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Neyv
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3,5
Publiée le 23 janvier 2023
D'habitude je prends le temps de la réflexion avant de mettre une note, de laisser au moins passer la nuit... Mais là je pense que je peux noter ce film tout de suite, un vrai film des années 90. Le thème est bien écrit, les acteurs jouent vraiment bien, le rythme est lent mais vraiment synchrone avec ce qui se faisait à l'époque. Je découvre ce film en 2023 je n'en avais jamais entendu parlé. C'est pas mal, comme beaucoup le disent peut-être un peu brouillon mais néanmoins assez recherché comme concept. Qui c'est le jour de notre mort peut-être est-ce comme ça que cela se passe...
D'un bout à l'autre, le film de Lyne nous transporte. On est véritablement pris dans cette histoire glauque et étrange, et comme le personnage de Tim Robbins on veut démêler le vrai du faux.
Adrian Lyne n'a pas une filmographie très fournie et pourtant on identifie des titres passés à la postérité; est-ce que cette échelle de Jacob en fait partit, très certainement, il reste dans l'imaginaire bien après son visionnage, mais qu'est-ce qu'il a voulu dire à travers cette histoire ? Le héros oscille entre rêve et réalité, on pense croire qu'il est fou et enfermé dans un hôpital psychiatrique, et pendant tout le film, il nous ballade, de croyances, en cauchemar, en réalité glauque, entre guerre du Vietnam et enfer de la ville de New York, il n'y a qu'un pas. Alors qu'est-ce que le film veut nous dire, c'est confus, un pamphlet contre la guerre du Vietnam, une croisade ésotérique entre le bien et le mal, une démence subjective du monde dans le lequel on vit et qui n'apporte que peu d'espoir. Chacun se fera sa propre opinion, alors même si Tim Robbins est dans un de ces meilleurs rôles et que tout cela tient de l'imaginaire, la complexité du récit mettra au banc bons nombres d'entre nous, c'est un peu trop par les cheveux.
Véritable cauchemar sur pellicule, « L’échelle de Jacob » repose pour partie sur l’habile montage d’images fantastiques aux forts accents psychédéliques, qui en font un véritable puzzle à la fois pour Jacob (excellent Tim Robbins, étonnant de justesse), mais aussi pour les spectateurs, complètement perdus face à cette succession de visions cauchemardesques. Malgré l’absence de logique réglant un tel flot d’hallucinations, le spectateur est comme happé par l’histoire de ce pauvre type revenu de l’horreur vietnamienne en proie au doute et à la folie, avec qui il partage cette descente aux enfers. Cette virtuosité qu’a le réalisateur de donner à son film des allures de « montagnes-russes émotionnelles », est secondée notamment par l’enchaînement de scènes hétérogènes où les décors et les visions du héros sont à son image, c’est à dire malades, voire complètement bouleversées. On pense notamment aux espaces sordides et en ruines que traverse Jacob mais aussi aux mystérieux visages tremblant frénétiquement qu’il aperçoit par intermittence. Le pouvoir attractif exercé par le film sur son public doit également beaucoup à la musique envoûtante et très mélancolique de Maurice Jarre, qui telle une mélodie lancinante, accompagne Jacob dans son voyage initiatique. Et ce n’est qu’une fois la dernière image du film disparue, que le spectateur, encore sous le choc de la révélation, pourra se rendre compte de tout ce que le drame de la guerre a représenté et qu’il pourra, à l’instar de Jacob, retrouver la sérénité. Ainsi s’achève ce chef-d’œuvre de Lyne, injustement critiqué, qui réalisa au début des années quatre-vingt-dix, l’un des plus grands films sur « l’après Vietnam ». Mais qui s’en est réellement rendu compte ?
Dotée d'un concept original et portée par une atmosphère singulière entre fantastique et baroque l'intrigue oscille entre divers chemins pour nous perdre dans les méandres de l'esprit du héros incarné avec conviction par le placide Tim Robbins. Une certaine froideur émane également de la mise en scène entraînant une absence d'émotion et une intellectualisation du regard qui ne permet pas d'être totalement convaincu par le final. Un intéressant OVNI néanmoins.
L’échelle de Jacob est un film assez exceptionnel, surtout compte tenu de son réalisateur qui a plutôt la réputation d’être l’homme derrière un grand nombre de nanar.
Ce qui saisit directement, c’est le scénario du film mi-rêves mi réalité, couplé à une esthétique très crue et réaliste, bien que le grain utilisé sur l’image et la colorimetrie générale du film nous fasse plus penser à un cauchemar. Tim Robinson est absolument incroyable dans le rôle de Jacob. Je ne vous en dis pas plus, mais l’échelle de Jacob est une œuvre qu’il faut impérativement voir dans son entièreté, avec les sous textes qui le compose, remplis de références biblique, l’échelle de Jacob et très riche en information, et saura vous émouvoir, vous terrifiez et vous faire travailler les méninges à coup d’allégories et ce plus qu’il ne le faut.
Le seul bémol du film spoiler: c’est l’histoire de « l’échelle » qui n’est pas clairement réglée à la fin, bien qu’on apprécierait en savoir plus. De plus, si l’échelle est bien réel, comment Jacob peut-il le savoir et rêver qu’on lui raconte cette histoire de drogue, alors qu’il est attaqué sans n’avoir jamais su avoir été drogué
Sommes toute, un très bon film à voir, malgré ce très léger hic.
Film surcoté. Malgré la présence de plusieurs acteurs talentueux et connus, ça ne sauve pas le film. Scénario confus et lent. Image également pas de très bonne qualité.
