Assumant son humour noir jusqu'au bout, cette comédie peu amusante s'appuie sur la verve (surjouée) de Fernandel ainsi que sur une galerie de personnages stéréotypés pour imaginer la nuit d'angoisse d'un curé dépositaire d'un secret qu'il ne peut révéler sans trahir le principe de la confession. Présentant l'homme d'église avec nuances, le récit ne pose pas un oeil moins cynique sur la religion dont il expose les paradoxes à travers l'aubergiste meurtrière. S'appuyant sur des péripéties peu crédibles (dont une scène d'hystérie collective insupportable), l'intrigue offre comme seule échappatoire viable l'amour, à rebours du sarcasme ambiant. Bancal.
Parfois considéré ( Jean Tulard notamment dans son dictionnaire du cinéma ) comme le chef d'oeuvre de Claude Autant-Lara, " l'auberge rouge " (1951) fait partie de ces classiques de la qualité française que les hasards de la vie n'avaient jamais mis sur mon chemin.
Reposant sur une affaire criminelle qui avait défrayé les annales judiciaires du XIX ème siècle ( un couple d'aubergistes de l'Ardèche detroussaient leurs clients/voyageurs avant de les faire disparaitre) " l'auberge rouge" est une sorte de comédie criminelle ( on peut penser à l'anglais " Noblesse oblige " de Robert Hammer ou au Capra de " Arsenic et vieilles dentelles).
Le scénario prend du temps avant de démarrer véritablement et mis à part quelques scènes entre Françoise Rosay et Fernandel ( celle de la confession notamment, sans doute la meilleure du film ), il me semble que beaucoup d'autres sont franchement sans atteindre la même intensité de saveurs.
Fernandel domine la distribution, mais il n' atteint que rarement le degré de puissance d'interprétation qu'il avait montrée chez Pagnol.
C'est un opus d'Autant-Lara à connaître certes, mais " la traversée de Paris" autre titre majeur du cinéaste, me semble être très très largement au dessus. Il a, en tout cas ma préférence.
3,5/5 Bien. Un film au ressort comique original. On sourit plus souvent qu'on ne rit mais on passe un bon moment devant ce film au casting impeccable. Chacun a un rôle très caricatural collant à l'ambiance et l'ensemble est amusant.
Inspiré d'un vrai fait-divers des années 1830, Claude Autant-Lara nous offre une œuvre exceptionnelle, interprétée avec fougue par un Fernandel au top de son art. Si on pourra reprocher le côté un peu caricatural et trop théâtral c'est aussi l'époque qui veut ça. Sans rien dévoiler , la fin n'est pas très catholique non plus comme l'auberge rouge. Un remake sera réalisé en 2007.
Des voyageurs égarés pensent trouver refuge dans une pittoresque auberge de montagne. Mais les patrons, du genre Thénardier, ont la mauvaise habitude de trucider et dépouiller leur clientèle. L'arrivée d'un moine bouleverse leur sinistre plan. "L'auberge rouge" est une comédie d'humour noir aux effets parfois un peu trop appuyés, et le récit ne devient véritablement amusant que lorsque Fernandel, le moine, mis au fait mais tenu par le secret de la confession, n'a de cesse, le temps d'une nuit agitée, d'épargner la vie des ses compagnons d'infortune. On s'amuse de ses expressions peureuses ou indignées, mais il manque peut-être à cette noire comédie une certaine causticité, quelques quiproquos propres à dynamiser un récit en forme de huis-clos. La liberté de ton qu'on reconnait habituellement au film n'est pas réellement subversive. L'aspect satirique reste modeste, qui oppose des plébéiens avides à de sots bourgeois, autant de personnages cyniques et médiocres spoiler: [spoiler](d'ailleurs, tous vont à leur perte!). La farce est néanmoins plaisante, ne serait-ce que par ses interprètes.
En 1951, soit cinq ans avant « La traversée de Paris », Claude Autant-Lara signe une comédie vaudevillesque pourtant inspirée d’un fait divers sordide. En prenant clairement le parti de traiter l’histoire de ces aubergistes meurtriers sous l’angle du divertissement, il offre à Fernandel un rôle taillé sur mesure. Ce dernier use parfois jusqu’à l’excès de nombreuses facéties pour amuser le public. Si certaines scènes ont à l’époque choqué le clergé (notamment le passage de la confession particulièrement drôle), c’est finalement la petite bourgeoisie qui en prend le plus pour son grade. Bref, du cinéma suranné mais qui n’en demeure pas moins un classique.
Le style théâtral, à l'excès par moment, a largement accéléré le vieillissement de ce film noir et blanc, qui apparait de ce fait plus daté que d'autres sortis dans la même décennie. L'histoire à l'humour noir constitue une bonne trame de scénario mais cet humour a perdu de son mordant avec le temps (en dehors peut être de la scène de la confession), tout comme la petite partie romantique qui se ressent de l'interprétation désuète des deux jeunes acteurs. Heureusement il reste la présence de Fernandel dont la bonhommie et le sourire communicatif restent eux intemporels.
L'histoire se déroule en 1831 dans une auberge isolée en Ardèche où l'on assassine les clients ceci tiré de l'histoire vraie de l'auberge de Peyrebeille. Fernandel joue un moine auprès duquel l'assassin va se confesser. Fernandel qui était catholique joue un moine et il semble que le réalisateur avait en vue d'être anticlérical pour ce film et Fernandel se serait fâché avec lui à cause de cela. Dans le film l'aspect conscience joue un rôle important et l'ensemble amène à réfléchir sur l'éphémère de l'existence par une foule de détails comiques et dramatiques en même temps. La fin est à découvrir. Est ce une fin finaude ? à chacun de se faire un avis. De même difficile de ne pas avoir des avis contrastés sur le côté comédie ou drame, lequel est prépondérant au final ?
A l’époque de sa sortie (1951), cette comédie a suscité beaucoup de critiques et elle a été très contre versée. Dans ce film Fernandel incarne le rôle d’un prêtre qui connaît l’envie de tuer de ces aubergistes très spéciaux avec brio. Entre les critiques de bourgeois, de l’église et de l’esclavage ; ce film est un petit bijou classique.
Une très bonne comédie avec de très bons acteurs, en particulier Fernandel, Julien Carette et Françoise Rosay, ainsi d'ailleurs que tous les seconds rôles. Même le noir et blanc n'est pas gênant. Et elle n'a pas tant vieilli que ça )à part la tonsure de Fernandel dont on voit très bien qu'elle est fausse alors que de nos jours, on n'aurait sans doute rien vu). Aucune longueur sauf peut-être la scène du mariage.
Chef d’œuvre de Claude Autant-Lara avec Fernandel, Françoise Rosay et Julien Carette qui joue formidablement son rôle d'aubergiste assassin. Il est cynique, immoral, fourbe et répugnant. Sa prestation fait oublier celle de Fernandel en moine froussard. Un des rares premiers rôles de Carette et de loin son meilleur. A noter que le film est un mixte entre le fait divers du début du XIXème siècle et la nouvelle d’Honoré d Balzac. Je recommande surtout pour Julien Carette.
J'avais vue le remake avec Christian Clavier &Co et bien que prêtent à sourire le résultat était assez grotesque. Ici dans cet version original l'humour est toujours très présent mais le film est beaucoup plus cynique, le grotesque fait place à l'humour noir ce qui rend les événements plus "palpitants".