L'uomo in più (L'homme en plus)
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soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 336 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 juin 2014
Quelquefois les réalisateurs trouvent en certains acteurs leur alter ego à l'écran qui leur permet d'exprimer leurs propres émotions intérieures profondes. Fellini a fait de Mastroianni son double dans l'expression bigarrée de ses fantasmes, Jean-Pierre Léaud était pour Truffaut le vecteur idéal de sa biographie romancée cachée derrière les aventures d'Antoine Doisnel. Paolo Sorrentino a choisi Toni Servillo pour traduire ses interrogations et doutes sur les étapes d'une vie, l'abandon, les blessures jamais refermées de l'enfance, le temps qui passe, la vacuité de l'existence face à l'issue fatale. "L'uomo in più" est leur première collaboration et aussi le premier film de Sorrentino qui par la suite retrouvera Servillo trois fois pour autant de films magnifiques qui démontrent que l'alliance de ces deux là n'est surtout pas un vain hasard. Le suivi en parallèle du destin de deux homonymes nommés "Antonio Pisapia", l'un footballeur professionnel, l'autre chanteur à minettes style Umberto Tozzi, de leur sommet au déclin est d'une noirceur sans fond sur les ravages de l'oubli une fois que la carrière se termine ou qu'un accroc entache l'image iconique de la vedette. Que l'un soit d'une pureté presque virginale, jamais vraiment sorti de l'enfance qui court en vain après une carrière d'entraineur ou l'autre un chanteur infatué qui maltraite son entourage ne différenciera en rien leurs destins respectifs. La société du spectacle est impitoyable et broie aussi vite et fort qu'elle a encensé. Comme souvent chez les réalisateurs italiens la charge sociale n'est jamais très loin derrière la comédie la romance ou le drame humain. Sorrentino s'en prend directement à deux institutions sacrées de la société italienne, le football et la télévision. D'un côté le football corrompu pour lequel les joueurs ne sont que les pions d'un système qui les dépasse, de l'autre la télévision et la variété, symbolisées depuis plus de vingt ans par Silvio Berlusconi, qui maintiennent tous les trois le peuple dans l'ignorance des vrais enjeux. Servillo qui démontre ici son goût pour le transformisme est confondant de dérision tout comme Andrea Renzi qui donne une naïveté tragique à son personnage de footballeur trop tendre pour un milieu dopé à la culture de la gagne. Pour parvenir à ses fins dramatiques Sorrentino a sans aucun doute travesti la réalité mais la maitrise dont il fait preuve dans la vraisemblance de la gémellité des deux destins affirme dès son premier essai la naissance d'un grand cinéaste.
Hotinhere

790 abonnés 5 461 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 février 2024
Pour son premier film, Sorrentino dresse dans un ton tragi-comique déjà bien à lui, le destin parallèle et contrarié de deux célébrités homonymes que tout oppose à Naples dans les 80's, interprétés par l'excellent duo Toni Servillo/Andrea Renzi.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 173 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 25 février 2012
Resté inédit en France jusqu’à cette année, L'homme en plus (2001) est le premier long-métrage de Paolo Sorrentino, à qui l’on doit l’excellent Il Divo (2008) et le décevant This Must Be the Place (2011). Le film met en scènes deux personnages que tout oppose, deux homonymes qui connaîtront tous deux un destin tragique. Le premier, un crooner condamné pour détournement de mineure cuisine pour passer le temps alors que le second, star du football se retrouve relégué au banc de touche suite à une blessure. Paolo Sorrentino dépeint avec justesse deux individus diamétralement opposés dont on n’attend qu’une chose, que leur route se croisent enfin. Si Toni Servillo fait comme à son habitude des merveilles, pour le reste, il faut bien avouer que le film (trop linéaire) a le don de finir par ennuyer.
Cadreum
Cadreum

59 abonnés 777 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 mars 2025
Avant la grandiloquence crépusculaire de La grande bellezza, avant la mécanique baroque d’Il Divo, Sorrentino signe une œuvre où l’Italie se raconte dans ses éclopés, ses naufragés de la célébrité, ceux que le système a façonnés avant de les rejeter. Deux hommes, un même nom : Antonio Pisapia. L’un chanteur de variété sur le déclin, l’autre footballeur brisé par une blessure.