Passé un peu inaperçu à sa sortie, "l'échelle de Jacob" a ensuite peu à peu obtenu un statut culte fort mérité pour pas mal de monde. On ne sent pas forcément compte de la profondeur et de l'intelligence du scenario lors du premier visionnage, peut-être trop captivé par l'aspect purement fantastique et les scènes angoissantes particulièrement marquantes. Mais le récit, à plusieurs lectures, tient véritablement du génie. C'est très étonnant qu'un réalisateur assez "lambda" comme Adrian Lyne nous ponde un film aussi profond et abouti.
Dans une carrière, il y a les marottes et les anomalies. Chez Adrian Lyne, les plus grands succès jouent avec les notions de corps et de perversion (Flashdance , 9 semaines et demi , Liaison Fatale , Proposition Indécente , faîtes votre choix). Cependant, son plus grand accomplissement est un thriller psychologique aux confins de la folie, dans la droite lignée d'un Angel Heart ou L'antre de la folie. Son nom ? L'échelle de Jacob.
Pour l'anecdote, il est à noter que Bruce Joel Rubin est à l'origine de deux scénarios qui feront les beaux jours de l'année 1990 avec Ghost et celui-ci. Grand écart ? Pas vraiment, il y a quelques passerelles entre ces deux concepts finalement aussi dissemblables que complémentaires. En premier lieu certaines idées fixes autour de la mort (l'après, le purgatoire, la résilience,...).
Jerry Zucker a simplement choisi de faire obliquer le voyage de son héros vers la comédie dramatique, quelque chose de plus lumineux. Jacob's Ladder (bien nommé d'après l'épisode Biblique) entend plutôt descendre vers l'obscurité.
L'objet est d'abord un petit miracle de mise en scène. Adrian Lyne a compris le défi posé par ce récit gigogne, voyant chaque scène "normale" piratée par un ou plusieurs éléments bizarres, d'ordre visuel ou simplement narratif. Un jeu de rebonds faisant passer le film d'une réalité à une autre, jusqu'à amener naturellement son spectateur à douter (et reconsidérer) de tout ce qu'il voit.
On peut dire sans se tromper que Lyne n'a jamais été si maître de sa caméra. La scénographie et l'utilisation des décors met le public sur un pied d'égalité avec Jacob (Tim Robbins, formidable) : on a la fièvre.
L'appartement, les bureaux, le bar, le métro, la jungle, tous les endroits arpentés nous sont inhospitaliers. Même les repères supposés inamovibles (la petite-amie, le copain chiropracteur) seront utilisés pour déboussoler encore plus. Un labyrinthe cauchemardesque, duquel émerge des visions terrifiantes et un sensation d'infonfort persistant. Fans de Silent Hill, ses racines ont pris ici. On rate de peu le classique absolu, en raison d'un final étonnamment facile. Or, ce genre de propositions trouve son sel quand elle garde un soupçon d'incertitude.
Adrian Lyne ne reviendra jamais à ce genre d'opus atypique, le cinéaste retournera gentiment vers une zone de confort dont on sera bien en peine d'extraire un quelconque trésor. De son côté, Bruce Joel Rubin ressassera quelques obsessions dans le blockbuster Deep Impact ou la bluette Hors du Temps. Coup d'éclat orphelin dans ces deux carrières, L'Échelle de Jacob aura néanmoins su inspirer plusieurs générations à la gravir pour mieux la faire passer à postérité même par procuration.
J'ai découvert ce film dans Classic Cine sur La Trois et ce fut une belle découverte. Ca faisait longtemps que je n'avais pas vu Tim Robbins, D. Aiello, M. Craven, V. Rhames, E. La Salle. Je me rapelle de Aiello surtout dans Leon, Rhames dans plusieurs films d'actions des années 90, et La Salle dans Urgences. Ce film nous livre une belle histoire liée à la guerre du Vietnam et l'utilisation de drogues sur les soldats. On suit en fait la vie après-guerre de l'un de ces soldats, Robbins, qui a du mal à reprendre une vie normale, car il est gêné par de terribles hallucinations. Certaines scènes donnent au spectateur une idée de ces hallucinations et ce sont elles qui ont fait la réputation du film.
Le malaise maîtrisé par adrian Lyne, qui a toujours su mettre dans sa réalité de ses films, une atmosphere crasseux et froid. Qu'en plus de Tim Robbins, qui joue à fond de la paranoïa post-vietnam, jouant sur les faux semblant. Toujours ce côté asile psychiatrique et d'érotisme donne un sentiment de dégoûts, je ne sait où aller dans ce scénario au double univers, qui au finale explique très bien les choses. Danny Aeillo et ses confrères comme Macaulay Culkin qui donne du corp à l'interprétation. Un film bizarre !
Aussi perturbant qu'habile, ce thriller d'Adrian Lyne use de ses effets fantastiques avec malice pour générer un climat angoissant, qui s'insinue subtilement dans la tête du spectateur. Appuyé sur la performance colossale de Tim Robbins, le film est construit sur une impeccable mécanique de précision scénaristique, multipliant les parallèles très symboliques pour mieux confondre l'hallucination et le réel, avec un casting solide et une mise en scène très inspirée. Un film puissant et qui interpelle.
A la fois un plaidoyer contre la guerre du Vietnam et ses dérives "chimiques" (la drogue des soldats organisée par les autorités) et une réflexion sur le passage de la vie à la mort. Me rappelle un peu. dans un registre bien sûr différent, Les choses de la vie de Claude Sautet. On est en tout cas interpellé par ce film qu'il faut bien prendre avec du recul. A noter l'excellence des prises de vue, de la bande son et le jeu absolument parfait des acteurs. Rappelons que le titre de ce film est une référence à la genèse et on comprend mieux cette allusion à la scène finale du film. Complexe et violent mais bien fait.