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Gérard Delteil
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3,5
Publiée le 3 janvier 2017
Ca ne tient pas debout, c'est bourré d'invraisemblances grossières, voire d'incohérences. Sinatra prenant l'avion pour l'Allemagne de l'Est avec une mallette contenant un fusil, fallait oser. Et pourtant c'est si bien fait qu'on marche. Voici un thriller d'espionnage sans effets spéciaux ni poursuites en voiture comme on savait les faire dans les années soixante. Suspense, mise en scène précise, interprétation impeccable, on n'est pas très loin de Hitchcock.
Original, a great film expressing things in differents ways, in a different language. The sequence of the urban & rigid hillbillies, with their idle glare is worth seeing. "How could it bee worse ?"
Après le superbe Ipcress - Danger immédiat Sidney J. Furie tournera un western avec Marlon Brando (L'homme de la Sierra) puis retournera à l'espionnage, Chantage au meurtre niveau réalisation est moins ambitieux qu'Ipcress même si on y retrouve quelques plans visuels audacieux comme filmer de loin Frank Sinatra à travers la poignée de sa mallette. Chantage au meurtre est un film d'espionnage au ton un peu trop posé et possédant des passages moins intéressants (la partie à Copenhague n'est pas vraiment réussi) pourtant le scénario astucieux montre bien jusqu'au ou peut aller un service d'espionnage pour mener à bien une mission quitte à abuser sans vergogne des gens. De plus ce film britannique possède le style séduisant de ce genre de film et la période de la guerre froide offrait des situations plus passionnantes que les actuels film ou série d'espionnage.
Par amitié, l'homme d'affaires Sam Laker accomplit une mission pour le chef de l'espionnage anglais. Il ignore, contrairement au spectateur, mis dans la confidence, qu'il est manipulé. Entre Leipzig et Copenhague, le réalisateur tourne une intrigue d'espionnage tissée de fil blanc et au parti-pris esthétiques malheureux, ou contestables. Le manque de profondeur des personnages et l'invraisemblance de l'histoire rendent vains ces inélégants champs-contrechamps et ces gros plans sur les protagonistes, censés sans doute cerner leurs tourments, tout autant que le travail sur la photographie, cafardeuse et sombre. Sinatra campe une figure plutôt terne en père de famille inquiet et en pion égaré que le scénariste voudrait nous faire prendre en compassion. Sa composition manque en tout cas d'expressivité et d'énergie, même à considérer que son personnage est moins un homme d'action qu'un type ordinaire, un anti-héros. D'action, il n'y en a guère dans ce film peu spectaculaire et davantage assis sur une ambiance délétère et une idée unique: l'espionnage est un monde cynique et cruel où l'on sacrifie jusqu'aux vieilles amitiés. Voilà, voilà. La noirceur du récit fait parfois son originalité mais l'intrigue est franchement inintéressante.