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Stardust 46
2 abonnés
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4,0
Publiée le 14 juillet 2022
Des scènes de combat très réalistes donc réussies ainsi qu'un Coburn charismatique suffisent déjà à passer un bon moment mais je n'ai pas ressenti ce truc en plus. Rajouté à celà le fait qu'on s'ennuie par moment et qu'on a une impression d'une spoiler: fin pas terminée , cela donne un très bon film de guerre qu'il faut avoir vu mais pas un chef d'œuvre même si un petit quelque chose en plus aurait pu en donner un.
Les turpitudes existentielles de la Wehmacht en Crimée pendant la débâcle de l'armée allemande: affrontement entre classes, bêtises et horreurs de la guerre, amitiés sont au programme de ce chef-d’œuvre de Sam Peckinpah. Étonnant que ce film où Sam Peckinpah est a priori loin de son univers (le Mexique et tout ce qui tourne autour du Rio Grande). Film tourné avec peu de moyens pour les scènes de batailles, mais où l'art de montage est exploité pleinement pour démultiplier les choses et aboutir à quelque chose de spectaculaire et d'horrible. Bien sûr, comme à son habitude, Sam Peckinpah ne fait jamais dans la finesse. Mais le film est diablement efficace sur les horreurs de la guerre (le camion qui roule sur un cadavre que l'on a même plus de temps d'enlever du chemin, la séquence de l’hôpital avec les amputés, l'exécution à l'arme blanche du jeune garde par la soldate russe), son absurdité (le soldat enfant russe, le mutilé de guerre qui n'a plus de bras et qui fait le salut nazi avec sa jambe), la bêtise (ne faire aucun prisonnier et tuer l'enfant qu'ils ont ramené, l'officier prussien qui se croit supérieur à ses soldats). Les scènes de vie des soldats dans leur baraquement sous-terrain sont riches et bien écrites et complètent les scènes entre l'officier et les soldats du rang. Les scènes au quartier général entre James Mason et David Warner, même si peu réalistes, fonctionnent parfaitement et sont parfaites dans la narration. L'affrontement verbal entre James Coburn et Maximilian Schell est passionnant et probablement peu réaliste aussi, mais jubilatoire. Le scénario et la narration sont un condensé et les trois scénaristes ont produit un beau travail sur l'inutilité de la guerre et la violence. Maximilian Schell arrive à presque nous faire prendre en pitié son personnage d'aristocrate prussien p eu intelligent, venu sur le front russe pour avoir la Croix de Fer, mais qui se révèle lâche et incompétent, ce qui permet à Sam Peckinpah de terminer son film un une crise de rire, désespéré et ironique.
La tristesse, l'absurdité, l'horreur de la guerre, y compris au sein d'un même camp : l'intègre et courageux sous officier face au lâche et arriviste officier aristocrate. Les combats sont impressionnants de réalisme. A ranger avec les Sentiers de la gloire de Kubrick au rayon "plus jamais ça".
« Cross of Iron » fait partie, encore aujourd’hui, des rares films de guerre se déroulant sur le front Est, et des (encore plus) rares films anglophones à se dérouler exclusivement du côté des Allemands ! On s’intéresse ainsi à quelques militaires de la Wehrmacht en 1943, alors que l’Allemagne est en pleine débâcle face à l’URSS. S’opposeront Steiner, un sous-officier excellent soldat mais complètement désabusé, et Stransky, capitaine issu de l’aristocratie prussienne qui ne cherche qu’à gagner facilement la Croix de Fer, prestigieuse distinction allemande. Sam Peckinpah livre là un film viscéral, violent, et réaliste, véritable uppercut en 1977, qui fait encore largement son effet de nos jours. Photographie teintée de vert évoquant des combattants pataugeant dans la crasse, gros travail sur les armes et les costumes, violence graphique prononcée montrant la barbarie du conflit, évocation des exactions commises (viols, exécutions de prisonniers) : le film traite sans gant blanc des difficultés du front russe. Sans compter une mise en scène inspirée. Le réalisateur utilise ses effets de montages chéris (ralentis entrecoupés avec des contre-champs…) et occasionnellement une caméra à l’épaule (procédé original à l’époque !) pour monter la confusion et l’ébullition qui règne au sein des combats. Peckinpah est par ailleurs très loin de choquer pour choquer, s’intéressant réellement à ses personnages. On retrouve une excellent James Coburn en soldat dont l’efficacité cache ses relents d’humanité, et dont le cynisme trouve son paroxysme dans ce conflit qui n’a plus de sens politique. Maximilian Schnell semble quant à lui s’amuser en interprétant cet officier hautain et sûr de lui, qui aboie de la propagande pour masquer des ambitions purement personnelles… et son incompétence flagrante. A travers sa volonté d’avoir la Croix de Fer à tout prix, le scénario évoquera le sens des décorations dans une guerre où la survie prime sur tout le reste, quitte à faire preuve de sauvagerie. Le scénario traite également du sujet de l’Allemagne au bord de la défaite, dont les militaires s’interrogent sur la manière de reconstruire un pays ayant causé tant de mal. « Cross of Iron » est ainsi un classique percutant du film de guerre.
