C'est avec "Bully" que j'aborde pour la première fois le cinéma de Larry Clark. Je le connaissais uniquement de réputation; une réputation sulfureuse allant de paire avec les thématiques de ses films. "Bully" correspond parfaitement à l'image que je m'étais faite du réalisateur. Ce dernier applique le triptyque "Sex, drugs & Rock' N' Roll" à une jeunesse américaine en perte de repères. Son cinéma dérange, ne se fixe aucune limite, aucune contrainte morale, et cela nous bouscule nous en tant que spectateur. Il réussit même à nous rendre sympathiques ces jeunes tueurs qui planifient pourtant longuement un meurtre de sang-froid. Larry Clark ne donne pas de leçons. Il filme de manière sobre, quasi-documentaire par moments, cette histoire tirée d'un fait réel. Il y a un aspect "punk" dans sa démarche et dans ses personnages. Un très bon film que je recommande vivement pour tous ceux qui aiment se sentir secoué par une oeuvre cinématographique.
S'il faut reconnaitre au film les qualités de la photographie et même de l'interprétation générale, le problème est que ce que gagne Larry Clark en provocation, il le perd en empathie. Le cinéma est un vecteur qui permet l'identification et l'émotion, Il suffit de penser à la façon si gracieuse dont Gus Vans Sant a traité une affaire proche dans Elephant pour mesurer le manque de vision de Clark qui semble prisonnier de postures faciles et complaisantes (cette façon récurrente de filmer l'entre-jambe des filles). Aucune hauteur, presque aucun point de vue, juste le plaisir de filmer de beaux corps. La scène du meurtre est tout de même assez glacante. Même le final n'offre pas un moment de réflexion, à défaut de repentance. Il n'y a que quand les encarts des décisions de justices apparaissent que l'on sera pris d'effroi.
Un film violent et trash, trop méconnu pourtant. Basé sur l'histoire vraie de Boby Kent, Bully est le genre de film qui dérange par son côté malsain, mais qui fascine une fois terminer. Larry Clark est vraiment un réalisateur surprenant et ce film devrait être un peu plus connu.
Larry Clark est un réalisateur unique et amoral, on le savait il aime filmer les adolescents dans leurs dérives les plus sombres, Bully est dans le style dérangeant et dérangé, rien n'est laissé au hasard, drogue, sexe, meurtre, si parfois on se dit que c'est un peu fort, on ne peut rester sans réaction devant tant de démence et de folie artistique.
Les ados de Larry Clark n'ont pas l'excuse d'être issus de milieux défavorisés et le spoiler: drame criminel dont ils seront à la fin du film les auteurs complices ne relève pas seulement du fait divers sordide mais révèle aussi la dérive comportementale inquiétante d'une jeunesse en mal de sensations. Les ados de Larry Clark se perdent dans le sexe, la fumette et l'alcool, portent en eux un mal de vivre débouchant sur une brutalité que n'expliquent pas seulement la violence ou la morbidité des jeux video ou du cinéma conçus pour eux. De discrets indices psychologiques ou sociaux éclairent le comportement des uns et des autres ainsi que cette perte collective de lucidité qui conduit le groupe à imaginer l'inconcevable. Au long d'une réalisation nerveuse, le cinéaste n'élude pas la brutalité de ces jeunes garçons et filles, et encore moins, par l'image et par les mots, leur sexualité torride, névrotique et précocement tournée, parfois, vers le sado-masochisme. Ce réalisme cru et audacieux, comparé aux bluettes aseptisées des comédies adolescentes américaines courantes, entretient un véritable malaise tout au long du film. Tandis que le dénouement sera le moment fort, l'étape ultime après laquelle les ados paniqués dévoilent pour la première fois les attitudes d'enfants immatures qu'ils sont encore. Sur le phénomène de la violence des jeunes, Larry Clark, fort d'un casting et d'une interprétation remarquables, fait une démonstration convaincante.
