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Frédéric P
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3,5
Publiée le 2 avril 2018
Dernier film muet de Fritz Lang de 1929 sur un scénario de Thea von Arbou. Après une première partie trop longue où une organisation vole les plans et exerce un chantage sur les protagonistes pour les faire collaborer, la deuxième partie est bien plus captivante. Fritz Lang s’est entouré des spécialistes allemands en aérospatiale de l’époque qui seront à l’origine des V2 puis du programme Apollo plus tard. Certains détails comme le détachement de plusieurs étages de la fusée sont conformes au voyage qui aura lieu 40 ans plus tard, d’autres paraissent étranges comme l’idée d’immerger la fusée pour qu’elle tienne droite. Le vieux professeur farfelu sorte d’anticipation de Tournesol qui est à l’origine de la théorie de la présence d’or sur la Lune est du voyage. Ainsi que Helius l’ingénieur, son assistant et Friede la femme de celui-ci qu’il désire et enfin un agent de l’organisation secrète. Plus une souris et un passager clandestin. Les scènes en apesanteur préfigurent quelques passages des albums de Tintin. On suit avec intérêt les caractères des personnages plongés dans une situation extrême. Le méchant a une drôle de mèche de travers... La femme (Gerda Maurus) qu’on devine blonde aux yeux bleus habillée en garçon avec pantalons bouffants et cravate est d’une grande beauté et pas insensible à Helius. L’expressionisme est à son meilleur dans la scène où elle le soigne et où les sentiments réapparaissent sur les visages. Il y a des passages savoureux en semelles de plomb sur la surface de la Lune et dans une grotte pleine de clapotis. Le mot GOLD s’échappe du décor. Tous les éléments dramatiques sont présents pour nous captiver grâce à la présentation du traître. La perte d’oxygène rend un des deux rivaux de trop...
"La Femme sur la Lune" est une nouvelle preuve du talent de Fritz Lang, maitre de l'expressionnisme allemand. La mise en scène est tout bonnement incroyable, de même que les performances des acteurs. Seuls quelques petites longueurs et des personnages un peu trop caricaturaux viennent ternir ce bon film de science fiction.
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3,5
Publiée le 25 juillet 2010
"La femme sur la lune" est le dernier film muet de Fritz Lang! il s'agit d'une oeuvre très belle et particulièrement intèressante! Inspirèe d'un roman de Jerzy Zulawsky, "Auf silbernen Gefilden", elle fut encore produite par la UFA qui n'hèsita pas à mettre à la disposition du rèalisateur des moyens tout à fait exceptionnel! il faut noter que Lang put faire appel à un èminent conseiller scientifique, le Pr Hermann Oberth auquel se joignit ègalement Willy Ley! On prètend que les nazis, dès qu'ils furent au pouvoir, saisirent toutes les copies existantes de ce film et qu'ils s'en inspirèrent pour leurs rampes de lancement de fusèes V1 et V2! Telle aurait ètè la minutie scientifique de cette oeuvre de science-fiction rigoureuse, à la rèalisation limpide et habile...
Fritz Lang, pour son dernier film muet, choisit de travailler une nouvelle fois avec Théa von Harbou et une fois de plus sur la science fiction avec cette fois-ci un voyage sur la Lune qui inspirera Hergé. Évidemment en 1929, la véracité scientifique n’est pas toujours très présente mais le film contient tout de meme certains éléments visionnaires pour l’époque.
Ici, Fritz Lang se sépare un peu de sa période expressionniste et livre un film assez imposant (2h42) avec une première partie plutôt longue comparé à l’aventure superbe sur la Lune.
Quel odyssée de Fritz Lang qui se familiarise avec le Space Opera pour la première fois et 5 ans après Aelita de Protazanov.
Le film dure environ 2h30 et est muet ce qui fait paraître l'ensemble un peu long. Cependant, il n'est pas dénué d'intérêt car il donne une version fantaisiste et plaisante de ce que pourrait être la Lune : un monde moins hostile que ce qu'il est vraiment. En effet, l'atmosphère y est respirable, on y trouve de l'eau et de l'or (tout pour plaire). Et les paysages sont dignes de carte postale : des dunes de sable immaculées (car jamais la main de l'homme n'y a mis le pied), des grottes, des montagnes... Mais ce film ne sert pas de prétexte pour avoir une image de la Lune. Une longue part du film est réservée à l'exposition qui donne de l'épaisseur aux personnages et définit les enjeux. On voit, comme dans toutes découvertes, que certains sont des passionnés et d'autres des bêtes à fric qui ne cherchent qu'à faire du profit, ne foyant de la Lune que l'aspect poule-aux-oeufs-d'or. Je terminerai par un mot sur l'époque qui est celle de la transition entre le muet et le parlant. Cela permet une comparaison avec certains producteurs de l'époque qui se méfiaient des films parlant (une innovation) comme de la peste et qui les considéraient uniquement s'ils remplissaient leurs caisses.
"On m'a dit que vous avez du talent, ça je m'en fous. Ce qu'il faut, c'est tourner en 10 jours et pour 100.000 francs un <> (film parlant, note de moi) qui fasse recette. 1931, le producteur de Métropole Film à Gréville à propos du "Train des Suicidés".
Tant d'inventivité, tant de créativité dans le dernier film muet de Fritz Lang et également l'un des tout derniers grands chef d'oeuvres du cinéma muet.
Ce qui est toujours fascinant dans cette époque du cinéma muet, c'est qu'a chaque fois, ils réussissent à tout dire par l'image. Le spectateur s'imagine les dialogues, il sait exactement à quoi s'attendre surtout quand on a un bon metteur en scène comme Fritz Lang ici. Il n'y a pas de pollution de cartons d'intertitre pour tout expliquer et même dans ce film il y a parfois une utilisation drôle et créative de ces cartons.
Ce film est un voyage dans un bon nombre de genres cinématographiques: le film d'espionnage, le thriller, la romance, le film d'aventure, le drame, un peu de comédie... on ne s'ennuie pas une seule seconde grâce aussi aux interprétations des acteurs et actrices.
Bref, j'étais à ça 羅 de mettre 5 car le voyage sur la Lune m'a un peu moins inspiré même si c'est toujours du grand cinéma ! Et la fin j'étais à deux doigts de verser une petite larme.
pas le meilleur de Fritz Lang. Superbe film jusqu'aux trois quarts, décevant sur la fin du scénario. Mais un film à montrer à tous les fans de SF, avec les références de date et de réalité. Le cinéma en noir et blanc doit aussi s'apprécier aujourd'hui
J'ai tout simplement adoré, comme le reste de l'oeuvre de Fritz Lang. Bien des films muets sont très loin devant des films parlant (The lodger d'Hitchcock, Poil de carotte de Jules Renard...) en terme de qualité de scénario et d'intérêt. Ce n'est absolument pas un frein et les 2H40 de ce film sont un plaisir (avec, comme j'ai pu le lire, une petite longueur au départ). On y voit parfois quelques similitudes avec les Tintin de Hergé. S'en serait-il inspiré ? Je n'en serais pas surpris. Il faut imaginer ce que l'on pouvait connaître de la lune et même de la terre à cette époque !!