4271 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
130 critiques spectateurs
5
43 critiques
4
28 critiques
3
20 critiques
2
20 critiques
1
11 critiques
0
8 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Yasujirô Rilke
274 abonnés
1 059 critiques
Suivre son activité
5,0
Publiée le 25 mai 2008
Là où «Nuit et brouillard» (France, 1955) dAlain Resnais était un témoignage liminaire et nécessaire des supplices de la Seconde Guerre Mondiale, «Hiroshima mon amour» (France, 1959) du même réalisateur soulève davantage la question de loubli, la question de la mémoire, développe ce qui demeurait en suspens dans le documentaire. Après avoir vu, du moins avoir eu un semblant de vue, que reste-t-il de cela ? Une promesse à l'acte de prétérition ? Soutenu par un magnifique scénario dun lyrisme littéraire signé Marguerite Duras, «Hiroshima mon amour» traite de deux horreurs sourdis de la Seconde Guerre Mondiale : la bombe atomique, notamment son utilisation à Hiroshima et la tondaison des femmes amantes de soldats allemands. La première horreur, celle dHiroshima, trouve son affectation dans le film par une introduction documentaire et poignante, dans la même veine que «Nuit et brouillard». Photos à lappui, discours durasien en fond, cette fois-ci le mélange entre ce documentaire et la fiction assume la volonté du film darpenter la question de la mémoire. La seconde infamie, la tondaison des françaises amantes dallemands, s'inscrit au sein de la fiction. Le personnage d'Emmanuelle Riva, dans un témoignage évocateur, transcrit visuellement par Resnais grâce à une altération entre le récit et sa représentation, son personnage souffre. Tout comme le personnage d'Eiji Okada qui languis furtivement, ne trouvant que comme secours le témoignage soudain d'un amour fébrile. «Hiroshima mon amour» par l'imbrication du documentaire dans la fiction, corrélés par les dialogues de Marguerite Duras, possède une charge impétueuse mais étrangement âcre, ce qui donne au film une saveur ginguet.
Tout d'abord, Marguerite Duras, un nom et tout ce qu'il peut m'évoquer, L'AMOUR, l'amour dans toute sa splendeur et sa difficulté... des acteurs émouvants, elle est magique, il l'est à sa manière, plus douce, plus calme, moins tourmentée... des images chocs, et des maux, les maux de tout un monde blessé par la guerre... un film qui laisse des traces bien après...
Les coups d'éclat à l'origine de la «Nouvelle Vague» sont assez divers! Et le coeur de chaque cinéphile penche plutôt pour l'un ou pour l'autre. Certains se reconnaissent de préférence dans «À bout de souffle», d'autres savourent davantage «Les quatre cents coups», d'autres encore, dont je suis, ne cachent pas leur préférence pour «Hiroshima mon amour» (1959). Resnais a signé là un poème cinématographique inoubliable qui dépasse très largement le prétexte initial d'un mémorial sur Hiroshima. Axé, comme toute l'oeuvre ultérieure du cinéaste, sur une interpénétration des thèmes de l'amour, de la mort et de la mémoire, le film déroule le fil d'une cantilène envoûtante qui puise sa substance simultanément dans les images d'une photographie superbe, dans le texte de Duras et dans la musique signée Delerue et Fusco. André Delvaux l'a très bien perçu, l'oeuvre de Resnais est révolutionnaire en ce que sa construction ne résulte plus de l'ordre événementiel, ou les péripéties d'un drame, mais procède toute entière du dialogue lyrique de l'homme (Okada) et de la femme (Riva). Film profondément littéraire donc où les images, les gestes et les sons épousent la scansion même du texte. Avec «Hiroshima mon amour», Resnais a signé le premier d'une série de trois monuments (avec «L'année dernière à Marienbad» et «Muriel») qui comptent parmi les quelques plus beaux films du cinéma français.
