un très beau film pour un très beau livre. merci Alain Resnais et Marguerite Duras pour ces moments sensibles remarquablement interprétés par Emmanuelle Riva et Eiji Okada.
D'accord avec les autres critiques : réalisation impeccable, acteurs nuls. De belles images défilent, des visages aux traits douloureux se succèdent et émeuvent, des vues d'Hiroshima et de son quotidien apaisent et... au milieu... les voix insupportables des deux personnages qui jouent mal un texte qui n'est pas fait pour être récité. C'est dommage et ça gâche le film même s'il reste à voir car vraiment beau. La musique est belle et devrait quand même vous dissuader de le regarde sans volume, comme un film muet en noir et blanc.
Tout d'abord, Marguerite Duras, un nom et tout ce qu'il peut m'évoquer, L'AMOUR, l'amour dans toute sa splendeur et sa difficulté... des acteurs émouvants, elle est magique, il l'est à sa manière, plus douce, plus calme, moins tourmentée... des images chocs, et des maux, les maux de tout un monde blessé par la guerre... un film qui laisse des traces bien après...
Ayant acquis une certaine notoriété en ce qui concerne les documentaires, Alain Resnais se voit confier la réalisation d’un documentaire sur la bombe H. Il se rend pourtant vite compte qu’un tel projet est impossible à réaliser étant donné la quinzaine de documentaires traitant déjà de ce sujet et surtout le peu de moyens qui lui a été accordé. Désireux que ce projet aboutisse à quelque chose, Resnais fait appel à Marguerites Duras et lui propose une collaboration. On passe alors d’un film sur la bombe à une histoire d’amour sur fond de guerre où la bombe serait présente comme « élément de paysage » et de réflexion. Le film repose sur deux oppositions, voire un oxymore, que l’on retrouve premièrement dans le titre : «Hiroshima » (la guerre, la haine) et « mon amour » ( sentiment plus pur et plus personnel avec le «mon»). On retrouve aussi cette idée de contraste dans les histoires qui nous sont plus ou moins racontées : la Grande (Hiroshima), et la petite (celle avec l’allemand et le japonais). Deux destins s’opposent mais se rejoignent quand même : celui d’un pays et celui de la femme. En effet, elle va être bouleversée par le sort du pays même si elle n’en a rien vu. Ici, il est question de voyage : entre Paris et Hiroshima, entre le passé et le présent et même entre la cendre et la passion lorsque les deux corps sont enlacés. Il est vrai qu’en ce qui concerne la temporalité le film peut paraître complètement décousu. Il est même difficile de pouvoir s’en souvenir avec exactitude après l’avoir vu. Resnais n’utilise pas de flash back, ce sont des briefes de morceaux qui reviennent en mémoire comme s’ils rattrapaient le présent (le meilleur exemple se trouve être la scène de la main du japonais qui se crispe et qui suscite chez sa maîtresse un « flash » de ce qu’elle a pu vivre dans le passé ). Ce n’est donc pas un retour en arrière mais plutôt un retour en avant, comme si le passé revenait hanter le présent : le film fonctionne en fait par écho visuel entre le pas
Œuvre autant poétique dans la littérature que dans la photographie. Malgré quelques longueurs et une histoire peu facile d'accès, le film reste sans prétention aucune et plaisant à regarder.
Tu n'as rien vu à Hiroshima C'est une phrase qu'on n'oublie pas. Comme un coup de feu étouffé. Comme une vérité qu'on refuse d'entendre. Hiroshima mon amour, c'est une blessure ouverte. Une errance entre les décombres d'un passé trop lourd et un présent trop fragile. Deux inconnus, deux solitudes, qui se croisent le temps de quelques heures. Elle parle, il se tait. Il est là, mais elle est encore ailleurs. C'est un film hanté par la mémoire, par la guerre, par l'impossibilité d'aimer pleinement quand on est brisé. Et au centre de cette tempête calme : Emmanuelle Riva. Magnétique, troublante, incandescente. Chaque mot qu'elle prononce semble trembler entre le contrôle et la rupture. Elle dit l'oubli, la honte, l'amour mais c'est son corps, son regard, ses silences surtout, qui disent tout. Elle n'interprète pas un personnage: elle est la mémoire elle-même, instable, obsessionnelle, sublime. Face à elle, Eiji Okada, tout en retenue. Il incarne cette force silencieuse, cette présence immobile qui refuse de se laisser engloutir par les mots. Leur duo est un miracle d'équilibre. Elle déborde, il ancre. Elle se souvient, il exige l'oubli. Et dans cette tension, quelque chose d'universel naît.
Note à but personnel: Je ne suis pas assez intelligent pour ce film, mais c'est beau, enfin je crois (ce film a trois ans de moins que Lawrence of Arabia).