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Un visiteur
5,0
Publiée le 29 janvier 2014
Un film de guerre brillant, dont la psychologie des personnages est très fouillée, qui est très novateur pour le parti qu'il prend - celui de se placer du côté de l'Allemagne. le personnage de Steiner inspirera, par la suite, de nombreux personnages dans des films de guerre. Film de guerre anti-militaire, anti-guerre, et surtout, anti-hierarchie, le peloton de Steiner, anarchiste au possible, se débrouille mieux sans ses supérieurs, pour la plupart incompétents, qu'avec. La séquence où Steiner est rapatrié sur les lignes arrières pour y être soigné est sans aucun doute la plus marquante de toutes. Elle est novatrice, efficace, poignante. Un chef-d'oeuvre, traitant de l'horreur de la guerre qui touche sans distinction les "bons" et les "méchants", les "vainqueurs" et les "perdants". La piétaille, l'infanterie, chaire à canon de toutes les guerres, est celle que tout le monde oublie, mais qui pourtant, était en toujours la première à passer à la moulinette et à subir l'horreur de la guerre.
Et pour ceux qui survivaient, un petit bout de metal pour tout remerciement.
Rare sont les films de guerre ou les allemands ne sont pas représenté comme des monstres sadiques qui braillent des "schnell !" à tout bout de champs. Ce qui est encore plus rare, c'est de voir la guerre coté allemand. D'ailleurs, le fait que les "héros" soient allemands est finalement assez secondaire. Ils auraient tout aussi bien pu être américains, russes, japonais ou bretons, ça n'aurait pas changé grand chose au propos du film. Peckinpah filme avant tout des hommes. Parmi ces hommes, James Coburn trimbale son charisme et sa classe naturelle sous les yeux jaloux d'un péteux en uniforme qui admire son héroïsme et sa croix de fer. "Croix de fer" fait partit de ses grands films de guerre qui montre bien plus que du "Pan !" "Argh !", "Boum !". Et ça, c'est bien !
N'étant pas non plus demandeuse de films de guerre (mais est-ce le genre qu'on aime regarder toutes les semaines ???) je me suis malgré tout embarquée sur le champ de bataille aux côtés de ces soldats allemands sarcastiques et d'un héroïsme sans faille (ou égoïsme pour d'autres). Bin oui, un film de guerre c'est pas drôle, c'est dur, cru, coups de feu qui pètent de partout, fumée grisâtre, tout le monde suintant la crasse et étant à bout de nerfs... C'est la guerre quoi, et Croix de fer montre la crudité et la stupidité de la guerre et ses répercussions sur le morale des troupes (même si ce n'est pas le seul film...). L’héroïsme avec une pointe de sarcasme (des dialogues drôles et un James Coburn également sarcastique). J'aime particulièrement les effets de ralentis.
Unique film de guerre du grand Sam Peckinpah que l'on connaît surtout pour ses westerns, Croix de fer est un film marquant à plus d'un titre. Déjà par sa genèse. Peu de moyens, scénario maintes fois remanié, tournage en Yougoslavie, Peckinpah est, en outre, à la fin de sa carrière, rongé par la drogue et la colère. Pour le film, le cinéaste de la violence n'a pas usurpé son titre. Les balles pleuvent, les corps tombent, même des enfants sont abattus. Nulle complaisance de la part de Peckinpah qui filme la guerre comme elle l'est : boue des tranchées, corps qui finissent dans des barbelés, écrasés par des tanks, crasse, maladie, diarhée, peur, solitude, viols. Et de manière étonnamment authentique (des armes d'époque ont été utilisées, pareil pour les chars) et moderne pour un film datant de 1978, tourné souvent caméra à l'épaule. Et toujours les fameux ralentis durant les scènes d'actions, le sang qui gicle, procédé que reprendra Kubrick 10 ans plus tard pour Full Métal Jacket. Donc au vu de cette violence présente dans tout l'ensemble de l’œuvre de Peckinpah, d'ailleurs Croix de fer est sans doute le plus violent de ses films, on pourrait penser que le cinéaste était en faveur de la guerre. Et non, c'est tout le contraire. Conscient que les premières victimes sont les soldats et les populations, à travers du chef de peloton Steiner (James Coburn), il en dresse toute l'absurdité : des soldats n'en ayant plus rien à faire du führer mais se battant pour leurs survies ou pour gagner une récompense. Croix de fer est un grand film de guerre, violent, éprouvant, sale, d'une qualité qui va de pair avec la dureté du film.