Dès ce premier film, Sorrentino impose un regard, celui d’un moraliste sans illusion, d’un esthète du désenchantement. Car si l’Italie de L’homme en plus est encore loin des décors opulents et du fétichisme visuel des œuvres suivantes, elle contient déjà la mélancolie d’un monde qui ne sait plus quoi faire de ses idoles.

Deux Antonio Pisapia, deux existences suspendues au mirage de la réussite. Le premier, Tony, est un crooner arrogant, cocaïnomane et persuadé que son heure de gloire n’est pas révolue. Le second, plus taciturne, voit son avenir s’effondrer à la suite d’un accident qui le condamne à l’oubli.

Visuellement, L’homme en plus surprend par sa sobriété. Pas encore de travellings opératiques, pas d’excès chromatiques ni de délires baroques. Pourtant, le regard est déjà là.

Car dans cette austérité relative, certains motifs émergent déjà. L’usage du ralenti, qui fige les personnages dans un temps qui leur échappe. Le travail sur la bande-son, où la musique pop italienne devient le symptôme d’une époque qui recycle ses idoles.

Cette retenue fait de L’homme en plus une œuvre plus crue que les films suivants, un laboratoire où Sorrentino teste sa grammaire en privilégiant l’épure au grandiloquent.

Si L’homme en plus n’est pas frontalement politique, il n’en demeure pas moins un film qui scrute l’Italie avec lucidité. En prenant comme figures centrales un chanteur et un footballeur, Sorrentino choisit deux totems de la culture populaire, deux produits d’un système qui les transforme en divinités éphémères avant de les reléguer aux marges.

Cette cruauté sociale traverse tout le cinéma de Sorrentino. Il Divo racontera une autre forme de pouvoir, celle du politique, tout aussi impitoyable. La grande bellezza montrera l’envers du décor, où la vacuité mondaine n’est qu’une façon d’éviter la confrontation avec la réalité. Mais L’homme en plus garde une gravité plus brute : ici, le jeu est terminé avant même d’avoir vraiment commencé.

Il y a, dans cette œuvre, un pessimisme radical, une absence totale de consolation. Pas de rédemption, pas d’issue. Seulement deux figures spectrales qui errent dans un monde qui ne veut plus d’elles.

Plus tard, Sorrentino déploiera le même constat sous des formes plus baroques, avec des figures plus exubérantes. Mais ici, il n’a pas besoin d’artifices. L’homme en plus est un film sur la fin, et dès son premier long-métrage, Sorrentino filme l’Italie comme un pays qui ne sait que produire et abandonner ses héros.
Frédéric P
Frédéric P

16 abonnés 188 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 1 mars 2016
Deux vedettes du star-system se retrouvent broyées par lui. L'un est trop gentil, l'autre se comporte comme un salaud mais leur attitude différente n'empêche pas leur chute. Ce film inaugure une collaboration fructueuse avec Tony Servilio et une critique voilée du berlusconisme mais le film manque de punch.
Thierry M
Thierry M

191 abonnés 2 435 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 février 2012
Plutot interessant, on suit les personnages avec interet et c'est passionnant.
JR Les Iffs
JR Les Iffs

101 abonnés 1 151 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 janvier 2016
C'est l'histoire, racontée en parallèle, de deux vies d'hommes malmenés par une vie professionnelle qui les détruit petit à petit : un chanteur de charme en perte de vitesse, et un footballeur, qui fut très bon mais qui, à cause d'un accident, ne peut plus jouer et veut alors devenir entraîneur. Le manager du chanteur professionnel le délaisse ou ne l'emploi que dans des petits spectacles minables, et de l'autre côté, le patron du footballeur refuse de l'employer comme entraîneur, spoiler:
ce qui amènera celui-ci à se suicider; et le chanteur, apprenant cela, tuera le patron responsable du suicide, et ainsi finira ses jours... en prison. spoiler:


