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Charlotte28
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3,5
Publiée le 23 mars 2025
Bien que les paroles des chansons puissent parfois laisser à désirer et que l'accent du héros fasse grincer les oreilles l'aspect musical fonctionne par sa fraicheur, son entrain, sa joie de vivre communicative. S'amusant des stéréotypes afférents à la vie de château, la réalisation renforce les comiques de situation ou de caractère pour saupoudrer d'un humour bienveillant cette romance inattendue-appelée de leurs voeux par les trois tantes aux faux airs de sorcières de Macbeth! On pourra s'interroger sur la pertinence psychologique des hommes et des femmes (aux amours dignes de contes de fées), ou plutôt sur la représentation de la virilité et de la féminité, mais le virevoltant Maurice Chevalier et la romanesque Jeanette Mac Donald forment un couple éminemment sympathique (malgré une différence d'âge certaine, emblématique de cette époque). Un divertissement qui donne le sourire!
Cela fait plaisir à voir qu'à l'époque on pouvait avoir 25 idées originales à la minute dans une comédie alors que dans celles d'aujourd'hui c'est déjà un miracle si il y a ne serait-ce l'ombre d'une sur plus de deux heures. Parce que Rouben Mamoulian insuffle énormément d'originalité à son histoire et surtout à sa mise en scène. La manière où la chanson "Isn't It Romantic" est amenée de Maurice Chevalier, tailleur from Paris, à Jeanette MacDonald, qui a l'air de s'emmerder grave dans son château, frappe par sa très grande ingéniosité, la chasse à courre qui se termine d'une façon à satisfaire tout le monde sauf ces gros cons de chasseurs ainsi que la poursuite finale sont aussi de véritables morceaux de charme. Il faut bien avouer qu'ici Mamoulian se montre l'égal d'un Lubitsch derrière la caméra. Le couple d'acteurs principaux fonctionne à mort. Les seconds rôles, de la sexy Myrna Loy en nympho de service à C. Aubrey Smith en noble qui a du mal à trouver ses mots en passant par Charles Ruggles en aristo désargenté, ajoutent leur pierre à l'édifice. Un divertissement de très grande qualité qui n'a pas pris la moindre ride et une belle leçon de mise en scène.
Voici l'une des plus charmantes comédies musicales des années trente, et peut-être même la première remarquable. Avec un Maurice Chevalier en prince charmant qui chante en vers et apporte de la bonne humeur partout où il chemine, et une Jeanette McDonald en Belle au bois dormant (sic), qui soupire de trouver un amour digne de ce nom : il lui faut un comte, un baron, ou mieux encore, un duc, un marquis ! et au lieu du prince de sang royal qu'elle espérait, c'est un simple tailleur qui frappe à la porte... La "Mamoulian touch" trouve son point d'orgue avec cette comédie garnie d'humour et de poésie simple. A la ville comme dans le château ducal d'un autre temps, les personnages dansent ou se querellent ; les chasses à courre s'interrompent pour laisser les animaux tranquilles, les tournois de bridge, les mariages se transforment en ateliers de couture etc. Love me tonight ouvre les années trente et leurs délicieuses comédies musicales avec ce cinéaste bourré de talents, mais au nom hélas oublié, Rouben Mamoulian.
Un peu faible. Quelques moments sont sympas et il y a de bons numéros musicaux, mais Mamoulian est beaucoup moins inspiré que d'habitude et ce film est dans l'ensemble un peu fade. Dommage, il y avait de quoi mieux faire.