Un grand film de guerre réalisé par un maître du cinéma "violent", Sam Peckinpah en l'occurrence . Le cinéaste américain dépeint le quotidien de soldats allemands sur le front russe, cloisonnés dans des bunkers de fortunes . Il tourne pratiquement caméra à l'épaule, ce qui donne un côté documentaire à son oeuvre mais n'oublie pas de montrer la guerre telle qu'elle est : une horreur pour les hommes qui l'a font . Plusieurs passages sont d'une brutalité peu communes et c'est ce qui reste à l'esprit du spectateur à la fin . Une interdiction est donc recommandée pour les plus jeunes mais pour les plus âgés, ils découvriront un long métrage unique en son genre .
un chef d'oeuvre absolu, de la première à la dernière image... les dernières sont d'ailleurs absolument bouleversantes... beaucoup plus qu'un film de guerre, un grand film moral, éthique... une grande leçon contre les puissants, tous ceux qui légitiment la guerre pour de bonnes ou de mauvaises raisons (aucune raison ne justifie la guerre); un grand film contre l'héroïsme, contre la connerie humaine, contre l'humanité qui ne pense qu'à anéantir l'humanité. un grand rire sarcastique qui fait froid dans le dos, parce qu'après cette guerre "qu'est-ce qu'on fera ? une autre guerre" et parce que "quand on enlève un uniforme, il y a toujours un autre uniforme"... merci sam
Unique film de guerre de Sam Peckinpah, "Croix de fer" est un film puissant que le metteur en scène de "La Horde sauvage" a superbement réalisé. Pourtant, le film a eu maints et maints problèmes durant le tournage. Le résultat final, malgré tout, est fantastique. Pas de héros patriotiques sur le bout des ongles, beuglant à tout va "pour l'Amérique!" en liquidant une centaine de soldats en deux secondes, ici, l'histoire se déroule sur le front allemand. Intense, mélancolique, ironique, "Croix de fer" est tout cela lorsqu'il s'agit de critiquer la bêtise de la guerre. Pas étonnant que le film soit extrêmement violent à la fois sur son sujet abordé que dans la violence visuelle. Tout s'enchaîne à une vitesse effrenée ou les personnages sont livrés à eux-mêmes, sans arrêt menacés par les forces russes. Mais "Croix de fer", c'est surtout une opposition entre deux soldats allemands, le caporal Steiner (James Coburn) et le capitaine Stransky (Maximilian Schell), pour savoir de qui le premier sera honoré de la crois de fer auprès de la nation. Compétition totalement en contradiction avec les évenements se déroulant sur le front. Sam Peckinpah, au crépuscule de sa carrière, rongé par la drogue et l'alcool, livre certainement ce qui est son film le plus pessimiste. Le générique de début, laissant planer une ironie malsaine, montre à la manière des films propagandistes les jeunesses hitlériennes heureuses de servir le Führer. Image d'un semblant de joie qui laisse place immédiatement au calvaire du quotidien sur le champ de combat. Pourtant, dans toute cette pessimicité, Peckinpah insère quelques options "humanistes" en la personne de Steiner qui se prend d'affection avec un jeune prisonnier russe, au début du film, ainsi qu'avec ses idées anti-militaristes. Pourtant, son idéologie ne suffit pas car, comme il le dit durant ses jours de convalescence à l'infirmière, "je n'ai plus de chez moi". Esprit rongé par le conflit faisant rage. Ironie de la guerre soulignée une fois de plus en ce qui concerne ce générique de fin, ou derrière le rire de Steiner, mélange de désespoir et de moquerie, Peckinpah place des images d'enfants juifs dans les camps de concentration, ce qui renvoie en générique de début ou les jeunesses hitlériennes, heureuses, laissent place à la jeunesse réprimée. "Croix de fer" est une réussite pour Peckinpah, film désespéré autant que l'était le réalisateur.