Oser mettre 3 étoiles à "Hiroshima mon amour" serait de toute évidence sous-noter un film essentiel du patrimoine cinématographique mondial. Alors exceptionnellement je mets une étoile de plus en dépit du fait que jaie parfois eu du mal à rester concentré. Les quinze premières minutes sont une terrible évocation du sort injuste de la ville dHiroshima, frappée du feu nucléaire le 6 août 1945. Echange impossible de souvenirs reconstitués sur fond dimages darchives éprouvantes. La femme, française (Emmanuelle Riva, dans un phrasé tout durassien), se figure leffet dune bombe à uranium : "une ville se soulève pour retomber en cendres". Lhomme, japonais (Eiji Okada, dans un français très correct), ne cesse de lui répéter : "Tu nas rien vu à Hiroshima". Nous sommes à la fin des années cinquante. Ils viennent de se rencontrer, dès le lendemain ils devront se séparer. La douleur de cette imminente fin est déjà en eux. Plusieurs fois ils se quittent pour se retrouver de suite. Elle qui voit en lui Hiroshima, lui qui choisit de voir Nevers en elle. Alors autour de quelques verres dans un restaurant, elle lui raconte sa jeunesse dans la Nièvre et surtout sa "folie à Nevers". Folie après avoir perdu son premier amour, un soldat allemand, un ennemi de la France. Folie dêtre recluse par sa famille qui la fait passer pour morte afin de ne pas affronter la honte. Film complexe sur la peine, la mémoire et linéluctabilité (nécessaire ?) de loubli.
D'accord avec Alcatel, le premier 1/4 d'heure est magnifique très poétique, voix off commentant les images d'Hiroshima après la bombe nucléaire. Après cela commence un long et interminable amour impossible entre une actrice française et un japonais dont on se fout royalement. Le film est bien filmé, reste poétique mais c'est chiant ! surout vers la fin, avec des rebondissement sans intérêt sinon que de rallonger le film. Assez décevant pour un film considéré comme un patrimoine du cinéma mondiale.
Ce film est un poème lyrique transposé avec talent à l 'écran par Resnais.Il est aussi un voyage à travers la mémoire et l'horreur de l'oubli.Comment rester indifférent face à des séquences ou se confondent l'amour,la mort, la poésie,la douleur...C'est un film qui nous interpelle nécessairement avec ses plans chocs et la reflexion sur la mémoire et le deuil.Cette création conjointe de Duras et Resnais est plus qu'une réussite,c'est un chef d'oeuvre.A voir et à revoir.
Alain Resnais réussit une excellente adaptation cinématographique du roman de Marguerite Duras. Le premier quart d'heure vaut pour rappel historique de la catastrophe nucléaire. La durée restante est, quant à elle, dévolue à cet amour que l'on souhaiterait possible. Reconnaissons quelques longueurs et silences pouvant rebuter au bout d'un certain temps. Mais comment ne pas se laisser envoûter par la beauté des images et le jeu bouleversant des protagonistes? A tel point qu'"Hiroshima mon amour" marque à jamais n'importe quel cinéphile...
Un film sur un amour impossible. Le film est plutôt centré sur le personnage féminin. Ainsi on découvre pourquoi elle ne vit que des aventures éphémères et qui semblent impossible dans la durée... Elle se refuse d'aimer d'ailleurs leur amour est impossible en tous point : ils sont mariés chacun de leur coté... Le début du film est un peu ambigu : la scène d'amour est ponctuée d'image et de dialogues sur de la catastrophe d'Hiroshima.
Les acteurs : excellents, il faut un certain talent pour pouvoir jouer avec autant de justesse car la caméra joue beaucoup avec les émotions (filmé souvent en gros plan).
Le scénario : on n'a pas affaire à n'importe qui : Duras. Il y a dialogues forts et réfléchis. Parfois de la pure poésie !
La photographie : les plans sont magnifiques ! Je pense surtout lors des dialogues entre les deux protagonistes – lorsqu'on les voit sur le même plan.
L'un des quatrième ou cinquième plus beau film de l'histoire du cinéma. Je ne sais pas si c'est le texte de Duras, les images de Resnais ou l'interprétation, ou l'interaction des trois peut-être...Mais me résultat est submergeant. Un film poétique. Un film qui pleure.