Probablement le meilleur film pour commencer Peckinpah, on y retrouve évidemment ses types de personnages, tout le monde est plus ou moins mauvais, mais au milieu de tout ça, se trouve James Coburn, qui incarne pour le coup un vrai type vertueux, la zone de gris est bien moins présente que dans d'autres films de son auteur, du moins chez le personnage principal. Outre cette, selon moi, excellente porte d'entrée à son auteur, Croix de fer est un film de guerre vraiment grandiose, les scènes d'affrontements sont extrêmement impressionnantes, c'est difficile à croire qu'avec un budget si petit (six millions de dollars) ils puissent faire une si belle reconstitution. L'action est vraiment généreuse, mais elle n'empiète pas trop sur la narration, le tout est bien dosé. Une scène durant la période de convalescence de Coburn m'a profondément marqué, où ce dernier a des hallucinations, qui est une leçon incroyable de montage, et la désorientation du personnage nous est transmis en quelques instants. En somme un excellent film, brillant de bout en bout, et son point de vue sur la guerre est assez inédit, peu d'américains ont osé à ce point passer de l'autre côté, et représenter les soldats allemands comme de simples soldats. Le fait qu'ils parlent tous anglais désoriente légèrement au début, mais ça ajoute presque un propos méta sur leur ressemblance en tous points avec des soldats américains.
Un éblouissant film de guerre avec des épisodes violents à la limite du soutenable. Passions et affrontement des protagonistes allemands. Psychologie fouillée et acteurs criants de vérité. C'est le meilleur film de guerre que j'aie jamais vu !
Doit on encore se battre quand on ne croit ni à la justesse de la cause, ni aux chefs à la tête du pays, ni à l'honneur déjà perdu? Peckinpah signe le film de guerre le plus désesperant de tout les temps ; A montrer dans les écoles pour arracher toute envie de gloire à notre jeunesse. Dans ce film rien n"est montré de positif : la guerre dégrade les hommes. Même le sergent Steiner interprété par un immense james Coburn, héros du film ne fait qu'essayer de survivre alors qu'il ne croit plus à rien. Et pourtant il continu a se battre à la recherche de la mort. Il sait qu'il n"a plus de futur. Le meilleur film de guerre , le plus salutairement péssimiste.
Un film de guerre « à l’ancienne » (il date de 1978) pas inintéressant car il nous immerge dans la débâcle de la Wermacht sur le front russe. L’histoire oppose un aristocrate qui veut absolument obtenir la croix de fer, plus haute distinction militaire allemande, quitte à s’approprier les exploits d’autres soldats defunts. Il se heurte à un soldat aguerri qui, sans rechercher l’honneur et juste en faisant son boulot de soldat, obtient la croix de fer. Ces deux soldats vont s’opposer tout au long du film. Beaucoup de longueurs mais un James Coburn qui est excellent.
