perdant leur innocence en acquérant des comportements d’adultes. Un peu long néanmoins (92 mn). .
dans un noir et blanc de toute beauté, un groupe d'enfants échoué sur une île déserte redéfini certains grands thèmes de la sociologie et de l'anthropologie (nature/culture, instinct de survie, le pouvoir, la force,raison/passion, rites sacrificiels, la civilisation par le feu,la scarification corporelle, l'inconscient collectif, la pression du groupe, etc...)le tout à hauteur d'enfants entre jeu permanent et peur du noir (le monstre est en chacun de nous!!!) avec l'adulte tout de blanc vétu qui vient remettre de l'ordre troublant!!!
Ca a pris un relatif coup de vieux, mais Sa Majesté des Mouches se regarde sans déplaisir. Surtout pour ceux qui ont lu le livre. Une adaptation modeste et fidèle ( pour ce que je me souviens du bouquin ). Bref, au final, ça m'a surtout donner envie de le relire.
Une adaptation mitigée de l’œuvre. La première partie, fidèle et bien jouée met bien en valeur les différentes études sociales et sociétales. Les études de la violence/dictature et de la démocratie avec leurs écueils est bien menée. En revanche, la seconde partie est plus brouillon. À cause d'un manque de moyens financiers ? Parce qu'elle est moins fidèle au roman ? Le "monstre" est mal représenté. spoiler: L'acmé de la cérémonie tribale est trop vite survolé. spoiler: La traque finale est trop rapide. C'est dommage, car cela aurait apporté une autre dimension au film.
Quoique typiquement anglais, il y a là une belle parabole de la société actuelle , et bien sûr un beau pied-de-nez à ces éternels partisans de cette fameuse « petite histoire » & anti-cinéphiles !..
Le film a un peu vieilli. Il faut le voir, non pas comme un film pour enfants, mais comme une mise en images de l'Humanité. Comment l'Homme vit en société et comment il s'en échappe. La façon d'aborder la civilisation semble à la fois réaliste et fait froid dans le dos. En très peu de temps, le semblant de vie en communauté va se transformer en lutte de pouvoir puis en sauvagerie, animale et primaire. On pourrait résumer le film a un mélange de Robinson Crusoë, la Guerre du Feu et la Guerre des Boutons, mais ça ne ferait pas justice à l'œuvre qui a inspiré Seul au Monde ou Battle Royale.