Sorti en salles en février 2003, « Arrêtes moi si tu peux » peut être considéré comme un cadeau de noël en retard offert par Steven Spielberg aux fans de cinéma américain indépendant...
En effet, contrairement à ses productions habituelles, Spielberg nous livre ici un film intimiste qui retrace la jeunesse peu conventionnelle de Frank Abagnale Jr.
Après une enfance tranquille au sein d'une famille modeste, le divorce de ses parents marquera la fin de l'innocence pour Frank. Il va quitter le cocon familial à 16 ans, et va être très vite confronté à de grandes difficultés financières. Pour subvenir à ses besoins, il va se laisser entraîner dans des petites magouilles. Toutefois, toute l'originalité est que « Junior » ne tombera pas dans un banditisme banal qui a été transposé maintes fois à l'écran : en effet, Abagnale va devenir un faussaire hors pair.
En trafiquant des chèques, il va embarquer sur 255 vols, aux frais de la Pan American World Airways pendant deux ans, parcourant ainsi 26 pays. Dès lors, il va devenir successivement médecin, avocat, professeur d'université ou encore assistant du procureur. Véritable caméléon, Abagnale va vivre au gré de ces différentes identités, et par la même occasion lier et délier des relations qui lui tiennent parfois réellement à cœur.
Ces actions frauduleuses vont éveiller l'intérêt de l’État, et plus particulièrement celui du FBI, qui va lancer l'agent Carl Hanratty (Tom Hanks) sur sa trace. Cette course poursuite entre les deux hommes constitue bien évidemment le cœur du film, et va donner lieu à des situations rocambolesques, comme celle de l'hôtel.
Outre cette formidable histoire tirée de l'autobiographie de Frank Abagnale Jr, le film présente de nombreux atouts. Tout d'abord, le casting est irréprochable et donne beaucoup de charme à cette histoire : DiCaprio est en pleine forme, et montre qu'il prend de plus en plus d'épaisseur dans ses rôles. Tom Hanks est vraiment parfait dans la peau du flic têtu et teigneux. Les seconds rôles dont se chargent des acteurs prestigieux (Christopher Walken, Martin Sheen) sont bien écrits et apportent de la richesse à la trame principale.
L'émotion est palpable dans la mise en scène de l'enfance d'Abagnale, dans son désarroi quand il réalise que son mode de vie « nomade » l'a coupé de sa famille, et de toutes les personnes avec qui il peut réellement être lui même.
Malgré une mise en scène classique, l'originalité de l'histoire tirée de faits réels et l'interprétation sans fausses notes de l'ensemble du casting font d'«Arrêtes moi si tu peux » un film de grande qualité, devant lequel on passe un bon moment.