Le cinéma de Sam Peckinpah a toujours été misanthrope : les hommes sont insauvables et la guerre devient alors pour le cinéaste le terrain idéal pour les mettre en scène. Le film intéresse moins par l'opposition entre d'un côté le soldat désabusé qui fait la guerre par défaut et de l'autre l'officier lâche et prêt à tout pour recevoir la fameuse croix de fer que par la puissance d'une mise en scène qui donne à voir comme rarement au cinéma la violence des champs de bataille (corps écrasés, saleté des corps, etc) tout en stylisant ses scènes d'action, toutes au ralenti. "Croix de fer" est d'ailleurs moins à l'aise dans la caractérisation des personnages – les moments plus narratifs sont d'ailleurs les temps faibles du film – que dans la création de purs moments de bravoure, comme l'attaque sauvage et dérangeante des femmes soviétiques. Épouser la folie de ses personnages, comme lors du passage de Steiner (James Coburn) à l'hôpital, et s'en distancier est le double mouvement opéré par Peckinpah, qui finit même par se désintéresser de leur destin dans un final à moitié filmé. Ce geste radical est aussi fascinant que limite puisqu'il signale de manière définitive l'absence de contrôle des hommes sur une guerre qui de toute manière les anéantira en même temps qu'il est cinématographiquement démissionnaire – la musique pour enfants écrasant l'image de personnages envoyés à la boucherie représente sans aucun doute le rire désabusé d'un cinéaste qui atteint ici un point de non-retour en précipitant son générique de fin. Inégal mais passionnant, un film-choc d'un réalisateur important.
Un film assez unique, tout d'abord car il montre la seconde guerre mondiale du point de vue des soldats allemands coincés sur le front de l'est. Le film montre des soldats que l'on pourrait finalement retrouver dans le camps d'en face, se battant juste pour sauver leur peau, sombrant peu à peu dans la folie alors que leur quotidien est la mort. Le film montre aussi le côté chair à canon du soldat de base qui ne semble être la que pour satisfaire la soif de gloire de ses supérieurs. On ne voit pratiquement chez aucun d'eux d'aspect idéologique par rapport au régime nazi mais plus envers leur pays. C'est un aspect que l'on a rarement vu au cinéma et un point de vue très intéressant. Les scènes de batailles n'ont pas trop mal vieillies et on retrouve la maîtrise de Peckinpah qui montre la violence crûment. Un film à voir absolument.
Probablement l'un des meilleurs films de guerre (avec "Au-delà de la gloire" de Fuller et "A l'Ouest rien de nouveau" de Milestone). On en prend plein la gueule et certaines scènes restent longtemps fixées dans la mémoire.spoiler: (la revue à l'hôpital militaire, la cabane des femmes) Le film nous montre une galerie de personnages dont la plupart sont complètement démotivés mais qui se battent quand même parce que un moment donné rien ne peut arrêter la machine sinon la supériorité de l'adversaire. La violence est omniprésente… mais paradoxalement l'humanisme aussi. James Coburn est parfait. La fin est plaisante mais sans doute un peu caricaturale.
Un must, un des trois ou 4 films qu'ils faut avoir vu sur la seconde guerre mondiale. Pas du tout dans l'esprit hollywoodien des films actuels. blood and guts !
Même si un coup de vieux est à noter sur la réalisation, la photographie et le jeu d'acteurs pour la plupart des personnages, on a ici un pamphlet anti-guerre très acéré et qui prend la dimension psychologique du conflit, et cela côté allemand. Intéressant, libre et dur.
Quand je pende aux films de guerre, je pense que ce sont des films qui ne peuvent pas me surprendre. On a presque tout dit sur la guerre au cinéma, on l'a très rarement glorifiée (et heureusement tiens !). Mais là je tombe sur un film comme je n'en avais jamais vu : Croix de fer. Déjà c'est sacrément intéressant et intelligent de prendre comme héros des allemands, et c'est tellement bien fait qu'au final on s'attache à eux (même si le fait qu'ils ne soient pas des fanatiques d'Hitler aide). Et derrière cela il y a plusieurs thèmes assez intéressants qui sont brassés : les traumatismes de guerre, bien sûr, mais aussi le besoin de la guerre, le pacifisme assez paradoxal des soldats, les magouilles des officiers, les exécutions sommaires, le viol... Le film est très riche. Autre chose qui frappe, c'est le réalisme des combats : tout le long du film on a un vrai barouf sonore, lors des combats on est largué : c'est bruyant, ça tue, c'est une boucherie, c'est laid et sale. Je me demande comment on a pu dire un jour que Peckinpah glorifiait la violence tant tout est fait pour nous en écœurer. Ah oui, et il ne faut pas zapper l'excellente performance de James Coburn. Malgré tous ces bons points, je trouve que le film subit quelques longueurs (pas bien importantes non plus). Mon premier Peckinpah et clairement un film qui marque.