Sans surprise (on est chez Larry Clark) les jeunes adultes de 'Bully' sont obsédés par le sexe, les drogues et la mort. Le film commence ainsi en déroulant son programme de façon attendue, et Clark lui-même semble avoir au départ bien du mal à trouver un point de vue, ne réussissant pas à décider s'il déplore ou célèbre l'hédonisme autodestructeur de ses personnages. Dès que le projet de meurtre se met en place, cependant, le film trouve un fil bien plus convaincant, et s'attache à brosser le portrait glaçant de sept gamins complètement paumés qui croient jouer aux adultes et accomplir un rite de passage en se débarrassant de celui qu'ils voient comme leur bourreau. Si quelques pistes sont bien sûr suggérées par Larry Clark pour expliquer leur geste - environnement social un peu white trash, drogues, jeux vidéo, chômage, survalorisation de la violence dans la musique, absence des parents, etc. - ce qui demeure tout de même quand l'image se fige pour lister les peines de chacun, c'est le mystère absolu de cet acte atroce.
j'ai beaucoup aimé ce film qui decrit avec realisme et crument la montée dans l'agressivité d'un groupe d'ados losers qui les menent au crime. Clark injecte toujours autant de sexe , de violence et de malaise dans sa maniere de narrer. j'ai beaucoup aimé l'acteur principale Brad Renfro.
Avant de faire dans la provoc pure, Larry Clark savait faire des films, certes provocant, mais avec un scénario. Bully est brillant, violent, émouvant, excitant, virtuose. La mise en scène ne laisse aucun répit. Et que dire de la justesse des acteurs. Un grand film, assurément.
La jeunesse dorée de Floride, des parents démissionnaires, une vie partagé de sexe, de drogue et d'incertitude sur l'avenir. Alors dès qu'un de ces jeunes en aura eu marre d'avoir été le souffre douleur depuis des années, il commanditera avec son cercle d'ami, un odieu meurtre. La réaction de certains ne connaissant pas la victime, quelque soit son attitude d'origine, fait froid dans le dos, notamment le personnage joué par l'excellent Michael Pitt. Mais ce qui fait peur dans ce film, c'est qu'il est adapté d'une histoire vraie datant du 14 juillet 1993 en Floride. Et quand le générique de fin arrive, on en reste pantois. Un vrai film choc, froid et sans concession sur une certaine jeunesse à la dérive. Larry Clark tape fort !
Autant le dire de suite, c'est vraiment pas terrible jusqu'à la dernière demi heure c'est à dire au moment de l'assassinat et surtout les scènes post-assassinat où l'on voit que chacun se refile le bébé. On suit donc une bandes de jeunes désoeuvrés qui ne pensent qu'à boire, fumer et s'adonner aux plaisirs sexuels jusqu'au jour où un gosse se rend compte en parlant avec sa copine que son meilleur pote s'est toujours permis de l'humilier et le rabaisser. Ils décident de faire appel à d'autres connaissances pour l'assassiner. Rien de bien original là dedans, d'autant plus la réalisation clipesque est énervante par moment.
D'une violence inouie; Dérangeant à souhait. Un film montrant la réalité d'une adolescence qui vire vers le mal, qui agit inconciemment, et qui détruit. Je le recommande vraiment.
Un des meilleurs films d'ado décadant qu'il m'ai été donné de voir. Tiré d'une histoire vrai le film reste crédible par son adaptation et son jeu approprié. Les acteurs sont jeunes mais jouent juste.
Larry Clark, LE spécialiste des maux adolescents et des désordres de la jeunesse américaine. Bully, c'est le portrait d’une jeunesse paumée, sans valeur à laquelle se raccrocher. Une fois n'est pas coutume, Clark abandonne (un peu) le champs du sexe pour se focaliser sur la banalisation de la violence. spoiler: En gros, des gamins (pour faire le vieux grincheux) échafaudent un plan en vue de se débarrasser d'un des leurs. On oublie la notion de Bien et de Mal et même la logique du vivre ensemble. Ces ados s'ennuient, ne voient pas d'avenir et ne vivent pas dans le même monde que leurs parents. Le miroir tendu par Clark à son pays est peu flatteur. En 2001, il rappelle que la lutte contre le Mal ne passe pas par le bombardement d'obscures barbus utiles. Quant à l'image, celui qui aime le style de Clark y trouvera son compte. On oscille entre gros plans intimes (très) et magnifiques portraits, la caméra se place parmi le groupe. Ce groupe fratricide, le spectateur y prend place. Alors certes, le film n'a pas la force de désespoir de Kids ou Another Day In Paradise et il y a parfois des longueurs mais il cogne et ça c'est bien.
Film choc sur la violence et la déperdition de la jeunesse actuelle. Une scéne de meurtre violente et des personnages sans aucun remords dont cet acte scellera à jamais leurs sort avec plus ou moins de gravité. Histoire vraie aussi hallucinante que fidèlement rapporter à l'écran.