En 1977, Sam Peckinpah est au plus mal avec les studios hollywoodiens et il éprouve de plus en plus de difficultés à monter ses projets. Il ne lui reste que deux films à réaliser et sa santé est déjà très chancelante. C'est donc un homme amer et en révolte qui s'envole avec son équipe de tournage en Yougoslavie pour cette "Croix de fer" qui fera la somme de toutes ses préoccupations . Si son cinéma est réputé violent, Peckinpah est viscéralement contre la guerre qui est la pire invention de l'homme. Il va l'illustrer brillamment malgré le peu de moyens dont il dispose en se plaçant délibérément du côté des vaincus, ce qui reflète sans doute son état d'esprit du moment alors même que son combat contre les moguls l'a rendu presque exsangue. Dans le bourbier du front russe qui sonne le glas de la macabre aventure nazie, pendant que chacun lutte pied à pied pour sa vie , certains continuent à mener des combats personnels. A travers ce paradoxe, Peckinpah résume toute la vacuité de l'âme humaine qui spoiler: conduit un capitaine à venir sur un front qui s'écroule pour récolter la "Croix de fer" qui lui permettra de rentrer dans sa famille d'aristocrates la tête haute. S'engage alors entre le Sergent Steiner (James Coburn) et le capitaine Stansky (Maximilien Schell) une opposition qui traduit toute l'immensité du gouffre qui sépare la classe dirigeante des classes laborieuses. Steiner peu convaincu de l'idéal nazi, tente au-delà de sa propre survie de préserver celles des hommes dont on lui a confié le commandement, mais la guerre et l'aura qu'elle lui procure lui font repousser les limites de son humanité . Stansky lui aussi assez éloigné de la doctrine et persuadé de la supériorité de sa condition fait peu de cas du sort des hommes de troupes au nom de sa quête inutile. Peckinpah n'oublie rien de tous les sentiments qui peuvent animer les hommes en temps de guerre, des plus nobles aux plus vils. Eloigné du front pour blessure, Steiner n'a plus d'autre horizon que celui du front où sont encore ses hommes et la belle Santa Berger ne pourra rien faire pour le retenir. Ce désarroi des hommes au retour du front aura été souvent décrit par la suite dans les films évoquant la déroute yankee au Vietnam. On ne fait jamais la guerre pour de bonnes raisons c'est la leçon tirée par Peckinpah. Le grand réalisateur illustre son propos par la vision de la chute des corps au ralenti selon le procédé qu'il inaugura avec "La horde sauvage". La démonstration avait déjà commencé dès le générique avec le contraste saisissant des images d'archives sur fond de comptine enfantine montrant les dignitaires nazis en parade face au résultat morbide de leur politique. Au combat les barrières sociales finissent par tomber, c'est par cette maxime que Peckinpah conclut son film en laissant ses deux héros partir ensemble vers la mort pour chercher cette fameuse "croix de fer" dérisoire. Les acteurs sont tous sublimes au service du maître, de James Coburn minéral à souhait en passant par James Mason en colonel pétri de l'honneur prussien jusqu'au sublime Maximilien Schell jouant merveilleusement ce capitaine de pacotille à l'homosexualité refoulée, sans parler de la très sensuelle Santa Berger qui ne parviendra pas à raisonner le sous-officier démobilisé.
Ici encore Sam Peckinpah va à l'encontre des codes très romancés, très hollywoodien du film de guerre et nous offre ici une vision plus cru, plus douloureuse de la guerre. Le réalisateur dénonce ici la glorification des héros via le personnage de steiner et surtout de la croix de fer ( ça pourrez aussi bien être la silver star ou autres breloques du même genre). Comment motiver les hommes à aller se faire tuer si ce n'est en suivant une idole, une référence, en instaurant un code de l'honneur. Le réalisateur dénonce la guerre et enlève toute la poésie des films trop hollywoodiens pour nous faire ressentir toute la cruauté et la violence des combats. Finalement sur le champ de bataille ce n'est plus le drapeau qui compte mais très égoïstement sa propre survie face à l'ennemi mais également face à ses propres élites militaires. Tout comme la horde sauvage le réalisateur nous offre une oeuvre crépusculaire avec toutefois un peu moins de réussite malgré un excellent casting.
On est typiquement dans le film de guerre américain des 70's, largement propagandiste, pas très subtil avec ses soldats "germano-américains" etc (il y aurait pas mal de choses à relever). James Coburn n'a pas franchement la gueule de l'emploi, c'est pas très impressionnant en terme d'immersion dans le conflit... Bref tout ça a bien mal vieilli à tous les niveaux.
Un film de guerre américain racontant le quotidien du sergent Steiner(James Coburn) et de ses hommes lors de la retraite de la péninsule de Kouban après la bataille de stalingrad. Les héros sont ici allemands pour changer. Mais comme le réalisateur de ce film est Sam peckinpah, "Croix de fer" ne peut être un film ordinaire. Le réalisme des scènes ainsi que leur violence tranchent avec la mélancolie et la lassitude que ressentent les soldats au cours de leur périple alors qu'ils savent déjà que l'issue du conflit leur sera défavorable. Ici la guerre révèle les âmes. C'est donc bien un film à part. Croix de bois, Croix de fer si je mens je vais en enfer.