Très bon film de Sorrentino. Scénario très original, une réalisation parfois recherchée. C'est très bien racontée avec les deux vies en parallèle, maintenant, même s'il y a une forte critique du système grâce auquel les deux "héros" subsistent, l'assassinat final arrive un peu comme une soupape idéologique pour satisfaire le spectateur.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 7 février 2012
Comme le laissent suggérer la bande-annonce et le manque de notoriété du film, il est effectivement daté, même si c'est son but d'être un brin vintage. Sorrentino y fait ses gammes, comme une espèce de puceau du cinéma, dont l'avenir prouva qu'il en fut un bon amant. Et bien dans ce coup-ci, L'uomo in più, on voit qu'il avait déjà le fluide sacré au fond de lui. Souvent ça se cherche, au long des effets esthétiques, mais ça se trouve, et une dense cohérence couronne la curiosité aimable et la patience du spectateur, pas venu pour rien. A la lecture du pitch on pouvait s'attendre à une thématique quasi fantastique à la manière de "La double vie de Véronique" de Kieslowski, mais non, on suit juste le destin de deux stars au rabais portant le même nom de famille, au gré de leurs hasards, et lorsque cela se télescope ce n'est pas en fabuleux moment de cinéma portant message, non, l'un voit l'autre à la télé dans une émission de télé-réalité aussi conne que les autres et il se sent proche comme on peut l'être au visionnage d'une de ces débilités, où un gars/une fille de chez nous, le brave peuple, est mis dans une situation où on s'identifie à ses mouvements d'humeur, de manière plus intime qu'avec un proche de sang ou de coeur, par le mystère de la tv et de nos illusions... Toni Servillo était lui aussi déjà un killer de chez killers, et s'il faut aller voir ce film c'est surtout pour lui. Il y incarne la faconde et le génie torve napolitain avec un brio universel comme seul peut l'être le local enraciné. Au final un souffle latin nous gonfle l'esprit au-delà de la salle de cinoche, sans rien demander en échange, nous soumettant à sa gratuité classique et inimitable. Même si le manque d'unité nationale a mis Mario Draghi la vampire américain à la tête de la plus belle botte du monde, ce n'est pas à ces roublards amalfitains qu'il va faire le catéchisme.
Ykarpathakis157

6 189 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 11 avril 2021
Ayant vu d'autres films de Paolo Sorrentino je m'attendais à la même réalisation raffinée ainsi qu'à un sujet original et à des acteurs convaincants. Si ce dernier point est bien présent dans L'uomo in più (L'homme en plus) grâce surtout à Toni Servillo j'ai trouvé l'ensemble de l'intrigue décevante et une réalisation plutôt standard. De plus quelques personnages sont grossièrement esquissés et ils sont présentés au cours de l'intrigue mais disparaissent quelques scènes plus tard. Ajoutez à cela un manque de rythme général et une imbrication banale entre football et musique pleine de clichés. Comme le mauvais manager entouré de filles nues, le vieux manager de football entraînant un jeune près de l'autoroute pour n'en citer que quelques-uns et vous obtenez un film à la fois trop court et trop lent. Regardez les autres titres de Sorrentino ils sont de loin meilleurs que celui-ci...
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 7 février 2012
Premier fil de Paolo Sorrentino, L'uomo in più révèle ce qui fait la force et la beauté de son cinéma : images léchées mais pleines de vie, scénario ambitieux, malicieux et riches en rebondissements, ironie politique. Il s'agit sûrement d'une des voix les plus originales et les plus satisfaisantes du cinéma actuel, que l'uomo in più annonce de superbe façon. Le cinéma italien n'est pas encore mort.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 21 mars 2008
Les destins croisés de deux vedettes, l'une dans la chanson, l'autre dans le football, qui portent le même nom et sont nés le même jour.
Le film est bien fait, montrant deux histoires parallèles avec sobriété et justesse.
Néanmoins, je m'interroge encore sur le sens philosophique ou sociologique que le réalisateur a voulu donner à son film. Sans vouloir dévoiler la fin, je ne confirme pas le fait que les echecs de l'un servent de leçons à l'autre, par exemple, car je ne vois pas qu'un des deux destins soit vraiment meilleur que l'autre.
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